( 29 janvier, 2012 )

Une LETTRE d’Alphonse MARGARITA, DIRECTEUR DES POSTES durant la campagne de RUSSIE.

 Cette dernière est adressée à son épouse, à Saint-Cloud. 

Smolensk, le 11 novembre 1812. 

Je suis arrivé à Smolensk, hier dans l’après-midi en bonne santé, cependant bien fatigué, car jamais fatigue ne fut plus grande que celle que j’ai éprouvée.  Une neige rendant par la gelée, le chemin dangereux, j’ai préféré faire 12 lieues [48 kilomètres…] à pied que d’aller à cheval, car j’aurais pu tomber souvent, mon cheval n’étant pas ferré à glace.Maintenant qu’il est ferré à crampons, j’enfourche le cheval sans courir aucun risque.

Je pense que nous partirons après-demain pour prendre la route de Vilna, à ce que je crois. Je me porte fort bien et suis dans le cas d’endurer toutes les fatigues imaginables ; telles grandes qu’elles soient d’ici à Vilna, elles ne peuvent l’être davantage que celles que j’ai essuyées ; au surplus, je suis fort content de moi.

Le courage ne me manque point.  Voilà plusieurs fois que je parle à l’Empereur, je ne suis plus timide et embarrassé comme la première fois.

Je trouve même qu’il est très facile de s’expliquer avec lui, surtout quand on répond juste. 

Ton fidèle, Alphonse. 

 

( 28 janvier, 2012 )

Une VOITURE du SERVICE de CAMPAGNE de l’EMPEREUR, prise à WATERLOO, entre au MUSEE de MALMAISON…

A partir du 7 mars 2012 (et jusqu’au 8 juillet), se tiendra une intéressante exposition au Musée dela Légiond’honneur (à Paris), consacrée à cette voiture. Voir l’information diffusée le 19 janvier dernier sur le présent Blog. J’ai pensé qu’il serait utile de reproduire ici cet article paru dans le Bulletin de la Société Belge d’Etudes Napoléoniennes (SBEN) en avril 1974 (dans son n°86). Il vous éclairera sur la provenance et le devenir de cette fameuse voiture. Les photos (celles en noir et blanc) qui viennent compléter cet article sont celles diffusées à l’époque dans ce bulletin.

 C.B.

Grâce à l’heureuse initiative de M. Gérard Souhami, membre du conseil d’administration dela Société des amis de Malmaison, et à  l’exceptionnelle générosité du comte Blücher von Wahlstatt, descendant du feld-maréchal Blücher, qui en a consenti le dépôt, le « landau en berline » du Service de Campagne de l’Empereur durant la malheureuse campagne de Belgique vient d’entrer au Pavillon des voitures du Château de Malmaison. Il y voisinera désormais avec l’Opale, berline de cérémonie, qui emmena l’Impératrice répudiée à Malmaison le 16 décembre 1809 et avec la voiture moins élégante offert au Musée par le Prince Murat, toutes deux signées de Devaux, carrossier habituel de Napoléon, comme Cauyette et Getting.S.A.I. le Prince Napoléon et plusieurs des hautes personnalités, qui ont daigné accorder leur patronage àla Société des Amis du Musée, ont honoré de leur présence la cérémonie intime de mis en dépôt du « landau », le 31octobre 1973. Le Directeur des Musées de France souligna la portée de cet acte, le comte Blücher, dans sa réponse, exprima de façon émouvante la satisfaction que lui procurait le retour en France de ce souvenir d’un passé glorieux. Photos au-dessus et à droite: la berline photographiée au moment de son entrée en 1973 dans le Pavillon des Voitures du château de Malmaison. Puis la même berline mais capotée cette fois. Etat actuel. ( sept.2011).

Cette voiture, exposée pour la dernière fois à la fin de 1933 dans une cour de l’Arsenal de Berlin avec une partie du butin fait après Waterloo, n’avait pas attiré l’attention des historiens, autant que celle offerte au Prince-Régent par le major von Keller, puis cédée à Bullock qui l’exposa dès 1818 à l’Egyptian Hall de Londres. Cette dernière voiture brûla le 18 mars 1925 au Musée Tussaud, où elle se trouvait depuis longtemps. Il n’en reste que des fragments dépourvus d’un réel intérêt. En revanche, le « landau » conservé dans la famille des princes Blücher est pratiquement intact, sauf la garniture moderne de drap bleu. Il porte encore, avec la marque du carrossier répétée six fois, les deux numéros qui lui furent attribués en 1812 puis en 1815 par le service du Grand-Ecuyer. On doit regretter que nul historien n’ait songé  à relever les numéros de la voiture londonienne, qui les portait nécessairement aux mêmes emplacements. Grâce aux indications que porte le « landau » les documents des Archives de France permettent en effet de préciser que le mémoire pour un « landeau (sic) en berline », mis en service le 12 juin 1812 sous le numéro 429, montant à11.560 F., somme fort élevée si on la compare avec le prix des autres voitures fournie par le même fabricant, est transmis par Caulaincourt à l’Intendant général le 21 août 1812. Or, le landau porte la marque de Getting, lequel dirigea longtemps les ateliers de Cauyette, rue des Martyrs, avant de créer en 1815 sa propre firme. Les noms de Cauyette et de Getting sont associés ou cités indifféremment dans les pièces d’archives avant 1815. Le numéro 429 apparaît toujours sur les moyeux de roues. A l’inventaire de 1815 le numéro 301 fut donné à ce landau ; il est spécifié qu’il a été « pris à l’armée ». Il convient de rappeler l’organisation minutieuse des déplacements de l’Empereur qui relevaient du Grand-Ecuyer. Elle ne variait guère. Il y avait toujours trois « services » de plusieurs voitures. L’un précédait Napoléon de quelques heures. Lui-même prenait place dans une voiture du deuxième [service]. Le troisième [service] partait ensuite. Le baron Fain, confirmé par tous les documents officiels, a pris soin de détailler la manière dont l’Empereur effectuait ses « voyages de guerre », empruntant d’abord un « coupé » à l’usage de « dormeuse » pour les « traites de longue haleine ». Quand l’Empereur quittait cette voiture pour marcher avec ses troupes, on la laissait à l’arrière-garde avec les fourgons dela Maison : c’était ce qu’on appelait « les gros équipages »… « La calèche, attelée par des relais dela Maison, servait à l’Empereur pour se transporter d’un corps d’armée à un autre ».

L’« Ordre de marche » dicté par Napoléon le 10 juin 1815 et mis au net par le Grand-Ecuyer, qui ne devait pas accompagner cette fois l’Empereur, est d’une précision absolue. Le premier Service, scindé en deux groupes de voitures, l’un partant le 10 à 11 heures du soir, l’autre partant le 11 à 4 heures du matin, comprend d’abord le « landau 301 » dans lequel prendront place le général comte de Fouler de Relingue, Ecuyer-Commandant (troisième personnage dela Grande-Ecurie, après le duc de Vicence, Grand-Ecuyer, tous deux indisponibles), et M. Gy, Quartier-Maître des Ecuries, responsable de toutes la marche des équipages, plus un ouvrier et un domestique. Les autres voitures sont celles de la chambre et six « chariots » ou « pourvoyeuses ». L’heure du départ du « Service de l’Empereur » n’est évidemment pas précisée : il comprend la «berline 51» pour les quatre aides-de-camp : Drouot, Flahaut, Corbineau et Labédoyère ; la « battardelle [sic] 399 », avec Marchand, premier valet de chambre [de l’Empereur], un chirurgien, le garde du Portefeuille et une autre personne, le « dormeuse 389 » qui « restera à l’armée », emportant Napoléon et le Grand-Maréchal ,plus Saint-Denis [le mameluk Ali] et des chasseurs, escorté d’un écuyer, d’un page, de deux officiers d’ordonnance, de courrier et de piqueurs. Vient enfin le troisième service, « partant après l’Empereur », comprenant le « voiture du Cabinet 379 » avec le baron Fain, le général Bernard, un garde du Portefeuille et un garçon de bureau, la « gondolle  [sic] 262 », pour les gens des officiers, et la « chaise 22 » pour un secrétaire du Grand-Maréchal et un maître d’hôtel de l’Empereur. Soit au total quatorze voitures. Il est précisé qu’un « un lit de fer complet » sera placé « sur la dormeuse de Sa Majesté» et un « lit de fer sans bidet ni chaise sur le landeau (sic) ». La « dormeuse » et le « landau », que Napoléon devait emprunter de préférence sur le terrain des opérations, constituaient donc les voitures essentielles de cet équipage de guerre, l’une plus lourde, au rayon de braquage moins large, pour la route, l’autre plus légère, décapotable, pouvant presque tourner sur elle-même, destinée à affronter tous les terrains. Photo en haut: « Voiture des équipages de Napoléon prise par les Prussiens le soir de Waterloo. Exposé à Londres, elle fut détruite dans l’incendie du Musée Tussaud en 1925. »

On sait la suite : les rapports allemands, anglais, français sont formels et ne contredisent pas les souvenirs des témoins privilégiés, Marchand, Saint-Denis. Au soir du 18 juin 1815, à Genappe, le major von Keller, du 15ème fusiliers prussiens s’empara sur la route encombrée de toutes les voitures arrêtée. Il conserva la « dormeuse » vendue en Angleterre par ses soins, dont les anciennes photographies, les dessins détaillés et les descriptions correspondent bien à ce type de voiture spécialement aménagée pour Napoléon. Seul manque le relevé du numéro pour emporter notre conviction absolue. C’est dans cette voiture, plus personnelle encore que le  landau, que furent trouvés les objets les plus intimes, les plus prestigieux, répartis ensuite entre les vainqueurs.

Mais Blücher se réserva le landau armorié, jugé sans doute plus pratique, qu’il envoya à sa femme. La lettre qu’il dicta pour elle le 25 juin 1815, de Gosselies, est trop décousue pour que l’on puisse affirmer que Napoléon a quitté brusquement ce landau pour fuir à cheval. Il est plus probable que l’Empereur a abandonné la « dormeuse » aujourd’hui détruite dans laquelle il devait normalement noter. Si les termes employés pour désigner les différentes voitures de voyage utilisées par napoléon lui-même, berline, coupé, dormeuse, calèche, landau,… varient  suivant les documents contemporains, leurs numéros, leur prix d’achat suffit à les distinguer des simples « chaises, gondoles, batardelles, pourvoyeuses ou chariots… Si nombreux dans les équipages impériaux qui comptaient encore au 12 juillet 1815, 179 voitures auxquelles il faudrait ajouter les 43 voitures « sorties depuis le 20 mars [1815] », c’est-à-dire « prises à l’armée » ou « prises par les Prussiens à Versailles et à Saint-Cloud ». Le « landau en berline » pouvait d’ailleurs servir de « dormeuse » pour le voyageur placé à droite, grâce à un ingénieux dispositif. De par sa qualité et sa provenance, il mérite à coup sûr qu’un spécialiste lui consacre une étude technique détaillée. 

 Gérard HUBERT,

Conservateur des Musées Nationaux, chargé du Musée de Malmaison.

Lien sur cette exposition :

http://www.museelegiondhonneur.fr/00_koama/visu_lh/index.asp?sid=320&cid=10864&lid=1

Voir également le reportage-photos sur le pavillon des voitures du château de Malmaison qui a été diffusé en septembre 2011, sur le forum du site www.napoleon1er.com:

http://www.napoleon1er.org/forum/viewtopic.php?f=28&t=24331

 

 

 

 

 

 

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( 27 janvier, 2012 )

Le général HEUDELET, une vie longue et bien remplie …

Paru en kiosque le jeudi 26 janvier 2012, le n°179 de la fameuse série d’Hachette-Collections (11,95 €) concerne le général HEUDELET (1770-1857). « Parti comme volontaire en 1792, Heudelet est nommé général à vingt-huit ans, après seulement six années de service. Il s’illustre à Austerlitz, à Iéna, à Eylau, en Espagne, mais accueille avec réserve le retour de Napoléon en 1815. Son exceptionnelle longévité permet à Napoléon III d’utiliser un peu de sa gloire ». Il est représenté ici « en grand uniforme de général de division. Habit bleu avec collet, retroussis et parements brodés d’or ». Le prochain numéro, dans quinze jours, concernera le général Ruffin.

( 27 janvier, 2012 )

LU: « NAPOLEON empereur de l’île d’ELBE », par M.-H. BAYLAC…

Je viens de terminer la lecture de « Napoléon, empereur de l’île d’Elbe »,écrit par Marie-Hélène BAYLAC (Tallandier, septembre 2011, 336 pages, 22,90 ). Je n’ai pas été enthousiasmé par cette étude. Le style en est lourd, et surtout, elle contient plusieurs erreurs quant au sens des mots, erreurs également dans certains noms de personnages et dans les références bibliographiques. L‘auteur connaît-il l’Empire pour appeler le général Bertrand, le « maréchal Bertrand » ? Il n’est pourtant pas le 27ème, aux côtés des Davout, Lannes ou Ney ! Et ses fonctions de grand maréchal du Palais, qu’il occupait depuis la mort de Duroc en 1813, n’ont rien à voir avec les fameux maréchaux de l’Empereur…

Le baron Larrey est affublé d’une particule en devenant le baron de Larrey… Un autre exemple. Dans un passage « conjecture » devient « conjoncture » ce qui est totalement différent !  Pourquoi citer des passages, comme si c’était une source sûre, du livre de Barginet (« Le grenadier de l’île d’Elbe. Souvenirs de 1814 et [de] 1815 »-Mame, 1830), dont on sait qu’il s’agit d’un texte totalement inventé ?

Ceux qui veulent d’intéresser à l’épisode de l’île d’Elbe s’en tiendront donc à l’étude inégalée de Guy Godlewski (« Trois cents jours d’exil. Napoléon à l’île d’Elbe », Hachette, 1961. Réédité il y a quelques années par Nouveau Monde Editions), ou aux témoignages de Pons de l’Hérault, de Peyrusse, du mameluck Ali, ou bien encore du lieutenant-colonel Etienne Laborde…

C.B.

 

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( 26 janvier, 2012 )

Un NOUVEAU LIVRE sur la CAMPAGNE de RUSSIE…

Paru hier, 25 janvier 2012, « L’effroyable tragédie. Une nouvelle histoire de la campagne de Russie », de Marie-Pierre Rey, « s’appuie sur des correspondances, des journaux intimes et des mémoires aussi bien russes que français, et fait la part de la légende pour se rapprocher au plus près de la réalité des faits d’une campagne qui fut un tournant décisif des guerres napoléoniennes et de l’histoire de l’Europe. »

Ed. Flammarion, 384 pages, broché. 24,00 €

Je vous en dirai plus dans quelque temps ici après l’avoir lu…

( 26 janvier, 2012 )

Les LECTURES RUSSES de NAPOLEON…

Avant de partir pour la Russie, Napoléon voulut connaître le pays. Nous le voyons demander à son bibliothécaire Barbier, au mois de décembre 1811, les livres les plus propres à le renseigner sur la topographie de la Russie et surtout de la Lituanie « sous le rapport des marais, rivières, bois et chemins », ainsi que tout ce qui a paru de plus détaillé en français sur la campagne de Charles XIII et sur les opérations militaires dont ces contrées ont été le théâtre. Au mois de janvier 1812, il demande une histoire de la Courlande et tout ce qu’il y a de topographique, de géographique et d’historique sur Riga et la Livonie. 

Au mois de mai, il demande des traductions manuscrites, faites au bureau de Mounier, d’ouvrages sur l’armée russe : l’ouvrage du colonel Wilson, l’ouvrage du capitaine prussien Plotho, et d’autres : ces traductions, dit-il, pourront lui être utiles « dans le voyage ». 

Arthur CHUQUET (« 1812. La guerre de Russie. Notes et Documents », 3ème série, Fontemoing, 1912). 

 

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( 25 janvier, 2012 )

Une LETTRE d’un OFFICIER de la GRANDE-ARMEE à sa FEMME…

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Celle-ci émane de Barriès (Jean-Pierre-Michel), né le 22 novembre 1768, à Albi (Tarn). Chef de bataillon au 17ème de ligne en 1810 ; colonel commandant d’armes à la suite du quartier-général, le 8 octobre 1812. Il commandait à Vilna lors de la prise de la ville par les Russes.

Barriès parvint à s’échapper le 19 décembre 1812 et mourut à Gumbinnen en janvier 1813.

Au moment où il écrit à son épouse, il est officier à la 1ère division du 1er corps. 

Arthur CHUQUET. 

Moscou, le 24 septembre 1812 

Réjouis-toi, ma bonne et chère amie, me voilà arrivé sain et sauf à Moscou après une bataille des plus sérieuses et où l’ennemi, battu et dispersé sur tous les ponts, a perdu, sans exagérer, près de quarante mille hommes tant tués, blessés que prisonniers de guerre.

Je ne raconterai pas tous les hauts faits qui ont signalé cette journée, ils sont sans nombre ; soldats, officiers, généraux, tous ont rivalisé d’audace et de bravoure, aussi il a en a tenu à bien près que l’Europe étonnée n’ai vu s’écrouler, ce même jour, cette puissance colossale qui, depuis environ douze ou quinze ans, menaçait d’envahir nos provinces, si elle n’eut eu pour barrière les mauvais chemins et la saison qui, dans ce climat, se trouve beaucoup plus précoce que dans le reste de l’Europe, ce qui n’a pas peu contribué à arrêter notre marche. Notre Empereur commandait en personne.

Sa présence électrisait les esprits ; rien n’échappait aussi à son œil observateur ; était-ce le cas de lui appliquer ces deux vers : Fière de t’obéir, ta redoutable armée 

Ne suit que les transports dont tu l’as animée. 

Notre régiment qui a été constamment à la  tête de toutes les attaques, a  beaucoup souffert. Nous avons eu beaucoup d’officiers blessés ou tués, dont parmi ces derniers trois chefs de bataillon sur cinq. J’en ai été quitte moi-même pour une légère contusion qui m’a un peu gêné pendant huit à dix jours, mais dont je suis entièrement remis. 

Que je te parle de Moscou, cette capitale de toutes les Russies, anciennes résidence des tsars qui, par la grandeur, la magnificence et la splendeur des palais qu’elle renfermait, l’emportait sur les premières villes du monde, mais qu’un incendie de cinq à six jours a entièrement consumé, sauf quelques palais qui ont échappé  à la fureur des flammes, que nous occupons.

Voici, en peu de mots, ce qui y a donné lieu :  ces barbares, se voyant vivement poursuivis par nos légions, envoyèrent,à la suite d’une forte canonnade qui avait lieu à deux fortes lieues de Moscou, leur général commandant l’arrière-garde pour prier notre empereur de cesser le feu afin d’épargner la ville qu’ils nous livreraient intacte, lorsque, par une de ces perfidies qui n’a pas d’exemple et qu’on n’aurait pu attribuer qu’aux plus fourbes de l’ancienne Grèce, à un Zénon, ils lâchèrent le même soir tous les fous et les scélérats qui étaient dans les maisons de force qui, réunis à cinq ou six mille Russes qu’ils trouvaient cachés dans la ville, l’incendièrent entièrement, dans la certitude qu’ils nous croiraient assez maladroits pour l’aller occuper de suite sur la bonne fois des traités, et de nous y griller tous.

 Il est bon que je te dise que, sur une population de 300.000 âmes, il n’en reste pas plus de 30.000. Tous les autres s’étant sauvés avant notre entrée, en sorte que ce qui reste aujourd’hui n’est qu’un ramassis des malheureux n’emportant avec eux que ce qu’ils ont pu sauver sur leurs épaules.

Vois par conséquent ce que nous sommes à plaindre sous le rapport de la société, puisque nous ne voyons personne. Notre Souverain [Napoléon] occupe le palais des tsars [le Kremlin] avec une partie de sa Garde. Il paraît, selon toutes les probabilités, que nous passerons l’hiver ici ou du moins une partie, tant que le pays nous offrira quelque ressource. 

Adieu, ma chère épouse. 

BARRIES. 

 

( 23 janvier, 2012 )

NAPOLEON à OSCHMIANA. RECIT du CHIRURGIEN GEISSLER…

Dans sa « Geschichte des Regiment Herzoge su Sachsen » (pp.136-137), le chirurgien Geissler raconte qu’il vite Napoléon arriver le 5 décembre 1812 au soir. Tel était l’enthousiasme que l’Empereur inspirait encore aux soldats qu’on eut du mal à empêcher les troupes allemandes de la division Loison de lui faire une ovation. 

Arthur CHUQUET 

Le 5 décembre au soir, Napoléon arrivait du quartier-général de Smorgoni- à une journée de marche d’Ochmiana- après avoir remis au roi de Naples [Maréchal Murat Le commandement en chef de l’armée. Il était près de 10 heures du soir lorsqu’il arriva à Ochmiana, accompagné d’un détachement de cavalerie polonaise. Il était dans une voiture de voyage drapée de fourrure et tirée par six petits chevaux lithuaniens ; Caulaincourt, duc de Vicence, à côté de lui ; sur le siège, le mamelouk Roustam et l’interprète polonais, le capitaine dela Garde Wonsowicz. Dans un traîneau suivaient le Grand Maréchal Duroc, duc de Frioul, et Mouton, comte de Lobau.

L’Empereur portait une pelisse verte garnie de brandebourgs d’or et un bonnet de même espèce. Il avait l’air grave et semblait être en très bonne santé. Depuis que nous l’avions vu de près à Gotha en 1807, à Erfurt et à Weimar en 1808, et, en dernier lieu, à Donauwörth  en 1809, son visage n’avait pas du tout changé. Nous considérions ce  puisant mortel à la distance de quelques pas- car, par hasard, il avait fait arrêter devant notre quartier- et avec la plus grande attention. Les généraux Gratien (qui remplaçait Loison, pas encore arrivé) et Vivier, avec les colonels des régiments, s’étaient mis en demi-cercle à la portière de la voiture. On parla du grand froid et de la surprise qui venait d’avoir lieu [celle tentée par le partisan Seslavine, qui à la tombée de la nuit, était soudain entré dans Ochmiana avec des canons sur traîneaux] et qui parut affecter désagréablement l’Empereur : il croyait peut-être que l’ennemi connaissait déjà son départ. La personnalité de cet homme extraordinaire, la plus attachante de l’époque moderne, ses traits marqués de l’empreinte de la plus grandiose originalité, ses puissantes actions qui avaient remué son temps et son monde, nous entraînaient à une involontaire admiration.

La voix que nous entendions à l’instant même, n’était-ce pas la voix dont le moindre accent résonnait dans toute l’Europe, déclarait des guerres, décidait des batailles, déterminait le destin des empires, élevait ou détruisait la gloire de tant et tant d’hommes ? Lorsque la nouvelle de son arrivée se répandit parmi les troupes, elles voulurent manifester. Malgré le froid rigoureux et d’autres conditions favorables, comme les troupes d’Oudinot et de Victor à Borisov, le saluer par l’habituel cri de joie.  Mais à cause de son incognito, de telles acclamations furent réprimées. 

 

 

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( 21 janvier, 2012 )

« Les CENDRES de NAPOLEON… »: PRECISIONS de l’HISTORIEN Jacques MACE…

« LES CENDRES DE NAPOLEON SONT ELLES AUX INVALIDES ? »:

PRECISIONS de M. Jacques MACÉ.

Aussitôt après la diffusion sur  »L’Estafette » de la mise-au-point de la Fondation Napoléon sur cette question, j’ai reçu ce message de M.Jacques Macé, un des plus éminents spécialistes de l’épisode hélènien. M. Macé est l’auteur d’une biographie du général de Montholon (2000) mais également d’un « Dictionnaire de Sainte-Hélène » (2004). Je reproduis ces précisions avec l’autorisation de son auteur.

C.B.

Ce samedi 21 janvier 2012.

« Ce n’est pas moi, co-auteur de l’ouvrage La Mort de Napoléon [publié en 2009 et écrit en collaboration avec Th. Lentz], qui vais vous dire que je doute de la présence de Napoléon aux Invalides ! Mais je me désole que mercredi soir, dans l’émission L’Ombre d’un doute, on ait vu une fois de plus le journaliste Franck Ferrand tendre un micro complaisant à Bruno Roy-Henry, fervent disciple de Rétif de La Bretonne, dont Thierry Lentz et moi avons démonté la méthode, qui n’a rien d’historique, et montré les obsessions.

 Cependant, aussi bien cette émission que l’article mal rédigé publié dans le Figaro du 16 janvier, sont passés à côté de la mise en valeur de la découverte scientifique récente qui, grâce à la génétique, permet d’enrichir au sens large l’identification des membres de la famille Bonaparte.

 A partir des cheveux contenus dans le reliquaire dit Vivant Denon conservé au Musée Bertrand de Châteauroux, le généticien Gérard Lucotte est parvenu à identifier, grâce à  une mutation rare, l’ADN-mt (mitochondriale) de Napoléon (transmis par sa mère Laetitia). Il est possible de retrouver l’explication vulgarisatrice que j’ai faite de cette découverte en allant sur Google [et en tapant les mots suivants] : « identification », « ADN », « Napoléon », « Macé ».

 Mais, poursuivant ses recherches, Gérard Lucotte est parvenu à isoler un fragment d e l’ADN de la même source. et à identifier des marqueurs génétiques du chromosome Y (celui qui se transmet uniquement de père en fils et déterminant du sexe). Or ces marqueurs sont identiques à ceux du chromosome Y de Charles Napoléon, aîné masculin de la famille impériale, qui a bien voulu se prêter à l’expérience. On en déduit donc que Napoléon et Charles Napoléon ont un ancêtre masculin commun, en l’occurrence Charles Bonaparte, et cela coupe court aux spéculations sur le rôle du comte de Marbeuf dans la conception en 1768 de Napoléon, son frère Jérôme étant né 14 ans plus tard (et donc du même père biologique). La même identification pourrait être étendue à tous les supposés descendants mâles de Charles Bonaparte et de ses fils  par une voie ‘’naturelle’’. De plus, si on pouvait analyser un prélèvement anatomique (cheveu ou autre) de Napoléon III ou du Prince Impérial, il serait possible de lever le doute qui pour certains subsiste sur le père biologique de Louis-Napoléon (Louis ou Verhuel ?). L’expérience pourrait être étendue aux personnes vivantes pensant descendre de Napoléon III par la voie masculine…

D’ailleurs, à peine la découverte de Lucotte publiée au début de ce  mois dans une revue scientifique canadienne, la société commerciale suisse IGENEA s’est emparée du sujet et propose un test génétique à 199 € à tous ceux qui pensent peut-être descendre d’un membre de la famille Bonaparte ! L’intérêt de ces éléments scientifiques et nouveaux dépasse de beaucoup celui du rabâchage des vieilles lunes de Rétif de la Bretonne ! J’invite donc l’Estafette à en faire une large diffusion . . . .

 Évidemment, ceux qui doutent encore de la présence de Napoléon aux Invalides pourraient être portés à privilégier cette méthode. En effet, plus besoin d’une ouverture traumatisante  des  cinq cercueils pour accéder à des restes dans on ne sait quel état. Une fois le couvercle du sarcophage levé, il suffirait d’ouvrir les deux cercueils de 1840 et de faire un prélèvement, avec un endoscope,  à travers les trous percés par le docteur Guyard en 1840 dans les trois autres cercueils pour ventiler la bière (et qui n’ont pas dû être rebouchés !).

 La nature humaine étant ce qu’elle ait, ne doutons pas que cette affaire nous réserve encore bien des surprises. »

 Jacques MACÉ

( 21 janvier, 2012 )

LES CENDRES DE NAPOLÉON SONT-ELLES AUX INVALIDES ?

LE POINT SUR LA QUESTION…

(Fondation Napoléon-Janvier 2012)

           -Source:LETTRE D’INFO de NAPOLEON.ORG n° 611-20/26 janvier 2012-

Avec la diffusion de l’émission « L’ombre d’un doute » sur France 3, mercredi dernier [18 janvier 2012], sur le tombeau de Napoléon aux Invalides, la vieille histoire de la substitution du corps de Napoléon refait surface.Mettez un terme aux fausses idées et perfectionnez-vous sur cette question avec une synthèse argumentée.

Napoléon est mort à Sainte-Hélène le 5 mai 1821. Inhumées sur l’île quatre jours plus tard, ses cendres y sont restées jusqu’en octobre 1840, époque à laquelle une mission française vint les chercher pour les ramener en France. Elles sont arrivées à Paris le 15 décembre suivant et ont été déposées aux Invalides.

Naissance de la thèse de la substitution.

En 1969, un journaliste se faisant appeler Georges Rétif de La Bretonne (son vrai nom était Rétif) publie un ouvrage intitulé : Anglais ! Rendez-nous Napoléon ! Selon lui, entre 1821 et 1840, les Britanniques ont exhumé l’Empereur et remplacé son corps par celui de son maître d’hôtel, Cipriani, lui-même mort à Sainte-Hélène en février 1818. Rétif affirme en outre que les restes de Napoléon ont été transférés… à l’abbaye de Westminster où ils se trouveraient encore, sous une dalle évidemment anonyme et non localisée. Cette théorie a été reprise par M. Bruno Roy-Henry dans un livre (L’énigme de l’exhumé de 1840, 2000) qui a connu un certain écho, grâce à une habile politique de relations-presse, si bien qu’aujourd’hui, un doute s’est instillé dans certains esprits. Dans son ouvrage L’histoire interdite (2008), M. Franck Ferrand, historien connu et animateur de plusieurs émissions de radio (Europe 1) et télé (France 3), a laissé entendre qu’il adhérait aux thèses de M. Roy-Henry. Ces trois historiens (M. Rétif est décédé) sont les seuls à soutenir la thèse d’une substitution qui est réfutée par l’ensemble de leurs confrères. Une des conséquences de la popularisation de cette thèse par les médias, souvent avides de sensationnel, est qu’il n’est pas rare d’entendre que, pour être certain de la présence de Napoléon aux Invalides, il faudrait ouvrir le tombeau du Dôme pour en identifier le locataire.

 Substitution et méthode historique.

Les énigmes historiques donnent l’occasion de rappeler qu’il n’y a pas d’histoire, même la plus élémentaire et simplifiée, sans un minimum de recul et de méthode historique. La théorie de la substitution du corps de Napoléon en offre un exemple d’école : elle tient à un seul document et se dissout d’elle-même dès lors qu’on analyse ce document de façon critique. On remarquera ici que la mort, l’autopsie, l’inhumation (1821) et l’exhumation (1840) de Napoléon sont des événements qui sont très « documentés » : procès-verbaux, lettres, mémoires des témoins et même croquis réalisés sur place. Aucun de ces documents ne laisse planer le moindre doute sur la présence de l’Empereur aux Invalides.

De quoi se nourrit la thèse de la substitution ?

 Épisode 1.

Autopsié le 6 mai, le corps de Napoléon fut déposé le 7 en fin d’après-midi dans un cercueil en fer blanc emboîté dans un cercueil de bois lui-même placé dans un cercueil de plomb. Un quatrième cercueil en bel acajou fut livré le 8 mai au soir. L’Empereur fut donc enterré dans quatre cercueils emboîtés, ce que confirment tous les mémoires des témoins. Dans ce concert de certitude, les partisans de la substitution ont cru faire leur miel d’un point secondaire : le valet de chambre de l’Empereur, Louis Marchand, dressa un procès-verbal le 7 mai au soir, dans lequel il ne mentionnait que trois cercueils.

Épisode 2.

Le 15 octobre 1840, lorsqu’on exhuma le corps de Napoléon pour le ramener en France, on procéda à l’ouverture des cercueils pour vérifier que la dépouille s’y trouvait bien. Tous les témoignages concordent : on dut alors ouvrir quatre cercueils.

Épisode 3.

Laissant de côté tous les témoignages et éléments d’archives qui attestent qu’il y avait bien quatre cercueils en 1821, Georges Rétif se concentra sur le procès-verbal du 7 mai pour affirmer qu’il n’y en avait que trois. Et s’il y en avait trois en 1821 et quatre en 1840, c’est qu’entre-temps, on avait ouvert la tombe de Napoléon pour voler son corps et le remplacer par celui de Cipriani. (CQFD).

Réfutation de la thèse de la substitution.

Il fallait une grande imagination pour fonder la thèse de la substitution sur le seul procès-verbal de Marchand qui, le 7 mai, avait bien vu trois cercueils et ignorait alors que le quatrième serait livré le lendemain. Le même Marchand parle bien d’ailleurs de quatre cercueils dans ses Mémoires postérieurs. Mais M. Rétif et son successeur ne manquent pas d’imagination : ils développent leur théorie en montant en épingle les moindres contradictions dans les témoignages, voyant des faits troublants là où tout pouvait s’expliquer aisément, réfutent les documents qui les contrarient et sur-interprètent ceux qui ont une petite chance de lui donner ce qu’on n’ose appeler de la crédibilité. Quasiment muet sur le « pourquoi », ces deux auteurs sont en revanche prolixes sur le « comment », quitte à souvent se prendre les pieds dans le tapis. Ainsi, sachant que le gouverneur de Sainte-Hélène, le terrible Hudson Lowe, était revenu sur l’île en 1828, ils en concluent que c’est lui qui procéda à la substitution. Il exhuma Napoléon et Cipriani, habilla le second avec un uniforme de l’Empereur (dix ans après la mort du domestique, cela ne dut pas être commode), plaça (mal) des décorations, un chapeau, des boîtes d’argent contenant le cœur et l’estomac, réinhuma Cipriani dans la tombe de Sainte-Hélène puis chargea les lourds cercueils du vainqueur d’Austerlitz sur un bateau, direction l’Angleterre et l’abbaye de Westminster. Le tout eut lieu, bien sûr, sans que personne ne s’en aperçoive et ne le note dans aucun document, alors même que pendant les trois jours et deux nuits qu’il passa sur l’île, Lowe fut sans cesse entouré et accompagné (une revue, deux dîners, des visites). De même, les archives anglaises ne gardent nul souvenir d’une inhumation à Westminster en 1828 ou 1829. A ces objections, Rétif et Roy-Henry répondent qu’il est normal qu’il n’y ait pas de document… puisque le dossier est secret !

Et bien sûr, il y a un grand complot.

Selon les deux partisans de la substitution, tout le monde était au courant de l’affaire dans les milieux officiels. Si, lors de l’exhumation de 1840, tous les témoins affirmèrent que c’était bien le corps de Napoléon (bien conservé) qu’ils virent lors de l’ouverture des cercueils, ils mentirent en réalité… pour éviter que la découverte de la substitution des corps ne provoque la guerre avec l’Angleterre. Depuis lors, une sorte de « conspiration du silence » veille. Le secret se passe de bouche à oreille et ceux qui le détiennent ne sont pas près de dire la vérité, qu’il s’agisse du gouvernement britannique, de nos rois et présidents. Même Napoléon III était au courant, ce qui expliquerait qu’il ait revu à la baisse le budget du tombeau des Invalides. Toutes ces forces défendraient une « histoire officielle » sur fond de préservation de l’Entente Cordiale avec la perfide Albion.

Et pour couronner l’intrigue, il y a derrière ceci une sordide histoire de gros sous : si on finissait par reconnaître (car il ne s’agit plus de prouver) que Napoléon n’est pas aux Invalides, la fréquentation du lieu (un million de visiteurs par an) s’effondrerait aussitôt, plongeant le Musée de l’Armée dans une crise financière inextricable.

Conclusion

Lorsqu’on l’examine de près, en historien, documents à l’appui et sens critique en éveil, la thèse de la substitution ne repose que sur l’imagination débridée de ses créateurs. Elle doit être rejetée sans aucune hésitation. Dès lors, on ne peut que refuser l’idée tout aussi farfelue d’ouvrir le tombeau du Dôme : aucun élément sérieux ne justifie la profanation d’un des hauts-lieux de la mémoire nationale.

Qui pourrait demander l’ouverture du tombeau des Invalides ?

Il se murmure que certains descendants de la famille impériale ne seraient pas défavorables à l’ouverture du tombeau de Napoléon aux Invalides. Le prince Charles Napoléon l’a évoquée dans une récente interview et sa sœur, la princesse Catherine, aurait entrepris une démarche auprès des autorités de la République visant au même but. A notre connaissance, cependant, si elles étaient confirmées, ces velléités ne constitueraient que des initiatives personnelles qui ne reflètent pas l’opinion de l’ensemble des descendants de Jérôme Bonaparte, seule branche dynaste. On peut de toute façon s’interroger sur les « droits » que possèderaient les Napoléon sur le tombeau et la dépouille de l’Empereur. On fera d’abord remarquer que le monument national des Invalides est la propriété de la nation toute entière et qu’il n’appartient pas à une famille, fut-elle reconnue comme impériale, d’en modifier la destination ou d’y décider quelque opération que ce soit, sauf à y être autorisée par une loi. Et même si l’on admettait que des personnes privées sont fondées à demander l’ouverture du tombeau, la législation ordinaire devrait s’appliquer. Celle-ci dispose qu’une telle exhumation devrait être requise unanimement par les descendants directs de Napoléon, ce que ne sont pas les princes et princesses de la famille impériale. L’Empereur ayant reconnu dans son testament ses fils Léon (né de sa relation avec Éléonore Denuelle, en 1806) et Alexandre (né de ses amours avec Marie Walewska, en 1810), une centaine de descendants sont aujourd’hui vivants et donc seuls habiles à demander l’ouverture de la tombe de leur « arrière-grand-père».

Bibliographie.

-Thierry Lentz et Jacques Macé, La mort de Napoléon. Mythes, légendes et mystères, Perrin, 2009.

- Bernard Chevallier, Michel Dancoisne-Martineau et Thierry Lentz, Sainte-Hélène, île de mémoire, Fayard, 2005.

- Jacques Macé, Dictionnaire historique de Sainte-Hélène, Tallandier, 2005.

 

TEXTE LIBRE DE DROITS. 

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