( 16 octobre, 2018 )

A propos de la bataille de Leipzig…

A propos de la bataille de Leipzig… dans TEMOIGNAGES comte-mollien

Le comte Mollien, Ministre du Trésor public, écrira dans ses « Mémoires » : « On a reproché à Napoléon d’avoir accepté cette bataille. Sans doute comme chef de gouvernement, il peut paraître reprochable d’avoir livré à un tel hasard, et avec tant de chances contraires, la vie de tant de braves et le destinée de la nation qui les lui avait confiés ; mais il fallait ou combattre ou reculer, et ce n’était plus pour prendre ce dernier parti que cette brave armée avait été recomposée à si grands frais, et, sans l’absoudre entièrement, il est permis de ne voir en lui que le capitaine, en considérant qu’avec une armée formée en partie de nouvelles levées, il a lutté, dans cette sanglante journée, contre une armée presque triple du nombre, composée de vieilles troupes commandées par de très habiles généraux, animée par la présence de l’empereur de Russie, pourvue de tous les genres de munitions, et contre une artillerie plus forte de quatre cents pièces de canon que la sienne. »

 

 

 

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( 16 octobre, 2018 )

Les pommes de terre: un trésor durant la campagne de Russie !

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On sait l’hommage que les Français dans la marche d’Alexandrie au Caire,rendirent aux pastèques.  « Elles m’ont fait tant de plaisir, disait l’un d’eux, par leur fraîcheur, par la douce boisson qu’elles nous offraient !  » et un autre assure que les soldats ont conservé au melon d’eau la plus vive reconnaissance et qu’ils auraient mis volontiers ce fruit savoureux au rang des dieux, lui auraient volontiers élevé des autels. La pomme de terre fut en Russie ce qu’était la pastèque en Egypte. « Nous sommes, disait Stendhal, à genoux devant des pommes de terre. » Dans la plaine de Moscou, lorsque Auguste Thirion [officier de cuirassiers dont les « Souvenirs militaires » ont été réédités en 1998 à la Librairie des Deux Empires] et ses frères d’armes rencontrent des champs de pommes de terre, ils font une ample moisson de ces « précieux tubercules » et c’est pour eux une aubaine, une « bonne fortune gastronomique ». De même, durant la retraite. Le 29 novembre 1812, près de Kamen, dans le château d’un baron- l’armée appelait « barons » tous les grands propriétaires et tous les châtelains- les officiers de l’Empereur trouvent des pommes de terre. Ce fut un événement. Il fallait voir ces jeunes gens allumer aussitôt dans la cour du château un feu de bivouac et y faire cuire les pommes de terre au bout de leur sabre. On en mangea, dit le futur maréchal de Castellane, dans son « Journal », tant et plus. Ouvrons les « Mémoires » du sergent Bourgogne. Notre brave officier, rencontrant à la lisière d’un bois un soldat qui fait cuire des pommes de terre, le somme de lui en vendre et en achète sept pour quinze francs. Dans le délire de la fièvre, il croit manger des pommes de terre comme à Condé-sur-Escaut, sa patrie, et quel bonheur lorsqu’il découvre après le passage de la Bérézina, dans un village, sous un four, trois petites pommes de terre qu’il fait cuire à un feu abandonné, assez loin pour ne pas être vu de ses camarades ! 

A .CHUQUET 

Extrait du 2ème tome de  l’ouvrage d’Arthur Chuquet, « 1812, la guerre de Russie », (Fontemoing et Cie, 1912, 3 volumes).   

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( 15 octobre, 2018 )

Un blog à visiter !

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( 15 octobre, 2018 )

Retrouvez tous mes livres récents sur Amazon !

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( 15 octobre, 2018 )

Un événement à ne pas manquer les 24 et 25 novembre prochains à Versailles !

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( 15 octobre, 2018 )

Une certitude !

Lisez4

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( 15 octobre, 2018 )

(Re-)Découvrir l’île d’Elbe…

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( 15 octobre, 2018 )

Un RAPPORT de MARET au MARECHAL MACDONALD…

Un RAPPORT de MARET au MARECHAL MACDONALD… dans TEMOIGNAGES SMO1Le Ministre des Affaires étrangères, Maret, duc de Bassano, concentre à Mina tous les renseignements qu’il envoie ensuite aux lieutenants de Napoléon et il mande dans la lettre suivante à Macdonald les détails qui lui sont parvenus sur la prise de Smolensk, sur le combat de Valoutina et sur la première bataille de Polotsk.

Vilna, le 26 août 1812.

Les détails qui me sont parvenus sur la bataille de Smolensk montrent que cette affaire a été plus considérable et plus glorieuse que les premières nouvelles ne l’annonçaient. Cent mille hommes ont été engagés de part et d’autre. Les Russes, quoique retranchés et protégés pendant une grande partie de l’action par la fusillade de leurs créneaux, ont éprouvé une perte de 4.700 hommes restés sur le champ de bataille, de 2.000 prisonniers et de 8.000 blessés. Cinq généraux russes sont parmi les morts. Nous avons eu 700 hommes tués et 3.100 blessés. Les Russes considéraient Smolensk comme une ville très forte et comme le boulevard de Moscou. Après l’occupation de la ville, l’ennemi a été vivement poursuivi. Le 19, à la pointe du jour le duc d’Elchingen a battu une division, lui a tué beaucoup de monde et lui a fait 400 prisonniers. Le même jour, vers le soir, il joignit l’arrière-garde, qui avait environ 15.000 hommes et qui fut ensuite renforcée par plusieurs divisions d’élite qui n’avaient pas encore donné et par 5 à 6.000 hommes de cavalerie. L’ennemi occupait à Valoutina une très belle position presque inexpugnable et qu’il avait un grand intérêt à conserver pour couvrir la retraite de ses équipages et de ses nombreux blessés. Le duc d’Elchingen, soutenu par la division Gudin, força l’ennemi à l’abandonner, après une perte très considérable. Nous avons fait un millier de prisonniers, la plupart blessés. L’ennemi a laissé 1.500 à 1.800 morts sur le champ de bataille. Le nombre de ses blessés se monte au moins à 6 ou 7.000. Nous avons eu 600 morts et 2.600 hommes hors de combat. Dès le commencement de l’affaire, le général Gudin a eu la cuisse emportée par un boulet, et le soir, l’armée a eu à regretter en lui l’un de ses plus braves et de ses plus estimables généraux. L’affaire de Valoutina dans laquelle 80.000 hommes se trouvaient engagés et qui pourrait aussi s’appeler une bataille, est considérée comme l’un des plus beaux faits d’armes de notre histoire militaire. Après ce combat, la retraite de l’ennemi a été tellement précipitée que nos troupes ont fait huit lieues sans trouver un seul cosaque et en ramassant partout des blessés et des traînards. Pendant que de si belles affaires se passaient devant Smolensk, le duc de Reggio était attaqué par le général Wittgenstein. L’ennemi avait été vigoureusement repoussé le 16 et le 17. Mais au moment où le duc de Reggio faisait ses dispositions pour profiter de sa victoire, il fut frappé à l’épaule par un biscaïen et blessé assez grièvement pour être obligé de remettre le commandement des 2ème et 6ème corps au général de Gouvion-Saint-Cyr. Le 18, ce général a attaqué l’ennemi et l’a mis dans une déroute complète. Nous avons fait dans ces deux journées 1.500 prisonniers et pris près de 20 pièces de canon. Le général Verdier et le général bavarois Deroy ont été blessés.

 Arthur CHUQUET (« 1812. La Guerre de Russie. Notes et Documents. Deuxième Série », Fontemoing et Cie, Éditeurs, 1912, pp.23-24).

( 14 octobre, 2018 )

Une conférence sur le Maréchal Ney…

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JEUDI 18 OCTOBRE 2018, à 18 heures, à MONTPELLIER (Salle Pétrarque-Hôtel de Varennes, sis 2, place Pétrarque),
M. Thierry CHOFFAT, Président des « Vosges napoléoniennes » donnera une conférence sur le MARECHAL NEY.
Entrée libre à cette conférence organisée par la Délégation « Languedoc-Cévennes » du SOUVENIR NAPOLEONIEN.
Après cette conférence se déroulera un repas convivial à la Brasserie du Corum. Les places sont limitées, pensez à vous inscrire. L’on y entonnera chants et refrains de l’Epopée…
Réservations du dîner uniquement auprès de M. Bertrand Leenhardt, 7 rue Jeanne Galzy, 34670 Baillargues tel.: 06 68 49 37 73 joindre un chèque de 30 euros par personne 
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( 14 octobre, 2018 )

En projet: une série-télé sur Joséphine et Napoléon…

Josephine

Plus d’informations: http://www.ozap.com/actu/-josephine-et-napoleon-berenice-bejo-heroine-d-une-serie-franco-britannique-de-france-televisions/568284

(Espérons qu’elle nous fera oublier la médiocrité affligeante du « Napoléon », diffusé à la télé française en 2002, avec Ch. Clavier et l’arrogante I. Rosselini !)

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( 14 octobre, 2018 )

LETTRES d’Augustin MADELIN, sous-lieutenant lorrain, sur 1813 (2ème partie et fin).

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Boersdorff, 27 juillet 1813. 

J’ai eu bien du bonheur, mes chers parents, d’avoir été détaché à la garde du parc, la maladie régna dans notre camp. Il entre tous les jours au moins 50 soldats à l’hôpital. Plusieurs de nos officiers sont malades, nous avons déjà eu le malheur d’en perdre un, ou atteints de cette maladie du mauvais pain qu’on donne, encore maintenant n’en donne-t-on que demi-ration ; dans le village où nous sommes, toute notre compagnie mange de très bon pain et est très bien nourrie. Aussi n’en avons-nous que trois ou quatre de malades. M. Serclet attend de jour en  jour son ordre de départ. M. Fromentin, le lieutenant de ma compagnie qui vient de nous rejoindre part aussi. J’ai reçu ces jours-cy une lettre de M. Eve ; j’ai eu en outre des nouvelles par un soldat blessé de ma compagnie qui était dans des hôpitaux de Dresde. Il m’a raconté que M. Eve y avait un très grand soin des malades en général, grondant tous les jours les directeurs et employés qui négligeaient les blessés. Je l’ai vu, m’a-t’il-dit, faire plusieurs charités, donner de l’argent aux pauvres blessés. On nous a payé deux mois ; le jeune Lapiere se trouvait sans argent étant sur le point de passer maréchal des logis. Il m’en a demandé ; je lui ai donné 50 francs que vous remettront ses. Je vous prie de les faire passer à Mme Eve ; profitant de votre permission je demande 100 francs à M. Eve, par conséquent je ferai passer plus tard à Mme Eve les 50 autres francs et 5 fr.30 que M. Eve a déboursés pour frais de poste. Je sais que je vous dois encore les 100 francs que le général Barrois m’a donnés. Je vous les rendrai dans un autre moment lorsqu’on me paiera mon indemnité ‘entrée en campagne. Cela et trois mois qu’on me doit encore font 554 francs. Je viens d’acheter pour 70 francs d’effets de remplacement, un pantalon 24 francs ; j’ai fait faire 2 paires de souliers. J’ai racheté des bas et de la toile pour raccommoder ma paire de bottes car il paraît que nous allons trotter. On vient de donner à chaque soldat 3 paires de souliers. J’ai racheté des bas et de la toile pour raccommoder mes chemise et me faire un canneson [sic]. Je me suis fait faire une paire de guêtres. Je crois que M. Serclet passera à Wenden où est notre petit dépôt, alors il vous rapportera mon grand uniforme, mon charivari et ma redingote que vous voudrez bien faire réparer. Adieu mes chers parents, embrassez mes frères pour moi et croyez au sincère attachement de votre dévoué et respectueux fils. Bonjour à Marie, à Catherine et à sœur Marthe. 

Signé : MADELIN 

Mes respects à maman Madelin, au cousin et à la cousine Naquard, à mon oncle Marcelin, aux dames Eve et aux dames Desforges. 

———-

Boersdorff, 13 aoust 1813 

Nous sommes  sur le point de partie mes chers parents ; la campagne recommence à ce qu’il paraît. En partant de Toul, je n’étais pas si bien portant que maintenant. Je vous réponds que ce mois de tranquillité que je viens de passer chez ces braves gens m’a fait du bien. Ce bon maître d’école et sa femme déjà m’étaient bien attachés. Depuis qu’ils savent que je dois partir, ils ne font que de pleurer ; ils viennent de mettre dans mon sac, une serviette et deux cravates. On dit que messieurs les russes toujours très fidèles à la foi des traités, viennent avant la fin  de l’armistice de passer l’Oder et de s’établit à Breslau. C’est un « on-dit ». C’est par M. Serclet que je vous écris car il est sur son départ. Il y a au régiment un officier qui doit 50 francs à M. Serclet ; il ne pouvait lui donner maintenant. M. Serclet était très embarrassé de sorte que je me suis offert à toucher ici son argent. Vous voudrez bien lui remettre à Toul les 50 francs ? Dès que je l’aurai touché, je le ferai passer à M. Eve qui vous l’enverra. J’attends le coup de canon, signal de notre départ. Ma musette est là, prête à être mise sur mon dos. A la première halte, je vous écrirai. M. Serclet est pressé ; je ne veux pas le faire attendre. Adieu mes chers parents, je charge M. Serclet de vous embrasser ainsi que mes frères et tous mes parents. 

Croyez au sincère attachement de votre dévoué et respectueux fils.  Signé : MADELIN. 

 ———

Aoust 1813 

Mon bon Jules, 

Ta lettre m’a fait le plus grand plaisir, je vos que tu ne m’oublies pas. Je te réponds que pour moi, je pense souvent à toi et à Madelin [frère aîné du jeune officier]. Voici les vacances qui approchent, je te souhaite beaucoup de plaisir. J’espère bien pour moi si la campagne recommence aller les passer en Pologne. Je me plais toujours beaucoup dans mon régiment ; hier encore, je suis allé dîner chez notre colonel qui a beaucoup de bontés pour moi. Tu verras par ma lettre, que voilà près de trois semaines que je passe bien tranquillement. Je crains bien d’être relevé ces jours-cy. Mets de temps en temps de petits billets pour moi dans les lettres de mon papa ; cela me fera grand plaisir. Adieu mon cher et bon frère. Embrasse Madelin pour moi, dis-lui que j’attends sa réponse et crois au sincère attachement de ton dévoué frère et ami. 

Signé : A. MADELIN. 

Si tu vois Thierry Cadet et Victor Gérard, dis leur bien des choses de ma part. Lersberg, le 20 aoust 1813. 

M. Serclet qui est encore resté quatre jours avec nous, vient de recevoir son ordre de départ. J’ai saisi un instant où nous sommes arrêtés pour vous écrire. Nous voilà rentrés en campagne, le canon ronfle à une lieue d’ici. C’est le 11ème corps qui donne ; notre compagnie est encore attachée au grand parc. J’espère que nous serons relevés ces jours-cy. Tenez, je n’avais pas fini ma phrase que j’entends dire que nous sommes relevés. M. Serclet vous dira dans quel piteux état est ma chaussure sans avoir de moyen de la remplacer, maintenant étant en route. Je viens de recevoir une lettre de mon frère datée de Nancy. Il paraît qu’il a encore été malade. Cela m’a fait bien de la peine. On part [lettre peut-être inachevée]. 

Signé : MADELIN. 22 aoust 1813. 40 francs. M. Serclet a payé pour moi une paire de bottes, une paire de souliers et un ressemelage de bottes. Je n’ai que le temps de vous embrasser. M. Serclet vous donnera des nouvelles de l’affaire d’hier. Votre respectueux et dévoué fils. 

Signé : MADELIN Saint-Mihiel, le 20 novembre 1813. 

———-

Monsieur, 

Puisqu’enfin vous avez connaissance de la mort prématurée de votre cher et infortuné fils, d’après ce que cet officier a écrit à sa famille (ceci n’est pas très clair quoiqu’il y ait malheureusement du rapport avec ce que je sais depuis longtemps). J’ai cru devoir vous taire cette fatale nouvelle tant après un mouvement naturel de ma part, que d’après la recommandation de Mlle Chardon, qui m’a conseillé ainsi que mon parent Colomb que je devais attendre d’avoir d’autres nouvelles plus satisfaisantes ; et ce afin de vous en donner le détail douloureux qui est parvenu à ma connaissance le 30 ou le 31 août.  Je me trouvais à environ 40 à 45 lieux de distance du régiment à Meissen sur l’Elbe, près de Dresde, lorsqu’une cantinière (la même qui me donna de l’eau-de-vie, le 21 août, pour envoyer à notre cher ami) cette femme nous rejoignait pour se rendre au dépôt ; en m’apercevant elle me dit : « Monsieur, j’ai une bien triste nouvelle à vous apprendre, notre aimable M. Madelin est blessé d’un coup de feu qui n’est pas mortel si il est bien soigné ; elle l’a porté elle-même à une chambre haute et l’a placé sur des matelas, lui a donné un peu de liqueur ; ensuite l’a recommandé à des chirurgiens car elle ne pouvait rester près de lui, à ce qu’elle m’a dit. Il était déjà pansé ; c’est le 23 août aux environs de Goldberg qu’il a reçu ce malheureux coup.

Je ne puis vous peindre, Monsieur, avec quelle douleur et quelle sensibilité, j’ai appris cette triste nouvelle.  Combien il m’en a coûté pour dissimuler une gaieté qui loin de dissiper mes peines, les augmentait encore plus en considérant Madame !

Cette tendre et respectable maman ! Qui en diverses occasions me parut si contente hélas !  Je me persuadais que c’était par trop de bontés et de complaisances pour nous qu’elle était si gaie.  Plusieurs fois, mon épouse m’a fait redoubler de soins pour ne point divulguer mon trop pénible secret, car il me semble que nous ne pouvions augmenter le malheur, mais plutôt disposer les tendres père et mère à supporter un deuil auquel ils devaient s’attendre d’un instant à l’autre.

Cependant, j’espère encore, car il est probable que le généreux et tendre M. Eve qui en parle dans sa lettre du 4 septembre l’a vue après qu’il eut connaissance de ce fatal accident.  S’il dit que votre cher Auguste se porte bien c’est qu’il a des espérances. La dangereuse maladie de M. Eve a mis ce respectable ami dans l’impossibilité de soigner votre cher blessé, puis une autre infinité d’autres circonstances qui ont contrarié nos vœux. Je vous supplie mon cher Monsieur Madelin et Madame, la trop déplorable maman, de ne pas perdre espoir tout à fait. Je vous ai dit sincèrement la vérité ; j’espère encore moi-même, quoique partageant avec vous tout le poids d’un aussi pénible malheur. Mon épouse n’est pas moins affligée que moi, et elle partage bien sincèrement votre juste douleur. Étant dans la douce espérance que vous recevrez Monsieur, des nouvelles moins accablantes ; je vous prie de me les procurer  le plus tôt qu’il vous sera possible. Vous obligerez infiniment celui qui a l’honneur d’être avec le respect et la sensibilité la plus parfaite, 

Monsieur et Madame, votre très humble et très dévoué serviteur, 

Signé : SERCLET, officier retiré. 

P.S/ M. Gay et M. Colomb me chargent de vous dire qu’ils partagent bien sincèrement vos douleurs. J’attends des nouvelles du régiment si elles vous concernent comme je l’espère, je me ferais l’honneur de vous en faire part. 

Auguste Madelin est blessé mortellement lors du combat de Goldberg, le 23 août 1813. Il avait dix-neuf ans. 

Ce témoignage fut publié en 1913 dans la « Revue des Études Napoléoniennes ». 

 

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( 14 octobre, 2018 )

La journée d’Iéna vécue par le hussard Bangofsky…

Son « Journal » a étLa journée d'Iéna vécue par le hussard Bangofsky… dans TEMOIGNAGES Bangofsky-192x300é réédité en février 2012, aux Editions du Grenadier. J’en ai réalisé la préface. Bangofsky appartenait au 7ème régiment de hussards.

C.B.

« Le 14 octobre [1806], à la pointe du jour, et par un brouillard très épais, on monte à cheval, passant par Naumburg, sur quatre rangs serrés, le sabre en main, au grand trot. Le canon ronflait déjà près de nous. Nous filâmes bon train par Dornburg, franchîmes la Saale et, grimpant à travers une gorge rapide, nous parvenons à un superbe plateau où l’armée française était en ligne. Ce jour-là fut donnée la fameuse bataille d’Iéna . Toujours en flanqueurs, nous prîmes notre ordre de bataille. La journée fut chaude, acharnée ; mais les Prussiens, malgré leur célèbre tactique, furent culbutés, coupés et mis en déroute.Nos nombreuses charges de cavalerie enfoncèrent et sabrèrent leurs carrés. Vers le soir, il n’y eut plus que des prisonniers et des bagages à ramasser. L’ennemi fuyait en pleine déroute ; jamais je n’ai vu une armée abandonner plus lâchement un champ de bataille. L’action eut deux scènes. L’Empereur battait les Prussiens près d’Iéna, tandis que le maréchal Davout les frottait à Auerstaedt. Les Prussiens donnèrent le nom de cette dernière ville à la bataille, mais comme c’était aux vainqueurs de la baptiser, elle conserva le nom de bataille d’Iéna. Nous bivaquons sur le champ de victoire.

Malgré les batteries d’Erfurt qui nous lâchèrent quelques bordées de canon, nous prenons une quantité d’équipages et de voitures chargées d’argent. C’était plaisir de voir les hussards au pillage, se battant pour le butin. J’ai assisté là à une scène terrible : grâce à ma bonne monture, j’étais toujours des premiers à poursuivre les nombreux fuyards ; un sous-officier prussien, traînant sa femme avec lui, se voyait près de tomber entre nos mains. Incapable de la sauver, il tire son sabre, frappe sa femme, qui tombe roide dans le fossé, et veut gagner à toutes jambes un bois. Plusieurs hussards lancés à sa poursuite le rejoignent et le sabrent. Nous bivaquons dans un bois, près de l’ennemi. »

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( 13 octobre, 2018 )

Quelques mots à propos de la Librairie des Deux Empires…

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Cette librairie, que j’avais créée en septembre 1994 a fonctionné jusqu’en 2003, année au cours de laquelle elle ferma ses portes. Puis l’appelation « Librairie des Deux Empires » devint un label d’édition, propriété de la société LCV Services. 

Spécialisée à l ‘origine exclusivement dans la vente d’ouvrages anciens sur le Premier et le Second Empires, la librairie diffusait chaque mois par voie postale un catalogue rassemblant ses acquisitions.

A partir de 1996, la Librairie des Deux Empires, s’est lancée dans la réédition de témoignages sur l’épopée napoléonienne. Une soixantaine de titres ont été ainsi édités. Le premier a été le récit du passage de la Bérézina par le comte Corbineau. Un des derniers fut  composé par les « Souvenirs » du colonel Trefcon.

Peut-être êtes-vous un de ses anciens clients, vous qui lisez ces lignes … 

CB 

 

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( 13 octobre, 2018 )

Un projet d’évasion de Sainte-Hélène…

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Divers projets d’évasion ont été formés pendant la captivité de l’Empereur à Sainte-Hélène. Il est difficile de savoir lesquels Napoléon a connus. Mais à aucun il n’a jamais prêté la moindre attention. Il savait que son rôle était fini et que son martyre créerait en faveur de son fils un courant d’opinion favorable. Il s’est sacrifié pour son enfant.  La lettre ci-dessous, adressée par l’amiral Plampin, commandant des forces navales anglaise à Sainte-Hélène, à Lord Melville, ministre de la marine, donne sur un plan d’évasion par sous-marin des détails assez curieux.   

Sainte-Hélène, 25 janvier 1818. 

Monseigneur, le 8 de ce mois, j’ai eu l’honneur d’écrire à Votre Seigneurie pour lui rendre compte que j’avais reçu des instructions relatives au docteur O’Meara contenus dans votre lettre du 14 septembre [1817]. Par retour du « Mosquito » de Rio de La Plata, le 19 courant, j’ai reçu une lettre du capitaine Sharpe de l’ « Hyacinthe » datée du 22 décembre [1817], contant des rapports sur des complots et plans d’évasion du général Bonaparte, et dont la copie suit : « J’ai reçu il y a quelques semaines une communication confidentielle de M. Chamberlain, chargé d’affaires, à Rio de Janeiro : elle porte que le duc de Richelieu a avisé M. Malert, chargé d’affaires de France, qu’un plan était en préparation pour secourir Buonaparte ; quatre officiers (pris à Pernambouc et envoyés prisonnier à  Lisbonne) auraient déclaré qu’un général français nommé Brayer, au service de ce gouvernement était le principal acteur de cette affaire. J’ai en conséquence pris toutes [les] mesures en mon pouvoir pour m’assurer qu’un plan de ce genre se préparait- mais sans succès. Le général Brayer commande en ce moment les troupes bloquant Falcaquara ; il a avec lui plusieurs officiers français ; mais aucun d’eux, pendant leur séjour ici, n’a entendu parler d’une participation quelconque aux plans ci-dessous. -Un jeune homme, arrivé il y a quelque temps en Angleterre, a apporté le plan d’un bateau capable d’être mû à la rame sous l’eau. Ce bateau, pouvant contenir six hommes, naviguerait au choix en surface ou sous l’eau pendant plusieurs heures. La personne qui a apporté ce plan a refusé de donner le nom des personnes qui l’emploient en angleterre. J’ai transmis l’affaire à l’Amirauté, qui pourra sans aucun doute découvrir ces personnes ; un brevet d’invention a, je crois, été pris. Le bateau est en fer et peut-être transporté à bord d’un vaisseau de 150 tonneaux. Le Gouvernement de Buenos-Ayres [Buenos-Aires] n’a donné aucune réponse à cette proposition… 

Amiral PLAMPIN. 

Document publié en 1932 dans la « Revue des Etudes Napoléoniennes, avec la mention « Communication de Mlle DECHAUX ». 

 

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( 13 octobre, 2018 )

Le prochain retour de « Bonaparte »…

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« Il existe au Gros-Caillou beaucoup d’anciennes maîtresses de soldats de la Vieille Garde. Ceux-ci entretiennent des correspondances avec ces femmes et leur annoncent toujours le prochain retour de Bonaparte à Paris, ce qui répand un mauvais esprit dans ce quartier. Je donne des ordres pour faire surveiller celles qui reçoivent de pareilles lettres, et pour empêcher qu’on en répande ainsi le contenu; je me concerterai aussi à ce sujet avec M. le directeur général des postes. »

(« Napoléon et la police sous la première Restauration. D’après les rapports du comte Beugnot au roi Louis XVIII. Annotés par Eugène Welvert », R. Roger  et F. Chernoviz, Libraires-Editeurs,  s.d., p.235,  extrait du Bulletin en date du 13 octobre 1814)

———–

A noter que cet hôpital militaire créé en 1757 a été démoli en 1899. Tout ce qu’il en subsiste est la belle fontaine (dite « de Mars [dieu de la guerre] »), édifiée en 1806 que l’on peut encore voir (à son emplacement d’origine), au 129 et 131, rue Saint-Dominique, Paris 7ème).

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( 12 octobre, 2018 )

Un fidèle de Napoléon: le général Van Hogendorp…

Un fidèle de Napoléon: le général Van Hogendorp... dans FIGURES D'EMPIRE 06506222

Dirk van Hogendorp, né en 1761 à Heenvliet, en Hollande, se mit au service de l’Empire. Il est l’aîné de six enfants. son père, noble, est membre de la Régence et député de sa province. Sa mère est la baronne de Haren, fille de l’Ambassadeur à Aix-la-Chapelle. En 1773, son père est nommé Gouverneur à Java, colonie hollandaise, poste assez lucratif pour ne pas le refuser. Par des amies de sa mère, Dirk et son frère sont admis à l’École des Cadets nobles de Berlin, par autorisation spéciale du Grand Frédéric. Le jeune Dirk va être élevé « à la Prussienne » durant trois ans.   En 1777, il est caserné à Königsberg, puis en 1778 fait la campagne contre l’Autriche. Il en sort lieutenant des grenadiers, et entre dans le corps des ingénieurs-géographes, suivant en même temps les cours de philosophie de Kant. Sa voie est toute tracée pour une belle carrière en Prusse, quand la Guerre d’Indépendance d’Amérique vient réveiller le sentiment patriotique. La Hollande ayant rompu avec la Grande-Bretagne, le jeune Hogendorp, après un duel où il blesse un officier prussien, donne sa démission. A 21 ans, il devient capitaine dans les troupes de débarquement du Commodore van Braam, à bord du vaisseau de 64, l’Utrecht. Trop tard, un armistice est signé, mais le voyage servira à parfaire ses connaissances en astronomie et navigation, qui serviront plus tard. Entre autres, Hogendorp constate que les vaisseaux doublés de cuivre vont plus vite que les anciens en bois. L’amiral Pierre Jurien de La Gravière, jeune enseigne rapatrié sur le Dordrecht à l’époque, en a laissé des souvenirs. Le convoi est envoyé vers Le Cap, on croise devant l’île de Ste-Hélène … 

Au Cap, colonie hollandaise, tient garnison le régiment suisse de Meuron, au service de la Hollande. Hogendorp y retrouve deux anciens de l’École des cadets de Berlin, le Neuchâtelois de Sandol-Roy et le jeune York de Wartenburg qui sera un jour lieutenant de Blücher. Ce général Prussien de service dans la Grande Armée sous Macdonald, trahira en décembre 1812 et sera un des plus implacables ennemis de la France. Ces deux jeunes gens se retrouveront en Lituanie…L’ancien grenadier est devenu marin, retrouve son père à Java, après onze ans de séparation. Les îles néerlandaises, après la paix signée avec la Grande-Bretagne, voient des révoltes pousser un peu partout, révoltes comme d’habitude armées et payées par la perfide Albion… Il profite de ce séjour obligé pour demander la main avec Constance Alding, la 5e fille du Gouverneur général des Indes pour la Hollande. Hogendorp ira batailler contre les petits rois de Malacca, Salangor de Siac et de Riou. Vainqueur, Dirk vient porter la nouvelle au Gouverneur Alding, mais arrive pour assister au mariage de Constance, contrainte par son père à une autre union. De dépit, il quitte la marine et retrouve un commandement de capitaine dans les Dragons, et épouse en 1785 mademoiselle Bartlo, fille du vice-président des Échevins de Batavia. Son père repart pour la Hollande, mais meurt dans le naufrage du convoi. 

Hogendorp dénonce la corruption de l’administration coloniale et le manque de sérieux dans ces organisations de convois pour Le Cap, où le personnel est trop peu qualifié pour des bateaux encombrés et surchargés de marchandises de contrebande. C’est au cours de ces années d’épreuves que Dirk va se forger une réputation d’honnêteté et de rigueur. Il sera, en juin 1786, nommé résident au Bengale et remonte le Gange avec sa jeune femme. Il découvre ainsi le commerce de l’opium tenu par les Britanniques. Là naît un fils, qui sera plus tard chef d’Escadron des Cuirassiers dans la Grande Armée.

En 1790, il est nommé sous-gouverneur à Surabaya (Java), où il apprend la Révolution en France, puis la guerre entre la République et la Hollande.

C’est alors qu’il voit mouiller les deux frégates françaises à la poursuite de « La Pérouse », « La Recherche » et « L’Espérance », commandées par le lieutenant d’Auribeau.  

Hogendorp se montre compréhensif devant l’état de délabrement des Français, partis depuis deux ans, et les considère comme réfugiés, échoués en territoire hollandais. Les républicains peuvent regagner la France, les autres reçoivent des offres avantageuses pour servir dans la Compagnie des Indes Néerlandaises. Sur ces entrefaites arrive la nouvelle de l’entrée de Pichegru en Hollande, suivie d’une véritable révolution. Les « patriotes » se sont déclarés en comité pour remplacer l’ancienne Compagnie des Indes, et chaque fonctionnaire doit se prononcer pour l’ancien ou le nouveau régime. Hogendorp, considérant que là où est le peuple et la terre de la Patrie, là également est la Nation. Bien sûr, les Britanniques en profitent pour mettre la main sur les colonies hollandaises : Mallaca Amboine, les Moluques. Dans Java restée hollandaise, Hogendorp met Surabaya en état de défense. Le Cap est tombé aux mains des Britanniques, le colonel Meuron ayant vendu son régiment, hommes et armes, au gouvernement britannique. De même, l’île de Ceylan sera vendue par son Gouverneur. Dépité, abandonné, ruiné, Hogendorp doit s’en retourne en Europe, sur un navire danois, avec un arrêt pour faire l’eau à Ste-Hélène. Il a laissé son épouse chez sa mère, à Batavia (Djakarta) et le peu de biens qu’il leur reste. Il retrouve sa mère en Hollande et engage des actions contre la mauvaise organisation des colonies en publiant son « Exposé de l’état actuel des possessions de la République Batave aux Indes Occidentales ». Nombreux sont les Hollandais qui lors de voyages de commerce, avaient remarqué l’état déplorable de l’organisation du Conseil Colonial, et après la Paix d’Amiens, les colonies étant restituées en partie, le besoin se fait sentir pour la Hollande de réimplanter son administration. Hogendorp est sollicité pour être le gouverneur général de Batavia, quand il apprend la mort de sa femme restée aux bons soins de sa mère. Il perd également ses deux sœurs et reste avec son fils unique, qu’il envoie au collège militaire de Sorrèze, où était le jeune MarbotEn septembre 1802, il se remarie avec une cousine, Augusta, fille aînée du Prince de Hohenlohe, mariage qui le fait rentrer dans les grandes familles des cours allemandes. La rupture de la Paix d’Amiens rend illusoire les projets coloniaux de la Hollande, et c’est en ambassade en Russie que le couple convolera. Néanmoins, Hogendorp aura la satisfaction de voir le nouveau roi de Hollande en 1814 mettre en application ses réformes relatives aux Indes Néerlandaises…La domination française lui permet de devenir en 1806 Conseiller d’État, en 1807 ministre de la Guerre de Louis Bonaparte, roi de Hollande, puis ministre plénipotentiaire en Espagne, Comte de l’Empire en 1811, il est aide de Camp de l’Empereur. Il est chargé du commandement du dépôt des conscrits réfractaires et des déserteurs de Wesel, en 1811. 

En 1812, il fait la Campagne de Russie, nommé Gouverneur général de la Prusse à Koenigsberg, puis Gouverneur de la Lituanie à Vilnius le 8 juillet, puis gouverneur de Hambourg en juin 1813 à août 1814. Il est commandant au château de Nantes en mai 1815. Il partira de Nantes en 1816, après la chute de l’Empire, fonder une colonie agricole au Brésil, près de Rio où il mourra le 22 octobre 1822, en ermite, comme on peut le voir dans le film « Monsieur N. » Napoléon dans son testament lui légua 100.000 francs. (Notice extraite du site Wikipédia). 

Nous complétons cet intéressant portrait par deux lettres du maréchal Berthier adressées au général Hogendorp. Comme l’écrit Arthur CHUQUET : « Dans cette lettre, écrite trois jours après La Moskowa, Berthier informe Hogendorp, gouverneur général de la Lituanie, que l’armée  a fait une très grande consommation de munitions de guerre, qu’on doit les remplacer au plus tôt, qu’il enverra donc à Smolensk, où se formera le principal dépôt de munitions, des caissons vides que Hogendorp a mission de charger ». 

Au général Hogendorp, gouverneur général de la Lituanie. Mojaïsk, le 10 septembre 1812. L’armée a fait, Général, une très grande consommation de munitions de guerre, et il est de la plus grande importance de pourvoir sur-le-champ à leur remplacement. Il en existe des quantités considérables sur la route de l’armée depuis Kowno jusqu’à Smolensk ; mais vous sentez qu’il est impossible d’envoyer ici les caissons vides se charger à Vilna ou à Kowno ; les chevaux seraient ruinés dans une aussi longue route pour aller et revenir, et les remplacements ne peuvent pas être retardés à ce point ; Tout ce qu’il est possible de faire, c’est d’envoyer les caissons vides se charger à Smolensk. L’intention de l’Empereur est donc, Général, que vous exigiez de l’administration générale ou des administrations locales qu’elles fournissent des chevaux ou bœufs et des voitures de réquisition pour transporter successivement les munitions en caisses ou en barils de Kowno à Vilna, de Vilna à Minsk et de Minsk à Orcha ; de là, les chevaux des équipages de pont qui s’y trouvent, transporteront les munitions jusqu’à Smolensk où l’on formera ainsi un grand dépôt. Prenez les mesures les plus promptes pour l’exécution de ces dispositions.

BERTHIER. 

Ordres de Berthier au gouverneur de Vilna, Hogendorp; mais était-il possible de prendre les mesures sévères que prescrivait le major général, de rallier les traînards et les isolés, etc. ? Tout cela ne se fit que sur le papier. 

A.CHUQUET 

Au général Hogendorp, gouverneur général de la Lituanie. Miedniki, 7 décembre 1812, 7 heures du soir.  Monsieur le général Hogendorp, je vous préviens que la Garde impériale arrivera demain à Vilna. Sa Majesté désirerait qu’elle pût prendre des cantonnements dans le faubourg d’Ochmiana. La cavalerie de la Garde arrivera aussi demain et prendra des cantonnements provisoires dans les emplacements qu’elle a déjà occupés. Le corps du vice-roi [Eugène] et celui du prince d’Eckmühl [Maréchal Davout] s’arrêteront pour la journée de demain à Roukoni. Nous espérons que vous avez pis des mesures sévères pour qu’on prenne aux traînards et isolés tous leur konias [petits chevaux très résistants], qu’ils soient conduits directement dans les couvents ou emplacements que vous aurez choisi pour les réunir  par corps d’armée.

Il faut beaucoup de patrouilles en ville afin de n’y souffrir aucun soldat isolé. Nous désirerions avoir un état des villages qui se trouvent à deux lieues autour de Vilna et qui offrent des ressources pour y mettre des troupes.

Le Roi pense que vous ne perdez pas un seul instant pour faire évacuer nos malades et tous les embarras de l’administration. 

BERTHIER. 

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( 11 octobre, 2018 )

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( 11 octobre, 2018 )

Grand succès pour la reconstitution du procès du général Drouot ! (Nancy, 4 octobre 2018)

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Communiqué de M. Thierry CHOFFAT, Président des Vosges Napoléoniennes: 

Notre reconstitution du procès du général DROUOT a été un véritable succès.  Merci à tous ceux qui y ont contribué, reconstitueurs de l’Obusier, personnels et magistrats de la Cour d’Appel, étudiants, Faculté de Droit….
Le spectacle a rassemblé plus de 300 personnes dans la salle d’assises et, faute de place et pour des questions de sécurité, nous avons été obligés d’en refuser entre 150 et 200. Le décor était splendide, de même que les uniformes. Les acteurs ont parfaitement joué leur rôle, appris et superbement déclamé leurs textes. Que tous soient remerciés.
Mes remerciements vont également au public venu nombreux.
Le procès a été filmé et nous espérons pouvoir le diffuser.
Nous avons reçu beaucoup de photos. Les médias ont relayé l’information. Ci-dessous, vous pourrez découvrir l’article de « L’Est Républicain » et qui synthétise notre manifestation.
Voici également quelques photos. D’autres circulent déjà sur les réseaux sociaux

https://www.dropbox.com/sh/qzjsynbvh3wol8x/AABOehM3pVjNjYf5D3ZZBM3va?dl=0

Certaines photographies sont déjà sur notre site internet:
Article Drouot EST Rep

 

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( 11 octobre, 2018 )

LETTRES d’Augustin MADELIN, sous-lieutenant lorrain, sur 1813 (1ère partie).

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Avec les lettres du sous-lieutenant Madelin, on a l’exemple même de cette correspondance intime et familiale qui pouvait être échangée entre un soldat et sa famille. Le jeune officier expédié au bout de l’Europe, ne manque pas un seul jour sans écrire à ses proches, n’oubliant jamais de saluer les parents, les amis, ceux qui sont restés tout là-bas dans sa Meurthe natale. On retrouve dans ses lettres les questions récurrentes du ravitaillement quotidien, des problèmes d’argent, de la tenue qu’il faut sans cesse entretenir et faire repriser, de l’avancement possible, probable ou qu’il faut oublier. Autant de thèmes que contient le tableau de l’officier en campagne, brossé avec simplicité et réalisme par Augustin Madelin. 

C.B.

Romain-Augustin Madelin, fils légitime de J.-B. Madelin, négociant à Toul, et de Rose Prat, son épouse, de la paroisse Saint-Jean du Cloître, est né dans cette même ville le 21 mai 1794. Il suivit les cours de mathématiques élémentaires au collège de Pont-à-Mousson, du 1er novembre 1811 au 11 avril 1812. Sorti de l’École militaire au début de 1813, il est incorporé comme sous-lieutenant au 149ème de ligne en formation. Le 30 mars, il est accueilli au camp de Gross-Awersleben par le chirurgien Eve, qui écrit à sa mère : « Sa timidité lui sied bien, car je sais qu’il a été questionné sur ses manœuvres, et que son colonel en a été content. » Le 23 août 1813, il est blessé mortellement d’une balle au front, à l’attaque d’une redoute au combat de Goldberg. La cantinière le transporte dans une chambre haute, le place sur un matelas, lui donne un cordial, fait un premier pansement…Voici, pieusement conservées par M. Madelin, ancien magistrat, les lettres du petit sous-lieutenant, tué dans la campagne d’Allemagne, en 1813. N’est-il pas émouvant de les publier, sans y changer une syllabe aujourd’hui qu’elles sont centenaires ? 

Charles-Léon BERNARDIN. 

Au camp devant Torgau, 12 mai 1813. 

Après 15 jours de marche forcée je trouve enfin un instant pour vous écrire mes chers parents ; Je commencerai par vous donner des nouvelles de ma santé qui continue toujours à être très bonne malgré les fatigues que nous endurons, et la faim que nous souffrons les trois quarts du temps. Outre que les vivres manquent par la négligence des employés, les officiers n’étant pas payés ne peuvent souvent pas se trouver le nécessaire, les soldats maraudent et s’en tirent. Heureusement que dans ma compagnie ‘ai quelques bon enfants qui partagent avec moi ce qu’ils ont. Depuis votre lettre du 9 avril je n’en ai point reçu de vous. M. Eve en avait reçu une de maman pour moi, il l’avait mise à la poste et je ne l’ai pas encore reçue. Le bon M. Eve qui vient d’être nommé, comme vous savez, chirurgien en chef de toute l’armée de l’Elbe, c’est-à-dire de dix corps d’armée a bien voulu se donner la peine de courir après moi pour me voir et s’informer comment je me portais. Les journaux vous ont sans doute appris la grande victoire de 2 mai. On évalue leur perte à trente mille hommes ; il y a avait quelqu’un qui avait passé sur le champ de bataille, 10 Russes ou Prussiens pour un Français. Notre division a eu le malheur de ne pas tirer un coup de fusil. En seconde ligne, spectateur de la bataille, nos soldats se désolaient de ne pas pouvoir approcher l’ennemi. Depuis ce jour juqu’aujourd’huy on a fait que les poursuivre. Notre corps d’armée après en avoir purgé la Saxe vient de passer l’Elbe, notre division la passé à Torgau et est allé camper à un lieu de l’autre côté de la ville. Je vois bien qu’il faut de suite finir ma lettre car nous pouvons bien partit tout à l’heure. Écrivez-moi souvent mes chers parents et soyez persuadés de l’éternel attachement de votre dévoué et respectueux fils. 

Signé : A. MADELIN, sous-lieutenant. 

Mes respects à tous mes parents et mes amis. J’embrasse bien cordialement mes bons frères. Bonjour à Marie, à sœur Marthe et à Catherine. 

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Au camp de… le 25 mai 1813 

Je ne sais pas si vous recevez mes lettres, mes chers parents, pour moi depuis 6 semaines je n’ai reçu aucune lettre de vous. Je crois que chaque fois que je vous écrirai je vous annoncerai des victoires ; les Russes et les Prussiens avaient le 21 les plus belles positions, elles leur furent toutes enlevées aux cris de « Vive l’Empereur ! » et sans perdre beaucoup de monde, et le soir  toute leur armée  était en déroute. Depuis le 21 nous les poursuivons. Pour moi je jouis toujours d’une excellente santé et je supporte très bien les fatigues de la guerre ; me voilà j’espère, habitué à coucher au bivouac, quelquefois avec de la paille, souvent sans paille ; depuis 6 semaines je n’ai pas couché dans un lit ni même dans ne chambre, et bien maintenant j’aime autant la paille et l’air du temps qu’un bel appartement et un bon lit. Je vais finir ma lettre aujourd’hui et si je trouve l’occasion de l’envoyer, je l’enverrai ; si je ne la trouve pas je vous marquerai ce qu’il arrivera le nouveau. Je vous embrasse donc mes chers parents ainsi que mes bons frères. Votre dévoué et respectueux fils. 

Signé : MADELIN Du 1er juin 1813. 

Depuis 6 jours que ma lettre est écrite je n’ai pas encore pu trouver l’occasion de vous l’envoyer. Je l’ouvre pour vous dire que ces jours-ci j’ai vu le général Barrois qui m’a fait beaucoup d’accueil. Aujourd’huy, il m’a envoyé » chercher et m’a demandé si j’espérais avoir de l’avancement dans mon corps. Je lui dis qu’il avait été question de me faire passer adjudant-major mais que maintenant in en parlait plus. Alors il me dit qu’il avait fait la demande pour me faire passer dans la Garde de sa division et si cela me faisait plaisir ; je répondis que oui et après nous êtes consultés, il fut décidé que si je passais adjudant-major avant que l’admission dans la Garde arrive je le refuserais lorsqu’elle viendrait, que si j’étais encore sous-lieutenant je l’accepterai si toutefois vous y consentez. Il m’a ensuite offert de l’argent comme on ne nous paye pas nos appointements et que le Gouvernement me doit 600 francs j’ai pris 100 francs, comptant vous les rendre lorsqu’on nous paiera. Le général me dit qu’il désirait que vous fassiez un cadeau de ces 100 francs à la supérieure de Saint-Nicolas. Veuillez bien lui en acheter un à peu près de ce prix-là. Je veux encore avoir le plaisir de vous embrasser ainsi que mes frères et vous assurer de l’éternel attachement de notre dévoué et respectueux fils. 

Signé : MADELIN. 

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Nous sommes à 2 lieues de Breslau.  Du 3 juin 1813. 

Nous voilà enfin à Breslau c’est-à-dire campé devant ? Notre 1ère division l’occupe ; nous nous reposons, car vous savez sans doute qu’il y a une trêve qui, dit-on, doit précéder la paix, in en parle ; je viens pour ainsi dire de me rhabiller à neuf ; mon pantalon était tout en loques, je n’avais plus de bas, plus qu’une paire de bottes toute dessemelée, plus de cannessons [sic], plus de mouchoirs de poche, encore deux cravates ; j’ai bien encore mes 6 chemises, mais j’en ai trois prêtée, il ne m’en reste plus que trois bien déchirées, car c’est mon soldat qui me les lave…

Signé:MADELIN. 

———-

Au camp devant Hanau, le 18 juin 1813. 

Je reçois trois lettres de vous presque en même temps mes chers parents : l’une en date du 29 avril que M. Eve me fait passer, l’autre du 9 may et la dernière du 27 may ; aussi, ai-je été près de 6 semaines sans en recevoir. Vous ne devez donc pas être étonnés si vous avez été si longtemps sans en recevoir des miennes ; je suis bien sûr que comme moi vous en recevrez deux ou trois à la fois car maintenant messieurs les cosaques n’arrêtent plus les courriers. Nous étions à Breslau qu’il y en avait encore trente ou quarante lieux en arrière. Nous voilà baraqués devant Hanau en attendant la continuation de la guerre ou la paix. Je n’oublie pas mon cher papa que votre fête tombe le 24 juin, je ne peux encore cette année que faire des vœux pour vous sans avoir le bonheur de vous les adresser moi-même. J’espère avoir ce plaisir-là une année, cependant je pense bien que, éloigné ou près de vous, vous n’êtes pas mois persuadé de la sincérité des vœux que je fais pour votre bonheur. 

Ma santé continue à être excellente, j’ai eu quelquefois la diarrhée, quelque temps la dysenterie, mais maintenant tous est passé, sinon encore un peu fatigué ; mais voici du repos qui nous arrive, les vires en viande, en vin et en pain bien mauvais à la vérité, ne nous manquent pas maintenant.

Si mon oncle Lemouse eut été garde-malade dans notre division, j’espère bien que moi, ni mes amis, n’en aurions jamais manqué et que maintenant au lieu d’acheter du pain blanc pour faire en notre soupe, il nous ne donnerait et pour cela et pour manger. Il fait bon être dans les bonnes grâces de ces messieurs. Je suis bien sûr que jamais ils n’ont jeuné deux heures de suite.  

Il vient d’arriver au régiment un major qui sort du 139ème où il était chef de bataillon. M. Paul qui par suite de sa blessure ne doit pas tarder à retourner à Toul, le connaît. Je désirerais bien que vous puissiez obtenir de lui une lettre de recommandation pour notre major, si cependant vous le jugez à propos.  Maintenant avec mes trois chemises, je pourrai en changer tous les trois ou quatre jours et par conséquent quitter les poux dont j’ai été garni jusqu’à présent. Heureusement que j’ai évité la gale, il y en seulement 644 dans le régiment qui l’ont ; c’est dans notre bataillon qu’il y en a le moins, encore il y en eut 128. On les traite maintenant dans une grande ferme à une demi-lieue du camp. Il y a des compagnies où il ne reste plus que dix ou douze hommes ; j’en ai encore 25 dans ma compagnie.

M. Serclet qui me dit dernièrement avoir reçu une lettre de M. Colomb m’a dit qu’il venait de vous écrire et m’apporte sa lettre pour la mettre dans la mienne. C’est un homme bien respectable. M. le général Barrois auquel j’en ai parlé comme sortant du même régiment paraît y prendre beaucoup d’intérêt.  

M. Marchand est maintenant assez éloigné de nous comme ordonnateur en chef du quartier-général de notre corps d’armée ; il est avec le général Lauriston et je ne sais pas précisément où. Quant à l’argent je lui en demanderais bien que vous feriez passer à ses parants à Toul mais je ne voudrais que vous l’emprunter et vous le ferai repasser lorsque je toucherai mes 300 francs d’indemnités de campagne. On me doit en outre quatre mois de solde, ce qui fait encore 320 francs ; on m’en devrait bien cinq mais l’officier-payeur n’entend pas raison et dit que d’après l’instruction de son inspecteur ma solde ne compte que du lendemain de mon arrivée au corps. Ah que je serais content si par hasard vous trouviez l’occasion de faire revenir mon porte-manteau du petit dépôt qui est à Wenden ! Mais je crois bien que cela est impossible : je crains qu’il y ait déjà de grands poils sur mes habits. Mon grand uniforme y est  [ainsi que] mon charivari et ma redingote ; si cela est soigné je n’aurais besoin en rentrant en France que d’un frac, un gilet et un pantalon, mais pour ainsi dire [de] tout mon linge. 

Adieu mes chers parents, je vous écrirai maintenant plus souvent puisque j’en aurai le temps. Comment pourrai-je oublier de si bons parents ainsi que les bons principes qu’ils m’ont inspirés ?  Soyez bien persuadés que jamais je ne les oublierai, et croyez au sincère attachement de votre dévoué et respectueux fils. Témoignez à toutes les personnes qui veulent bien penser à moi, combien j’y suis sensible.

J’embrasse bien tendrement mes frères ; bonjour à Marie, à Catherine et à sœur Marthe.  

Signé : A. MADELIN. 

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Monsieur Madelin, Négociant à Toul (Meurthe). Boersdorff, le 26 juillet 1813. 

Je croyais, mes chers parents, vous annoncer notre départ pour Hambourg, on prétendait que notre corps d’armée allait se diriger sur ce point. Nous devions partir le 20 ; voici le 20 passé, nous sommes encore ici. Il paraît que c’était un faux bruit car on fait presque autant de gazettes à l’armée qu’en France. Je continue à être très bien chez mes hôtes. On est aux petites attentions pour moi.

Mme Spielberg, femme du maître d’école a entrepris de me raccommoder mes effets. Elle est depuis le matin jusqu’au soir à l’ouvrage ; elle me garnit maintenant des bas que j’ai acheté et mes deux cannessons [sic] sont remis en état de refaire campagne. Je viens encore de faire un pantalon gris, c’est mon troisième. Comme on dit qu’on va nous donner du drap (avec notre argent) je ferai faire un frac bleu depuis que nous sommes partis de… le mien n’a pas quitté mon corps et se ressent fortement de bivouaquer.  Vous n’avez donc pas compris ou je me suis mal exprimé, mon cher papa quand je vous rapportai ce que m’avait proposé le général Barrois ; ce n’est pas moi du tout qui lui ai demandé à entrer dans la Garde, au contraire c’est lui qui m’a dit si je serais bien aise d’y entrer.  Vous sentez bien que cette question était embarrassante, je lui répondis cependant que si il jugeait que cela était utile à mon avancement j’aurais beaucoup de plaisir à servir sous ses ordres ; il me dit ensuite qu’il en avait fait faire la demande.  Ce fut alors que mon embarras augmenta. Je lui fis aussitôt part des bontés que Monsieur le Colonel avait pour moi : je lui dis même que dans le temps il avait été question de me faire passer  adjudant-major, mais qu’étant venu des officiers d’un autre régiment, cela n’avait pas réussi.  Ce fut alors qu’il me dit que si je venais à être nommé lieutenant, je n’aurais qu’à refuser lorsque l’admission arriverait. Elle ne l’est pas encore, alors je lui ai dit que je vous consulterais.  

Un cadre de notre régiment retourne en France au Hâvre où est notre dépôt. Retournent aussi les officiers que la campagne a mis hors d’état de continuer le service, il en part demain ; dans deux ou trois jours les autres partiront. M.Serclet est des derniers.  Rien de nouveau. Il paraît seulement que l’armistice est prolongé. Adieu mes chers parents. Donnez-moi de vos nouvelles et croyez au sincère attachement de votre dévoué et respectueux fils. J’embrasse mes frères. Mes respects à tous nos parents et amis. 

Signé : MADELIN           

A SUIVRE…  

Ce témoignage fut publié en 1913 dans la « Revue des Études Napoléoniennes ». 

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( 11 octobre, 2018 )

Le GENERAL comte DURUTTE, HEROS de WATERLOO…

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Durutte compte parmi les héros qui s’illustrèrent à Waterloo. Placé au 1er corps, sous les ordres de Drouet d’Erlon, il commanda la 4ème division.  A un certain moment, il fut pris dans une charge de cavaliers anglais, reçut deux violents coups de sabre, l’un sur le visage, le second sur le poignet droit qui dut être amputé le lendemain. La figure toute ensanglantée et ne pouvant plus diriger son cheval, il fut entraîné dans la charge ennemie.  Dans la soirée, il fut retrouvé par un sous-officier qui lui donna les premiers soins et le conduisit à Charleroi.  Ces blessures mirent fin à la carrière de Durutte, qui, né à Douai en 1767, avait débuté sous les armes en 1792, avait été nommé général de division en 1803.  Mis à la retraite le 18 octobre 1815, il se retira à Ypres où il avait contracté alliance avec Marie-Antoinette-Joséphine De Meezemaker, adoptant la sage devise : « Retraite et oubli ».  Le général Durutte s’éteignit dans cette même ville le 18 avril 1827. Ses funérailles furent célébrées en l’église Saint-Martin. Sa famille fit élever sur sa tombe un monument portant cette épitaphe : 

Sa carrière militaire commença à Valmy, 

Et se termina à Waterloo, 

Sous la République, 

Sous le Consulat, 

Sous l’Empire, 

Sous la Monarchie, 

Il ne servit que la France. 

G.de FROISCOURT 

(Article publié en décembre 1963 dans le Bulletin (n°45) de la Société Belge d’Études Napoléoniennes). 

 

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( 10 octobre, 2018 )

Une LETTRE à M. COLINCAMP, DIRECTEUR des ESTAFETTES de SA MAJESTE, à TOLOTZYN.

Portrait

Moscou, le 14 octobre 1812. 

Comme vous êtes venu volontairement dans ce maudit pays, mon cher Colincamp, ma foi vous m’étonnez. J’ai bien cru que vous étiez tous assez dégoûtés du voyage ; au reste, si vous vous en trouvez bien, tant mieux ; quant à moi, je le désire fort ; mais vous ne me dites pas si vous avez obtenu une place à  Paris. Marquez-le moi donc. Je vous remercie des offres que vous me faites pour ma correspondance avec mon frère, et j’en userai, mais avec modération. Nous ne sommes pas bien, ici, je vous réponds. Il arrive fort souvent que nous n’avons ni pain, ni viande, nous mangeons ce que nous pouvons. Cependant, je me porte fort bien. Je vous engage fortement à rester à Tolotzyn, pour peu que vous y ayez à manger, et surtout ne venez pas par ici, car on n’est pas bien du tout.  Nous allons partir demain pour aller sur le chemin de Kalouga, à 110 lieues [environ 440 kilomètres] d’ici. Nous ne serons pas fort bien, je pense, surtout au bivouac ; nous serons dans la neige jusqu’au col, je présume, car il neige déjà assez joliment ; pourvu que nous n’y restions pas, c’est tout ce qu’il faut.

Mille choses pour moi à Monsieur votre frère lorsque vous lui écrirez. Adieu, mon cher Colincamp, amusez-vous bien, et surtout ne vous embarquez pas sur la route de décombres de Moscou, car vous n’y trouverez rien. 

YTASSE. 

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( 10 octobre, 2018 )

Le rôle du capitaine Randon à Laffrey, le 7 mars 1815…

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Randon, futur ministre de la Guerre et maréchal de France [il était né en 1795. Meurt en 1865. Fait maréchal en 1856 par Napoléon III] , alors capitaine au 93ème de ligne (depuis la fin de novembre 1813), était aide-de-camp de son oncle, le général Marchand [ce personnage resté fidèle aux Bourbons et qui commandait la place de Grenoble]. On a souvent prétendu qu’il vint le 7 mars 1815 à Laffrey donneur l’ordre, au bataillon du 5ème de ligne, de faire feu. Mais comme Randon le dit lui-même dans l’Exposé ci –dessous, il était venu à Laffrey que pour savoir ce qui s’y passait et rapporter des nouvelles. Il n’a pas crié « Feu ! », car si il l’avait fait, il n’aurait pas manqué dans son Exposé. D’ailleurs, ce n’était pas à lui d’ordonner de tirer.Tout au plus, il aura conseillé de faire feu : « Il est, a déclaré le chef du génie Tournadre, il est arrivé au moment où les troupes étaient en présence des rebelles et, avant de se porter à la tête de la colonne, il m’a dit : « Il faut faire tirer dessus ». 

Arthur CHUQUET 

Exposé de la conduite du capitaine Randon, aide-de-camp de M. le Lieutenant général comte Marchand. 

Grenoble, 3 décembre 1815. 

Employé à Grenoble à l’époque du 1ermars 1815 en qualité d’aide-de-camp de M. le Lieutenant-général Marchand, je fus envoyé dans la matinée du 7 mars 1815 pour se voir ce qu’était devenu un bataillon du 5ème régiment de ligne qu’on avait envoyé en avant, et qui, depuis vingt-quatre heures, n’avait pas donné de ses nouvelles, et en même temps pour venir en toute hâte donner un avis sur les événements importants dont je pourrais être témoin. Je joignis ce bataillon à six lieues de Grenoble, en avant du village de Laffrey, et je ne tardai pas à voir paraître l’avant-garde des troupes ennemies [celles de l’Empereur !] qui furent bientôt suivies de leur chef [Napoléon]. Après diverses sommations auxquelles le chef de bataillon répondit avec fermeté, Bonaparte marcha sur nous à la tête de sa troupe, joignit une compagnie de voltigeurs qui formait l’avant-garde et qui le reçut aux cris de « Vive l’Empereur ! » J’étais à dix pas quand ce premier événement arriva, et, jugeant qu’il était temps de remplir le but de ma mission, je tournai bride et traversai sans difficulté le reste du bataillon.Je fus bientôt poursuivi par cinq ou six chasseurs que Bonaparte avait envoyés après moi avec la promesse de cinquante napoléons s’ils pouvaient m’atteindre. Je les perdais à peine de vue que je rencontrai le colonel Labédoyère qui désertait à la tête de son régiment. Je ne savais d’abord à quoi attribuer un pareil mouvement. Mais mon incertitude cessa bientôt quand, entendant les cris de « Vive l’Empereur ! », Labédoyère lui-même voulut m’arrêter en voyant le ruban blanc dont j’étais décoré. J’étais bien monté. Je me jetai sur un des côtés de la route, renversai les premiers grenadiers, et me fis jour, par la force de mon cheval,à travers le reste de la colonne,avant qu’elle n’eût le temps de se reconnaître.

J’arrivai à Grenoble au milieu des cris d’une populace furieuse qui accourait au devant de l’Usurpateur, et rendis compte à mon général des funestes événements qui s’étaient passés sous mes yeux. 

Les mesures que l’on prit, ne purent arrêter l’insubordination des soldats, existés par l’exemple trop contagieux de leurs camarades, et je sortis de Grenoble avec M. le Lieutenant-général Marchand au moment où Bonaparte y entrait de l’autre côté.  Partageant l’opinion de mon général à l’égard de l’homme qui amenait tant de maux pour la France, mon sort a été uni au sien. Comme lui, j’avais été réintégré dans les fonctions que j’occupais avant l’époque malheureuse du 7 mars 1815.  Telle a été ma conduite pendant l’interrègne, et S.A.R. Monseigneur le duc d’Angoulême [le fils du comte d’Artois, futur Charles X], à son passage à Grenoble, a daigné me donner quelques éloges sur la manière dont je m’étais conduit dans une circonstance aussi critique que fatale à la France. 

(Document extrait de l’ouvrage d’Arthur Chuquet : « Lettres de 1815. Première Série [seule parue] », Librairie Ancienne, Honoré Champion, Editeur, 1911). 

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Sur Randon lire cette notice en ligne: http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Louis_Randon

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( 9 octobre, 2018 )

Le général Reille…

Le général Reille… dans FIGURES D'EMPIRE reille

Honoré-Charles-Michel Reille naît le 1er septembre 1778 à Antibes (Var).

Il entre comme grenadier au 1er bataillon du Var le 1er octobre 1791. Reille passe sous-lieutenant au régiment royal de Hesse-Darmstadt (94ème  d’infanterie) le 15 septembre 1792 et prend part à la campagne du Nord. Il est élevé au grade de lieutenant le 7 frimaire an II (27 novembre 1793), de capitaine le 4 prairial an IV (23 mai 1796), et devient aide-de-camp du général Masséna le 15 brumaire an V (5 novembre 1796).

Reille l’accompagne en Italie où il se signale dans différents combats. Créé chef d’escadrons provisoire sur le champ de bataille, le 18 nivôse an V (7 janvier 1797), il est confirmé dans ce grade 4 prairial suivant (23 mai). Après le traité de Campo-Formio, il est nommé, le 27 pluviôse an VII (15 février 1799), adjudant-général de l’armée d’Helvétie. Il remplace le général Oudinot, blessé, à la tête de ses troupes et entre dans Zurich. Il suit Masséna en Italie où il se distingue dans plusieurs combats.

le général occupe les postes de chef d’état-major d’une armée d’observation, de sous-chef d’état-major général des armées françaises en Italie et est nommé général de brigade le 11 fructidor an XI (29 août 1803).

Reille devient commandeur de la Légion d’Honneur le 25 prairial an XII (15 juin 1804). En 1806, il rejoint la grande armée pour la campagne d’Austerlitz et prend part à la tête d’une brigade du 5ème corps aux combats de Saalfeld, Iéna, Pułtusk. Le maréchal Lannes le choisit pour chef d’état-major et il se distingue à Ostrolenka. Il devient aide-de-camp de l’Empereur le 13 mai 1807 et est élevé au rang de comte de l’Empire le 29 juin 1808. Après la paix de Tilsitt, il devient commissaire extraordinaire en Toscane, puis rejoint
la Catalogne.

En septembre 1809, il est nommé commandant du 1er corps de l’armée du Nord de l’Espagne. Il rejoint la grande armée pour la campagne d’Autriche et commande division de la Garde à Wagram. L’Empereur lui confie ensuite un des corps opposé au débarquement en Zélande. De là, il rejoint l’Espagne en mai 1810 comme gouverneur de la Navarre. Le 26 janvier 1812, il prend le commandement du corps de l’Ebre et le 16 octobre 1812 celui de l’armée de Portugal. Dans les dernières opérations de la campagne il commande l’aile droite française et combat sur la Bidassoa, en Navarre, à Orthez et à Toulouse. 

Après l’abdication, il devient inspecteur général d’infanterie des 14ème et 18ème  divisions. Il est nommé grand officier de la Légion d’Honneur le 29 juillet 1814, grand-croix de l’Ordre le 14 février 1815 et chevalier de Saint-Louis le 27 juin de la même année.Pendant les Cent-Jours, il commande le 2ème corps d’armée et combat aux Quatre-Bras et à Mont-Saint-Jean.

Le 17 février 1828, il est nommé au Conseil supérieur de la Guerre. Le 15 novembre 1836, il est élu président du Comité de l’infanterie et de la cavalerie, et, le 17 septembre 1847, Louis-Philippe l’élève à la dignité de maréchal de France ; il était déjà Pair de France.

Il est, en outre, membre de l’ordre de Séraphin de Suède, de la Couronne de Fer, de Saint-Henri de Saxe, et commandeur de l’ordre militaire de Bavière. Reille s’éteint le 4 mars 1860. 

Capitaine P. MATZYNSKI

 

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( 9 octobre, 2018 )

Manière de dicter de Napoléon Ier .

Napoléon 1er

L’Empereur écrivait rarement, de sa propre main. Il dictait à un secrétaire, M. de Bourrienne, M. Méneval, M. Fain. Il relisait ordinairement les lettres ainsi dictées. Un très grand nombre de ces lettres sont corrigées de sa main. Indépendamment de ces dictées à ses secrétaires habituels, il dictait souvent à ceux qui étaient là, et par conséquent à ceux avec lesquels il était le plus habituellement en rapport, au ministre secrétaire d’Etat, principalement, et à ses autres ministres. En temps de guerre, au major général, à Duroc, à l’intendant général. La même chose lui arrivait avec ceux avec lesquels il traitait des affaires spéciales. Il arriva ainsi plus d’une fois qu’il dicta à mon père. Mon père confirme ce témoignage, qui est unanime, à savoir qu’il dictait avec une excessive rapidité; qu’il eut été impossible de le suivre si l’on avait voulu tout écrire qu’il fallait se contenter de jeter de temps en temps un mot sur le papier, et s’appliquer surtout à suivre l’ordre de ses idées, qui était comme celui de ses mots, elliptique en quelque sorte. Ceux qui habituellement écrivaient sous sa dictée, devaient nécessairement se faire une sténographie qui leur fût propre. Ils devaient traduire et remettre au net la dictée. C’était cette traduction que l’Empereur relisait et corrigeait, s’il y avait lieu. On envoyait la lettre ainsi corrigée, quelque difficile qu’il fit de lire ces corrections. Elles ajoutaient à l’authenticité (le la lettre. Cependant, il y a des exemples où le secrétaire transcrit à côté ou au bas de la lettre la traduction écrite de sa main. L’Empereur signait en toutes lettres Napoléon, ou paraphait, tantôt d’un simple N, tantôt de trois lettres, Nap. Il en était de même dans le temps où il signait Bonaparte, B., Bon., Bonap. Je suis convaincu que ses signatures et ses paraphes avaient souvent une signification suivant le plus ou moins grand nombre de lettres. Il est encore plus certain pour moi que le mouvement de son âme se peignait très souvent dans la plus ou moins grande pression qu’il faisait subir a sa plume en signant. Le plus souvent, l’Empereur dictait des lettres. Il lui arrivait cependant de dicter de simples notes. Les notes alors sont bien plus décousues encore. La phrase semble n’avoir plus aucune construction, ni correction. J’ai vu telle de ces notes qui contient la pensée première d’une de ses plus glorieuses campagnes. Un jour, il entraîna mon père dans son cabinet pour lui dicter une note. « Mettez-vous là. lui dit-il en lui montrant une table, et écrivez. » Mon père, préoccupé entièrement du sujet, sur lequel l’Empereur allait lui dicter, et fort peu, peut-être, de certains détails d’étiquette, prenait le premier siège qui lui tombait sous la main et allait l’occuper. C’était le fauteuil de l’Empereur, c’est-à-dire le trône. « Est-ce que vous voulez me détrôner ?» dit-il à mon père en riant, et avec un accent particulier de bienveillance.

Henry BOULAY DE LA MEURTHE

(« Carnet de la Sabretache », 1913)

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