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( 28 juillet, 2012 )

LUS: Le témoignage du médecin Urbain FARDEAU et celui de l’inspecteur aux revues CHEVILLARD…

Après ma lecture du témoignage de Joseph Tyrbas de Chamberet, j’ai découvert le récit d’un autre médecin : celui d’Urbain Fardeau. Ce saumurois, né le 28 janvier 1766  a laissé cinq volumes d’un manuscrit inédit qui fait partie depuis 1987, par un legs particulier, du patrimoine de sa ville natale. LUS: Le témoignage du médecin Urbain FARDEAU et celui de l'inspecteur aux revues CHEVILLARD... dans INFO FardeauCe livre, édité en 1999 par les Editions Cheminements, reprend quelques larges extraits de cet ensemble. L’éditeur a pris le partie de les présenter au lecteur sous la forme de quelques chapitres thématiques (« Sa vie », « Le combattant », « Ses idées »). Ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi même si cette démarche empêche toute proximité durable du lecteur avec l’auteur. Fardeau rédigea donc son récit pour son neveu Théodore, dans les années 1840. Il s’adresse directement à lui tout au long de ses « Mémoires ». Après avoir commencé des études religieuses afin de devenir curé, avant 1789, Fardeau choisit finalement d’embrasser une carrière médicale, « ayant un goût primitif pour la chirurgie », écrit-il. Il participe à la campagne d’Italie comme chirurgien des armées en 1798/1800. Fardeau fera le coup de feu le 15 août 1799, lors de la bataille de Novi. Plus tard,  il aura l’honneur d’embaumer le corps du malheureux général Desaix tué durant la bataille de Marengo, le 14 juin 1800. Nous le retrouvons au Camp de Boulogne, lors de la première distribution des croix de la Légion d’honneur. Il se fait remarquer ce jour-là en organisant les secours pour sauver les passagers d’un navire en détresse près des côtes. A Austerlitz, il assiste à la mort du général Valhubert, fauché par un boulet.  Urbain Fardeau participe également aux campagnes de Prusse et de Pologne et se bat en duel sur « route de Varsovie ». Lors du combat d’Ostrolenka, le 16 février 1807, il fait donner les plus prompts secours à un officier, « ami du fils du général Souvarov », franc-maçon comme lui…

L’auteur n’épargne pas un certain général Girard [Il s'agit de Jean-Baptiste Girard, né en 1775 et tué le 16 juin1815 à Saint-Amand, en Belgique. Voir la notice que G. Six lui consacre dans son "Dictionnaire...", tome I, pp.503-504], « un petit provençal et gascon tout à la fois, ignorant tout, même sa langue », un officier, selon lui à la conduite insupportable. Le médecin, « excédé de fatigue de corps, d’esprits et de cœur », demande sa retraite en 1807 et en janvier 1808, Urbain Fardeau peut goûter à la tranquillité d’une vie civile bien méritée. Urbain Fardeau s’est éteint à Saumur le 22 février 1844.

Malgré la présence de nombreuses notes, consultables en fin de volume,  il est étonnant que les états de services du chirurgien Fardeau soient totalement absents de cetté édition, ce qui aurait permis de mieux guider le lecteur.

Les voici, collectés sur le dossier d’Urbain Fardeau qui se trouve en ligne sur la base de données « Léonore » de la Légion d’honneur ; cote LH/931/52.

Détail des services.

« Entré au service en qualité de capitaine de gendarmerie nationale le 1er avril 1792.

Commissionné chirurgien de 3ème classe pour l’armée de l’Ouest et dans les hôpitaux de l’Intérieur (17ème division militaire) depuis 1793 jusqu’au 13 germinal an 5.

Commissionné pour l’armée d’Italie comme chirurgien de 2ème classe depuis le 10 pluviôse an 7 jusqu’au 18 thermidor an 9.

Commissionné pour l’armée d’Angleterre comme chirurgien de 1ère classe, le 17 vendémiaire an 12.

Nommé chirurgien-major au 64ème régiment d’infanterie le 7 pluviôse an 12

Chevalier de l’ordre de la légion d’honneur le 14 juin 1804.

Campagnes.

A fait les campagnes de 1793, ans 2 et 3, à l’armée de l’Ouest.

Celles des ans 7, 8 et 9 à l’armée d’Italie.

A l’armée des côtes de l’océan, Camp de Boulogne, celles des ans 12 et 13.

A la Grande Armée, celles du mois de Vendémiaire an 14, l’an 14 [sic], 1806 et 1807. »

 En marge la mention suivante : « Approuvé par nous général commandant le 4ème corps d’armée le présent état des services de Monsieur Fardeau, qui a des droits particuliers à la bienveillance du Gouvernement par les preuves multipliées qu’il a donné à la guerre de son dévouement de ses talents, et même de son courage, notamment au camp de Boulogne le 28 thermidor an 12, jour de la distribution des Croix, où il se jeta à la mer pour secourir le bâtiment naufragé et parvint par ses efforts à sauver deux hommes sous les yeux d’une partie de l’armée, à tous ces titres nous invoquons pour lui la bonté de Son Excellence le directeur ministre de la Guerre,

Au quartier-général à Breslau le 12 février 1808.

Le général commandant le 5ème corps, SUCHET. »

Une pièce se trouvant également dans ce dossier nous confirme que c’est pour des raisons de santé que Fardeau prit sa retraite : « «Nous médecins et Chirurgiens en chef, certifions que monsieur Fardeau, chirurgien-major au 64ème régiment est affecté d’un rhumatisme qui occupe alternativement le bras droit et le système gastrique ; dans le premier cas, la main devient incapable d’exercer la chirurgie ; dans le second, qui est, presque habituel, il règne une diarrhée abondante et dangereuse. Il est depuis sujet à une dysurie fréquente avec pissement de sang [in texto]. Ses forces diminuent sensiblement tous les jours ; nous le jugeons incapable de servir.

Breslau le 1er décembre 1807. Signé BRASSIS et GALLEE [?]

Urbain FARDEAU, « Mémoires d’un Saumurois chirurgien-sabreur. Préface de Pierre Goubert », Le Coudray-Macouard [Maine-et-Loire], 1999, 238 pages.

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Mais aussi… J’ai terminé la lecture des « Souvenirs de l’inspecteur aux revues Jean-Baptiste Chevillard. Publiés avec soin par J.-P. Tarin, qui s’y connaît plutôt en histoire napoléonienne, ces souvenirs le sont pour la première fois intégralement. J’en avais donné un long extrait, le seul connu alors (paru auparavant en 1906 dans la « Revue de Paris »), concernant la campagne d’Espagne, à la suite des « Souvenirs » de Silvain Larréguy de Civrieux, en 2008, dans ma petite collection « Édité par un Demi-Solde ». Jean-Pierre Tarin nous offre donc l’intégralité du récit de Chevillard. Cela donne un texte bien écrit, sobre, mais non dépourvu de détails. On notera notamment l’envoi des officiers français dans leur patrie, par voie navale, après le désastre de Bailén. On peut y voir un général Dupont « couché constamment sur le pont  [du navire qui le transportait]. L‘inquiétude et le mal de mer lui avaient donné la jaunisse ».

 « Souvenirs de Jean-Baptiste Chevillard, inspecteur aux revues de Napoléon », A La Haÿ-lès-Roses [Val-de-Marne], J.-P. Tarin, 2012,189 pages.

 C.B.

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