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( 30 novembre, 2013 )

Novembre 1813…

1813-2013

[Pièce n°1269]. Napoléon à Maret, duc de Bassano, Ministre des Relations Extérieures, à Paris.

Saint-Cloud, 16 novembre 1813.

Monsieur le Duc de Bassano, il faudrait avoir à Strasbourg des agents qui fussent autorisés à faire des dépenses pour envoyer des espions dans toute l’Allemagne. Il faudrait également en avoir à Bâle.

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[Pièce n°1270]. Napoléon au général Savary, duc de Rovigo, Ministre de la Police Générale, à Paris.

Paris, 28 novembre 1813.

Je suis fort surpris que malgré les ordres que j’ai donnés on ait laissé venir le général Fournier à Paris. Faites-le arrêter sur-le-champ.

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[Pièce n°1271]. Napoléon au général Clarke, duc de Feltre, Ministre la Guerre, à Paris.

Paris, 28 novembre 1813.

Monsieur le duc de Feltre, je suppose que vous avez fait ôter les prisonniers de guerre espagnols qui se trouvaient à Bruges. Il faut les faire entrer dans l’intérieur.

 

(« Lettres inédites de Napoléon 1er. Collationnées sur les textes et publiées par Léonce de Brotonne »,  Honoré Champion, Libraire, 1898, p.515).

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( 23 novembre, 2013 )

Au hasard de mes lectures…(4)

Au hasard de mes lectures...

Un témoignage inédit…

Raymond Teulet fait partie des ces « acteurs » qui s’illustrèrent sur les champs de bataille de La Révolution puis sur ceux de l’Empire. Né en 1768 à Toulouse, l’auteur s’engage en septembre 1791 dans les rangs du 2ème bataillon de l’Aude. En septembre de l’année suivante, il se bat dans le Comté de Nice. En 1793, promu capitaine le 9 mars, notre officier combat à Hendaye puis à Ispeguy et à Baïgorry. En mars 1794, Teulet affronte les Espagnols lors du méconnu combat du camp de la Croix-des-Bouquets. « Après cette affaire, la 147ème demi-brigade, formée des 2ème et 3ème bataillons des volontaires du département de l’Aude et du «1er bataillon du régiment d’Angoumois 80ème, partit pour l’armée des Pyrénées-Orientales », note Teulet. Il participe à la bataille du Boulou et à ses suites (28 avril/1er mai 1794). Plus tard, en novembre, l’auteur fait le coup de feu lors de celle de la Montagne Noire où sera blessé mortellement le fameux général Dugommier (de son vrai nom Coquille). En 1795/1796, le voici en Italie, prêt à en découdre, toujours dans un des bataillons de chasseurs composant la 147ème demi-brigade, puis dans les rangs de la 4ème demi-brigade (futur 4ème de ligne). Celle-ci est donc affectée à la célèbre armée d’Italie, sous les ordres du général Schérer, division Augereau, brigade Victor. S’étant battu lors de la bataille de Castiglione (5 août 1796), Teulet rédigera plus tard une note concernant la prise d’une importante redoute à laquelle il participé. Elle est destinée à l’éditeur Panckoucke, qui publia après l’Empire, la fameuse fresque des « Victoires et Conquêtes.. ». Car le capitaine Teulet sait manier la plume aussi bien que le sabre. Mais pour le moment, c’est justement un sabre, mais  d’honneur celui-ci, que lui décerne le Premier Consul pour ce fait d’armes valeureux.

Guillaume Joucla, le publicateur de ce témoignage inédit, nous apprend que Teulet participa à l’expédition d’Angleterre puis dans les rangs de l’armée de Hollande, en 1799. Malheureusement notre valeureux officier ne semble pas avoir laissé d’écrits sur cette période. Nommé en décembre 1800 capitaine au régiment des chasseurs à pied de la Garde Consulaire, Teulet, n’arrive que trop tard afin de participer à la bataille de Hohenlinden (le 30 janvier 1801). « Il servit deux ans dans la Garde et se lia d’amitié avec le général Gros et le maréchal Bessières », précise G. Joucla, avant d’ajouter qu’il « commandait alors la 2ème section du 3ème bataillon de chasseurs et ce jusqu’au 22 décembre 1803, date à laquelle il fut nommé major au 12ème  de ligne ». Son témoignage reprend début octobre 1806, sous une forme qu’il ne quittera plus désormais : celle d’une correspondance familiale, adressée à sa femme ou encore à son fils François (né en 1799). Diminué par de mauvaises blessures à la jambe, Teulet se confie dans ses lettres. Sa faiblesse, derrière laquelle on croit deviner une douleur quasi-permanente, rend l’auteur attachant. Puis il passe en juin 1807 dans la 4ème légion de réserve. Cette dernière fait partie quelques mois plus tard au 2ème corps d’observation de la Gironde sous les ordres du général Dupont…

Pour la postérité, amère avec les perdants, un nom associé à Bailén… Le Major Teulet prend la route de l’Espagne, en passant par le Pays Basque. Il écrit à son épouse presque quotidiennement, à son fils aussi, n’oubliant pas de le charger d’embrasser son frère, Alexandre, né en 1807. Il est à Vitoria en décembre 1807, à Briviesca le premier jour de l’année 1808, à Valladolid à la mi-janvier et ce jusqu’en mars. Il quitte cette ville pour Madrid, à la suite de Valladolid. Il y parvient avec son 2ème corps d’observation le 7 avril. Murat le passe en revue,  puis Teulet fait mouvement sur Aranjuez et Tolède. Le 23 mai 1808, le général Dupont se dirige sur l’Andalousie, « avec ordre de débloquer la flotte française à Cadix », nous apprend G. Joucla dans ses intéressants commentaires.

Teulet participe très activement au siège de Cordoue. L’armée est livrée au pillage trois jours durant. Les maux de la guerre…

C’est le 18 juillet que va s’écrire une page importante de l’existence du major Teulet. Lors du combat de Bailén, « combattant à la tête de l’avant-garde, [il] fut blessé trois fois légèrement ; il eut deux chevaux tués sous lui. » Prisonnier comme nombre de ses frères d’armes, à bout de force, il atteint Cadix seulement à la fin de décembre 1808 ! Le major Teulet est expédié sur la « Vieille Castille »,ponton de sinistre mémoire se trouvant dans la rade, puis est dirigé sur « Palma , Ile de Majorque ». Il va y séjourner une grande partie de l’année 1810, avant d’être expédié en Angleterre comme prisonnier sur parole, à Chesterfield, dans le Derbyshire. En 1812, il s’y trouve toujours, alors que la Grande Armée se bat en Russie…

Jamais, à aucun moment, notre officier n’interrompt sa correspondance avec ses proches. Les lettres qu’il envoie ou qu’il reçoit sont, pour lui, comme une lueur d’espoir, lui permettant de lutter contre l’éloignement ce ceux qu’il chéri. Le major Teulet est finalement échangé le 26 mars 1813 contre un lieutenant-colonel de l’armée anglaise, malade et infirme.

Un mois seulement après son retour, l’auteur est affecté au 114ème de ligne. Début décembre 1813, le voici nommé colonel du 67ème de ligne. En février 1814, il est à Lyon. Les Autrichiens menacent nos frontières sur ce point. Le colonel Teulet va les affronter avec la même vigueur qu’autrefois. Puis le voilà en Suisse, avec son régiment, il  prend possession de Genève abandonnée par le général autrichien comte de Bubna (et non Balna comme écrit systématiquement dans la transcription de ses lettres; ce type d’erreur revient plusieurs fois dans cette édition). De retour dans la région lyonnaise il s’oppose de nouveau aux Autrichiens. Forcé d’évacuer la cité des Gaules, sous les regards amers des Lyonnais, le colonel Teulet et son régiment, se replient « derrière l’Isère ». Il est détaché à Crest, alors que « le gros de l’armée est à Valence ». Toujours fidèle à l’Empereur, c’est avec enthousiasme que Teulet apprend son débarquement à Golfe-Juan. Il est nommé maréchal-de-camp par Napoléon et fait baron d’Empire par décret du 19 avril 1815. Après la défaite de Waterloo, Louis XVIII de retour aux affaires,  annule toutes les promotions. Teulet est rétrogradé au rang de colonel. En décembre 1815, notre officier est arrêté pour son engagement en faveur de l’Empereur. Il est écroué à Toulouse « à la sinistre prison des Hauts-Murats ». En septembre 1816, il s’établit à Carcassonne (en résidence surveillé ?), « lieu de mon domicile avant mon entrée au service (où je jouis de ma demi-solde) », ainsi qu’il l’écrit à son fils aîné.

Le colonel Raymond Teulet s’éteint le 30 mars 1828. Il repose au cimetière Saint-Michel de Carcassonne.

Raymond TEULET, « Souvenirs d’un héros de Bailén, 1791-1815. Rassemblés par Guillaume Joucla », Le Livre Chez Vous, 2012, 166 pages.

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Teulet fait l’objet d’une longue notice dans le « Dictionnaire des colonel de Napoléon », de Danielle et Bernard Quintin, Editions SPM, [décembre]1996, pp.824-825.

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( 21 novembre, 2013 )

NAPOLÉON AU MARÉCHAL BERTHIER.

Berthier

[Pièce n°6218]. Paris, 21 novembre 1813.

Écrivez au général Curial que, pour tout ce qui est relatif au placement des conscrits dans les différents régiments de la Garde, il doit se conformer à ce que lui dira le général Drouot. Écrivez la même chose au général Michel. 

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[Pièce n°6219]. Paris, 21 novembre 1813.

J’approuve que le général Belliard passe la revue des dépôts du 5ème corps de cavalerie et qu’il fasse réformer et vendre tous les chevaux hors de service et hors d’état de se rétablir. J’approuve que les hommes à pied se rendent au dépôt des Deux-Ponts pour y être montés et que les hommes qui auraient besoin de repos se rendent aux dépôts de leurs régiments respectifs . Je pense cependant qu’il convient de conserver le petit dépit pour les chevaux blessés. Le commandant du corps doit s’occuper de ce petit dépôt.

(Arthur CHUQUET, « Ordres et Apostilles de Napoléon (1799-1815. Tome quatrième », Librairie Ancienne Honoré Champion, Éditeur, 1912, pp.351-352).

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( 15 novembre, 2013 )

Au hasard de mes lectures…(3)

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Un ouvrage d’une qualité inégale.

Je viens de terminer l’ouvrage collectif, paru récemment et intitulé « Les Suisses de Napoléon à la Bérézina ». Je suis un peu déçu. Le livre commence par un article de Bénédict de Tscharner, président de la Fondation pour l’Histoire des Suisses dans le Monde : « Les Suisses de Napoléon et le Musée de Penthes [Musée des Suisses dans le Monde] ». Rien à dire, l’exposé est honnête avec cette neutralité (normal pour la Suisse…) qui permet une bonne compréhension. Mais quelle ne fut pas ma surprise en lisant le texte suivant, rédigé par François Walter, professeur d’histoire moderne… Là on tombe dans le dogmatisme anti-napoléonien « de base ». Napoléon est un « despote » (p.17), on y parle de « la démesure du despote » (p.20). L’auteur laisse entendre que les causes de la campagne de Russie sont dues à des aspirations nationales, à l’exemple de l’Espagne révoltés et des pays germaniques. C’est exact pour ces deux pays mais ce n’est pas le cas pour la Russie, au début de la campagne de 1812. Ce n’est pas un nationalisme exacerbé qui entre en ligne aux débuts des hostilités mais la violation par les Russes du blocus, cause initiale de l’entrée de l’armée française en Russie. Plus loin (p.21) il écrit : « D’un demi-million d’hommes en 1808, les effectifs vont rapidement doubler pour les campagnes de 1812 et de 1813 ».  Encore une inexactitude. 500 000 hommes en Espagne ? Cela voudrait supposer que la Grande Armée comprenait dans ses rangs 1 million d’hommes tant en Russie que dans les plaines de Saxe ? Invraisemblable quand on sait que 611.000 hommes entrent en Russie en juin 1812, sur un effectif maximal de 700.000 hommes (selon Alain Pigeard -dans son « Dictionnaire des batailles de Napoléon »- qui s’y connaît plutôt en terme de campagnes). L’historien Vilatte des Prugnes (« Revue des Études Historiques », 1913) estime à 104.000 le nombre des effectifs au sortir de la campagne de 1812. On est loin du million ! Le lecteur comprendra aisément qu’il est impossible à Napoléon de réunir le même chiffre pour la campagne d’Allemagne (162 000 hommes dans les rangs français pour démarrer cette campagne). Passons  à l’article suivant. Il est consacré à la bataille de la Bérézina, rédigé par Fred Heer, président de la Fondation Maison Thomas Legler. Intéressant, il permet au lecteur d’avoir une bonne vision de ces journées au cours desquelles fut découvert le fameux gué de Studianka, par le général Corbineau, la construction des ponts, et le franchissement du cours d’eau, sous le feu des Russes. Les chiffres avancés par l’auteur sur les pertes françaises, entre 25 000 et 40 000 hommes, forment un contraste avec ceux fournis par A. Pigeard. Ce dernier, concernant la bataille proprement dit,  annonce 2 000 tués et de 7 000 à 10 000 prisonniers dans les rangs français, auxquels il faut ajouter les 4 000 hommes (tués, blessés et prisonniers) de la division Partouneaux.

Le philosophe Hans Jakob Streiff, nous offre un exposé sur le méconnu « Chant de la Bérézina ». Il nous apprend que c’est à l’aube du 28 novembre 1812 que le lieutenant Thomas Legler (1784-1835) du 1er régiment suisse fut invité par le commandant Blattmann à chanter le « Chant de nuit » de Giseke. Il sera appelé bien plus tard « Chant de la Bérézina ». A la fois mélancolique et patriotique, cette mélodie fait désormais partie du patrimoine suisse. Il est dommage que l’auteur de cet article intéressant a cru bon de préciser en conclusion : « A l’époque, la Suisse n’était ni indépendante, ni neutre ; cela nous rappelle que plus jamais, les Suisses ne devront devenir les victimes d’un individu obsédé de pouvoir ! ». Sans commentaire.

Avec l’article « La Bérézina et son impact sur l’histoire suisse » par Alain-Jacques Czouz-Tornare, on respire enfin (l’air des montagnes). Le sérieux de cet auteur n’est plus à démontrer.

Les deux derniers exposés, de Beat Aebi et Anselm Zurfluh, portant sur les beaux dioramas que le visiteur peut désormais admirer dans le musée de Penthes et cet endroit proprement dit, viennent achever ce livre.

D’une qualité inégale, « Les Suisses de Napoléon à la Bérézina » viendra compléter, fort à propos, celui de Th. Choffat et d’Alain-Jacques Czouz-Tornare, « La Bérézina. Suisses et Français dans la tourmente de 1812 », Cabédita, 2012).

Les amateurs d’histoire napoléonienne, n’oublieront pas que nos voisins helvètes, de la Révolution Française jusqu’à la fin de l’Empire, des Gardes suisses aux Tuileries, en 1792, aux berges de la Bérézina, ont servi la France avec courage, avec dévouement.

« Les Suisses de Napoléon à la Bérézina », par B.de Tscharner, F. Walter, F. Heer, H.J., Streiff, A.-J. Czouz-Tornare, B. Aebi, A. Zurfluh. Cabédita, 2013, 80 pages. Paru en France le 29 octobre 2013.

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( 12 novembre, 2013 )

Au hasard de mes lectures…(2)

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Un très long voyage…

Je viens d’achever la lecture d’un livre que je voulais découvrir depuis longtemps et enfin réédité : les péripéties des frères Bacheville obligés de fuir leur patrie pour aller se perdre à l’autre bout de l’Europe. En effet il s’agit plus d’un récit de voyage que de souvenirs sur l’Empire ; seuls trois courts chapitres se rapportent à ce dernier (Chapitre IV-Séjour à l’île d’Elbe ; Chapitre V-Retour en France et Chapitre VI-Campagne de Waterloo).

Après le 18 juin 1815, jour sombre dans l’histoire napoléonienne, de retour dans leur foyer, à Trévoux (Ain) Barthélémy et Antoine Bacheville vont vivre un incident qui va les contraindre à fuir la France. Le 4 mars 1816, à Villefranche-sur-Saône, au retour d’une visite leur oncle, ils sont filés dans un café par un maréchal des logis et un commissaire de police, ces derniers ayant été prévenus par « quelques personnes charitables », selon le mot employé. Sur le point d’arriver à Trévoux, ces mêmes hommes leur demandent leurs passeports, qu’ils n’ont pas, habitant tout près. On veut les arrêter. C’est mal connaître les deux frères qui ne comprennent pas cet arbitraire. Le ton monte. Barthélémy empoigne son pistolet. Débute alors une fuite qui va durer trois ans et demi. La tête des frères Barthélémy est mise à prix. On parle de conspiration. Tout est bon dans cette France de la Restauration pour accabler, accuser, voire exécuter les anciens soldats et officier de Napoléon. Un procès s’ouvre devant la cour prévôtale, sans la présence ses accusés. Qu’importe ! L’arbitraire royal n’e connaît point de barrière !

La fuite commence par Lyon, en direction de la Suisse (à Constance le colonel Combe qui a servi l’Empereur, lui aussi, leur procure un passeport) puis c’est l’Allemagne : Munich puis Dresde.  A huit lieues de  la première, dans le château de Berg, Barthélémy et Antoine y trouvent le général Triaire, chambellan d’Eugène de Beauharnais qui leur apporte un peu d’aide financière. A Dresde, ils parcourent le fameux champ de bataille. Ils sont à Breslau, à Varsovie. Dans cette ville ils rencontrent un certain Chauveau, « ancien officier de bouche de Napoléon » qui y tient un restaurant. Ce lyonnais héberge les fugitifs, leur offre un bon dîner. Le répit est de courte durée. La menace policière les suit à distance, à travers les états. Il faut fuir de nouveau. Les deux ex-officiers séjournent à Cracovie et apprennent que non loin, demeure le général Morand. Ils vont pouvoir se débarrasser de leurs haillons, prendre un bain bien chaud, dormir quelques heures avant de reprendre la route. Plus loin, ils passent en Galicie, et parviennent en Moldavie. Les deux frères finissent par se séparer. Nous sommes le 18 avril 1818. Barthélémy prend la route de Constantinople (depuis 1930 Istanbul, en Turquie) afin d’y trouver un navire qui les conduirait en Amérique « ou une caravane pour aller en Perse ». Cette séparation est douloureuse. Déjà, Barthélémy a le pressentiment que celle-ci est définitive. Il verra juste…

Le voici donc à Constantinople, avant de s’embarquer pour Smyrne (actuelle Izmir, en Turquie). Il y arrive alors que la peste fait des ravages. Puis sur l’île de Naxos, en Grèce. Il y sauve du suicide Méloé, une ravissante hellène. Son père, un certain Souzo, lui confie en remerciement un secret : la recette de fabrication d’une « Eau des Odalisques », ce qui lui permettra de subsister, une fois rentré en France, attendant pendant trois longues années  une retraite qui n’arrive pas… Mais revenons dans les pas de Barthélémy Bacheville. Il est à Athènes, avant de passer à Janina, où il entrera au service du légendaire et terrible Pacha. Les âmes sensibles ne s’attarderont pas à cet endroit du récit, où sont décrites les horreurs commises par le monstrueux Pacha… Bacheville, horrifié, prend le parti de fuir cet enfer en miniature. L’air du large le trouve à Leucade, une île Ionienne, appelée alors Sainte-Maure, puis à celle de Corfou,  à Cattaro (Kotor , au Monténégro) et à Raguse (actuelle Dubrovnik, en Croatie). Barthélémy parvient à Trieste, où il rencontre André Pons de l’Hérault qui se trouve près de Maret, duc de Bassano. Encore inquiété par la police toujours en alerte, il doit quitter la ville dans les vingt-quatre heures. Il arrive à Ancône puis à Rome. C’est là qu’il a l’honneur d’être présenté à Madame Mère, par l’intermédiaire du colonel Laborde, qu’il a connu autrefois. La mère de l’Empereur lui fait porter deux-cents francs.

Puis c’est Louis, ancien roi de Hollande qui accueille Barthélémy. Il lui remet « un rouleau de trente napoléons d’or ».

Bacheville reprend sa route, réconforté par ce passage a Rome, mais inquiet de ne plus avoir de nouvelles directes d’Antoine, son frère… Le 1er janvier 1819, il part pour Florence, en passant par Livourne, où il se retrouve quasi-ruiné par l’indélicatesse d’un négociant. Il sera heureusement secouru par une âme charitable ! Les nuages s’éclaircissent du côté de la  France. Barthélémy adresse même une « Pétition » à la Chambre des Députés. Il peut espérer rentrer en France très bientôt.

Le voici dans la principauté de Lucques, puis de passage à Gênes, et enfin à Turin. Ayant obtenu un sauf-conduit pour rentrer en France, Barthélémy Bacheville arrive à Chambéry le 28 août 1819 « un peu fatigué mais plein d’espérance ».

Il n’était pas tout à fait au bout de ses peines. Le 16 décembre 1820, après avoir lancé des recherches auprès de tous les consulats français dans le Levant afin de retrouver la trace de son frère Antoine, sans résultat pendant des mois durant, la nouvelle tombe : Antoine Bacheville a succombé « aux fatigues du désert » à Mascate (actuellement Muscat, dans le Sultanat d’Oman) près du détroit d’Ormuz. Il était parti se mettre au service du fils du Shah de Perse.

C’est par cette disparition que s’achève le témoignage du capitaine Barthélémy Bacheville.

Il fut sans doute rédigé d’après le  récit verbal de Barthélémy Bacheville (étayé par un itinéraire succinct des pais qu’il avait traversés) par deux anciens capitaines de la Grande Armée : Hippolyte Dumas de Lamarche et Jean-Baptiste Thiriet (qui fera paraître en 1822 (chez Delaunay), sous forme de vers, « Mes Souvenirs ou les prisonniers français en Pologne… ».

Paru la première fois en 1822 (Paris, Béchet aîné), cet ouvrage connut un certain succès sous la Restauration.

Les frères Bacheville, anciens officiers de la Grande Armée, personnages attachants, victimes de l’arbitraire des Bourbons, comme tant d’autres, ont laissé à la postérité ce récit passionnant qui entraîne le lecteur jusqu’aux confins de l’Europe, où commence l’Asie. Le dépaysement est assuré. N’est-ce pas l’un des objectifs d’un bon livre ?

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Capitaine Barthélémy Bacheville, « Itinéraires d’un officier de la Garde. Une chasse à l’homme à travers l’Europe : les « Voyages » du capitaine Bacheville, de l’île d’Elbe à Waterloo, Munich, Varsovie, Constantinople, Athènes (1814-1820) » Cahors, La Louve Editions, 2013, 300 pages.(Paru en septembre 2013).

 

 

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( 10 novembre, 2013 )

10 novembre 1813…

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[Pièce n°6148]. Napoléon au duc de Feltre [général Clarke, ministre de la Guerre].

Mayence, 10 novembre 1813.

Faites-moi connaître quand le régiment croate arrivera à Lyon. Si les chevaux et les selles de ce régiment sont en bon état, peut-être conviendrait-il de le démonter et de donner les chevaux et les selles à un régiment français, car il est probable que ces Croates déserteront.

(Arthur Chuquet, « Ordres et Apostilles de Napoléon (1799-1815) », Librairie Ancienne Honoré Champion, Éditeur, 1912,  Tome IV, p.326).

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( 8 novembre, 2013 )

8 novembre 1813…

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[Pièce n°2583]. Berthier à Macdonald.

Mayence, 8 novembre 1813.

L’Empereur m’a ordonné de parcourir la ligne de la frontière du Rhin et de passer la revue des différents corps d’armée. Je finirai ma course sur le haut Rhin d’où je dois aller rendre compte à l’Empereur. L’intention de Sa Majesté est qu’en votre qualité d’aide-major général, vous me remplaciez. L’Empereur a accordé un congé de quinze jours au général Monthion pour se rendre près de sa femme. Comme vous avez besoin de repos pour votre blessure, l’Empereur consent qu’au retour du général Monthion, vous lui remettiez le détail et qu’ensuite vous vous rendiez à Paris.

(Arthur Chuquet, « Inédits napoléoniens », Ancienne  Librairie Fontemoing et Cie.-E. de Boccard Éditeur, 1914-1919, tome II, pp.246-247).

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( 7 novembre, 2013 )

7 novembre 1813…

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[Pièce n°2578]. Berthier au duc de Feltre [général Clarke, ministre de la Guerre].

Mayence, 7 novembre 1813.

D’après les intentions de l’Empereur, je donne l’ordre à M. le maréchal Duc de Valmy [Kellermann] de partir de Mayence, de porter son quartier-général à Metz et d’y prendre le commandement de toutes les troupes qui se forment dans cette ville ainsi que dans la 2ème et 3ème divisions militaires.

[Pièce n°2579]. Berthier au duc de Feltre [général Clarke, ministre de la Guerre].

Mayence, 7 novembre 1813.

Des ordres sont donnés pour que le général de brigade comte Pac soit reconnu comme étant employé près de Sa Majesté l’Empereur à dater du 16 avril 1813

[Pièce n°2580]. Berthier à Macdonald.

Mayence, 7 novembre 1813.

D’après les instructions de l’Empereur, je donne l’ordre au général Charpentier de se mettre en marche le 10 de ce mois avec tout ce qui compose le 11ème corps d’armée pour se rendre à Cologne où il sera à votre disposition.

[Pièce n°2581]. Berthier à Macdonald.

Mayence, 7 novembre 1813.

L’Empereur me charge de vous réitérer l’ordre de faire venir sur la rive gauche du Rhin tous les bateaux, ponts volants, etc., de la rive droite. L’intention  de sa majesté est aussi que vous fassiez établir deux chaloupes canonnières à Wesel ; les marins de la Garde seront chargés de les servir ; on peut faire venir deux petites chaloupes de Hollande.

(Arthur Chuquet, « Inédits napoléoniens », Ancienne  Librairie Fontemoing et Cie.-E. de Boccard Éditeur, 1914-1919, tome II, pp.245-246).

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( 6 novembre, 2013 )

6 novembre 1813…

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[Pièce n°2576]. Berthier au général Sébastiani.

Mayence, 6 novembre 1813.

L’Empereur ordonne qu’avec le 2ème corps de cavalerie que vous commandez, vous continuiez votre marche de Coblentz pour vous rendre à Cologne où vous serez sous les ordres du maréchal duc de Tarente [maréchal Macdonald]. Vous serez chargé de surveillance le Rhin jusqu’à Wesel.

(Arthur Chuquet, « Inédits napoléoniens », Ancienne  Librairie Fontemoing et Cie.-E. de Boccard Éditeur, 1914-1919, tome II, p. 244).

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( 4 novembre, 2013 )

4 novembre 1813…

4 novembre 1813... dans TEMOIGNAGES nap-et-et-ses-officiers

[Pièce n°2568]. Le général Drouot au Duc de Feltre [général Clarke, ministre de la Guerre].

4 novembre 1813.

Le dépôt de la Garde établi à Mayence sera envoyé à Metz et les 9.000 conscrits destinés à compléter les régiments de voltigeurs seront dirigés sur Metz au lieu d’être envoyés à Mayence, leur première destination.

(Arthur Chuquet, « Inédits napoléoniens », Ancienne  Librairie Fontemoing et Cie.-E. de Boccard Éditeur, 1914-1919, tome II, p. 240).

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[Pièce n°2569]. Napoléon à Cambacérès.

Mayence, 4 novembre 1813.

J’ai écrit  au ministre de la Guerre pour les drapeaux à présenter à l’impératrice. Ils le seront dans la salle du trône autour duquel seront réunies toutes les autorités. Au sortir de là, le ministre portera ces drapeaux aux Invalides. J’ai envoyé à l’Impératrice la réponse qu’elle doit faire. Il serait convenable que, quelques jours après, une députation de trente invalides, parmi lesquels il y aurait plusieurs centenaires, ayant leur gouverneur à leur tête, vinssent remercier l’Impératrice de ce qu’elle a dit soit d’eux, soit de la supériorité du courage de l’armée française. Vous aurez soin de soigner le discours du gouverneur ; vous trouverez ci-joint une note indiquant comme je le conçois.

(Arthur Chuquet, « Inédits napoléoniens », Ancienne  Librairie Fontemoing et Cie.-E. de Boccard Éditeur, 1914-1919, tome II, p. 242).

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( 3 novembre, 2013 )

3 novembre 1813…

[Pièce n°2566]. Berthier au duc de Feltre.

Mayence, 3 novembre 1813.

D’après les intentions de l’Empereur, je donne l’ordre aux troupes polonaises commandées par le général Dombrowski actuellement en marche pour Deux-Ponts de continuer leur route pour se rendre à Sedan où ces troupes achèveront de se réorganiser.

[Pièce n°2567]. Berthier au duc de Feltre.

Mayence, 3 novembre 1813.

L’intention de l’Empereur est que tous les Polonais qui sont à  Düsseldorf, se rendant au dépôt de Sedan.

(Arthur Chuquet, « Inédits napoléoniens », Ancienne  Librairie Fontemoing et Cie.-E. de Boccard Éditeur, 1914-1919, tome II, p. 240).

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( 2 novembre, 2013 )

2 novembre 1813…

2 novembre 1813... dans TEMOIGNAGES 1813-20131

[Pièce n°2561]. A Carra Saint-Cyr.

Mayence, 2 novembre 1813.

Ordre de ne point compromettre les troupes confiées à son commandement et de se retirer sur Wesel aussitôt qu’il y sera forcé par un nombre supérieur de troupes ennemies.

——-

[Pièce n°2562]. Berthier à Dombrowski.

Mayence, 2 novembre 1813.

L’intention de l’Empereur est que vous partiez de Mayence avec le 8ème corps d’infanterie polonais pour vous rendre à Deux-Ponts où vous réunirez ce corps et où vous resterez jusqu’à nouvel ordre.

—-

[Pièce n°2563]. Berthier au duc de Feltre [général Clarke, ministre de la Guerre].

Mayence, 2 novembre 1813.

D’après les intentions de l’Empereur, je donne ordre au général Fontanelli de réunir à Kaiserlautern tous les Italiens qui sont à  l’armée, infanterie, cavalerie et artillerie, et de partir avec eux pour se rendre à Milan en passant par le Simplon ; l’intention de Sa Majesté est qu’il fasse partir en poste les généraux et officiers dont il jugera la prompte arrivée plus utile en Italie et qu’il s’y rendre lui-même en poste.

——

[Pièce n°2564]. Berthier au duc de Feltre.

Mayence, 2 novembre 1813.

Conformément aux intentions de l’Empereur, j’ai autorisé M. le baron de Vence, colonel du 4ème régiment de chasseurs à cheval, à se rendre au dépôt de son régiment pour se guérir de la blessure qu’il a reçue le 30 du mois dernier.

———

[Pièce n°2565]. Berthier au duc de Feltre.

Mayence, 2 novembre 1813.

Conformément aux ordres de l’Empereur, j’ai donné des congés de convalescence aux officiers ci-après désignés pour se rendre à Paris et s’y faire traiter de leurs blessures.

M. le général de division comte Gérard, employé au 11ème corps : 3 mois.

M. le colonel Vincent, commandant le 19ème régiment de chasseurs : 2 mois.

M. l’adjudant commandant Tancarville, chef d’état-major du 4ème corps de cavalerie : 3 mois.

M. le capitaine Sainte-Marie, aide-de-camp du général penne : 3 mois.

(Arthur Chuquet, « Inédits napoléoniens », Ancienne  Librairie Fontemoing et Cie.-E. de Boccard Éditeur, 1914-1919, tome II, pp.239-240).

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( 1 novembre, 2013 )

1er novembre 1813…

[Pièce n°2560]. Berthier à Macdonald.

Höchst, 1er novembre 1813.

L’intention de l’Empereur est que vous laissiez le commandement du 11ème corps d’armée au général Charpentier en le chargeant d’exécuter tous les ordres qui vous ont été donnés et que de votre personne vous vous rendiez en poste et en toute diligence à Cologne pour prendre le commandement de la frontière du Rhin depuis la Moselle jusqu’à Zwolle.

(Arthur Chuquet, « Inédits napoléoniens », Ancienne  Librairie Fontemoing et Cie.-E. de Boccard Éditeur, 1914-1919, tome II, pp.238-239).

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