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( 28 janvier, 2014 )

Dans l’Aube, le 28 janvier 1814…

Empire

Cette lettre a été écrite par Eugène Hautefeuille, major au 2ème régiment de cavalerie. L’auteur est envoyé dans le département de l’Aube.

Troyes, 28 janvier 1814.

A son Excellence, Monseigneur le duc de Feltre [général Clarke], ministre de la Guerre.

Monseigneur,

Arrivé depuis trois jours à Troyes où, conformément à vos ordres, je devais aller prendre ceux de M. le général Dulong, chargé d’organiser la levée en masse du département de l’Aube , j’ai été me présenter chez ce général, et les différentes conversations que j’ai eues avec lui ainsi que les renseignements que j’ai pris sur les lieux, m’ont convaincu que la mesure tardive d’une levée en masse dans un département dont les trois quarts sont infestés de partis ennemis-mesure qui doit concourir avec l’organisation de la Garde nationale-devient impossible dans son exécution et nulle dans ses effets.

La conviction où je suis que ces raisons me rendent absolument inutile dans l’emploi où m’avait appelé Votre Excellence et mon désir de partager les peines et les dangers de l’armée dans un moment où son sort tient de si près aux destinées de la France, me déterminent à supplier Votre excellence de vouloir bien me permettre de suivre le quartier-général de M. le duc de trévise [maréchal Mortier] qui est aujourd’hui à Troyes dans le cas où son corps d’armée changerait de position.

(Lettre extraite du volume que l’historien Arthur CHUQUET a consacré à l’année 1814).

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( 28 janvier, 2014 )

Joseph nommé lieutenant général de l’Empire.

Meissonier 1814

[Pièce n°6427]. Saint-Dizier, 28 janvier 1814.

Notre bien-aimé frère le roi Joseph est nommé notre lieutenant général. Il aura au reste en cette qualité le commandement de la Garde nationale de Paris, tel que nous nous l’étions réservé, et celui des troupes de ligne et des Gardes nationales de la 1ère division militaire. Il commandera notre Garde sous les ordres de la Régente [l’impératrice Marie-Louise]. Il prendra toutes les mesures nécessaires pour la défense de notre capitale et de ses environs.

 

(Arthur CHUQUET, « Ordres et Apostilles de Napoléon (1799-1815). Tome quatrième », Librairie Ancienne Honoré Champion Editeur, 1912, p.448)

——–

On consultera avec intérêt la correspondance de Joseph, resté à Paris,  à l’Empereur. Il y dépeint sans cesse une situation catastrophique,  les manques de matériels, armes, etc., et ne cache pas son espoir d’une paix à tout prix avec les Alliés ; voir aussi mon volume « Napoléon, la dernière bataille. Témoignages 1814-1815 », paru le 9 janvier 2014 aux Editions Omnibus.

C.B.

 

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( 23 janvier, 2014 )

Les «gobes-mouches»…

Mathieu de Montmorency

Mathieu de Montmorency-Laval (1786-1826).

Lettre de G. de Fontenac au comte Mathieu de Montmorency.

Rome, 23 décembre 1814.

Beaucoup d’Anglais reviennent de l’île d’Elbe et rapportent des détails très rassurants sur un homme dont ferait bien de ne plus parler ou du moins, de moins parler. Les Anglais mettent une fausse générosité à le plaindre et une sotte originalité à admirer le ton qu’il a. Le fait est qu’il les reçoit très bien et donne, comme un oracle, sur les destinées du monde, des prédictions que les gobes-mouches recueillent. Dans ces prédictions il ne ménage point l’Angleterre et annonce sa décadence prochaine. Il écrit ses « Mémoires » [Ce qui est faux en réalité]. Je trouve ces pèlerinages bien inconsidérés ; mais ils n’ont aucune influence sur l’Italie qui est fort tranquille.

(Arthur CHUQUET, « L’Année 1814. Lettres et Mémoires », Fontemoing et Cie, Éditeurs, 1914, p.440).

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( 21 janvier, 2014 )

LA CAMPAGNE DE FRANCE VÉCUE PAR UN CHEF D’ESCADRON…(5)

Bataille Paris

Je fis faire un feu bien nourri avec quatre obusiers, ce qui écrasa leur cavalerie, et elle fut obligée de s’éloigner du passage.

Je profitai de ce moment pour faire marcher quatre bouches à feu sur le passage, j’y plaçai de l’infanterie, cette troupe était dans un taillis de dix ans au moins.

Je fis marcher ensuite quatre autres pièces qui se s’arrêtèrent qu’à la sortie du bois. Ensuite l’ennemi vint encore se montrer et voulut fournir une troisième charge, mais mes bouches à feu lui imposaient silence. Enfin, je finis par tout passer ce que j’avais sous mes ordres et je ne rejoignis le corps d’armée que vers minuit.

Nous arrivâmes à Fismes sur les 5 heures dure soir. Je priai le maréchal de faire venir devant lui M. le colonel untel.

« Saviez-vous, Monseigneur, dis-je devant le colonel, que Monsieur faisait partie des postes que vous mîtes hier sous mes ordres ? pourquoi cela ? J’ai besoin de le savoir, Monseigneur !

-Comment, colonel, vous vous trouviez là ? Pourquoi n’étiez-vous pas à votre régiment ?.

-Eh bien, Monseigneur, si j’avais cru Monsieur, nous serions au pouvoir de l’ennemi, je n’ai pas voulu lui permettre de commander l’infanterie, vu, Monseigneur, que vous l’aviez mis sous mes ordres. »

Le colonel fut puni et le maréchal me loua beaucoup sur ce que j’avais fait. On ne parlait au corps d’armée de que de ce qui venait d’avoir lieu. Le général Hubert dit devant tout le monde :

« Il n’y a plus que dans l’artillerie à cheval où on se bat bien. » [Il s’agit dans tout cela de l’intervention de la cavalerie de Tchernitcheff. Note de Camille Lévi, 1910] .

Le 20, à Château–Thierry.

Le 21 et le 22, à Champaubert.

Le 23, à Vertus.

Le 24, à Soudey (Soudé-Sainte-Croix)

Le 25, l’ennemi nous bouscula sens dessus-dessous, nous vînmes coucher dans un village près de Sézanne ; il était minuit.

Le 26, nous fûmes obligés de faire une trouée à Sézanne pour passer. En retraite par échelon de quatre bouches à eu jusque sur La Ferté-Gaucher. Là, l’ennemi y était. Encore une trouée pour nous jeter dans la plaine pour marcher  toute la nuit du 26 au 27, où nous arrivâmes  Provins sur les 7 heures du matin. Nous nous battîmes là jusqu’à 9 heures du soir où nous nous mîmes en marche pour activer le soir du 28 à Melun.

Le 29 au matin, nous quittâmes Melun ey nous vînmes bivouaquer à Charonne où nous passâmes la nuit.

Le 30 au matin, je marchai sur Belleville et Romainville avec quatre batteries d’artillerie à cheval faisant partie du 1er corps de cavalerie commandé, depuis le 5 mars, par le lieutenant général Bordessoulle, il n’y eut que six bouches à  feu de mises en batteries, encore firent-elles peu de choses.

Sur les 4 heures, on me donne l’ordre de me rendre avec mes vingt-quatre bouches à feu à la barrière d’Enfer, où, en y arrivant, il n’y avait pas une âme. Je poussai jusqu’à Montrouge où je bivouaquai la nuit du 30 mars au 31. 

A SUIVRE…

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( 20 janvier, 2014 )

Marmont, Victor et Macdonald (1814)…

03-003635

Maréchal MARMONT

[Pièce n°6395]. Lettre de Berthier à Marmont.

Paris, 17 janvier 1814.

Monsieur le duc de Raguse, l’Empereur espère que vous n’aurez pas quitté Metz car c’est très mal à propos que le duc de Bellune [maréchal Victor] a quitté Nancy pour se porter à Toul. Rien n’est aussi ridicule que la manière dont ce maréchal évacue le pays. Je lui donne ordre de tenir à Toul.

L’Empereur va se porter à Châlons.

J’écris au  duc de Tarente [maréchal Macdonald] de se rapprocher de nous ne suivant nos mouvements.

Je reçois à l’instant votre lettre du 16, à midi ; je vais la mettre sous les yeux de l’Empereur.

(Arthur CHUQUET, « Ordres et Apostilles de Napoléon (1799-1815). Tome quatrième », Librairie Ancienne Honoré Champion Éditeur, 1912, p.427).

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( 19 janvier, 2014 )

Les Polonais…

1814-2014

[Pièce n°6402]. Paris, 19 janvier 1814.

Le duc de Valmy [maréchal Kellermann] a dirigé de Sedan sur Reims la division polonaise ; doit-elle rester sur Reims ou reculer encore ?

[Réponse de Napoléon]. Drouot me fera connaître si on ne pourrait pas placer ces Polonais, avec ceux de la garde, du côté de Chantilly. Il faudrait envoyer un Polonais pour savoir si l’on peut compter sur eux.

 

(Arthur CHUQUET, « Ordres et Apostilles de Napoléon (1799-1815). Tome quatrième », Librairie Ancienne Honoré Champion Editeur, 1912, p.430)

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( 18 janvier, 2014 )

Le maréchal Berthier au maréchal Marmont.

Berthier

[Pièce n°6399]. Paris, 18 janvier 1814.

Monsieur le duc de Raguse, l’Empereur me charge de vous écrire de tenir le plus de temps que vous pourrez sur Metz. Sa Majesté désire que vous me fassiez connaître qu’elle est la force de Yorck et de Sacken. Beaucoup d’habitants et de militaires doivent les avoir vus passer et avoir des idées sur l’endroit où ils sont et sur leur force.

 

(Arthur CHUQUET, « Ordres et Apostilles de Napoléon (1799-1815). Tome quatrième », Librairie Ancienne Honoré Champion Editeur, 1912, p.428).

 

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( 17 janvier, 2014 )

LA CAMPAGNE DE FRANCE VÉCUE PAR UN CHEF D’ESCADRON…(4)

Montereau

Le maréchal, voyant que la cavalerie était ramenée de la sorte, piqua des deux et fut rejoindre l’infanterie qui suivait son mouvement de retraite et qui ne se doutait pas de ce qui se passait derrière elle, vu qu’un bois lui dérobait notre position.

Je me trouvais donc totalement coupé du corps d’armée. Je me suis mis en mouvement pour suivre la même route au lieu d’aller sur Reims. Je mis seulement six bouches à feu en batterie et les autres à la prolonge et marchant à une petite distance.

Mes postes d’infanterie étaient sous mes ordres, d’après ce que m’avait dit le maréchal. Je les plaçai sur la droite des batteries avec ordre de ne faire feu que quand je l’ordonnerai. Il n’y avait rien de bien rassurant pour nous, maos j’avais grande confiance dans la bravoure des canonniers de ma compagnie. Je me mis en avant et la cavalerie vint à nous, croyant avoir beau jeu. Je marchais toujours.

Les canonniers avaient l’ordre de ne tirer que de très près, de ne rien craindre, en leur disant :

« Soyez tranquilles, mes amis, nous n’avons que de la gloire à acquérir dans la position malheureuse où nous sommes. »

L’ennemi sonne la charge, il vient droit à nous. J’ordonne à mes six bouches à feu de tirer à mitraille et aux six autres de tirer à boulet. Ce feu fit un effet magique sur la cavalerie qui se retira près du bois où était le passage par où le corps avait passé et où nous devions passer aussi.

Le général ennemi m’envoya un officier avec un trompette et cet officier me dit qu’il m’était impossible de me retirer, que son général m’offrait de nous recevoir comme prisonniers, mais que nous irions en France avec notre promesse de ne pas servir contre eux avant un an et un jour.

Je lui dis : « Monsieur, je ne sais pas quel est le sort qui m’est réservé, mais je vous prie de dire à  votre général, en le remerciant de son offre que je n’ai jamais pu croire qu’un officier puisse penser à capituler en plaine ; si je ne peux mieux faire, j’accepterai ses offres. »

Un moment après, l’officier revint et me dit :

« On vous donne vingt minutes pour vous rendre à discrétion- Moi, Monsieur, je vous ne donne dix pour vous retirer. »

Je donnai l’ordre de marcher en avant. Je mis mes 4 obusiers sur la gauche de mes 12 bouches à feu. Le feu de mes batteries faisait sauter hommes et chevaux. Malgré cela ils tentèrent une charge. Je les laissai venir tout près.

Notre infanterie, quoique couverte par mes batteries, murmurait, et parlait de se rendre, il y avait avec elle un colonel et je n’en savais rien. Il voulut s’autoriser de son rang. Je lui dis :

« Mon colonel, après l’affaire je vous répondrai, en attendant, obéissez, je suis le chef ici. »

A SUIVRE…

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( 16 janvier, 2014 )

Encore des mouvements, toujours des mouvements…

N1814

[Pièce n°2246]. Lettre de Napoléon au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la Guerre.

Paris, le 13 janvier 1814.

Monsieur le Duc de Feltre, réitérez les ordres pour l’approvisionnement d’Ostende et de Nieuport. Il y a à Ostende et à Nieuport des canonniers vétérans hollandais. Donnez ordre qu’on les fasse venir dans l’intérieur et faites-les remplacer par des Français.

Donnez ordre au général commandant la 24ème division de visiter les places d’Ostende et de Nieuport et d’y assurer une garnison raisonnable qui mettre ses villes à l’abri d’un coup de main.

Qu’est-ce que la cohorte urbaine d’Ostende ? Si elle se compose des habitants d’Ostende, on ne saurait guère y compter. Il serait préférable d’avoir leurs fusils pour en armer la garnison. Fixez l’attention du général commandant la division sur ces deux places.

——–

[Pièce n°2247]. Lettre de Napoléon au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la Guerre.

Paris, le 13 janvier 1814.

Écrivez au général Berthier [frère du maréchal], commandant en Corse, qu’il peut chasser tous les officiers croates dont il n’est pas sûr, les éloigner, les envoyer à Caprara, dans l’île d’Elbe ou à Toulon et de donner des officiers corses et français aux Croates afin d’en être plus sûr.

(« Dernières lettres inédites de Napoléon 1er. Collationnées sur les textes et publiées par Léonce de Brotonne. Tome II », Honoré Champion, Libraire, 1903 » p.498).

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( 14 janvier, 2014 )

Questions…

 Chasseur à cheval.

[Pièce n°6382]. Note de l’Empereur pour le duc de Feltre [général Clarke, ministre de la Guerre].

Paris, le 13 janvier 1814.

Où sont les dépôts des bataillons du train d’artillerie ?

Quels ordres faudrait-il donner pour les grouper autour de Paris ?

Idem pour les dépôts des régiments d’artillerie à pied et à cheval.

Idem pour les régiments de cavalerie.

Idem pour les régiments d’infanterie.

Il faut voir tous les dépôts qui sont dans les places celles du Nord, celles de la Meuse, de la Moselle, de la Meurthe, de la Saône, rapprocher tout cela de Paris et ne laisser dans les places que le nombre de cadres nécessaires d’après le nombre d’hommes, c’est-à-dire un cadre de bataillon pour 800 hommes, etc. et faire revenir sur Paris les autres cadres pour recevoir la levée de 1815. J’entends de Paris à la mer, enfin le centre de la France, de sorte que l’ennemi, masquant les places de la Meuse, de la Moselle, etc., n’empêche pas les corps de se réorganiser. Il faut donc faire un travail là-dessus et le présenter à mon approbation.

(Arthur CHUQUET, « Ordres et Apostilles de Napoléon (1799-1815). Tome quatrième », Libraire Ancienne Honoré Champion, Editeur, 1912, p.414).

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( 7 janvier, 2014 )

« Vous n’êtes plus roi d’Espagne… »

Joseph

Lettre de Napoléon à son frère Joseph.

Paris, 7 janvier 1814.

J’ai reçu votre lettre [Joseph, voyant la France près d’être envahie, avait écrit à l’Empereur pour se mettre à sa disposition.-Note de Léon Lecestre]. Il y a trop d’esprit pour la position où je me trouve. Voici en deux mots la question. La France est envahie, L’Europe tout en armes contre la France, mais surtout contre moi. Vous n’êtes plus roi d’Espagne ; je n’ai pas besoin de votre renonciation, parce que je ne veux pas de l‘Espagne pour moi, ni je ne veux pas non plus me mêler des affaires de ce pays que pour y vivre en paix et rendre mon armée disponible.

Que voulez-vous faire ? Voulez-vous, comme prince français, venir vous ranger auprès du trône ? Vous avez mon amitié, votre apanage, et serez mon sujet, en votre qualité de prince de sang. Il faut alors faire comme moi, avouer votre rôle, m’écrire une lettre simple, que je puisse imprimer, recevoir toutes les autorités et vous montrer zélé pour moi et pour le roi de Rome, ami de la régence de l’Impératrice.

Cela ne vous est-il pas possible ? N’avez-vous pas assez de bon jugement pour cela ? Il faut vous retirer à 40 lieues de Paris, dans un château de province, obscurément. Vous y vivrez tranquille, si je vis. Vous y serez tué ou arrêté si je meurs. Vous serez inutile  à moi, à la famille, à vos filles, à la France ; mais vous ne me serez pas nuisible et ne me gênerez pas. Choisissez promptement et prenez votre parti. Tout sentiment de cœur et hostile est inutile et hors de saison.

(« Lettres inédites de Napoléon 1er (An VIII-1815). Publiées par Léon Lecestre. Tome second (1810-1815) », Plon, 1897, lettre n°1123, pp.306-307).

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( 5 janvier, 2014 )

5 janvier 1814…

N1814

Napoléon au duc de Feltre, ministre de la Guerre.

[Pièce n°6362]. Paris, 5 janvier 1814.

Le 1er régiment de la Vistule sera sur-le-champ armé et habillé à neuf et partira de Sedan pour Epinal où il sera sous les ordres du général de division de la Jeune Garde qui s’y trouve. Aussitôt que la brigade du général Pac, composée des 1er et 2ème régiments de lanciers et du régiment d’éclaireurs polonais sera en état de partir, elle se rendra aussi à Epinal. Donnez ordre qu’elle soit sur-le-champ armée, montée et équipée.

(Arthur CHUQUET, « Ordres et Apostilles de Napoléon (1799-1815). Tome quatrième », Librairie Ancienne Honoré Champion Editeur, 1912, p.404).

 

 

 

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( 4 janvier, 2014 )

« J’ai toute l’Europe armée contre moi. »

Louis

Lettre de Napoléon à son frère Louis.

Paris, 4 ou 5 janvier 1814.

J’ai reçu vos deux lettres, et j’ai appris avec peine que vous soyez arrivé à Paris sans ma permission. Vous n’êtes plus roi de Hollande, depuis que vous avez renoncé et que j’ai réuni ce pays à la France. Le territoire de l’Empire est envahi, et j’ai toute l’Europe armée contre moi. Voulez-vous venir comme prince français, comme connétable de l’Empire, vous ranger auprès du trône ? Je vous recevrai, vous serez mon sujet ; en cette qualité, vous y jouirez de mon amitié et ferez ce que vous pourrez pour le bien des affaires. Il faut alors que vous ayez pour moi, pour l’impératrice, pour le roi de Rome, ce que vous devez avoir.

Si, au contraire, vous persistez dans vos idées de roi et de Hollandais, éloignez-vous de 40 lieues de Paris. Je ne veux pas de position mixte, de rôle tiers. Si vous acceptez, écrivez-moi une lettre que je puisse faire imprimer.

(« Lettres inédites de Napoléon 1er .(An VIII-1815). Publiées par Léon Lecestre. Tome second (1810-1815) », Plon, 1897, lettre n°1122 , p.306).

 

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( 3 janvier, 2014 )

1814-1914…

Quand le combattant de la campagne de France félicite celui de la 1ère guerre mondiale…

1814-1914... dans HORS-SERIE 1814-1914

 

 

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( 2 janvier, 2014 )

Napoléon au duc de Feltre, ministre de la Guerre.

Laubressel 3 mars 1814

[Pièce n°6349]. Paris, 2 janvier 1814.

Le major général  [maréchal Berthier] qui arrive demain 3 janvier à Reims, avec la division de Vieille Garde, cinq à six batteries d’artillerie et la division de Vieille Garde à  cheval, de continuer sa route par Châlons et de se diriger sur Chaumont-en-Bassigny et Langres où il arrivera du 10 au 13 janvier. Mon intention est de réunir une armée de 80.000 hommes à Langres et Chaumont. Il faut donc donner des ordres sur-le-champ pour l’établissement des magasins de vivres et de fourrages nécessaires à l’entretien de cette armée et pour l’établissement d’une manutention.

(Arthur CHUQUET, « Ordres et Apostilles de Napoléon (1799-1815). Tome quatrième », Librairie Ancienne Honoré Champion Editeur, 1912, p.397).

 

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( 1 janvier, 2014 )

Au hasard de mes lectures…(5)

Au hasard de mes lectures...

Heurs et malheurs d’un élève de l’Ecole militaire de Saint-Germain…

Voici un document intéressant.  Il s’agit de la correspondance de Desiderio Sertorio, qui retrace ce que pouvait être l’existence d’un élève de l’École Militaire Spéciale de Cavalerie de Saint-Germain-en-Laye. Publiée par ses descendants, tout d’abord en 2004, au sein d’un volume consacré à la famille Sertorio, cette correspondance a été pour la première fois traduite en français cinq ans plus tard. On y partage le quotidien du jeune Desiderio (1792-1857), dont le nom francisé en « Didier Sertorio » figure en suscription des lettres expédiées presque quotidiennement par sa famille génoise ou des proches. Le jeune homme arrive à la fin mai 1812 dans cette institution. Il y retrouve des compatriotes, ce qui rend le séjour un peu plus acceptable. « A quatre et demi le matin, la trompette sonne et il faut se lever [et] recouvrir son lit parfaitement si on veut se lever. Les journées commencent ainsi; à 21 heures, extinction des feux. L’auteur, y évoque les repas, pris debout,  peu élaborés (« dans chaque gamelle peuvent manger 5, 6, 7 élèves, selon le ticket qui se trouve sur la gamelle »); le pain « assez bon » que l’on peut obtenir à profusion tout au long de la journée, ou bien encore le vin rouge qui ressemble à du vinaigre… Le 15 août, jour solennel, les élèves mangent assis et sont servis dans des assiettes avec nappes et serviettes, le tout sous la bienveillance de domestique. Un luxe pour ces braves gens !

La tenue que porte chaque élève est abordée en détail. Cet uniforme est complété par un casque « un long sabre et des gants ».

Les Italiens sont haïs par les autres élèves, ce qui créée un mauvais climat. S’en suivent de fréquents duels, interdits par le règlement. Il y a aussi des vols fréquents dans ces immenses chambrées où l’on gèle, la nuit, en hiver. « Il est interdit de faire du feu dans les dortoirs », précise Sertortio.

« La vie est toujours la même, l’ennui, la fatigue. Je me sens affligé. Ma seule consolation je la trouve en lisant vos lettres et je vous assure qu’elles me sont d’un grand soutien », écrit le jeune élève, déprimé.

En novembre 1813, il est nommé maréchal-des-logis. Le 28 décembre 1813, Desiderio quitte l’École  de cavalerie, sa formation étant achevée. Il va vivre son baptême du feu durant la fameuse campagne de France, dans les rangs du 2ème régiment de dragons. Le 29 janvier 1814, il s’est battu à Brienne, puis il a perdu début février, son cheval, sa selle, ses pistolets, son porte-manteau… « La guerre est affreuse et ils n’onr presque rien à manger. », écrit sa mère, au grand-père de l’auteur, après avoir reçu des nouvelles de son fils. Desiderio aura un pied gelé (le froid encore !) Malgré tout il aurait participé avec courage à toute la campagne de 1814. Après la première abdication de l’Empereur, le 6 avril 1814, il regagnera Paris afin de se soigner avant de rentrer à Gênes, fin 1814. L’auteur de cette correspondance épistolaire, devient, au fil des pages, attachant. Ses lettres méritent de figurer parmi les bons témoignages sur le Premier Empire.

« Correspondance de Desiderio Sertorio.[Présentation [de] Pompeo Sertotio] Suivie de « L’École militaire Spéciale de Cavalerie sous le 1er Empire », par Charles-Henri Taufflieb », Saint-Germain-en-Laye, Editions Hybride, 2009, 264 pages.

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Labédoyère méritait mieux !

Quelle déception en lisant la dernière biographie en date consacrée au général de La Bédoyère ! Ce personnage, au caractère absent de toute modération, est familier des amateurs d’histoire napoléonienne. Plutôt porté sur une carrière littéraire, ami des livres, familier à ses heures de la célèbre Germaine de Staël, Charles de La Bédoyère entame assez tard une vocation militaire. C’est en 1806, qu’il entre aux gendarmes d’ordonnance, avant d’être nommé en septembre 1807 lieutenant au 11ème  régiment de chasseurs à cheval. L’année 1808 le trouve aide-de-camp du maréchal Lannes. La Bédoyère est en Espagne, à Saragosse, puis passe en Autriche, et en Italie; on le retrouve alors aide-de-camp du prince Eugène. Il participera à la campagne de Russie et commandera, durant celle d’Allemagne, le 112ème de ligne. Le 21 octobre 1813, Charles de La Bédoyère épouse Georgine de Chastellux. Le couple s’installe fin janvier 1814 dans une maison de l’élégant Faubourg Saint-Germain, rue de Grenelle, plus exactement. Il convient de souligner que durant toute son existence, La Bédoyère, par sa fidélité sans faille à Napoléon, fera figure de tâche vis-à-vis de sa propre famille, et celle de son épouse, légitimistes l’une et l’autre. Le frère de Charles, Henry, ne cachera jamais ses idées royalistes et sa haine de « l’Usurpateur ». Tout un climat familial avec lequel celui qui est nommé colonel du 7ème de ligne (en octobre 1814) devra composer…

Au retour de l’Empereur, a lieu le fameux ralliement de La Bédoyère et de son régiment aux troupes de Napoléon venant de l‘île d’Elbe. Un grand moment historique et chargé d’une certaine émotion ! Durant la campagne de Belgique, La Bédoyère figure parmi les aides-de-camp de l’Empereur.

Sa fidélité ne lui sera jamais pardonnée. Arrêté le 2 août 1815, jugé, douze jours plus tard,  par les tribunaux iniques de Louis XVIII, Charles La Bédoyère termine son existence agitée devant un peloton d’exécution français. Nous sommes le 19 août 1815, vers 18h20, à la barrière de Grenelle (dont l’emplacement est situé non loin de station « Dupleix » de la ligne n°6 du métropolitain, 15ème arrondissement de Paris).

Le général Charles de La Bédoyère vient d’entrer au rang de martyrs de la Terreur Blanche.

Cette attachante figure de l’Épopée méritait mieux en terme de biographie. Pourtant établie à travers sa correspondance inédite elle déçoit par sa mise en page aléatoire, les nombreuses « coquilles », le style quelque fois maladroite de l’auteur. Lequel commet ci et là plusieurs erreurs, comme celle d’écrire (source à l’appui !) que madame de Lavalette, épouse du Directeur général des Postes de Napoléon, vécut avec ses cinq enfants et émigra en 1821 à Saint-Domingue, « où elle mourut tragiquement » (?). Cela est peu probable quand on sait que la pauvre femme, après avoir remplacé son époux prisonnier à la Conciergerie, lui sauvant ainsi la vie, perdit peu à peu la raison avant de s’éteindre à Paris le 18 juin 1855. Elle n’avait à notre connaissance qu’une fille.

Un grand travail de fond reste donc à réaliser sur ce personnage.

Geneviève MAZEL, « Un héros des Vingt-Jours. Le général de La  Bédoyère, à travers sa correspondance inédite. Préface de Jean Tulard », Editions SPM, 2004, 186 pages.

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