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( 17 janvier, 2014 )

LA CAMPAGNE DE FRANCE VÉCUE PAR UN CHEF D’ESCADRON…(4)

Montereau

Le maréchal, voyant que la cavalerie était ramenée de la sorte, piqua des deux et fut rejoindre l’infanterie qui suivait son mouvement de retraite et qui ne se doutait pas de ce qui se passait derrière elle, vu qu’un bois lui dérobait notre position.

Je me trouvais donc totalement coupé du corps d’armée. Je me suis mis en mouvement pour suivre la même route au lieu d’aller sur Reims. Je mis seulement six bouches à feu en batterie et les autres à la prolonge et marchant à une petite distance.

Mes postes d’infanterie étaient sous mes ordres, d’après ce que m’avait dit le maréchal. Je les plaçai sur la droite des batteries avec ordre de ne faire feu que quand je l’ordonnerai. Il n’y avait rien de bien rassurant pour nous, maos j’avais grande confiance dans la bravoure des canonniers de ma compagnie. Je me mis en avant et la cavalerie vint à nous, croyant avoir beau jeu. Je marchais toujours.

Les canonniers avaient l’ordre de ne tirer que de très près, de ne rien craindre, en leur disant :

« Soyez tranquilles, mes amis, nous n’avons que de la gloire à acquérir dans la position malheureuse où nous sommes. »

L’ennemi sonne la charge, il vient droit à nous. J’ordonne à mes six bouches à feu de tirer à mitraille et aux six autres de tirer à boulet. Ce feu fit un effet magique sur la cavalerie qui se retira près du bois où était le passage par où le corps avait passé et où nous devions passer aussi.

Le général ennemi m’envoya un officier avec un trompette et cet officier me dit qu’il m’était impossible de me retirer, que son général m’offrait de nous recevoir comme prisonniers, mais que nous irions en France avec notre promesse de ne pas servir contre eux avant un an et un jour.

Je lui dis : « Monsieur, je ne sais pas quel est le sort qui m’est réservé, mais je vous prie de dire à  votre général, en le remerciant de son offre que je n’ai jamais pu croire qu’un officier puisse penser à capituler en plaine ; si je ne peux mieux faire, j’accepterai ses offres. »

Un moment après, l’officier revint et me dit :

« On vous donne vingt minutes pour vous rendre à discrétion- Moi, Monsieur, je vous ne donne dix pour vous retirer. »

Je donnai l’ordre de marcher en avant. Je mis mes 4 obusiers sur la gauche de mes 12 bouches à feu. Le feu de mes batteries faisait sauter hommes et chevaux. Malgré cela ils tentèrent une charge. Je les laissai venir tout près.

Notre infanterie, quoique couverte par mes batteries, murmurait, et parlait de se rendre, il y avait avec elle un colonel et je n’en savais rien. Il voulut s’autoriser de son rang. Je lui dis :

« Mon colonel, après l’affaire je vous répondrai, en attendant, obéissez, je suis le chef ici. »

A SUIVRE…

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