( 24 mars, 2014 )

24 mars 1814…

ML2

Une lettre de Marie-Louise à Napoléon.

Mon cher Ami. Je suis bien tourmentée de n’avoir pas de tes nouvelles depuis deux jours ? Tu n’as pas d’idée comme cela m’inquiète. Je crains que tu ne sois souffrant et qu’on veuille me le cacher, et puis je m’imagine que toutes les communications sont interceptées et que je resterai comme l’année dernière pendant plus de 15 jours sans avoir de tes nouvelles. J’ai demandé au Toi [Joseph] s’il en avait. Il m’a dit que non. J’espère que cette nuit nous serons plus heureux et que nous aurons la nouvelle de quelque grande victoire.

On en a bien besoin à Paris, l’on  y est bien tourmenté. Il y a quantité de femmes qui se sont refugiées hier de Meaux à Paris, ce qui a jeté l’alarme dans tout le monde. Je suis contente de mon courage par rapport aux circonstances dans lesquelles nous nous trouvons. Mais je crois qu’il n’y a à présent guère une personne plus heureuse que ton fils qui t’embrasse et qui est d’une gaieté charmante ; je l’ai vu toute la journée bien occupé, parce qu’il s’imaginait qu’il était un courrier et qu’il t’apportait des nouvelles des armées et qu’il trouvait ton absence bien longue. Ma santé est très bonne, je trouve que je vais beaucoup mieux depuis quelque temps.

Je viens d’apprendre que l’estafette du 22 [mars 1814] a été prise. Quel contretemps fâcheux ! Si tu me donnes quelque ordre par ta lettre que tu m’auras écrite, je te prierai de me les répéter. Je suis bien fâchée que des vilains Cosaques aient interceptés le chemin. Cela m’ôte une grande partie du plaisir que j’éprouve à t’écrire. Je te prie de croire à tous les tendres sentiments de ta fidèle Amie Louise.

[Paris]. Ce 24 mars 1814, à dix heures du soir.

(« Marie-Louise et Napoléon, 1813-1814. Lettres inédites…Réunies et commentées par C.F. Palmstierna », Librairie Stock, s.d. [1955], pp.168-169, lettre n°132.)

 

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