( 30 avril, 2014 )

Esprit qui règne dans les conversations à Paris.

soldats

« Dans le monde, on continue à parler beaucoup des conditions futures de la paix ; celles de l’armistice inquiètent en faisant présumer que les puissances alliées ne traiteront pas la France avec la générosité qu’elles avaient annoncée. Les Français, qui ont souffert si longtemps de guerres interminables dans lesquelles ils ont presque toujours été victorieuse, ne comprennent pas dans quel état d’épuisement Bonaparte les a laissés et ne peuvent s’accoutumer à l’idée de n’obtenir aucun accroissement de territoire et d’être soumis aux limites de 1789 ; on craint, que, si les Alliés prescrivent des conditions trop dures, la guerre ne se rallume avant quelques années. »

Georges Firmin-Didot, « Royauté ou Empire. La France en 1814. D’après les rapports inédits du comte Anglès », Maison Didot, Firmin-Didot et Cie Éditeurs, s.d. [1897], pp.9-10, en date du 29 avril 1814.

Au début de la première Restauration, le comte Anglès (1778-1828) est nommé par Louis XVIII « Commissaire du gouvernement provisoire à la police générale de la police du Royaume par intérim », dépendant du comte Beugnot, ministre de l’Intérieur. En décembre 1814, Anglès prend définitivement la Direction de la Police du Royaume, par suite de la nomination de Beugnot comme ministre de la Marine. Durant les Cent-Jours, il suit Louis XVIII à Gand, en Belgique.

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( 27 avril, 2014 )

Les cheveux me dressent sur la tête des crimes commis par les ennemis…»

Savary duc de Rovigo

Une lettre de l’Empereur au général Savary, ministre de la Police. Elle est pleine de remontrances. Nous sommes lors de la campagne de France.

Nogent[-sur-Seine], le 21 février [1814]

A Savary, Monsieur le duc de Rovigo, il y a bien peu de ressources à la police. Elle sert bien mal. Au lieu des bêtises dont on remplit chaque jour les petits journaux, pourquoi n’avez-vous pas des commissaires qui parcourent les pays d’où nous avons chassé les ennemis, et recueillent les détails des crimes qu’ils y ont commis ? Il n’y aurait rien de plus fort pour animer les esprits que le récit de ces détails. Dans ce moment, il nous faut des choses réelles et sérieuses, et non pas l’esprit en prose et en vers. Les cheveux me dressent sur la tête des crimes commis par les ennemis, et la police ne pense pas à recueillir un seul de ces faits ! En vérité, je n’ai jamais été plus mal servi ! Il est des habitants connus dans les communes et dont les récits excéderaient la croyance. Des juges de paix, des maires, des curés, des chanoines, des évêques, des employés, des anciens seigneurs qui écriraient ce qu’ils nous disent, voilà ce qu’il faut publier. Or, pour avoir ces lettres, il faudrait les leur demander. Il ne faut  pour tout cela ni esprit littéraire, ni littérature. Des femmes de soixante ans, des jeunes filles de douze ans ont été violées par trente ou quarante soldats. On a pillé, volé saccagé et brûlé partout. On a porté le feu à la mairie et dans les communes. Des soldats et des officiers ruses ont dit partout sur leur passage qu’ils voulaient aller à Paris, mettre la ville en cendres après avoir enlevé tout ce qu’ils y trouveraient. Ce n’est pas en faisant un tableau général que l’on persuadera. Le prince de… s’est couvert de boue. Il a volé et pillé partout où il a passé. Pourquoi ne pas citer ce fait ? Il est impossible que les bourgeois de Paris et les hommes du gouvernement ne reçoivent pas des lettres de toutes les parties d’où les ennemis ont été contraints de se retirer. Ne peut-on pas recueillir ces lettres et les imprimer ? C’est alors, après que tous les détails particuliers auront été signalés, que des articles bien faits seront d’un bon résultat. Ce seront des tableaux fait s su les éléments dont tout le monde connaîtra la vérité. Les préfets sont en général des hommes connus et estimés ; ils devraient écrire au ministre de l’Intérieur et celui-ci ferait imprimer leurs lettres. »

Lettre contenue dans l’ouvrage d’A. Périvier, « Napoléon journaliste », Plon, 1918, pp.303-304.

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( 25 avril, 2014 )

« Porte-drapeaux des armées de Napoléon » n°4…

Paru hier (avec un jour d’avance), ce nouveau numéro représente le porte-étendard de l’Escadron des chevau-légers polonais de la Garde à l’île d’Elbe (çà tombe bien : Napoléon y arrivera dans quelques jours !). Une collection Hachette. En kiosque, 11.99 euros.

H4

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( 22 avril, 2014 )

Et la Garde ?

GI

Extrait d’un rapport en date du 22 avril 1814  et rédigé par le comte Anglès.

« Les renseignements parvenus au Ministère de la Police générale portent que la Garde Impériale qui occupe toute la route, depuis Nevers jusqu’à Fontainebleau, est dans l’attitude la plus menaçante et continue à se montrer dévouée à Napoléon. La division de cette troupe en un corps moins nombreux, sa répartition dans des garnisons éloignées de la Capitale, sont des points bien importants qui doivent fixer l’attention continuelle du Ministre de la Guerre […] On m’a rapporté ce propos que Bonaparte aurait plusieurs fois tenu à son secrétaire, avant son départ de Fontainebleau : « C’est un f… pays que l’île d’Elbe, mais j’aime mieux y mourir que de signer les propositions de paix que l’on me proposait ! »

Georges Firmin-Didot, « Royauté ou Empire. La France en 1814. D’après les rapports inédits du comte Anglès », Maison Didot, Firmin-Didot et Cie Éditeurs, s.d. [1897]. Au début de la première Restauration, le comte Anglès (1778-1828) est nommé par Louis XVIII « Commissaire du gouvernement provisoire à la police générale de la police du Royaume par intérim », dépendant du comte Beugnot, ministre de l’Intérieur. En décembre 1814, Anglès prend définitivement la Direction de la Police du Royaume, par suite de la nomination de Beugnot comme ministre de la Marine. Durant les Cent-Jours, il suit Louis XVIII à Gand, en Belgique.

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( 21 avril, 2014 )

Vive l’Empereur !

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On sait que le 21 avril 1814, Napoléon en route vers son exil elbois, passe à Briare. Voici un rapport adressé par Beugnot à Louis XVIII, dans le courant du mois de mai 1814.

« Bulletin des 18 et 19 mai 1814. A son passage à Briare, Bonaparte a été accueilli aux cris de «Vive l’Empereur !». Les militaires qui provoquaient ces cris menaçaient de voies de fait les habitants qui n’étaient  pas de leur parti. En général les militaires se conduisent très mal et sont animés d’un mauvais esprit. Les soldats du train d’artillerie se sont fait redouter par leurs rapines et leurs excès. Le peuple est écrasé de réquisitions de guerre et le pays ruiné pour longtemps. »

(« Napoléon et la police sous la Première Restauration. D’après les rapports du comte Beugnot au roi Louis XVIII. Annotés par Eugène Welvert», R. Roger et F. Chernoviz, s.d. ). Louis XVIII nomme en 1814, le comte Beugnot (1761-1835) Directeur général de la Police, puis ministre de la Marine en décembre de la même année, Beugnot suit le Roi à Gand (Belgique) durant les Cent-Jours.

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( 19 avril, 2014 )

Un LOGEMENT MECONNU du GENERAL BONAPARTE…

Nous voici devant le n°10 de la rue de la Huchette (Paris 5ème). Ici logea le général Bonaparte de juillet à octobre 1795, dans une des chambres de Un LOGEMENT MECONNU du GENERAL BONAPARTE... dans HORS-SERIE snb16738l’Hôtel du Cadran Bleu (au 3ème ou au 4ème étage: fenêtres entourées en rouge). Cette petite rue aujourd’hui très touristique, a échappé comme quelques unes aux alentours, aux travaux importants du baron Haussmann durant le Second Empire (Place Saint-Michel, Boulevard Saint-Michel et Boulevard Saint-Germain).

 C.B.

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( 13 avril, 2014 )

L’île d’Elbe en perspective…

Ile d'Elbe-Gravure fantaisie allemande

On sait que le traité de Fontainebleau (en date du 11 avril 1814) stipule notamment que Napoléon aura la souveraineté de l’île d’Elbe.Quelques personnages officiels accompagneront l’Empereur de Fontainebleau à son embarquement. Les voici:

Le général Paul Schouvalov, aide de camp du tsar Alexandre 1er, fut chargé d’accompagner Napoléon jusqu’à son embarquement pour l’île d’Elbe. Il a laissé un témoignage sous la forme de cinq longues lettres adressées au comte de Nesselrode qui a été publié (sous le titre : « De Fontainebleau à Fréjus. Avril 1814 ») dans la « Revue de Paris », en avril 1897, repris dans « Napoléon, la dernière bataille. Témoignages, 1814-1815 », (Omnibus, 2014). Schouvalov ne fit pas partie de la traversée vers l’île d’Elbe.

Le général autrichien Koller [/b](1757-1821) fut désigné pour accompagner Napoléon de Fontainebleau à l’île d’Elbe. Il entretint d’assez bon rapport avec l’Empereur, « il lui témoigna les plus grands égards et le protégea des fureurs provençales [allusion aux troubles d’Orgon]. Napoléon l’avait en grande estime et le chargea, lorsqu’il fut rappelé à Vienne, à la fin de mai 1814, de nouer avec lui des rapports commerciaux avec Gênes. » (Guy Godlewski, « Trois cents jours d’exil. Napoléon à l’île d’Elbe… », Hachette, 1961, note, p.245). Koller est le seul des commissaires étrangers, avec l’anglais Campbell, à s’embarquer sur le navire qui emmène Napoléon vers l’île d’Elbe.

Le colonel Neil Campbell,  est le commissaire anglais chargé de la surveillance de l’Empereur à l’île d’Elbe. Le 15 avril 1814, à Fontainebleau, Campbell fait partie des commissaires étrangers présentés à Napoléon: « J’éprouvai une étrange confusion lorsque l’aide de camp, après m’avoir annoncé, se retira en fermant la porte et que je me trouvais soudain [en] tête à tête avec l’homme extraordinaire dont le nom avait été, pendant des années, la pierre de touche de mes sentiments, soit comme Anglais, soit comme militaire… » (« Napoléon à l’île d’Elbe. Chronique des événements de 1814 et de 1815… », E.Dentu, 1873). La fuite de Napoléon de son exil elbois restera pour Campbell le drame de sa vie. Il est absent de son poste lors de cet événement historique : parti quelques jours en Italie pour un voyage diplomatique (et galant)…

Waldbourg-Truchsess(1776-1844), commissaire prussien a publié dès 1815 (chez Panckoucke), une « Nouvelle relation de l’itinéraire de Napoléon à Fontainebleau à l’île d’Elbe » qui est à consulter avec beaucoup de précaution, compte tenu des erreurs volontairement orientés que cet ouvrage contient… « M. Waldbourg [-Truchsess] est prussien ; cela seul nous apprend que, dans son récit, il n’a pas cherché à être favorable à l’Empereur », écrit André Pons de l’Hérault dans son « Mémoire aux puissances alliées…», (Alphonse Picard et fils, 1899). A Sainte-Hélène, Napoléon estima que les deux ouvrages qui lui avait fait le plus de mal étaient celui de l’Abbé de Pradt, ancien ambassadeur de France en Pologne, («Histoire de l’ambassade dans le grand-duché de Varsovie en 1812 », Pillé, 1815), et celui de Waldbourg-Truchsess.

Le comte Clamm, était chambellan de l’empereur d’Autriche et aide de camp de Schwartzenberg. Il est adjoint au général Koller en tant que premier aide-de-camp.

C.B.

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( 12 avril, 2014 )

« Porte-drapeau des armées de Napoléon » (Hachette-Collections) n°3…

Paru hier en kiosque, il s’agit de celui du 2ème bataillon de la 9ème demi-brigade d’infanterie légère. (11,99 euros).

H3

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( 9 avril, 2014 )

Un blog dédié à Paris et à son histoire…

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