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( 31 mai, 2014 )

« Le Roi nous ignore ! »

soldats

Rapport du 31 mai 1814.- Il circule dans Paris un grand nombre d’officiers qui, dans les lieux publics, s’exaspèrent et tiennent de fort mauvais propos. Ceux du 58ème régiment d’infanterie de ligne se plaignent de ce que le Roi ne leur ai rien dit, hier, lorsqu’ils lui ont été présentés. Le Roi dit naturellement si bien, qu’il n’est pas étonnant qu’on prenne son silence pour une disgrâce. 

(Georges Firmin-Didot, « Royauté ou Empire. La France en 1814. D’après les rapports inédits du comte Anglès », Maison Didot, Firmin-Didot et Cie Éditeurs, s.d. [1897], p.19).

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Comte Jules Angles

Quelques mots sur l’auteur de ce rapport. En 1799, le comte Jules Anglès (1778-1828) entre à l’École Polytechnique. En 1806, on le retrouve comme auditeur au Conseil d’État, puis intendant en Silésie, la même année. En 1809, il est en Autriche et devient maître des requêtes au Conseil d’État, chargé du 3ème arrondissement de la Police générale englobant les départements italiens. Au début de la première Restauration, Anglès est nommé par Louis XVIII « Commissaire du gouvernement provisoire à la police générale de la police du Royaume par intérim », dépendant du comte Beugnot, ministre de l’Intérieur. En décembre 1814, Anglès prend définitivement la Direction de la Police du Royaume, par suite de la nomination de Beugnot comme ministre de la Marine. Durant les Cent-Jours, il suit Louis XVIII à Gand, en Belgique et ne revit à paris qu’après Waterloo ; en septembre 1815 il devient préfet de police de Paris (jusqu’en décembre 1821).Ses rapports viennent compléter les Bulletins que le comte Beugnot adresse quotidiennement à Louis XVIII.

C.B.

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( 31 mai, 2014 )

A Paris, l’imagination des habitants…

1814 à Paris

Dans cette France de la première Restauration, les bruits les plus délirants vont bon train. Comment imaginer Napoléon prenant la tête des armées autrichiennes ? Cela dépasse tout entendement !

C.B.

Bulletin du 31 mai 1814. On apprend de l’île d’Elbe que Bonaparte fait des plans de palais, de ports, d’établissements publics. Les nouvelles sont arrivées au père du général Bertrand, ci-devant grand maréchal du palais qui les a communiquées à quelques affidés du parti. On se berce dans ce parti du rêve que si l’Autriche a jamais fait la guerre avec la France, elle appellera Buonaparte pour commander ses armées. Cette guerre avec l’Autriche s’est placée, on ne sait comment, dans toutes les prévoyances. »

(« Napoléon et la police sous la Première Restauration. D’après les rapports du comte Beugnot au roi Louis XVIII. Annotés par Eugène Welvert», R. Roger et F. Chernoviz, s.d., pp.6–7).

 

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( 31 mai, 2014 )

Le départ des troupes alliées…

Hussard prussien

« Rien n’est égal à la joie qu’on ressent à Paris du départ des troupes étrangères. Cette joie s’est manifestée, dans les faubourgs Saint-Antoine et Saint-Marceau, par des propos et des chants qui décèlent un patriotisme grossier mais ferme. Dans l’un de ces quartiers, quelques malveillants ont essayé de mettre à  profit le goût que montre le peuple pour l’air de « Vive Henri IV ! », en y appropriant des mots à la louange de Bonaparte ». Comte Anglès, rapport en date du 31 mai 1814.

Georges Firmin-Didot, « Royauté ou Empire. La France en 1814. D’après les rapports inédits du comte Anglès », Maison Didot, Firmin-Didot et Cie Éditeurs, s.d. [1897], p. 21).

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