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Bulletin des 4, 5, 6 et 7 juin 1814.

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NN1Var, Préfet, 24 mai 1814Buonaparte, dans un entretien qu’il a eu, lors de son passage, avec le préfet du Var [le 26 avril 1814], lui a dit : « La trahison de Marmont ayant livré Paris et amené la révolution qui vient de s’opérer, il me restait encore la guerre civile. J’ai abdiqué pour en épargner les maux à la France et à mes amis qui auraient tout perdu. J’avais encore de grandes ressources dans les armées de Paris et de Lyon. Sur ma route, les soldats ont crié « Vive l’Empereur ! » et m’aurait délivré si je leur eusse dit un mot. Ma Garde a voulu me suivre: je m’y suis opposé [inexact, puisqu’on sait que de nombreux éléments de la fidèle Garde Impériale débarquèrent à l’île d’Elbe le 25 ou le 26 mai 1814 –selon les sources-]. A Lyon on a été obligé de prendre des précautions pour rendre sans effet les dispositions bienveillantes manifestées en ma faveur. » Malgré les folles illusions qu’indique encore ce discours, Bonaparte n’a pu dissimuler au préfet que depuis Orgon, la  plus violente effervescente avait éclaté contre lui dans toute la Provence, et qu’il y avait partout injurié et menacé [exagération de la part de Beugnot. Le 25 avril 1814, à Orgon, l’Empereur des mouvements populaires fort hostiles ; à Orange et à Avignon, lors du passage de l’Empereur, la foule cria également son hostilité].

Le séjour de Mme Borghèse [la Princesse Pauline Bonaparte] dans le département du Var n’a produit aucun effet sur l’opinion ; elle y était à peine aperçue. Le 19 mai, elle s’est embarquée à Saint-Raphaël sur une frégate napolitaine pour aller prendre les eaux d’Ischia: elle parlait de se rendre ensuite à l’île d’Elbe. Une frégate anglaise s’est rendue à Villefranche pour la prendre. Le capitaine a paru très fâché de ne pas l’emmener. C’est le même qui avait été chargé de conduire Bonaparte à l’île d’Elbe [Le capitaine Thomas Ussher commandant le navire, l’Undaunted]. Il tenait, disait-il, infiniment à l’honneur d’avoir conduit ce grand homme. M. le lieutenant général Köller [Koller], commissaire autrichien, écrivait à Mme Borghèse que « S. M. l’Empereur, qui avait fait ce voyage sur cette frégate, avait été extrêmement satisfait des attentions et des soins qu’il avait trouvés ; qu’il se louait beaucoup du capitaine; que l’amiral anglais, commandant les escadres britanniques dans la Méditerranée, avait mis la frégate à la disposition de S.M. l’Empereur ». Tel est le texte de la lettre de M. Köller [Koller].

(« Napoléon et la police sous la Première Restauration. D’après les rapports du comte Beugnot au roi Louis XVIII. Annotés par Eugène Welvert», R. Roger et F. Chernoviz, s.d., pp.7-8).

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