Accueil TEMOIGNAGES Strasbourg, 16 juin 1814…

Strasbourg, 16 juin 1814…

Commentaires fermés
0
1

Capitaine de la Garde Impériale

Capitaine de la Garde Impériale . (Image d’illustration).

« Des scènes vraiment indécentes et criminelles ont eu lieu à Strasbourg. Le sieur Heitz, imprimeur-libraire, avait exposé le portait de Bonaparte avec une notice sur sa déchéance et sur quelques-uns de ses crimes, tels que l’assassinat du duc d’Enghien [Anglès veut dire l’exécution du duc d’Enghien, dans les fossés de Vincennes le 21 mars 1804]. Un officier est entré dans son magasin, lui a enjoint de retirer sa gravure, a visité tous ses tiroirs et a déchiré ce qui n’était pas de son goût, en lui faisant de violentes menaces. Sur ces entrefaites, l’adjoint est survenu ; il a demandé son nom à l’officier qui lui a répondu en lui demandant le sien. L’adjoint s’est alors nommé, mais l’officier s’est borné à lui répondre avec dérision : « Moi aussi, je suis officier de police militaire. »

Le lendemain, le spectacle a été fort orageux: on jouait « Le retour des Lys »; quelques passages de la pièce ont déplu aux officiers ; du bruit, on est passé à des menaces, on a crié « Vive l’Empereur ! » ; on est monté sur la scène dont les décors ont été brisés. Bref, le tumulte était à son comble; l’adjoint a fait tous ses efforts pour rétablir l’ordre, mais sans y réussir. Il en a été tellement affecté, qu’il est mort le soir même. D’autres officiers, qui avaient été prisonnier chez l’ennemi, sont rentrés à Strasbourg avec des cocardes tricolores toutes neuves ; ils s’expriment de la manière la plus violente sur la Restauration.

Je dois ajouter qu’aucun habitant n’a pas participé à ces excès, qui exigent la plus prompte répression de la part de l’autorité militaire. » 

(Georges Firmin-Didot, « Royauté ou Empire. La France en 1814. D’après les rapports inédits du comte Anglès », Maison Didot, Firmin-Didot et Cie Éditeurs, s.d. [1897], pp.41-42).

Charger d'autres articles liés
Charger d'autres écrits par Christophe
Charger d'autres écrits dans TEMOIGNAGES
Les commentaires sont fermés.

Consulter aussi

De Bautzen, le 10 juin 1813…

Lettre du Payeur  G. Peyrusse adressée à son frère André. ————R…