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( 30 septembre, 2014 )

Un voleur à l’île d’Elbe…

Vue Portoferraio

Écoutons une nouvelle fois le trésorier Guillaume Peyrusse…

« J’ai déjà dit que j’avais constaté un déficit de 20,000 Fr. dans ma caisse, et que j’avais chargé le commissaire de police d’aller aux enquêtes sur ce vol. On lui avait signalé les dépenses extraordinaires que faisait un sieur Allory [Allori][1], misérable cordonnier. Il faisait dire des messes pour remercier la Providence, qui l’avait rendu possesseur de ce petit Trésor. Je le fis arrêter ; il parut devant le commissaire de police. Sa figure me frappa ; je crus le reconnaître. Il fut interrogé ; on saisit sur lui des comptes de cuir, de toiles, acquittés sous fraîche date ; on le poussa de questions ; il commença par déclarer qu’il avait trouvé un sac contenant 3,000 Fr. en or, sous un buisson, près de la porte de Terre. Ce premier aveu me donna de l’espoir. Je conseillai au commissaire de police de lui faire mettre les poucettes par le gendarme qui le gardait ; le serrement gradué de cette étreinte lui arracha l’aveu qu’étant de faction chez moi, le premier jour de mon arrivée, il avait vu déballer sous ses yeux les caisses du Trésor ; que se promenant le fusil sous le bras, il avait eu l’idée de remuer avec pied la paille qu’on avait laissée toute étalée jusqu’à l’arrivée du jardiner qui devait l’enlever ; que son pied avait heurté un corps résistant ; qu’il s’était baissé, et qu’à son grand étonnement, il avait vu un paquet long, et que, pensant que la Sainte Vierge lui réservait cette bonne fortune, il avait mis ce paquet sous son schako et l’avait conservé ainsi jusqu’au moment du relevé de sa faction. Il avoua que le paquet contenait vingt rouleaux de cinquante napoléons d’or chaque ; qu’il avait employé cent cinquante napoléons à payer des comptes arriérés, à faire des achats de cuir, de toile et enfin à faire dire des messes ; qu’il lui restait dix-sept rouleaux cachés dans sa paillasse. Ramené sur-le-champ dans son domicile, il mit à la disposition du commissaire de police l’argent qu’il avait déclaré. Satisfait de cet heureux résultat, je crus convenable de ne pas ébruiter cette affaire et je bornai là mes investigations par déférence pour la Garde nationale dont ledit Allori était membre. Ce qui fut trouvé en toile et cuire fut remis à l’hospice. »


[1] « Peyrusse accompagna Napoléon à l’île d’Elbe. Il emportait 3 979 000 francs dans cent-quatre-vingt-dix-neuf caisses de 20 000 francs chacune en vingt rouleaux de napoléons. L’une de ces caisses fut volée au moment où on les déballait à Porto-Ferrajo [Portoferraio], par un cordonnier nommé Allori, de la garde nationale de l’île, qui avait été placé en faction devant le Trésor. Quatre mois plus tard, quand le voleur fut découvert, on retrouva chez lui dix-sept rouleaux cachés dans sa paillasse. Il avait employé vingt-cinq napoléons à payer des petites dettes, à acheter des cuirs et à faire dire des messes. ». (« Vieux papiers financiers. Un trésorier de Napoléon. Extraits », in « Le Globe », 21 janvier 1904).

 

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( 29 septembre, 2014 )

Napoléon, objet de toutes les hypothèses…

Gravure

« On dit aussi que Bonaparte quittera l’île d’Elbe au moment où l’on y pensera le moins et qu’il se tient sur ses gardes dans la crainte d’être assassiné ou empoisonné; aussi, est-il très difficile, depuis quelques temps, de l’approcher et d’avoir avec lui des conférences. »

(Georges Firmin-Didot, « Royauté ou Empire. La France en 1814. D’après les rapports inédits du comte Anglès », Maison Didot, Firmin-Didot et Cie Éditeurs, s.d. [1897], pp.137). Extrait du bulletin en date du 28 septembre 1814.

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( 29 septembre, 2014 )

Le général Vandamme sous surveillance…

Le général Vandamme sous surveillance… dans TEMOIGNAGES vandamme

Dans ce bulletin, Beugnot, évoque le général Vandamme, officier qui possède une forte personnalité. On le surveille, on l’épie, car le pouvoir royal le sait être favorable à l’Empereur…

Bulletin du 24 septembre 1814. Paris. Le général Vandamme est à Paris depuis dix jours. Comme c’est un des hommes les plus violents de l’armée, j’ai fait suivre ses pas et surveiller ses discours. Il a vu la plupart des maréchaux qui sont à Paris, entre autres les maréchaux Macdonald et Ney, ainsi qu’n certain nombre de généraux. Il paraît s’être borné à exprimer des plaintes sur les circonstances, et des regrets mal dissimulés sur le passé, sans laisser rien percer sur aucun projet ni aucun plan. Il sent qu’avec sa réputation, il ne peut être en faveur à la cour. Aussi a-t-il annoncé qu’il ne demanderait rien au Roi, perce qu’il ne voulait pas éprouver de refus. Sa société la plus habituelle est la famille de Franconi avec qui il est lié, et au manège duquel il ava tous les jours. Il paraît s’occuper d’un mémoire apologétique de ses opérations militaires à l’époque où il a été fait prisonnier sur les frontières de la bohème [après la bataille de Kulm, perdue le 30 août 1813]. Il a chez lui un secrétaire qui y travaille ; son intention semble être de ne pas rester longtemps à paris, et de partir dans quinze à vingt jours pour une terre qu’il possède en Flandre. »

(Source : Comte Beugnot,  « Napoléon et la police sous la première Restauration. D’après les rapports du comte Beugnot au roi Louis XVIII. Annoté par Eugène Welvert », R. Roger et F. Chernoviz, Libraires-Éditeurs, sans date, pp.213-214).

 

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( 28 septembre, 2014 )

« Partout, le simple soldat montre un front hargneux… »

soldats

« 27 septembre 1814.- Il m’est pénible d’avoir à opposer au tableau de joie et d’affection que présente la majeure partie de la population, les dispositions vraiment affligeantes et peut-être incurables de l’esprit militaire. Partout, le simple soldat montre un front hargneux et rechigné, partout des mouvements d’humeurs et des signes d’infidélité lui échappent ; on croit lire sur son visage la contrainte qu’il éprouve et le désir qu’il aurait de revenir au culte de Bonaparte. Le temps, une bonne discipline et une bonne composition d’officiers supérieurs, remédieront sans dote, peuà peu, à ces dispositions de l’armée.

Toujours-est il que, dans le département de la Haute-Saône, on voit sur les routes des enfants de dix à quinze ans courir après les voitures qui passent et crier : « Vive l’empereur Napoléon ! » Ce sont pourtant des conscrits que Bonaparte aurait dévorés dans trois ou quatre ans ! D’où vient donc cette frénésie ? Il est probable, au surplus, que la plupart de ces cris s’adressent à des hommes qu’on prend pour des officiers ».

(Georges Firmin-Didot, « Royauté ou Empire. La France en 1814. D’après les rapports inédits du comte Anglès », Maison Didot, Firmin-Didot et Cie Éditeurs, s.d. [1897], pp.134-135)

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( 27 septembre, 2014 )

Porte-drapeaux des armées de Napoléon n°15…

Paru le jeudi 25 septembre, ce nouveau numéro représente le porte-aigle des vélites de la Garde royale italienne.

Le prochain, dans quinze jours, sera le porte-étendard  du 3ème  régiment de chevau-légers lanciers.

(En kiosque, 11.99 euros).

 

 

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( 26 septembre, 2014 )

« BONAPARTE » A ÉTÉ ENLEVÉ !

Incroyable est le genre de bruits qui circulent durant le séjour de l’Empereur à l’île d’Elbe ! En voici un exemple à travers ce rapport du consciencieux Beugnot.

Bulletin du 26 septembre 1814. Paris. On répétait aujourd’hui dans Paris que Bonaparte avait enlevé de l’île d’Elbe et conduit à Malte. Il en a été parlé à M. le Duc de Wellington qui a répondu n’avoir reçu aucune nouvelle de ce genre. Je n’y aurais pas moi-même donné plus d’attention qu’à cent autres bruits qui naissent le matin pour mourir le soir, si je ne trouvais la même assertion consignée dans la lettre qui contient ce bulletin de M. le comte de Bouthilliers, préfet du Var. Cependant si un fait de cette importance était exact, je ne puis croire que l’agent secret que j’ai à l’île d Elbe ne se fût pas empressé de m’en donner connaissance. Les bonapartistes se bercent d’une chimère toute contraire. Ils rêvent que les courtoisies que Bonaparte affecte de prodiguer aux Anglais, depuis qu’il n’ose et ne peut plus les accabler d’outrages et de calomnies, n’auraient pas été sans quelque assistance de la part des Anglais pour améliorer son sort et obtenir quelques indemnité territoriale en remplacement de la pension au paiement de laquelle il croit peu. [Le pouvoir royal ne tient pas ses engagements. En effet, l’article 3 du Traité de Fontainebleau prévoyait à Napoléon le versement « d’un revenu annuel de 2 millions de francs en rente sur le Grand Livre de France, dont 1 million réversible à l’Impératrice ». Ni l’Empereur ni aucun membre de sa famille (car une disposition complémentaire prévoyait que ces derniers reçoivent également une compensation financière), ne perçoivent un centime. Louis XVIII ira même plus loin dans la médiocrité de son geste, en décrétant le 18 décembre 1814, sur proposition de ses ministres, la mise sous séquestre de tous les biens de la Famille Impériale].

(Source : Comte Beugnot,  « Napoléon et la police sous la première Restauration. D’après les rapports du comte Beugnot au roi Louis XVIII. Annoté par Eugène Welvert », R. Roger et F. Chernoviz, Libraires-Éditeurs, sans date, pp.215-216).

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( 23 septembre, 2014 )

«On ajoute plus de créance à la mort du général Vandamme.»

VandammeLe général Vandamme.

Une lettre de l’archichancelier Cambacérès adressée à Napoléon.

19 septembre 1813

Sire,

Le Te Deum a été chanté ce matin à Saint-Cloud, ainsi que j’avais eu l’honneur de l’annoncer à Votre Majesté. La cour a été aussi nombreuse que le temps peut le comporter [sic]. Elle le sera encore plus ce soir.

Les articles envoyés par les ordres de V.M. à l’Impératrice seront demain dans le Moniteur. On y trouvera les détails que le public désire de savoir et qu’il craint d’apprendre.

Depuis quelques jours on se plaît à répandre qu’il y a des pourparlers avec l’Autriche. Les gens éclairés croient peu à ces bruits. On ajoute plus de créance à la mort du général Vandamme, qui est annoncée dans les papiers allemands [La rumeur n’était pas fondée].

Le duc de Feltre [général Clarke, ministre de la Guerre] et le comte de Cessac [Ministre de l’Administration de la Guerre jusqu’au 13 novembre 1813; sera remplacé, sept jours plus tard par le comte Daru], auront rendu compte à Votre Majesté des mesures qu’ils ont pris, de concert avec le Ministre du Trésor [Le comte Mollien] pour un approvisionnement extraordinaire d’armée que les circonstances pourraient rendre nécessaires, et dont il est d’une sage prévoyance de s’assurer.

(« Cambacérès. Lettres inédites à Napoléon. Tome II, avril 1808-Avril 1814. Présentation et notes par Jean Tulard », Éditions Klincksieck, 1973, Lettre n°1276, pp.1054-1055).

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( 22 septembre, 2014 )

L’Hôtel Beauharnais, un endroit unique….

Hôtel Beauharnais

Jai visité ce matin ce magnifique hôtel, qui est la résidence de l’ambassadeur d’Allemagne à Paris. Un lieu qui a gardé toute sa splendeur et où l’on devine l’ombre d’Eugène de Beauharnais. Sachez que l’on peut s’inscrire en ligne afin de découvrir ce lieu. (L’inscription est obligatoire afin d’avoir accès à ce joyau du style Empire !) A noter: photos et films interdits.

C’est ici: https://service2.diplo.de/rktermin/extern/choose_category.do?locationCode=pari&realmId=425&categoryId=680&request_locale=fr

Un rappel historique :

http://download.diplo.de/Paris/2011_Expo_Hotel_Beauharnais.pdf

Hôtel B

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( 22 septembre, 2014 )

« Navire en vue ! »

Navire île Elbe

« 22 septembre 1814. Un bâtiment parut en vue[1]. Une chaloupe du port fut le reconnaître. Nous la vîmes se diriger avec le bâtiment hélé vers la baie de Marciana. Le départ de l’Empereur et celui du Grand-Maréchal ne nous laissèrent plus de doute. Nous nous réjouîmes et pour l’Empereur et pour nous tous de cette heureuse arrivée ; nous revenions des impressions peu favorables que nous causait l’indifférence de Sa Majesté l’Impératrice. Son entrée dans Porto-Ferrajo [Portoferraio] était annoncée. Les canonniers étaient à leurs pièces pour saluer par cent coups de canon cet heureux événement, mais ce fut un rêve ! Au bout de quatre jours, Sa Majesté rentra dans Porto-Ferrajo [Portoferraio] et le bâtiment fut en vue, sortant des eaux de Marciana. L’Empereur avait reçu la visite de la comtesse Walewska et du comte Walewski, son fils [2]… »

(Extrait des mémoires de Guillaume Peyrusse, trésorier de l’Empereur à l’île d’Elbe).


[1] Nous situons cet événement à la date du  1er septembre 1814. (Cf. note 25, p.224 de notre nouvelle édition du récit de Pons de l’Hérault [Les Editeurs Libres, 2005]). Frédéric Masson dans son « Napoléon et les femmes. L’Amour », (Paul Ollendorff, 1894, p.290), mentionne cet événement à la même date : « C’est à la nuit close qu’elle [Marie Walewska] débarque le 1er septembre ; elle trouve au port une voiture à quatre chevaux et trois chevaux de selle. Elle monte dans la voiture avec son fils ; sa sœur, qui l’accompagne, son frère le colonel Laczinski, en uniforme polonais, se mettent à cheval et l’on part sous un merveilleux clair de lune. »

[2] « L’Empereur avait connu Mme Walewska à Varsovie, lors de la campagne de Pologne. Le jeune garçon était fils de cette dame et de l’Empereur. C’est celui qui est connu à Paris sous le nom de comte Walewski [Alexandre Walewski, 1810-1868]. Mme Walewska avait dû être, dans son jeune âge, une fort belle personne. Bien qu’ayant, lors de son voyage à l’île d’Elbe, la trentaine et peut-être quelque chose de plus [née en 1786, elle avait vingt-huit ans], elle était fort bien. (Ali, « Souvenirs.. », Arléa, 2000., p.85).  A propos de son fils, Ali précise (à la même page) que « le jeune Walewski était un gentil garçon, déjà grandelet [il avait quatre ans], la figure un peu pâle ; il avait quelque chose des traits de l’Empereur. Il en avait le sérieux ».

 

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( 20 septembre, 2014 )

17 septembre 1813 et jours suivants…

06-513473

Extrait d’un passage des « Mémoires » de Guillaume Peyrusse,  payeur de l’Empereur.

17 septembre. Sa Majesté s’est arrêtée sur les hauteurs de Peterswalde. Depuis deux jours, on entend une canonnade presque continue ; on pousse l’ennemi jusqu’à Kulm.

18, 19 et 20 septembre.  Sa Majesté est restée autour de Pirna.

21 septembre. Sa Majesté est rentrée à Dresde. Dans la matinée, nous sommes partis pour Hartau. Le général Blücher s’avançait ; il avait déjà dépassé Bautzen, chassant devant lui les corps du maréchal duc de Tarente, des généraux Souham et Lauriston. La présence de Sa Majesté électrise les troupes ; elles reprennent l’offensive ; on va jusqu’à Bischofwerda.

22 et 23 septembre.  Séjour. Sa Majesté pousse des reconnaissances à la tête des troupes du général Gérard, pour s’assurer de la retraite des Prussiens.

24 septembre.  Rentrés à Dresde… « L’ennemi gagne du terrain : Napoléon fait de vains efforts ; il court vers chaque point menacé et se trouve aussitôt rappelé ailleurs par quelques nouveaux désastres. Partout où il se montre, l’ennemi recule devant lui, mais il avance avec succès dès qu’il tourne le dos. » (Mémorial de Ste-Hélène). [Passage cité par Peyrusse lui-même]

Du 25 septembre au 6 octobre. Séjour à Dresde. Les travaux autour de la ville sont poussés avec la plus grande vigueur. Un nouveau pont sera jeté sur l’Elbe. La même activité règne à Pirna. On convertit en citadelle l’hôpital des fous. Tous ces préparatifs annoncent l’intention qu’à Sa Majesté de garder sa position de Dresde. Cette inactivité de nos troupes étonne. Depuis plus de dix jours, elles n’ont pas cherché l’ennemi. Le service des officiers d’ordonnance est très actif, et il résulte des renseignements qu’ils apportent, que les Prussiens se portent en avant du prince  Bernadotte, qui est déjà à Dessau, au-devant du prince de La Moskowa, et que l’armée alliée est en mouvement pour nous resserrer. Des préparatifs au cabinet et dans les écuries, les ordres qui me sont donnés de tenir prêts les fourgons contenant le Trésor de réserve, annoncent que notre séjour à Dresde ne se prolongera pas davantage. Les instants heureux qu’on a passés dans cette capitale sont oubliés ; une inquiétude vague nous fait désirer d’en sortir ; il faut aller dans d’autres lieux chercher à ressaisir la fortune infidèle aux armes de Sa Majesté depuis bien du temps.

 

 

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( 15 septembre, 2014 )

Quelques mots d’André Pons de l’Hérault…

Pons

Rappelons que cet intéressant personnage, plutôt républicain, à l’origine, dirigeait les mines de l’île d’Elbe depuis 1809. Après l’arrivée de l’Empereur dans l’île d’Elbe, il deviendra progressivement un de ses partisans les plus dévoués et le suivra lors de son retour en France, en 1815. Il a donc eu tout le loisir d’observer l’Empereur dans son royaume elbois. 

C.B.

« Aux jours de sa toute-puissance, alors qu’il était le Roi des rois, nul n’était assez haut placé pour pouvoir regarder l’empereur Napoléon en face ; il échappait à toutes les observations. Les louanges avaient cessé d’avoir un caractère de vérité. Il n’en était pas ainsi à l’île d’Elbe. Le prince qui était venu régner sur ce rocher ne portait point l’auréole d’invulnérabilité qui naguère couronnait l’empereur des Français… Cependant Napoléon n’était pas moins grand à Porto-Ferrajo qu’à Paris. Mais le prestige avait cessé : on doutait de l’immensité de son génie, ou du moins on faisait semblant d’en douter. Ce doute flattait les nains de droit divin qui, dans les illusions de leur orgueil, s’imaginaient pouvoir ainsi se rapprocher du géant populaire, à la taille duquel ils n’avaient jamais eu jusqu’alors la pensée de mesurer leur taille. …Il n’y a donc rien d’extraordinaire dans la croyance que l’empereur Napoléon n’a jamais été plus complètement et plus parfaitement examiné qu’à l’île d’Elbe. Ce n’est qu’à l’île d’Elbe en effet que l’on a pu étudier et connaître Napoléon. Soldat, il devait prendre et il prenait toutes les formes que son ambition lui imposait; empereur, il était placé si haut qu’on ne pouvait pas le voir ; à Sainte-Hélène, il posait pour la postérité. Mais à l’île d’Elbe il n’en était pas de même : ce n’était plus Napoléon l’invincible, Napoléon le Roi des rois, Napoléon inabordable;c’était Napoléon vaincu, Napoléon dépossédé, Napoléon populaire. Ce n’était pas Napoléon prisonnier et torturé comme il fut ensuite à Sainte-Hélène. Il n’avait pas cessé de régner. « 

Nous n’avons jamais vu un portrait de Napoléon parfaitement ressemblant. Eh bien, on n’avait pas été mieux inspiré dans la peinture de son caractère moral que dans celle de ses traits physiques. « 

(André PONS de l’HERAULT, « Souvenirs Anecdotes ». Présenté et annoté par Christophe Bourachot », Les Editeurs Libres, 2005.) 

Pons-Les editeurs Libres 2005

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( 13 septembre, 2014 )

Demi-soldes sous surveillance…

Demi-Solde

Extrait du bulletin du comte Beugnot en date du 14 septembre 1814.

8 septembre 1814. Le sous-préfet de Schlestadt avait appelé l’attention sur plusieurs militaires renvoyés avec demi-solde, qui passaient en Allemagne ; je l’avais chargé de prendre des informations précises à cet égard. Il résulte de ses recherches que les officiers français dont il s’agit, peu contents de leur sort et désirant l’améliorer, paraissent hésiter sur le parti qu’ils ont à prendre. Quatre d’entre eux, sortant du 10ème régiment d’infanterie légère, avaient passé sur la rive droite du Rhin : ils se sont arrêtés pendant quelques jours à Fribourg et sont rentrés, le 3 de ce mois, par le Vieux-Brisach. Cinq autres ont pris des passeports pour Munich et se sont dirigés sur Bade et Carlsruhe où ils paraissent s’être rendus pour des motifs de santé. Il y a, du moins, rien qui fasse présumer le contraire.

 (« Napoléon et la police sous la Première Restauration. D’après les rapports du comte Beugnot au roi Louis XVIII. Annotés par Eugène Welvert», R. Roger et F. Chernoviz, s.d., p.196).

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( 11 septembre, 2014 )

Porte-drapeaux des armées de Napoléon n°14

Paru ce jeudi 11 septembre, ce nouveau numéro représente le porte-drapeau de la 9ème demi-brigade de l’armée d’Orient.

Le prochain, dans quinze jours, sera le porte-aigle des vélites de la Garde royale italienne.

(En kiosque, 11.99 euros).

H14

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( 5 septembre, 2014 )

A l’île d’Elbe (septembre 1814).

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« L’Empereur depuis le premier du mois d’août a fixé son séjour à l’ermitage della Madonna del Monte à une demi-heure du village de Marciana vers la Corse, situé sur une hauteur très alpestre. Il y a fait élever des pavillons pour abriter sa Garde. Depuis cette époque on assure qu’il est devenu inabordable.  Il a donné congé à plusieurs individus de sa garde qui le lui avaient demandé. Le conseil continue ses séances chaque samedi;le général Bertrand y préside. Madame Mère habite Marciana. Le princesse Borghèse  [Pauline] est attendue à Porto-Ferrajo [Portoferraio] ; elle habitera le palais loué par le sieur Vantini. Les travaux sur l’île Plane [Pianosa] continuent. L’Empereur a ordonné le commencement d’une nouvelle route pour les voitures; elle partira d’une hauteur au-dessus de la plage de Procchio et conduira à la plage de Marciana. »

Note de Lombardi, 3 et 5 septembre 1814. Ce personnage était agent-voyer (personne chargée de gérer les biens communaux) à Porto-Ferrajo [Porto-Ferraio] (Arthur Chuquet, « L’année 1814… » Fontemoing et Cie, Editeur, 1914, p.408).

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