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( 30 novembre, 2014 )

A Nantes et à Lyon…

« 30 Novembre 1814. — Ces jours derniers, il a été ramassé, dans un corridor du théâtre de Nantes, deux cartes sur lesquelles on répétait la fable de la descente de Bonaparte en Italie, avec un corps de troupes. Une vingtaine d’autres cartes semblables ont été trouvées, en paquet, dans un des coins sombres du théâtre et ont été aperçues par un des commissaires de police. Il est évident que quelques individus sont, en ce moment, animés d’un esprit d’animosité contre le gouvernement. Depuis quelque temps, les preuves s’en multiplient à Nantes, mais le préfet me fait remarquer qu’elles portent un caractère de précaution et de lâcheté, car nul ne se compromet. Ce sont des lettres anonymes, des billets jetés durant la nuit, des propos dont on ne saurait trouver la source.  […] Les nouvelles que je reçois de Lyon confirment cet état d’animosité contre le gouvernement actuel, car j’apprends que des perturbateurs, en sens inverse des ultra-royalistes, ont essayé quelques manœuvres. Une ode contre les Bourbons et en faveur de Bonaparte a circulé, manuscrite, dans la ville. L’un des commissaires de police s’en est procuré une copie et l’a remise au préfet, M. de Bondy, Il s’est aussi procuré une médaille de plomb que les bonapartistes portent à un cordon noir, en signe de ralliement. Cette médaille, de la dimension d’un petit écu, offre d’un côté l’effigie de Bonaparte avec cette légende : « Napoléon Ier empereur des Français » et, de l’autre, un aigle couronné avec ces mots en exergue : « Il vint à Lyon le 20 germinal an 13 ». L’individu qui en était porteur sera interrogé; rien ne sera négligé, pour découvrir l’atelier où se frappent ces médailles qui offrent tous les caractères d’une fabrication récente. « 

(Georges FIRMIN-DIDOT, « Royauté ou Empire. La France en 1814. D’après les rapports inédits du comte Anglès », Maison Didot, Firmin-Didot et Cie, Éditeurs, 1897, pp.164-166).

 

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( 29 novembre, 2014 )

Le Congrès de Châtillon.

Meissonier 1814

C’est dans la petite ville de Châtillon-sur-Seine (Côte-d’Or) que se tint du 4 février au 17 mars 1814, la dernière réunion diplomatique avant l’abdication de Napoléon. La France est représentée par Caulaincourt, l’Autriche par le comte Stadion, la Prusse par le baron Humboldt, la Russie par le comte Razoumovski. Le Royaume-Uni a délégué les lords Aberdeen et Cathcart, ainsi que le général Charles Stewart. Lord Castlereagh, secrétaire d’État aux Affaires étrangères, et très hostile à la France est également présent. Les puissances alliées posent leurs conditions, exigeant que la France retrouve ses frontières de 1791 et veulent la mettre à l’écart de la réorganisation de l’Europe.  Napoléon refuse ces conditions. Les négociations sont suspendues le 9 février, avant de reprendre mais sans aucune issue positive.

C.B.

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( 28 novembre, 2014 )

L’impératrice Marie-Louise…

ML3

Née en 1791, l’archiduchesse Marie-Louise d’Autriche, est élevée dans la haine et la terreur des Français, elle assiste aux deux grandes invasions de 1805 et de 1809. Lorsqu’en décembre 1809, l’Europe apprend le divorce de Napoléon et de Joséphine, et son intention d’épouser une princesse de sang royal, Marie-Louise écrit : « Je plains la pauvre princesse qu’il choisira. ».Ce sera elle … Elle doit prendre le chemin de la France en mars 1810. En avril elle devient l’épouse de l’Empereur des Français et lui donne un héritier le 20 mars 1811 : Napoléon II, le roi de Rome.  En 1813, elle est nommée régente par Napoléon, ayant pour finalité d’assurer l’accession au trône de leur fils au cas où il arriverait malheur à l’Empereur. A la fin de la campagne de France, Paris étant menacée, Marie-Louise quitte la capitale le 29 mars 1814, sur l’insistance de Joseph, lieutenant-général de l’Empire qui fait état d’une lettre de Napoléon stipulant que l’Impératrice et son fils ne doivent jamais tomber au pouvoir des ennemis de la France. Réfugiée à Blois puis à Rambouillet elle prend le chemin de l’Autriche, après l’abdication de Napoléon. Marie-Louise espère pouvoir rejoindre l’Empereur dans son exil de l’île d’Elbe. En août 1814, son père, François II, empereur d’Autriche, lui adjoint pour la surveiller, le comte de Neipperg (1775-1829), qui a perdu un œil en combattant les Français à Dolen en 1794. Séduite par cet officier prévenant et malgré tout encore d’une belle prestance, une liaison débute. L’île d’Elbe est oubliée ! Elle épouse Neipperg en 1821, après la mort de l’Empereur à Sainte-Hélène. De cette union naissent quatre enfants ; dont deux avant son mariage, alors qu’elle est encore légalement l’épouse de Napoléon. Son entourage autrichien mettant tout en œuvre pour la détacher de ce dernier, pas un seul instant, en 1815, elle ne songe à son impérial époux et au malheur qui s’abat sur la France. Duchesse de Parme, de Plaisance et de Guastalla, en 1816, blessée dans sa chair par la mort de son fils, l’Aiglon, en 1832, elle épouse en 1834 le comte Charles-René de Bombelles (1785-1856), son premier gentilhomme de la Cour et s’éteint à Vienne en 1847.

C.B.

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( 22 novembre, 2014 )

« Il m’en reste un pour la Patrie ! »

Il m'en reste un pour la Patrie !

Déclare cet ancien combattant des guerres de l’Empire, en montrant son seul bras subsistant; l’autre étant resté sur les champs de bataille… Le brave est devant une auberge « Aux vieux Grognards » (la sienne ?), peut-être sur les hauteurs de Montmartre… Derrière lui, on devine la colonne d’Austerlitz (place Vendôme). Le drapeau blanc, symbole de la Royauté,  a remplacé la statue de Napoléon. Une gravure signée « Charlet », datant des années 1820.

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( 21 novembre, 2014 )

A propos du maréchal Marmont…

Marmont

Né en 1774, c’est au siège de Toulon  (en 1793), que Marmont rencontre Bonaparte dont il devient l’intime et le compagnon inséparable. Il suit le général puis le Premier consul et l’Empereur dans toutes les grandes campagnes. Il accède à la dignité de Maréchal d’Empire en 1804. A l’issue de la campagne de France en 1814, il négocie avec les Alliés et trahit ainsi Napoléon, livrant Paris. La postérité donnera à cet événement le nom de « ragusade » (d’après son titre de duc de Raguse), synonyme de trahison. Louis XVIII accueille Marmont à bras ouverts. Il le nomme pair de France en juin 1814. En mars 1815, Marmont suit le souverain en exil à Gand (Belgique). Balayé par la révolution de 1830, il suit Charles X exilé en Angleterre, puis en Autriche. Le duc de Raguse s’éteint à Venise le 3 mars 1852.

C.B.

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( 20 novembre, 2014 )

Porte-drapeaux des armées de Napoléon n°19

Paru ce jeudi, ce nouveau numéro représente le porte-drapeau de la 45ème demi-brigade d’infanterie de ligne (ici encore dans son emballage). Le prochain, dans quinze jours, sera le porte-drapeau du bataillon des vélites de Turin. En kiosque, 11.99 euros.

 H19

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( 19 novembre, 2014 )

Où l’on évoque une autre île…

Sainte LN

Bulletin du 19 novembre 1814 « Paris.- La nouvelle qui attire le plus, en ce moment, l’attention, c’est celle déjà répandue par les journaux que Bonaparte, sera retiré de l’Ile d’Elbe et envoyé avec toute sa famille à l’île Sainte-Hélène. Tous s’accordent à convenir que ce serait l’un des principaux moyens de calme et de paix pour le continent, quoique ce qui lui reste de partisans soit sans doute loin d’applaudir de bonne foi à une mesure qui dérangerait tant leurs secrètes espérances. On lui rendrait probablement alors aussi son fils qui emporterait avec lui la chimère delà régence dont beaucoup de militaires se repaissent encore en cas de guerre contre l’Autriche. On parle d’un domestique de la maison d’Orléans qui, récemment arrivé de Vienne, aurait dit y avoir vu le fils de Marie-Louise se promenant en voiture avec l’archiduc Charles et ayant des gens à la livrée de son père. »

(« Napoléon et la police sous la première Restauration. D’après les rapports du comte Beugnot au roi Louis XVIII. Annotés par Eugène Welvert » R. Roger & F. Chernoviz, Libraires-Éditeurs, s.d . p.272).

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( 18 novembre, 2014 )

Instructions de Napoléon au comte Daru…

Instructions de Napoléon au comte Daru...  dans TEMOIGNAGES daru2

Le comte Daru était ministre chargé de l’Administration de la guerre.

Dresde, 3 septembre 1813.

[Pièce n°2469]. Il est de la plus grande importance que dans la journée, il soit fourni des shakos, sac à distribution, capotes, effets de linge et chaussures et les effets d’habillements manquant aux soldats du 1er corps par suite de l’événement du 30 [Défaite du général Vandamme à Kulm le 30 août 1813]. Il faut cependant veiller à ce que les soldats n’abusent pas de ce prétexte. Il est indispensable également de former de nouveau la compagnie du 10ème et du 14ème bataillon d’équipages. Ces compagnies ont leurs charretiers, leurs chevaux, leurs harnais. Ce sont des voitures qui leur manquent. Il faut leur en donner des parcs sans faire attention si elles auraient besoin, ou non, de quelques réparations et, à défaut de toute autre voiture, leur donner au moins des voitures du pays. Mais il est indispensable que demain ces compagnies aient toutes leurs voitures. Comme le 1er corps reste composé de trois divisions, il lui faudra quatre ambulances. La division Teste a la sienne. C’est donc trois ambulances à trouver dans la journée. Ce corps a conservé vingt-huit bataillons. Il faut recruter les ambulances régimentaires. Portez un soin spécial à l’exécution de ces différents ordres qui ont pour objet de réorganiser un corps d’armée de 15.000 hommes ; ce qui est du plus grand intérêt. Assurez-vous que tout cela soit fait, et que ce corps puisse marcher à l’ennemi dès demain.

(Arthur Chuquet, « Inédits napoléoniens » , Fontemoing et Cie, Éditeurs, 1914-1919, tome II, p.210). 

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( 18 novembre, 2014 )

18 novembre 1814…

Bulletin du 18 novembre 1814.

Extrait d’une lettre du préfet de l’Ain. Bourg, 3 novembre 1814 :

« S’il était vrai que Joseph Bonaparte fût aussi innocent d’intrigues qu’il s’efforce  de le paraître, il faudrait en conclure qu’il joue bien de malheur; car depuis son retour dans notre voisinage, les méchants propos, les absurdes bruits qui semblaient avoir cessé recommencent, et semblent de retour avec lui. Voici ceux qu’on fait courir le plus : la guerre ! Bonaparte insurgeant l’Italie ! Bonaparte en Belgique à la tète d’une armée anglaise et autrichienne ! Toutes ces extravagances, après tout, meurent aussitôt, et bien peu de personnes s’en inquiètent. »

« Paris,- Sous le rapport politique, Paris n’offre rien d’extraordinaire ni d’alarmant. Des propos, des plaintes, des craintes de guerre, des rapprochements de quelques généraux que j’ai déjà indiqués au Roi et que je fais surveiller; mais aucun indice réel de plan, de projets concertés. Chaque jour, plusieurs conjurations sont dénoncées par les polices sans nombre dont les agents se croisent, se rencontrent et se font de feintes ouvertures qu’ils vont ensuite répéter comme des découvertes et des révélations. Mais lu quantité même de ces conjurations en démontre la fausseté, puisque, si l’on admettait qu’il en existât une véritable, les lignes qu’on apercevrait devraient toutes conduire à une source commune, à un point central et c’est ce point qu’on n’indique jamais; ou plutôt chacun de ces agents le place où il lui plaît, au gré de sa fantaisie et de ses ressentiments, en variant et les noms et les combinaisons et les époques; preuve qu’au lieu de présenter des faits, on crée des rêves. Aussi, malgré tant de malheurs prédits en vain, malgré tant de conjectures heureusement démenties, malgré tant d’alarmes inspirées par des hommes qui ne méritent pas la plus légère confiance, la tranquillité règne dans Paris, l’horizon politique y est à peu près le même; les fonds baissent peu; ils ont été aujourd’hui à 71 fr. 70. Et cependant les bruits de guerre commencent à s’accréditer, d’après les mesures qu’on sait être ordonnées pour le complément des corps. »

(« Napoléon et la police sous la première Restauration. D’après les rapports du comte Beugnot au roi Louis XVIII. Annotés par Eugène Welvert » R. Roger & F. Chernoviz, Libraires-Editeurs, s.d . , pp.271-272)

 

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( 18 novembre, 2014 )

Gravures interdites…

Gravures interdites… dans TEMOIGNAGES roi

On se rappellera que Jean-Baptiste Lynch (1749-1835), ce maire si zélé dont il est question ici, avait livré sa ville aux Anglais le 12 mars 1814, reniant son serment de fidélité à l’Empereur et oubliant tout ce qu’il lui devait (maire en 1808, comte de l’Empire, chevalier de la Légion d’honneur). Pendant les Cent-Jours il prendra la fuite en… Angleterre (pays d’où ses ancêtres étaient originaires). Un médiocre personnage jusqu’au bout !

Bulletin du 18 novembre 1814.

« Maire de Bordeaux, 2 novembre 1814. Le maire de Bordeaux annonce que deux marchands d’estampes ont étalé dans cette ville pendant la foire de petites gravures représentant le buste de Napoléon et son fils à genoux priant Dieu pour son père et pour la France. Ce fonctionnaire, après avoir pris l’avis du préfet, a sagement défendu la vente de ces gravures. »

(Source : Comte Beugnot,  « Napoléon et la police sous la première Restauration. D’après les rapports du comte Beugnot au roi Louis XVIII. Annoté par Eugène Welvert », R. Roger et F. Chernoviz, Libraires-Éditeurs, sans date).

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( 17 novembre, 2014 )

Réflexions de Pons de l’Hérault (2).

Pons

Suite du témoignage de Pons publié sur « L’Estafette » le 13 novembre 2014.

« Le 25 février 1815, l’ordre fut donné de réunir par compagnie les effets de campement, et, cet ordre ayant été mal compris, les effets de campement furent portés à la caserne. Cette disposition ne troubla pas  la qui étude des esprits qui comptaient sur un long repos. Les soldats croyaient que l’Empereur voulait seulement les arracher à l’oisiveté, les faire «trotter» dans l’île; on le croyait comme eux. Cependant l’on était désireux de savoir ce qui allait se passer. Mais qui dira la journée qui va suivre? Quelle plume assez éloquente en reproduira les émotions? Ah! nous, témoin de ce qui s’est passé; nous, honoré de la confiance de l’Empereur, initié dans ses projets; nous, qui sur les lieux avons éprouvé tous les sentiments qu’un si grand événement inspirait, après vingt années, nous osons à peine prendre le crayon pour en esquisser le souvenir! Et nous sommes peut-être le seul qui puisse en parler avec certitude.

C’était un dimanche, le 26 février 1815. Le soleil s’était levé pur; l’horizon était étendu, le ciel était sans nuage; la brise, prématurément printanière, portait dans la cité le parfum suave des plantes odoriférantes dont le sol de l’île d’Elbe abonde: tout annonçait un beau jour. On avait quitté le foyer avant l’heure ordinaire, on se rapprochait plus facilement, on s’affectionnait davantage. C’était ce certain je ne sais quoi qu’il est impossible de définir. Toutes les personnes qui avaient le droit d’assister au lever de l’Empereur s’y étaient rendues, et il y en avait même de celles que rien n’autorisait à s’y trouver. L’étiquette subissait aussi l’influence du moment.

L’Empereur parut: on aurait cru qu’on le voyait pour la première fois. Sa Majesté avait beaucoup veillé; ses traits se ressentaient de la fatigue. Son air était grave, mais calme, et sa parole, émue, allait à l’âme. D’abord, l’Empereur, suivant son usage dans ces sortes de cérémonies, commença par des questions oiseuses, et tout à coup, se laissant aller à l’émotion qui le maîtrisait, il annonça son départ. Ce n’était pas la foudre qui venait de tomber; mais on avait cru l’entendre, et la stupeur était profonde. L’Empereur rentra dans son cabinet; l’assemblée se sépara; aussitôt le cri général fut: «L’Empereur s’en va !» Mais où allait-il, cet Empereur? C’est ce que Sa Majesté avait laissé couvert d’un voile mystérieux. Et chacun de faire son plan: l’extravagance avait un air de raison, la raison ressemblait à de l’extravagance. Une armée de 673 hommes marchant à la rencontre de toutes les armées de l’Europe! Toutefois, l’opinion n’était pas inquiète. La Garde impériale faisait éclater sa joie. Une foule d’Elbois se décidaient à suivre l’homme du destin. Portoferraio offrait alors un coup d’œil dont l’imagination la plus ardente ne pourrait pas même se faire une idée. L’Empereur nomma un gouverneur général de l’île d’Elbe. L’élu était Porto-Ferrajais, étranger à l’art militaire, et peu au niveau de la tâche qui lui était imposée. Précédemment il n’avait pas pu parvenir à se faire confirmer dans la sous-préfecture de l’île qu’il avait administrée par intérim. Mais c’était le plus influent des Elbois, et il commandait la Garde nationale. C’est ce qui avait déterminé la décision de Sa Majesté.

Sa Majesté nomma aussi une junte gouvernementale pour l’île de Corse. Cette junte dut partir en même temps que l’expédition impériale. Les membres qui la composaient étaient tous Corses.

Les adieux commencèrent. Tous les compagnons de l’Empereur allèrent prendre congé de Madame Mère et de la princesse Pauline. Madame Mère était parfaite de noble résignation. Les plus rudes moustaches ne pouvaient point retenir leurs larmes en entendant les touchantes recommandations que la princesse Pauline leur adressait en faveur de son auguste frère. Il n’y a qu’une sœur bien aimante et bien-aimée qui puisse parler ainsi: nous aurons à citer une foule de paroles remarquables. Le mouvement était général.

L’embarquement des troupes, des armes, des chevaux, des munitions, des approvisionnements, tout se faisait en même temps avec rapidité, et l’obéissance prévenait le commandement. Mais à mesure que les heures avançaient, Portoferraio prenait une teinte douloureuse, et c’est facile à concevoir. L’Empereur allait partir, les jeunes gens des meilleures familles s’embarquaient avec lui…. Les pères, les mères, les parents, les amis ! Il y avait une part pour chacun dans la séparation qui allait s’opérer. Toutes les émotions du cœur et tous les sentiments de l’âme étaient en présence; on lisait sur toutes les figures, dans tous les yeux; le stoïcisme était impossible, les natures les plus froides se laissaient aller à une sensibilité d’imitation. On ne pleurait pas; on ne riait pas…. Ce n’était ni de la peine ni du plaisir, ni de la joie ni de la douleur, ni de la crainte ni de l’espérance; c’était cette disposition inexplicable de l’esprit qui fait aller au-devant de toutes les impressions, qui donne un empire absolu à chaque impression. Les rues étaient encombrées. Chaque voyageur partant qui fendait la foule pour se rendre à son poste était moralement brisé par les embrassements, par les adieux, et ces scènes étaient incessantes.

C’est en cet état de choses que l’empereur Napoléon quitta la demeure impériale pour se rendre à bord du brick « l’Inconstant ». Il était sept heures du soir: toutes les maisons étaient éclairées; on ne se doutait pas qu’il faisait nuit. L’Empereur monta en calèche découverte; le grand maréchal était à côté de lui. Sa Majesté se dirigea vers le port où le canot impérial des marins de la Garde l’attendait. À l’approche de l’Empereur, tout le monde se découvrit, et comme si l’on s’était entendu à cet égard, la population resta un moment silencieuse. Il semblait qu’elle venait d’être frappée de stupéfaction. Mais bientôt une voix fit entendre le mot d’«adieu», et toutes les voix répétèrent: «Adieu»; mais une mère pleura et toutes les mères pleurèrent; et le charme qui avait enchaîné la parole fut rompu, et tout le monde parla à Napoléon. «Sire, mon fils vous accompagne.–Sire, les Elbois sont vos enfants.–Ne nous oubliez pas.–Ici, tout le monde vous aime.–Sire, nous serons toujours prêts à verser notre sang pour vous.–Sire, que le ciel vous accompagne !» Alors l’Empereur était peuple; il comprenait le peuple, et son langage faisait vibrer son cœur. Personne n’était plus touché que lui.

La voiture atteignit lentement à l’embarcadère. Les autorités y étaient réunies depuis longtemps; le maire de Portoferraio voulut haranguer l’Empereur; les sanglots l’empêchèrent de prononcer un seul mot; alors les sanglots furent universels. Sa Majesté était troublée; cependant elle dit: «Bons Elbois, adieu! je vous confie ma mère et ma sœur… Adieu, mes amis, vous êtes les braves de la Toscane!» Et faisant un effort sur elle-même, elle se jeta presque machinalement dans le canot.

Toutes les embarcations du pays suivirent jusqu’au brick. Le brick appareilla immédiatement; la flottille était déjà sous voile. C’est ainsi que finit le règne impérial de l’île d’Elbe. »

 

 

 

 

 

 

 

 

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( 16 novembre, 2014 )

Encore des bruits, toujours des bruits !

Vue Portoferraio

« Ardennes, Préfet, 16 novembre 1814. La fable d’une conjuration qui aurait éclaté à Paris s’est rapidement propagée dans le département des Ardennes comme dans plusieurs autres, et parcourra toute la France, sur la foi de quelques lettres parties de la capitale. C’est l’arrestation momentanée du général Dufour pour son projet de passer en Amérique qui a servi de texte à tous les commentaires. Chacun a dénaturé cette affaire et lui a donné pour complices, arrêtés avec lui, plusieurs généraux et des membres marquants du dernier gouvernement. Le bruit qui a transpiré que des insinuations avaient été faites à quelques-uns des anciens ministres de s’éloigner de Paris, a été pris comme un ordre d’exil et une preuve de plus du complot découvert. On a attribué ces insinuations à des correspondances saisies avec l’Ile d’Elbe… Le même préfet m’annonce que d’autres nouvelles circulent aussi, mais plus sourdement. Il est question, parmi les militaires surtout, d’une armée qui se formerait vers nos frontières et qu’on prétendrait destinée à appeler l’archiduchesse  Marie-Louise à la tète du gouvernement sous le titre de régente. « Ces bruits (dit-il) produisent une certaine fermentation dans los campagnes et dans les villes de garnison. Il a  pris des mesures pour en découvrir les sources. Je le charge de ne rien négliger pour y parvenir. Je lui indique, ainsi qu’aux autres préfets qui sont dans la même position, quelques dispositions propres à arrêter la contagion et le progrès de ces fausses nouvelles; je  l’engage à surveiller avec soin ceux qui les propagent avec affectation, et à leur faire des admonitions qui, on leur montrant que l’autorité a les yeux ouverts sur eux et qu’elle peut les atteindre, contribueront à les rendre plus réservés et plus circonspects.

(« Napoléon et la police sous la première Restauration. D’après les rapports du comte Beugnot au roi Louis XVIII. Annotés par Eugène Welvert » R. Roger & F. Chernoviz, Libraires-Éditeurs, s.d . pp.272-273).

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( 16 novembre, 2014 )

Napoléon au duc de Feltre.

Clarke

Rappelons au passage, que le général Clarke(1765-1818) duc de Feltre, ministre de la guerre (de 1807 à 1814) s’empressera de servir avec zèle les Bourbons. Sous la première Restauration, il est membre de la chambre des Pairs, puis pendant neuf jours (du 11 mars au 20 mars) il est de nouveau ministre de la Guerre. Lors de la seconde Restauration, au retour de Louis XVIII, il occupe ce même poste ( à partir du 26 septembre 1815) et s’applique à licencier l’armée et  à faire poursuivre arbitrairement tous les militaires qui ont servi l’Empereur avec dévouement. Il rétablit les Cours Prévôtales, véritables tribunaux d’inquisitions, chargées de poursuivre  les intéressés…

Clarke est nommé maréchal de France par Louis XVIII en juillet 1816. Connaissant des problèmes de santé, il quitte le Ministère de la Guerre en septembre 1817.

Je conseille à chacun de lire un jour les deux volumes d’Edouard BONNAL, « Les Royalistes contre l’Armée (1815-1820) », Librairie Militaire R. Chapelot et Cie, 1906, 2 volumes. On comprendra mieux le « saccage » de l’armée, son épuration, les jugements arbitraires, emprisonnements et autres exécutions sommaires, de tous ceux soupçonnés d’être ou d’avoir été favorable à Napoléon. Le règne absolu de l’arbitraire comme jamais il n’avait été en France, y compris sous l’Empire !

Louis XVIII n’a pas été le fédérateur de tous les Français. Bien au contraire !

C.B.

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[Pièce n°6225].Paris, 22 novembre 1813.

Je désire que vous ne donniez pas d’ordres de mouvements sans me les avoir soumis. A quoi about-il d’envoyer des vétérans espagnols de Namur à Milan ? Donnez ordre qu’on désarme cette compagnie et qu’on la laisse dans la première petite place où on pourra l’arrêter. Elle y fera le service de police. Si Auxonne est sur sa route, vous pourriez la placer dans cette ville. Les fusils de cette compagnie nous seront utiles ;

Vous ordonnez de faire diriger 500 conscrits de Toulon sur Mayence. Il y a bien loin. Si ces conscrits sont italiens, envoyez-les à Lyon où ils seront incorporés dans le 24ème  de ligne ; ils y seront habillés et de là, ils auront une destination. S’ils sont Français, envoyez-les sur Gênes où ils seront incorporés et habillés dans les régiments qui sont dans cette ville.

Est-ce qu’il y a à Montmédy un régiment d’infanterie de Berg ? Faites-moi un rapport à ce sujet. Ne pouvant pas me fier à ces troupes mon intention n’est pas de leur donner des armées ; je leur donnerais des pioches ou des piques ou mêmes de très mauvais fusils avec lesquels ils feront un service dans l’intérieur.

 

(Arthur CHUQUET, « Ordres et Apostilles de Napoléon (1799-1815. Tome quatrième », Librairie Ancienne Honoré Champion, Éditeur, 1912 pp.351-352).

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( 15 novembre, 2014 )

Le général Roussel d’Hurbal.

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François Roussel d’Hurbal, né à Neufchâteau dans les Vosges, servit d’abord en Autriche, comme faisaient alors quelques Lorrains. Cadet au régiment d’Arberg en 1782, premier lieutenant en 1788, capitaine en second en 1793, chef d’escadron en 1797, major en 1800, lieutenant-général en 1804, colonel commandant du régiment des cuirassiers de Mack en 1806, il avait été fait général major sur le champ de bataille d’Essling. En 1811,  il donne sa démission du service d’Autriche et demande à être porté sur le tableau des généraux de brigade de l’armée française. « De quel pays est-il ? répondit Napoléon. Comment est-il passé au service de [l’] Autriche ? Quel âge a-t-il ? » Le 31 juillet 1811, Roussel fut nommé général de brigade et le 4 décembre 1812, après s’être signalé dans la campagne de Russie, général de division. En 1814, le 17 janvier, Napoléon qui le regardait comme un de ses meilleurs officiers de cavalerie, lui dit en le voyant : « Général, tenez-vous prêt », et le jour même il le nommait inspecteur général  du dépôt central de Versailles. Le 19 février 1814, il lui confiait une division de grosse cavalerie, formée des 5ème, 12ème, 21ème et 26ème  dragons; Roussel a, du reste, ainsi raconté ce qu’il fit en 1814.

Arthur CHUQUET.

« Quant au grade de commandant de la Légion d’Honneur, c’est de l’Empereur que je le tiens ; il m’y a nommé à Fontainebleau, et l’avis m’en est parvenu à Essonnes où j’occupais le poste abandonné par les troupes de M. le maréchal Marmont ; je pourrais peut-être citer qu’en 1814, à Sézanne [sans doute le 10 février 1814], l’Empereur me fit déjeuner avec lui, pour me témoigner sa satisfaction sur une charge que je fis sur des lanciers russes et des cosaques ; il n’y avait à sa table que le prince Berthier et moi ; on sait ce que valait une pareille marque d’estime de la part d’un tel chef. »

(Arthur CHUQUET, « L’Année 1814… », Fontemoing et Cie, 1914, p.362).

 

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( 14 novembre, 2014 )

« Dans notre métier, on manque souvent de pain, et plus souvent encore de papier et d’encre ! »

Au bivouac, près Vienne, 9 juin 1809.

A l’instant, mon cher ami, je reçois ta lettre du 27 du mois passé. Tu as tellement tort de t’imaginer qu’on peut toujours écrire quand on le veut ; dans notre métier, on manque souvent de pain, et plus souvent encore de papier et d’encre ! Nous sommes toujours campés près de Vienne ; depuis plusieurs jours, nous avons été placés à la droite de la ville, entre le faubourg Landstrasse et le fameux Ebersdorf. Nous nous attendons à passer le Danube d’un moment à l’autre, ou du moins à nous mettre en mouvement contre l’ennemi d’une manière quelconque. Avant-hier, à 6 heures, du soir, toute la division Friant s’est rendue à Schoenbrunn. Sa Majesté a passé en revue les cinq régiments qui la composent ; tous les grades vacants vont être remplacés par son ordre. Il y a eu un avancement considérable. je me trouve déjà avoir dix capitaines après moi. L’armée française se concentre de plus en plus ; si je ne me trompe, nous touchons au moment d’une grande affaire.

Adieu, mon ami. Je vous embrasse tous de grand coeur.

P.S. C’est justement la belle Coquette que j’ai perdue à l’affaire de Ratisbonne. C’est un vrai deuil pour moi ; cette bête-là valait son pesant d’or ! Je te disais par ma dernière que j’avais acheté un autre cheval, qui est beau, mais qui ne vaut pas grand’chose ; je viens encore d’en acheter un autre qui provient du colonel Brunet, du 24ème chasseurs à cheval, qui a perdu un bras à l’affaire devant Ebersdorf et qui s’en retourne en France. Notre métier d’adjudant-major est très pénible en campagne ; je suis tout à fait bien dans l’opinion de mon colonel, et par conséquent toujours sur pied. Puisqu’il faut te le dire encore une fois, mon régiment fait partie de la 3ème division du 3ème corps d’armée. M. le maréchal Davout commande en chef. M. le comte Friant commande la division ; et enfin M. le général baron Gilly commande la 1ère brigade, c’est-à-dire les 15ème régiment d’infanterie légère et 33ème d’infanterie de ligne. Les autres régiments de la division sont les 48ème, 108ème, et 11ème de ligne.

Nous occupons la droite de la division en notre qualité de tirailleurs, ce qui signifie en bon français que les premiers coups de fusil et les premiers boulets sont pour nous. Nous avons perdu jusqu’à ce moment :

1 officier de grenadiers … tué
1 officier de grenadiers … blessé
2 adjudants-majors … blessés
10 officiers des compagnies du centre… blessés
70 soldats … tués
580 soldats … blessés

 Actuellement, mon cher ami, j’espère que tu ne me diras plus que je ne te donne pas de détails.

COUDREUX.

(« Lettres du commandant Coudreux à son frère, 1804-1815. Publiées par Gustave Schlumberger », Plon, 1908).

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( 9 novembre, 2014 )

A Bordeaux, en 1809…

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Voici un extrait du témoignage de Poumiès de la Siboutie (1789-1863) peu souvent cité mais contenant de nombreuses anecdotes.

« J’arrivai à la fin du carême de 1809. Bordeaux était encore tout ému du passage de Napoléon à son retour d’Espagne. La ville et les villages voisins étaient encombrés de troupes de toutes armes qui se rendaient, à marches forcées, en Allemagne pour la mémorable campagne de 1809. Ces soldats, sans en excepter les grenadiers à cheval de la garde, étaient maigres, défaits, et avaient leurs vêtements en mauvais état. Tous se félicitaient de quitter cette Espagne inhospitalière, où les ennemis, au lieu de se présenter en rase campagne, se cachaient derrière les arbres, les buissons, dans les ravins, se couchaient à plat ventre le long des chemins pour tirer à leur aise. Partageant l’irritation de nos soldats, je maudissais comme eux les Espagnols que j’appelais des brigands. Depuis, je les ai admirés et je les ai appelés des héros. Bordeaux avait bien reçu Napoléon, qui cependant l’avait ruiné. Il ne restait aucun vestige de son ancienne splendeur. Sa rade était déserte, quelques pauvres caboteurs l’occupaient seuls. M. de Monbadon, alors maire, dont plus tard j’ai été le médecin à Paris, m’a dit que, dans l’intimité. Napoléon témoigna à plusieurs reprises de vifs regrets de la triste situation de cette grande cité, autrefois si florissante. En public il fut très réservé, fit quelques promesses générales, prit l’engagement de faire construire le pont jusque-là jugé impossible et qui fut en effet construit. L’abbé Boneau m’accueillit bien, consentit à me prendre en pension chez lui à un prix très raisonnable. Il me fit admettre au lycée, dont le proviseur venait d’être brutalement destitué pour manque de tact. Lors du passage de Napoléon, les élèves lui furent présentés. Selon son habitude, l’Empereur fit à quelques uns d’entre eux ainsi qu’au proviseur quelques questions brusques; voyant des enfants dont la tenue était négligée, il en fit avec humeur l’observation au proviseur, qui lui répondit : — Sire, leurs familles ne sont pas heureuses. Les malheurs des temps, de la guerre, ont été surtout funestes à nos contrées. — Dites plutôt votre mauvaise administration, Monsieur, votre manque de soin, d’aptitude pour les fonctions qui vous sont confiées. J’y porterai remède. C’est à Bordeaux que je vis l’acteur Talma pour la première fois : il produisit sur moi une impression qui ne s’est jamais effacée. Dès le lendemain, j’appris par cœur le rôle de Talma. J’en fis autant de tous ceux que je lui vis jouer; et puis je les récitai, en imitant de mon mieux la pose, les intonations et les gestes de Talma. La foule se pressait à ces représentations; il fallait attendre quatre heures à la porte pour avoir une place. J’allais au parterre qui, alors, n’avait pas de banquettes; on était debout, pressé, serré, à ne pouvoir faire le moindre mouvement, et tel est l’empire de l’habitude que personne ne se plaignait de cette torture de huit à neuf heures consécutives ! Je me mis résolument à l’étude : je doublai ma rhétorique, je suivis les cours de mathématiques, de dessin, et me préparai à mon examen. Je m’en tirai passablement, quoique l’examinateur, M. Labbé, m’intimidât à l’excès. Nous étions trente concurrents. Huit ou dix eurent des examens brillants; les autres furent au-dessous de moi. Dès lors, je pressentis que je devais songer à une autre carrière. Je reçus une lettre du ministre de la Guerre m’annonçant que j’étais dans les admissibles et m’offrant une place à l’Ecole militaire de Saint-Cyr. Mes parents refusèrent ; notre famille n’a que trop largement payé son tribut de sang à son pays. Je fus désolé d’avoir échoué. C’était le rêve de toute ma vie d’écolier. Cependant pas un sentiment d’envie ou de jalousie ne se mêla à mes regrets. Ceux de mes camarades qui furent reçus avaient mieux répondu, et je n’eus même pas la ressource de m’en prendre à mes juges. Tout fut pour le mieux; presque toute cette promotion  passa dans l’armée, et les trois quarts au moins sont restés sur les champs de bataille ! »

(Docteur Poumiès de la Siboutie », « Souvenirs d’un médecin de Paris… », Plon, 1910, pp. 74-77)

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( 8 novembre, 2014 )

De Saint-Cloud, novembre 1813…

Deux lettres de NAPOLÉON écrites depuis son palais de Saint-Cloud.

[Pièce n°1181]. Saint-Cloud, 12 novembre 1813.

[On propose de donner les chevaux des croates au 1er hussards à Lyon et au 31ème  de chasseurs à Vienne ainsi qu’aux dépôts de cavalerie légère de la 6ème division militaire qui ont des hommes à pied.]

Il serait plus convenable de donner tous ces chevaux au 31ème de chasseurs et au 1er de hussards, et, s’il n’y a pas assez de d’hommes, d’en faire venir du 6ème de chasseurs et des autres, afin d’augmenter tout de suite de 600 chevaux la cavalerie de l’armée d’Italie. Quant aux Croates ainsi démontés, on les dirigera sur la Bourgogne et on verra ce qu’on en fera après.

De Saint-Cloud, novembre 1813... dans TEMOIGNAGES 1812

[Pièce n°1181]. Saint-Cloud, 13 novembre 1813.

Quand m’enverra-t-on les états de situation de la Grande Armée ?

Demander les états de situation des divisions militaires au 1er novembre [1813].

Demander les états de situation des armées d’Espagne et d’Italie et la destination, par régiment, des 30.000 hommes pour l’armée d’Espagne.

Quelles sont les mesures que l’on a prises pour habiller ces 30.000 hommes ?

Quelles sont les mesures qui ont été prises pour habiller les 12.000 conscrits envoyés sur Metz et Nancy sans distribution de corps ?

(Arthur CHUQUET, « Inédits napoléoniens », [tome I], Fontemoing et Cie, Éditeurs, 1913, p.314).

 

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( 6 novembre, 2014 )

Porte-drapeaux des armées de Napoléon n°18 (Hachette-Collections).

Paru ce jeudi, ce nouveau numéro représente le porte-guidon du 23ème régiment de dragons. Le prochain, dans quinze jours, sera le porte-drapeau de la 45ème demi-brigade d’infanterie de ligne. (En kiosque, 11.99 euros).

H18

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