( 30 avril, 2015 )

Nouvelles directives de l’Empereur…

Napoléon portrait.

« 6714. — Paris, 30 avril 1815.

Notre ministre de la guerre est autorisé à porter à 14.000.000 les ordonnances qu’il délivrera sur l’arriéré dû aux fabricants de drap et autres étoffes employés à l’habillement des troupes et dont les créances pour ces fournitures auront été régulièrement liquidées. Le paiement de ces ordonnances s’effectuera, au choix des fabricants, soit en inscriptions de cinq pour cent consolidé sur le crédit ouvert par la loi du 23 septembre dernier, soit en une délégation sur le produit de la vente des bois nationaux réunis. »

——————–

« 6715. — Paris, 30 avril 1815.

I. Notre cousin, le maréchal duc de Trévise [Mortier] est envoyé en mission extraordinaire dans le Nord. Il sera accompagné d’un général de l’arme du génie et un de l’artillerie.

II. Il est spécialement chargé d’inspecter toute la double ligne de places fortes, depuis Calais jusqu’à Landau.

III. Il est autorisé à prendre toutes les mesures que prescrivent les circonstances, pour compléter le système de défense de ces places, assurer les approvisionnements, accélérer les travaux de l’artillerie et du génie et opérer tous les remplacements nécessaires dans les commandants de place, adjudants, gardes magasins et employés.

IV. Il passera en revue les gardes nationales et les fera entrer le plus promptement possible dans les places qu’elles doivent occuper.

V. Il se concertera avec les préfets pour activer l’habillement des hommes qui rentrent sous les drapeaux et des gardes nationales, et pourra faire fournir les effets d’équipement et de harnachement dans les dépôts des corps. Il stimulera à cet effet le zèle et le patriotisme des fonctionnaires publics et propriétaires. Il prendra avec les préfets des mesures telles que ces objets soient fournis de suite, pour aider les Conseils d’administration des corps qui n’auraient pas les fonds nécessaires, en prenant, au nom du gouvernement, l’obligation de faire rembourser ces avances.

VI. Il est autorisé à faire des proclamations. »

(Arthur CHUQUET, « Ordres et Apostilles de Napoléon (1799-1815). Tome quatrième », Librairie Ancienne Honoré Champion, Editeur, 1912, pp.564-565).

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( 29 avril, 2015 )

Napoléon obstacle à la paix, selon les souverains alliés.

« Peu de temps après la publication de l’acte additionnel, parut, dans le Moniteur, la fameuse note émanée du congrès de Vienne, et adressée à lord Castelreagh , par le comte Clancarty. Napoléon y recevait le sanglant affront que lui eussent épargné ses amis véritables, bien convaincus qu’il n’y avait pas à transiger avec les rois confédérés, et que loin de mendier leur amitié, il fallait leur lancer des proclamations insurrectionnelles. Le congrès déclarait qu’après avoir pris lecture de la lettre de Bonaparte à S. M. l’Empereur, ainsi que des dépêches de M. de Caulaincourt au prince de Metternich, il avait été décidé qu’il ne serait point fait de réponse à ces communications. En conséquence les rois assemblés proclamaient Napoléon comme un obstacle à la paix de l’Europe, et tout en reconnaissant les droits des Français à se choisir la forme de gouvernement qui leur conviendrait, ils ne pouvaient consentir à les laisser mettre à leur tête un homme aussi dangereux pour l’Europe que Napoléon Bonaparte. Quel parti il pouvait tirer de cet insolent manifeste! Tous ces outrages furent dévorés avec une incroyable humilité ; car c’était aussi demeurer par trop humble que de ne pas riposter par une déclaration de guerre lancée jusqu’au droit  divin, siégeant sur les trônes d’où venait de descendre l’anathème au droit du peuple. Napoléon avait encore au front, une goutte d’huile tombée de la main du Pape; elle sauva sans contredit alors le principe monarchique en Europe. Et pourtant la Sainte-Ampoule elle-même n’a pu garantir de la foudre populaire tous les fronts qui s’étaient courbés, au maître autel de Reims ! »

(E. LABRETONNIERE: « Macédoine. Souvenirs du Quartier Latin dédiés à  la jeunesse des écoles. Paris à la chute de l’Empire et durant les Cent-Jours », Lucien Marpon, Libraire-éditeur,1863, pp.243-244).

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( 28 avril, 2015 )

« A l’Empereur ! »

Buste Napoléon

Cette scène se situe à Paris, en avril ou mai 1815.

« Un soir, j’étais au café Montansier; un officier qui depuis longtemps s’y était fait remarquer par une voix charmante, après avoir chanté des couplets patriotiques du haut de la scène, comme à l’ordinaire, s’adressa aux spectateurs , et leur dit d’un ton ému: « Messieurs, c’est peut-être la dernière fois que je vous adresse la parole; mon régiment part demain; recevez donc mes adieux, je vais combattre pour la patrie et la liberté. » Puis se détournant vers le buste de l’Empereur, il ajouta avec fierté: « Il sera avec nous ! » Un mouvement d’attendrissement général accueillit ces simples paroles de ce jeune homme.

Chaque soir la même scène se renouvelait; personne ne voulait partir pour la frontière sans s’en montrer heureux et fier. Un autre soir, je fus encore témoin au Palais-Royal d’une scène qui fit la plus vive impression sur les promeneurs. La Rotonde était entièrement remplie par un corps d’officiers de dragons à revers jaune, dont je ne vis pas le numéro. Un immense bol de punch flambait sur une table au milieu de l’enceinte; les officiers étaient tous rangés debout à l’entour. Au moment de le souffler, un capitaine tire le sabre, ses camarades l’imitent; et tous ensemble, étendant le bras et joignant leurs lames nues sur la flamme vacillante du punch, firent un serment que nous n’entendîmes point, mais qui sans doute ajouta plus d’une tombe aux champs de Waterloo !

Tandis qu’un si noble dévouement animait l’armée pour la défense du territoire, les partisans des exilés de Gand redoublaient d’efforts pour le paralyser. Les brochures pleuvaient sous les portes cochères pour annoncer l’entrée de l’étranger et l’inutilité de lui résister. Mais ces moyens n’étant que d’un faible secours pour l’ennemi qu’ils appelaient de tous leurs vœux, ils imaginèrent un moyen plus efficace de lui ouvrir les portes de Paris. »

 (E. LABRETONNIERE: « Macédoine. Souvenirs du Quartier Latin dédiés à la jeunesse des écoles. Paris à la chute de l’Empire et durant les Cent-Jours », Lucien Marpon, Libraire-éditeur,1863, pp.251-252). L’auteur était étudiant à Paris, à cette époque.

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( 27 avril, 2015 )

De l’emploi des deniers publics…

« 6705. — Paris, 27 avril 1815.

Sur le compte qui nous a été rendu des dispositions irrégulières de fonds publics, faites dans divers lieux et notamment dans les départements du midi de l’Empire, et voulant arrêter et prévenir toute violation des règles de la comptabilité publique, qui sont la garantie des contribuables et des créanciers de l’Etat. Nous avons décrété et décrétons ce qui suit :

I. Toute disposition de l’ emploi de deniers publics, contraires aux règles de la comptabilité, sont et resteront à la charge de la responsabilité de ceux qui les ont provoqués, et des comptables qui y ont concouru, jusqu’à ce que le ministre qui devait ordonner ces dépenses, ait été autorisé par nous, d’après le compte qu’il nous en aura rendu, à les imputer sur les fonds de son budget et à les régulariser par ses ordonnances.

II. Tout prélèvement de fonds publics, à quelque titre qu’il ait lieu, lorsqu’il n’est pas autorisé par une ordonnance ou autorisation préalables du ministre compétent, est réputé violation de caisse; ceux qui y prennent part en sont responsables et demeurent passibles des poursuites encourues pour l’emploi irrégulier et le détournement des deniers de l’Etat.

NAPOLEON. »

(Arthur CHUQUET, « Ordres et Apostilles de Napoléon (1799-1815). Tome quatrième », Librairie Ancienne Honoré Champion, Editeur, 1912, pp.561-562)

 

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( 25 avril, 2015 )

Numéros de régiments…

Shako.

« 6697. — Paris, 25 avril 1815.

Nos régiments d’infanterie de ligne et de dragons, dont les numéros ont été changés, reprendront ceux qu’ils avaient précédemment et qu’ils ont illustrés depuis l’an IV dans tant de combats célèbres qui ont immortalisé les armées françaises. 

NAPOLEON. »

(Arthur CHUQUET, « Ordres et Apostilles de Napoléon (1799-1815). Tome quatrième », Librairie Ancienne Honoré Champion, Editeur, 1912, p.559).

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( 25 avril, 2015 )

Le témoignage de Napoléon sur les Cent-Jours et l’intérêt dynastique .

Napoléon à cheval

« Ainsi que l’a démontré Philippe Gonnard dans  « Les origines de la légende napoléonienne », le témoignage de Napoléon à Sainte-Hélène est fréquemment déterminé par les préoccupations que lui inspirait l’avenir de son fils et de sa dynastie. Ceci est particulièrement exact pour les Cent-Jours. Soucieux «le préparer de fructueux ralliements aux héritiers de son nom, Napoléon insiste complaisamment sur de prétendus rapports bienveillants que, durant les Cent-Jours, il aurait entretenus avec plusieurs personnalités très royalistes telles que Barentin, Barthélémy, Chateaubriand, Dambray, Gouvion Saint-Cyr. Ainsi Chateaubriand, lors du 20 mars, aurait demandé à vivre à Paris, et l’Empereur aurait aussitôt formulé un avis d’autorisation.

Il entrait dans les vues paternelles de Napoléon de laisser croire que le fougueux pamphlétaire de 1811 eût paru quelque temps, en 1815, préférer le séjour de Paris à celui de Gand. On sait d’ailleurs que Napoléon recommanda Chateaubriand à son fils. Dans le même but dynastique, pour attirer à la cause de son fils les libéraux de tout genre, Napoléon répéta à Sainte-Hélène qu’il était devenu sincèrement libéral pendant les Cent-Jours. A cet égard il confiait à Las Cases : « J’aurais été franchement le monarque de la constitution et île la paix, comme j’avais été celui de la dictature et des grandes entreprises ». A l’en croire, Mme de Staël elle-même avait exprimé pour le retour de l’île d’Elbe la plus enthousiaste admiration, et n’avait pas hésité à « insinuer » qu’elle servirait l’Empereur si celui-ci lui restituait les deux millions prêtés par Necker à la France. Par là, Napoléon donnait Mme de Staël en exemple aux libéraux, tout en imaginant adroitement, par des révélations plus ou moins fondées, d’altérer la réputation et l’influence de M »" de Staël au cas assez vraisemblable où elle demeurerait son ennemie. »

(Emile LE GALLO, « Les Cent-Jours. Essai sur l’histoire intérieure de la France  depuis le retour de l’île d’Elbe jusqu’à la nouvelle de Waterloo », Librairie Félix Alcan, 1923, p.492)

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( 24 avril, 2015 )

Directives de l’Empereur (2).

09-538714

Des instructions rédigées dans la même veine que les précédentes.

« 6693. — Paris, 24 avril 1815.

I / A compter du 1er mai, la solde et l’administration de la garde formeront un article particulier dans le budget du ministre de la guerre; ce budget sera divisé en solde et administration.

II/ La solde comprendra autant d’articles qu’il y a de corps différents; la solde de la jeune garde formera un seul article. L’administration comprendra autant de chapitres qu’il y a de masses différentes.

III / Un seul bureau du ministère de la guerre sera chargé de tous les détails de la garde; il aura les revues qui constatent le montant de la solde, prendra note de tous les paiements qui seront faits, et sera en état de présenter chaque jour le montant de la solde de la garde.

IV/ Le même bureau tiendra les états de toutes les dépenses de la garde sur chaque chapitre.

V/  A la distribution de fonds de chaque mois des fonds particuliers seront demandés pour la garde. Le ministre ordonnancera sur les masses de boulangerie, fourrages, etc., les sommes nécessaires pour payer l’entrepreneur général; il imputera ces ordonnances sur les crédits ouverts pour la garde.

VI/  Le budget comprendra un chapitre des dépenses extraordinaires. Ce chapitre comprendra ce qui est nécessaire pour les dépenses de la garde complétée suivant la nouvelle organisation.

VII/. L’ordonnateur de la garde sera chargé de faire confectionner tous les habillements pour la jeune garde; il surveillera les confections dans les autres corps de la garde.

NAPOLEON. »

(Arthur CHUQUET, « Ordres et Apostilles de Napoléon (1799-1815). Tome quatrième », Librairie Ancienne Honoré Champion, Editeur, 1912, pp.557-558).

 

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( 24 avril, 2015 )

Note du général de Flahaut au maréchal Davout.

Davout

« 6694.-Paris, 24 avril 1815. L’Empereur m’a chargé de vous dire que son intention était que tous les officiers nommés par l’ancien gouvernement, qui seraient confirmés dans leurs grades, ne soient appelés à prendre rang dans l’armée qu’à dater de leur nomination par Sa Majesté, et qu’aucun officier, rentrant d’un service étranger au service de France, quelle que soit d’ailleurs son ancienneté, ne puisse jamais être proposé pour être avancé de plus d’un grade au-dessus de celui qu’il occupait dans l’armée française, lorsqu’il a passé au service étranger.

(Arthur CHUQUET, « Ordres et Apostilles de Napoléon (1799-1815). Tome quatrième », Librairie Ancienne Honoré Champion, Editeur, 1912, p.558).

 

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( 24 avril, 2015 )

Directives de l’Empereur (1).

07-513187

« 6693. — Paris, 24 avril 1815.

I/ 3,150 hommes seront désignés, sans délai, par noire ministre de la guerre, sur les listes formées conformément à l’article 54 du décret du 8 de ce mois, dans tous les régiments d’infanterie de ligne et d’infanterie légère. Ces 3.150 hommes, destinés à compléter l’infanterie de la vieille garde, seront dirigés de suite sur Paris, et admis comme chasseurs et grenadiers dans les 2e et 3e régiments de notre vieille garde.

II/ Six cents hommes seront désignés par notre ministre de la guerre, sur les listes formées conformément à l’article 53, du décret du 8 de ce mois, pour être incorporés dans les régiments de chasseurs, chevau-légers et dragons de notre garde. Ces hommes seront appelés sur-le-champ à Paris.

III/ Cent hommes seront choisis dans les dépôts des Polonais pour être incorporés dans l’escadron polonais de notre garde. Ces hommes choisis parmi les meilleurs sujets réuniront les qualités prescrites par le décret du 8 de ce mois.

IV/  Indépendamment des sous-officiers et soldats de l’artillerie à pied, de l’artillerie à cheval et du train de notre vieille garde, qui, depuis le 1er  avril 1814, ont été incorporés dans les régiments d’artillerie et du train d’artillerie de la ligne, et qui, d’après l’article 78 du décret du 8 de ce mois, doivent être rappelés à Versailles pour former l’artillerie et le train de notre garde, notre ministre de la guerre désignera de suite, sur les listes formées conformément aux articles 53, 54 et 55 du décret du 8 de ce mois, les hommes nécessaires pour porter au complet l’artillerie à cheval, l’artillerie à pied, et le train d’artillerie de notre garde.

V/ Notre ministre de la guerre fera fournir par les régiments du génie ce qui est nécessaire pour compléter, sans délai, les compagnies de sapeurs de notre garde. Ces hommes seront dirigés de suite sur Paris.

VI/ Notre ministre accordera au bataillon du train des équipages de la garde ceux des anciens sous-officiers, brigadiers, trompettes et maréchaux de ce bataillon, qui, ayant été incorporés, depuis la dissolution du bataillon, dans les bataillons de la ligne, manqueraient pour former son cadre.

VII/ Il sera pourvu, sans délai, à la remonte des chevaux d’escadron du train d’artillerie et des équipages de  notre garde. Notre ministre de la guerre fera en conséquence fournir :

aux grenadiers à cheval, 95 chevaux

aux dragons, 94 chevaux

aux chasseurs, 100 chevaux

aux chevau-légers lanciers, 500 chevaux

à l’artillerie à cheval, 400 chevaux

au train d’artillerie, 1,802 chevaux

au train des équipages, 750 chevaux

Total : 4,041 chevaux

Si notre ministre n’a point de marchés pour la prompte fourniture de ces chevaux, il autorisera chacun des corps à passer des marchés particuliers, mettra à leur disposition les fonds nécessaires dont ,ils justifieront l’emploi, en se conformant pour les clauses des marchés, réceptions et comptabilité à tout ce que prescrivent les règlements et les instructions particulières du ministre.

VIII/ Il sera pourvu, sans délai, au complètement des selles et harnachements nécessaires ,à chaque corps. Si notre ministre n’a pas les approvisionnements nécessaires pour satisfaire de suite aux besoins des corps, il autorisera les Conseils d’administration à acheter et faire confectionner les objets manquant, il mettra à leur disposition les fonds nécessaires et ils justifieront de l’emploi de ces fonds à notre ministre de la guerre.

IX / Notre ministre fera fournir sur-le-champ à tous les corps de la vieille garde les étoffes et tout ce qui est nécessaire pour l’habillement des nouveaux admis et les remplacements. S’il n’a point de marchés pour ces fournitures, il mettra à la disposition des Conseils d’administration des corps les fonds accordés par le décret du 8 de ce mois pour l’habillement et les remplacements. Les corps justifieront au ministre l’emploi des fonds qu’ils auront reçus pour cet article.

X/ Notre ministre de la guerre fera remettre sans délai à l’artillerie de la garde tout son matériel d’artillerie. Ce matériel sera tiré des places et laissera disponible ce qui se trouve à Paris.

XI/ Notre ministre fera fournir du parc de Sampigny toutes les voitures nécessaires au bataillon du train des équipages de la garde. Ces voitures seront mises sans délai à la disposition de l’ordonnateur, qui à cet effet enverra un officier ou commissaire des guerres pour en prendre possession.

NAPOLEON. »

 

(Arthur CHUQUET, « Ordres et Apostilles de Napoléon (1799-1815). Tome quatrième », Librairie Ancienne Honoré Champion, Editeur, 1912, pp.554-557)

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( 23 avril, 2015 )

Le clergé et l’Acte additionnel.

« Les documents administratifs contiennent peu  d’indications.sur l’altitude du clergé envers l’Acte additionnel, bien que la nouvelle constitution ail condamné les dîmes et tout culte  privilégié et dominant #, les prêtres paraissent s’en être rarement souciés. Ils s’efforçaient surtout de nuire aux mesures militaires de l’Empereur. Certains ecclésiastiques, pourtant, sont signalés connue fort hostiles à l’Acte additionnel. Le général Chabert écrit a Carnot que le curé des Adrets, village de l’Isère, a « empêché les habitants de sa commune d’émettre leur vœu pour la constitution, en leur disant que c’était pour voter la mort de Louis XVIII. » De même le préfet du Bas-Rhin, de Bry, expose à Carnot que nobles et prêtres d’Alsace ont travaillé de concert à multiplier les abstentions, « Ils sont parvenus, dit-il, à persuader aux crédules habitants des campagnes que l’inscription sur la liste des votants, que dis-je, l’assistance aux assemblées, l’acquittement de l’impôt, l’obéissance aux lois étaient autant de litres de proscription, que les agents du prétendant en tenaient registre, et que l’ennemi serait l’exécuteur eu grand des châtiments que ce prétendant et la Providence leur réservaient». Il est clair que dans l’ancien clergé constitutionnel, où les dévouements pour l’Empereur ne manquaient pas l’Acte additionnel dut compter beaucoup de partisans. Méconnaître comment ont voté les prêtres constitutionnels serait un travail fort intéressant, mais qui exigerait les plus minutieuses recherches. Il est à ce sujet un fait très précis. Léon Radiguet, d’après les registres des Archives Nationales, mentionne le vote chaudement approbatif du curé d’Amayé-sur-Orne, localité du Calvados. En réalité simple desservant, ce prêtre, nommé Jean-Jacques Letourneur, n’était autre qu’un ancien curé constitutionnel de Torteval, autre bourg du Calvados.  En tout cas, il y eut des adhésions notoires de prêtres catholiques à l’Acte additionnel. Le Patriote de 1789, dans son numéro du 8 mai 1815, inséra une lettre qui rapportait un prône d’un curé rural en l’honneur de l’Acte additionnel : le curé compara la constitution à la Sainte Trinité, puisque l’Acte avait organisé « trois grands pouvoirs qui n’en font qu’un, savoir la Chambre des Représentants, la Chambre des Pairs, le Pouvoir exécutif », et il fit ensuite l’éloge de cette « Trinité politique, qui, une el indivisible, peut seule assurer le bonheur de la nation ».

 

(Emile LE GALLO, « Les Cent-Jours. Essai sur l’histoire intérieure de la France  depuis le retour de l’île d’Elbe jusqu’à la nouvelle de Waterloo », Librairie Félix Alcan, 1923, pp.493-494)

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( 21 avril, 2015 )

21 avril 1815…

Napoléon 1815

« Dans la soirée du 21 avril, la commission de constitution donna lecture de l’Acte additionnel aux ministres et aux conseillers d’Etat. L’article LXVI de la Charte avait aboli la confiscation. Dans l’Acte additionnel, le mot de confiscation n’était pas prononcé, mais par cela même, il semblait que cette peine fût implicitement maintenue. L’assemblée du conseil d’Etat s’en émut jusqu’à l’indignation, et malgré l’heure tardive elle demanda presque d’une seule voix aux commissaires de porter sur-le-champ à l’Empereur ses pressantes prières et ses respectueuses remontrances. Aux premiers mots, Napoléon éclata. « — On me pousse, s’écria-t-il, dans une voie qui n’est pas la mienne. On m’affaiblit, on m’enchaîne. La France me cherche et ne me trouve plus. L’opinion était excellente, elle est exécrable. La France se demande ce qu’est devenu le vieux bras de l’Empereur, ce bras dont elle a besoin pour dompter l’Europe. Que me parle-t-on de bonté, de justice abstraite, de lois naturelles ! La première loi, c’est la nécessité; la première justice, c’est le salut public.

On veut que des hommes que j’ai comblés de biens s’en servent pour conspirer contre moi à l’étranger. Cela ne peut pas être, cela ne sera pas. Quand la paix sera faite, nous verrons. A chaque jour sa peine, à chaque circonstance sa loi, à chacun sa nature. La mienne n’est pas d’être un ange. Messieurs, je le répète, il faut qu’on retrouve, il faut qu’on revoie le vieux bras de l’Empereur. » Il s’était levé et ses yeux lançaient des flammes. « C’est la seule fois, dit Benjamin Constant, où il soit entré en révolte contre le joug constitutionnel qu’on voulait lui imposer. » La résolution de Napoléon paraissait invincible. Les commissaires se turent, redoutant, s’ils le poussaient à bout, de le voir déchirer la constitution et montrer ce « vieux bras de l’Empereur » qu’il venait d’évoquer.

Des ministres et des conseillers d’Etat, nommément Fouché, Caulaincourt, Decrès, avaient demandé que l’Acte additionnel fût soumis article par article à la discussion des mandataires des collèges électoraux et non présenté dans son ensemble à l’acceptation du peuple, ce mode de votation étant illusoire. Mais l’Empereur n’avait souffert de donner une constitution libérale que pour éviter la réunion d’une assemblée. Vingt-quatre heures après sa dernière conférence avec la commission de constitution, il fit publier l’Acte additionnel dans le Moniteur. Le même jour parut un décret portant que les Français étaient appelés à consigner leur vote sur des registres ouverts dans toutes les communes, et que le dépouillement aurait lieu à l’assemblée du Champ de Mai convoquée à Paris pour le 26 mai 1815. […]  Napoléon a écrit à Sainte-Hélène : « La publication de l’Acte additionnel déjoua toutes les factions ; l’esprit public prit une direction nationale.» Rien n’est plus faux. Mais il ne faut pas croire davantage les auteurs de Mémoires et les historiens qui expliquent par l’Acte additionnel l’affaiblissement de l’opinion jusque-là très prononcée pour l’Empereur. La vérité, c’est que chez les sept dixièmes des Français, la nouvelle constitution produisit fort peu d’impression : l’indifférence fut le sentiment dominant. La vérité, c’est que les inquiétudes, l’agitation, les cris séditieux, les troubles furent les mêmes avant et après cette publication ; c’est que l’enthousiasme populaire, si fort et si sincère au mois de mars, commença à décroître dès la première semaine d’avril, et qu’il faut attribuer ce revirement presque subit de l’opinion, non point à l’Acte additionnel, mais aux menaces de l’étranger, aux craintes de guerre, aux manœuvres des royalistes, aux menées du clergé, à l’hostilité ouverte des maires, aux mesures que l’on prit, d’après les ordres de l’empereur lui-même, pour calmer l’effervescence révolutionnaire, enfin au manque de confiance et par conséquent d’énergie de tout le personnel administratif. »

(Henry HOUSSAYE, « 1815. La première Restauration.-Le retour de l’ile d’Elbe.-Les Cent-Jours », Perrin et Cie, 1893, pp.544-552)

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( 21 avril, 2015 )

Le Brave Letort…

letort.jpg

« 6669. — Paris, 21 avril 1815.

Le lieutenant-général Letort est nommé notre aide-de-camp.

NAPOLEON. »

———

(On sait qu’il devait être tué le 15 juin sur la chaussée de Charleroi et Napoléon écrivait le lendemain à Joseph : « Je regrette beaucoup sa perte. ». Note d’A. Chuquet).

(Arthur CHUQUET, « Ordres et Apostilles de Napoléon (1799-1815). Tome quatrième », Librairie Ancienne Honoré Champion, Editeur, 1912, p.547).

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