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( 2 avril, 2015 )

Pas d’étrangers, mais des Polonais !

Paris, 30 mars 1815.

Le général [de] Colbert me rend compte qu’il se présente journellement des soldats étrangers, tant polonais que de la Confédération, pour entrer dans son régiment. L’intention de Sa Majesté est-elle d’autoriser l’admission de ces hommes dans les lanciers de sa Garde ?

LE GÉNÉRAL DROUOT.

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[Réponse de l’Empereur]

Je ne veux pas d’étrangers, mais j’emploierai des Polonais, s’ils ont déjà servi dans ma Garde ou s’ils ont servi longtemps parmi nous.

Paris, 31 mars 1815.

 

D’après l’original non signé. Dépôt de la Guerre. Arch. hist.

(« Dernières lettres inédites de Napoléon 1er. Collationnées par Léonce de Brotonne », H. Champion, Libraire, 1903, tome II, p.517, pièce n°2283, Décision).

 

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( 2 avril, 2015 )

Dispositions concernant les régiments suisses en 1815…

Pièce n° 6594. — Paris, 2 avril 1815.

I. Les régiments suisses capitulés au service de France sont dissous.

II. Notre ministre de la guerre prendra des mesures pour la conservation des armes, des magasins et de tout ce qui est relatif aux intérêts de notre trésor. Il fera délivrer des feuilles de route aux officiers et sous-officiers pour se rendre dans leur pays. Il prendra des mesures pour que cette opération se fasse en même temps dans les quatre régiments.

III. Les officiers et soldats qui ont servi dans nos armées et sous nos aigles seront admis, si telle est leur volonté, à prendre du service dans un régiment créé et organisé à cet effet par notre ministre de la guerre. Un bataillon sera organisé à Paris et un autre dans les départements du Nord.

(Arthur CHUQUET, « Ordres et Apostilles de Napoléon (1799-1815) », Librairie Ancienne Honoré Champion,  Editeur, 1912, tome quatrième,  p.517).

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( 2 avril, 2015 )

«Il faut mettre hors la loi le peuple français.»

« Dans les casernes de Bruxelles, on criait : Vive l’empereur! à Gand, le peuple se moquait des émigrés; à Liège, à Mayence, à Aix-la-Chapelle, à Trèves, à Spire, à Luxembourg, les populations molestées par les Prussiens préparaient des cocardes tricolores. En Piémont, des soldats désertaient pour s’engager dans l’armée française. En Westphalie et dans le Mecklembourg, où Napoléon avait aboli le servage et les corvées féodales, son nom était resté cher aux petits. A Dresde, on illumina quand on apprit l’évasion de l’île d’Elbe. Mais les voix isolées des partisans de Napoléon se perdaient dans l’immense clameur de l’Allemagne, au cœur de laquelle la crainte d’une nouvelle invasion avait réveillé la haine des Français. Les journaux publiaient la Déclaration du Congrès, le manifeste mystique du roi de Prusse, les proclamations gallophages de Justus Grüner, en les accompagnant d’effroyables menaces et de lourdes invectives contre la France. Du Rhin à l’Oder, tout le pays retentissait des aboiements de la presse tudesque : « Les Français s’imaginent ne pas avoir été vaincus, il faut leur donner la conviction qu’ils le sont. Ce n’est qu’en leur ôtant pour un siècle l’envie de faire fortune par la guerre qu’on empêchera ce peuple turbulent d’inquiéter ses voisins. »

-« Nous avons eu tort de ménager les Français.

Nous aurions dû les exterminer tous. Oui, il faut exterminer cette bande de 500,000 brigands. Il faut faire plus: il faut mettre hors la loi le peuple français. » – « Cette fois, il faut partager la France. Le monde ne peut rester en paix tant qu’il existera un peuple français. Changeons-le en peuple de Neustrie, de Bourgogne, d’Aquitaine. » – « Point de traités avec les Français. La proscription prononcée par le congrès contre le chef devra s’étendre à toute la nation. Il faut les exterminer, les tuer comme des chiens enragés. »

 (Henry HOUSSAYE, « 1815. La première Restauration.-Le retour de l’île d’Elbe.-Les Cent-Jours », Perrin et Cie, 1893, pp.453-454) 

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