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( 9 avril, 2015 )

Les mouvements royalistes en France en mars-avril 1815 (I).

La Rochejaquelein

« Depuis le 14 mars 1815 le duc de Bourbon était à Angers, chargé d’organiser el de commander en chef les forces royalistes de Bretagne, de Vendée et des pays voisins. Sexagénaire, grand chasseur, doux, poli, très affable, sans volonté et de talents médiocres, le duc convenait peu à une pareille tâche. Dans la mésintelligence, l’indécision, l’incohérence, les projets s’entassèrent. Le comte d’Autichamp engagea le duc à quitter Angers pour « le cœur de la Vendée ». Le duc entendait avoir largement recours aux volontaires royaux pour assurer une levée de 18.000 hommes, formés, en plus des volontaires, par des soldats en congé et des recrues .Très hostile au système des volontaires et souhaitant une immédiate rébellion en masse, le comte d’Andigné conseillait de rassembler sur les deux rives de la Loire les anciens combattants des armées royales. De Paris Clarke transmit les ordres suivants : le Roi voulait la formation de douze bataillons qui porteraient le nom de bataillons nationaux de Maine-et-Loire; ces corps renfermeraient pour une moitié des hommes ayant jadis appartenu aux troupes vendéennes, pour l’autre moitié des militaires et des enrôles qui n’auraient jamais combattu dans les rangs royalistes; le commandement serait exercé de préférence par des officiers sortis des troupes de ligne, « pourvu qu’ils offrissent une garantie de leur, fidélité au Roi ». A Nantes, où il séjournait en qualité d’inspecteur général d’infanterie dans la 12ème  division militaire, le général Foy développa divers moyens d’action : au lieu de ravir à la région de l’Ouest « le nerf de la population », il fallait y garder les volontaires royaux ; les soldats seraient éparpillés ça et là et sans peine neutralisés par les habitants ; on éloignera les officiers douteux ; Angers, « l’avant-poste et la clef de la Bretagne méridionale », sera tenu par des troupes éprouvées ; Nantes deviendra « le quartier-général de l’insurrection », mais, à cause de l’esprit trop peu bienveillant de cette populeuse cité, un autre lieu de passage, fortifié en aval de Nantes, permettra de régulariser avec tranquillité les opérations militaires sur les deux rives de la Loire; la fonderie d’Indret et la poudrerie de Saint-Jean-d’Angély seront occupées; enfin Lorient et La Rochelle, avec des garnisons sûres, joueraient le rôle de places de dépôt, et par elles on recevrait « les secours de l’étranger », c’est-à-dire de l’Angleterre, dont l’alliance n’inspirait aucune aversion aux sentiments alors royalistes du général-. Dans le même temps arrivait à Nantes le prince Louis de la Trémoïlle, qui, pensait-on dans la ville, avait mission de « mettre en mouvement la chouannerie ». Le général Travot lui offrit ses services.

Aidés par le préfet et les conseillers généraux de Maine-et- Loire, le duc de Bourbon et les autres chefs entreprenaient quelques levées, lorsqu’ils apprirent la fuite du Roi. Très inquiet pour le duc de Bourbon, d’Autichamp le pressa de passer en Vendée : là le duc, « au milieu d’une population fidèle », échapperait momentanément aux autorités bonapartistes, tout en réchauffant la haine de Napoléon. Le 23 mars, à trois heures du matin, le duc de Bourbon quitta Angers à cheval et arriva à Beaupréau « par des chemins détournés ». Il y fut rejoint par d’Andigné et par le comte Auguste de La Rochejaquelein, lieutenant aux grenadiers à cheval de la Maison du Roi, que Louis XVIII, à Saint-Denis, avait envoyé en Vendée. De l’Ouest, de Paris ou d’autres parties de la France étaient accourus à Beaupréau nombre d’anciens officiers vendéens. Entouré de ces hommes impatients d’action, et  « instruit par leurs observations et leurs rapports », le duc de Bourbon, le 24 mars 1815, décida que « tous les hommes de dix-huit à cinquante ans en ‘état de porter les armes » se constitueraient en compagnies et obéiraient aux ordres de chefs désignés par lui-même. Au quartier- général du duc la date du 25 mars avait été fixée pour le début des hostilités. En conséquence de nombreux ordres furent expédiés. D’Andigné se rendrait dans les départements de Maine-et-Loire, Loire-Inférieure, Sarthe et Mayenne, s’y concerterait avec les autorités civiles et militaires « afin d’opérer la réunion des fidèles sujets du Roi le plus promptement possible », organiserait ces troupes, en nommerait provisoirement les officiers, déléguerait même ses pouvoirs aux plus influents des anciens chefs royalistes. A Auguste de La Rochejaquelein, en qualité de colonel, était assignée la mission de se rendre dans le département des Deux-Sèvres, d’y soulever « tous les fidèles sujets du Roi », d’enrôler sous ses ordres directs les habitants des arrondissements de Bressuire et de Parthenay, avec droit de suspendre les autorités récalcitrantes; de plus il marchera sur Saumur avec un détachement, y vérifiera « l’étal des munitions de guerre », et s’en approvisionnera; il laissera enfin dans le château de Saumur une garnison, avec un commandant de place. Le général Canuel, alors à Loudun, ferait de son côté une expédition sur Chàtellerault, et y assurerait la garde des poudres et autres munitions. Le duc de Bourbon reconnaissait aussi la nécessité de ménager le général Foy, et il lui envoyait Donatien de Sesmaisons avec une lettre flatteuse. « Votre habileté et votre honneur, lui disait-il, me sont connus », et il entendait se fier entièrement a l’une et à l’autre, quelle que fui l’issue des événements dans l’Ouest. Combinaisons de recrutement et décisions militaires demeurèrent également vaines. Une insurrection dans l’Ouest était alors impraticable, pour des raisons nombreuses et irréductibles. La révolution bonapartiste se déroulait dans l’Ouest, à Nantes, à Rennes, à Angers, à Saumur, jetant parmi les populations royalistes de la stupeur, une émotion douloureuse, la démoralisation et même « de l’effroi ». Dans les campagnes les plus audacieux royalistes, considéraient que, si Napoléon avait pu « impunément » s’avancer à travers la France, il leur était impossible de tenter une résistance efficace. L’on regrettait aussi que le Roi ne fût pas venu se réfugier eu Vendée. Les désarmements successifs, depuis le Directoire jusqu’au récent ministère de Soult, avaient singulièrement amoindri le nombre des fusils, et sous ce rapport jamais « un dénuement plus complet » n’avait été constaté. Les quelques contingents royalistes péniblement équipés disparurent. A Ancenis, le 23 mars, les volontaires royaux partis la veille de Nantes se dispersèrent .A Angers le bataillon du comte de La Potherie fut dissous, et d’Autichamp ordonna le licenciement des bataillons royaux, destinés à Orléans, mais encore inaptes à faire campagne, et parmi lesquels les bonapartistes dominaient les royalistes et entretenaient un esprit fort peu rassurant.  A Savenay une bande conduite par le marquis de Coislin veut s’emparer d’un dépôt d’armes, mais son chef, averti des événements de Paris, renonce avec ses hommes à tout dessein belliqueux et expose que désormais il n’a d’autre but que de « cultiver ses terres en Anjou et d’y vivre tranquille ». Le 24 mars 1815 une députation de quatre habitants de Cholet eut mission d’insister vigoureusement auprès du duc de Bourbon pour qu’il sortit de la contrée, elle exposa (pie « les habitants de la ville et de la campagne étaient prononcés pour la paix et ta soumission au gouvernement de l’Empereur ». Les paysans vendéens restaient en général inertes, malgré la pétulance de la noblesse du Poitou, et en dépit de plusieurs rassemblements, tels que ceux de Beaupréau et de Clisson, et d’une troupe de cavaliers commandés par Ludovic de Charette . Les femmes s’alarmaient, et, dit un observateur de Fontenay-le-Comte, « elles se sont révoltées contre les agitateurs»’. Les prêtres eux-mêmes étaient calmes. D’Autichamp, qui songeait moins au présent qu’à l’avenir, se réclamerait bientôt de cette situation, avec l’autorité de son nom, de son expérience et de ses services. A Angers le bruit courait que le colonel de gendarmerie Noireau avait ordre de procéder à l’arrestation du duc de Bourbon. Hardiment, d’Autichamp s’avisa de se rendre auprès de Noireau. Singulière entrevue de ces deux hommes qui, le 11 mars, avaient signé tous deux une adresse au Roi où il était dit que tous les Français se rallieraient, contre Napoléon, « au panache des descendants de Henri ! » Revenu, comme les généraux Foy et Travot, à Napoléon, le colonel Noireau désirait étendre au plus tôt sur la rive gauche de la Loire l’autorité impériale, et la visite de d’Autichamp survenait à point pour seconder l’exécution de ce plan. Acquiesçant au projet de départ formulé par d’Autichamp, Noireau prétendit que ses instructions lui enjoignaient de faire arrêter le duc de Bourbon, il exhiba même à ce propos un ordre positif. Tout porte à croire, d’ailleurs, que Noireau n’avait encore reçu de personne aucune mission de ce genre, d’autant mieux que, suivant d’Autichamp, il protestait de son « extrême répugnance » à la remplir. Noireau offrit à d’Autichamp d’emporter une lettre pour le duc de Bourbon. Datée du 23 mars, cette lettre s’adressait fort respectueusement à la « magnanimité » du duc, et le conjurait d’apaiser sans délai « une effervescence » qui pourrait devenir meurtrière; en résidant plus longuement dans l’arrondissement de Beaupréau, le duc compromettrait à la fois et la tranquillité nationale et sa « sûreté particulière » ; le duc aurait la facilité de choisir son itinéraire et des mesures de protection à sa convenance. Arrivé à Beaupréau, d’Autichamp vit le duc de Bourbon, qui s’était installé dans le château de la maréchale d’Aubeterre. Il plaida les motifs qui imposaient l’abandon de l’entreprise vendéenne : nul secours à escompter de l’armée, qui partout avait repris « ses sinistres couleurs »; il importait de ne point devancer l’heure où la coalition étrangère obligerait Napoléon à « une guerre colossale », et d’ajouter alors, par une insurrection auxiliaire, les efforts de la Vendée à la formidable pression des armées extérieures;  d’ici là le duc s’embarquerait, resterait en mer quelques semaines, près des côtes, pour revenir dans l’Ouest quand les royalistes, plus confiants, plus irrités, encouragés par leurs chefs, seraient décidés à agir avec énergie. On tint conseil. Il y avait là le duc de Bourbon, d’Autichamp, Auguste de La Rochejaquelein, d’Andligné et plusieurs autres chefs vendéens, tels que Saint-Hubert et Turpeau. La discussion fut orageuse. D’Autichamp fut injurié, mais tint ferme. Il invoqua à l’appui de sa cause la démarche des députés de Cholet, il nia que le pays fût disposé à s’armer, il s’efforça de prouver que le duc était trompé par les fausses allégations d’un entourage ignorant ou abusé. Après quelques heures d’Autichamp repartit avec humeur à Angers et y rejoignit sa famille, qu’il conduisit à son château de La Rochefaton, près de Parthenay-. Son départ frappa les esprits et plongea le duc de Bourbon dans ses hésitations coutumières : négocierait-il avec le colonel Noireau pour quitter l’Ouest, partirait-il mystérieusement sans communiquer avec les autorités impériales, ou même resterait-il caché dans la contrée? D’Andigné lui conseilla d’adopter ce dernier parti, non sans lui dépeindre le genre de vie qui lui serait réservé : avec une soixantaine de compagnons éprouvés, au milieu d’un pays « fourré », parmi les haies, les enclos d’arbres, les sentiers étroits, « il faudrait très souvent changer de gîte, faire des marches de jour et de nuit, quelquefois à cheval, mais plus fréquemment à pied, peut-être même parler et agir secrètement sur la rive gauche de la Loire » ; pareille détermination était assez périlleuse, sans doute, mais la configuration du pays et le zèle discret des habitants serviraient avantageusement le duc, et tandis que sa présence et ses dangers ranimeraient l’ardeur abattue des Vendéens, il préparerait avec fruit la lutte de l’Ouest contre Napoléon. Peut-être séduit d’abord par les aventures hasardeuses auxquelles les pittoresques discours de d’Andigné essayaient de l’entraîner, le duc objecta qu’à s’y résoudre il exposerait la Vendée à de nouveaux dommages, et finalement décida que « la vie errante et vagabonde » proposée par d’Andigné « ne pouvait convenir à un « prince du sang ». Revenu à Beaupréau, Donatien de Sesmaisons, qui voyait le duc enclin à s’embarquer, demanda à Foy de l’aider dans l’exécution de ce projet. Foy s’empressa : plusieurs gentilshommes de Nantes reçurent de lui des sauf-conduits afin de procurer au duc toutes facilités de trajet et d’embarquement, d’autres purent se rendre librement à Beaupréau. Foy expliquait à Davout qu’il n’avait point à Nantes « assez de troupes pour aller chercher le duc de Bourbon à Beaupréau », et que dans l’intérêt de la pacification de l’Ouest il avait préféré engager le duc à quitter par mer la Vendée, en pleine conformité avec le décret impérial du 13 mars 1815 sur les émigrés revenus illégalement en France .

Survenus à leur tour à Beaupréau, le comte de Suzannet et de La Roche-Saint-André affirmèrent au duc de Bourbon qu’il convenait d’abandonner tout espoir de soulèvement dans les départements de la Vendée et de la Loire-Inférieure. Leur témoignage, en justifiant les observations de d’Autichamp, acheva de persuader le duc de Bourbon qu’il était temps de suspendre son entreprise. Il ne lui resta rien de ses premières illusions, et il vit clairement que parmi les pays de l’Ouest l’entrée de Napoléon à Paris, comme il l’écrirait le mois suivant, avait « tout paralysé, découragé, terrifié ». Il se résigna à profiter des ouvertures du colonel Noireau, et dans la nuit du 25 au 26 mars il lui envoya le chevalier d’Auteuil avec ce simple billet : « J’autorise M. le chevalier d’Auteuil, mon aide de camp, à expliquer mes intentions à M. Noireau, au sujet de la lettre qu’il m’a écrite. » L’important était d’obtenir de Noireau des passeports pour le duc et sa suite, afin de permettre au duc de gagner Bordeaux, et à ses compagnons de passer à l’étranger ou de revenir dans leurs foyers. En attendant le retour du chevalier d’Auteuil, on s’entretenait à Beaupréau du départ et l’on s’y livrait à des préparatifs, de manière à escorter le duc jusqu’à la frontière espagnole. Mais sur le conseil de d’Andigné et de Suzannet, le duc de Bourbon résolut de s’embarquer au plus tôt. Il repoussa l’offre de plusieurs gentilshommes qui voulaient l’accompagner et lui ouvrir, au besoin, l’accès de la mer par la force : avec le seul comte de Rully et un guide il se séparerait « à la première halle » de son escorte, et se hâterait secrètement vers la côte, « en voyageant à cheval la nuit ». Suzannet lui donna des indications sur la roule à suivre, et s’inquiéta d’un bâtiment. Le duc disait qu’il reviendrait dans l’Ouest dès que les forces royalistes y seraient suffisantes. Tout à coup, dans la nuit, le duc est prévenu faussement qu’un parti de dragons a quitté Ancenis et s’avance sur Beaupréau, et, le 26 mars 1815, à deux heures du matin, il s’enfuit avec le comte de Rully et un domestique, sous la conduite du marquis de Civrac. Pendant ce temps les négociations entre d’Auteuil et Noireau aboutissaient à un accommodement aux termes duquel le duc de Bourbon irait à Nantes et s’y embarquerait pour l’Angleterre ou l’Espagne, tandis que les gens de son entourage gagneraient avec une extrême célérité leurs domiciles ou les frontières. Le duc et ses deux compagnons parcoururent le pays nuitamment, «dans des chemins horribles ». Pour plus de sûreté le duc avait fait donner à Foy sa parole qu’il prendrait la mer. Le marquis de Civrac le mena d’abord au château de La Forêt, près de La Chaussaire, sur les confins des départements de Maine-et-Loire et de la Loire-Inférieure; puis plusieurs royalistes l’abritèrent d’abord à La Setière, près de Saint-Crespin, au sud de Beaupréau, puis au château de La Maillardière, au sud-est de Nantes, près de Vertou, où il séjourna trente-six heures; il passa enfin guidé par le marquis de Liniers, au château de la Hibaudière, près de la fonderie d’Indret. Pendant ces rudes marches le duc charma ses compagnons par ses façons bienveillantes, ses attentions, ses paroles de reconnaissance. Plusieurs autres royalistes, secondés par le consul de Prusse a Nantes, veillaient aux préparatifs de transport. On songea à Saint-Malo, aux Sables-d’Olonne et à Paimboeuf comme lieux d’embarquement. Paimboeuf fut choisi. Suzannet n’avait point trouvé de navire, mais à Nantes les royalistes retinrent un bâtiment hollandais de cent tonneaux, qui vint mouiller à l’embouchure de la Loire, en aval de Paimboeuf. Une barque y amena le duc de Bourbon, son domestique et le comte de Rully, avec un mince bagage et quelque argent. Le départ s’effectua le 31 mars. Inconnus au capitaine hollandais et à ses six matelots, dont un petit nègre fort officieux, les passagers voguèrent six jours par gros temps, très malades, et abordèrent le 6 avril à Santander. Le 8 avril le duc écrivit au prince de Condé le récit de ses aventures, tout en exprimant sa stupeur devant « une défection si générale des troupes », et en se confiant dans la Providence. Quelques jours après il apprit que ses équipages, arrivés de France, avaient été pillés, entre Tolosa et Vittoria, par sept brigands : la cassette du duc, plusieurs sacs de monnaie, de l’argenterie, des armes, furent volés, et le chevalier Jacques et autres gens du duc dépouillés de leurs bourses et de leurs montres ».

(Emile LE GALLO, « Les Cent-Jours. Essai sur l’histoire intérieure de la France  depuis le retour de l’île d’Elbe jusqu’à la nouvelle de Waterloo », Librairie Félix Alcan, 1923, pp.140-149).

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( 9 avril, 2015 )

Et à Paris et en Europe…

« A Paris, le café Montansier, auprès du Palais-Royal, était devenu depuis le 20 mars « le rendez-vous de tous les amis de la gloire nationale », parmi lesquels se voyaient de nombreux officiers . Le 23 mars on y chantait des vers improvisés, qui révèlent avec une simplicité pittoresque les sentiments des bonapartistes parisiens :

L’île d’Elbe à noire espérance

A rendu l’objet de nos vœux:

Il reparaît, et de la France

Tous les habitants sont heureux.

Pour les Français ah! Quelle fête!

Ils ont, dans la même saison,

Vu revenir la violette,

Le printemps et Napoléon.

Les Bourbons voulaient à la France

Rendre leurs anciens préjugés.

C’était un acte de démence :

Ils sont partis, ils sont jugés.

O Providence ! Ainsi lu règles

Le sort de notre nation.

La France est faite pour les Aigles,

Les Français pour Napoléon !

Les partisans de Napoléon, dans la capitale, étaient si émus devant « le prodige » du retour qu’ils croyaient de bonne foi à une France unanime dans le culte impérial . L’Empire était rétabli. Cet événement entrainerait-il nécessairement la guerre avec l’Europe, n’impliquait-il point, au contraire, la certitude d’une ère pacifique? C’est sur ce problème que s’exerçaient, au lendemain du 20 mars, les imaginations des Français. Dans la masse de la population parisienne la confiance dans l’Autriche et même dans l’Angleterre se manifestait avec force. Certains bonapartistes s’abusaient complaisamment. Le 22 mars en effet Soulanges-Rodin écrivait de Paris au prince Eugène : « … Déjà même nous ne regardons plus ici l’Autriche comme une puissance étrangère, puisque c’est d’elle que nous nous attendons à recevoir bientôt et l’épouse de l’Empereur et l’héritier de l’Empire» . On parlait d’un sérieux accord entre Napoléon, l’Autriche et l’Angleterre, ou d’une trêve de vingt ans en Europe, et le silence de plusieurs personnages officiels, qui n’osaient sans doute se prononcer, affermissait ces erreurs. On produisait encore des raisonnements presque aussi rassurants : ni l’Autriche, résolument acquise à Napoléon, ni l’Angleterre, malgré ses tenaces jalousies envers la France, ni la Russie, sans argent et absorbée par ses embarras intérieurs, ne songeaient à entrer en lutte avec la France : restait la Prusse, et une guerre avec la Prusse « offrait peu de dangers ». Marie-Louise et le roi de Rome étaient attendus avec obstination. Une brochure, Du Retour de S. M. l’Impératrice Marie-Louise et le roi de Rome, publiée le 3 avril, enregistrait débonnairement le vœu public : Marie-Louise et son fils «ont déjà, sans doute, franchi la barrière qui les sépare du plus cher des époux, du plus tendre des pères… Illustres voyageurs…, votre retour dans la capitale va donner le signal d’une concorde universelle ». Diverses conversations, il est vrai, s’alimentaient de renseignements opposés : on disait que Marie-Louise était «gardée à vue à Presbourg », et que l’empereur d’Autriche avait « livré en otages, comme garants de sa conduite envers les Alliés, le roi de Home et le prince Eugène». De plus on raconte à la fin de mars, parmi le monde de la finance et dans les cafés, que l’armée prussienne entoure Metz, que l’avant-garde du général Zieten a dépassé Liège qu’enfin l’Empereur veut incorporer 300.000 conscrits. Dans la haute société parisienne Napoléon sentit tout de suite de la froideur et du découragement, beaucoup de Parisiens notables, en effet, nourrissaient les plus démoralisantes conjectures sur les événements prochains, et la Déclaration du 13 mars les frappait d’une commune angoisse-.. Il s’y mêlait contre Napoléon une colère faite d’humiliation patriotique : reconnaître le traité de Paris, le réclamer «à genoux », c’était là une altitude non seulement indigne de la France, mais qui ne procurait même pas le moyen d’arrêter la ruée des troupes alliées. Loin de satisfaire à l’orgueil national, Napoléon n’étalait qu’un misérable égoïsme, auquel il sacrifiait criminellement la patrie.

Et certains regrettaient qu’il n’eût point adopté le seul parti qui put sauver la France, en occupant à la fin de mars la Belgique pour organiser à l’abri du Rhin un solide rempart défensif. A Davout qui, pour le rallier, se servait des dires de Napoléon sur l’Autriche, Macdonald répliquait en tendant la Déclaration du 13 mars, dont il avait rapporté du Nord plusieurs exemplaires. Avec Rapp, Napoléon eut deux entrevues à la fin de mars. Dans la première, comme le général laissait entrevoir quelque souci de l’avenir, Napoléon parla vaguement de ses alliances, mit en relief ses intentions pacifiques, se frappa sur le ventre en s’écriant : « Est-on gros comme moi quand on a de l’ambition ? », puis, au milieu d’éloges et d’embrassades, sans proscrire absolument l’éventualité d’une guerre, il donna à Rapp le commandement de l’armée du Rhin, disant qu’il traiterait avec la Prusse et la Russie, et ajoutant : « J’espère que, d’ici un mois, lu recevras ma femme et mon fils à Strasbourg. »   Le 29 mars 1815, l’Empereur revit Rapp, qui lui objecta la faiblesse numérique de son corps d’armée, alors que la Déclaration du 13 mars « nous menaçait d’un déluge de soldats ». Napoléon repartit avec humeur que cette Déclaration était ,fausse, qu’elle avait été « fabriquée à Paris », mais son langage indiquait, cette fois, la vraisemblance d’une guerre et l’extrême difficulté de négocier 1.Le général Foy appelait  un problème » la révolution du 20 mars, et ne se dissimulait pas que l’Europe « allait se conjurer » contre Napoléon .Le colonel d’artillerie Noël, apprenant l’entrée de Napoléon à Paris et le départ du Roi, concluait de ces deux faits à « une guerre d’invasion ». Les illusions sur l’Autriche persistaient dans les départements. A la fin de mars les habitants de Mulhouse « paraissent persuadés que l’empereur d’Autriche est d’accord avec l’empereur de France, et que, dans tous les cas, il ne nous fera pas la guerre ». A Metz, à Sarrebruck, le retour de Marie-Louise est considéré comme très prochain, bien que son voyage, dit-on, ait été interrompu. Malgré ces espérances se répandait la persuasion que les puissances étrangères et la France entreraient encore une fois en lutte. A Recey-sur-Ource, en Côte-d’Or, le maire, devant ses administrés, interprète la Déclaration du 13 mars comme le signal d’une guerre prochaine. A Lille la présence du maréchal Ney, le 26 mars, donne à penser qu’il « précède un corps d’armée qui se portera sans doute sur le Brabant». Des alarmistes publient à Calais que « tous les vaisseaux anglais sont sortis des ports pour fondre sur notre marine marchande, comme après le traité d’Amiens ». La proximité et l’accroissement des troupes alliées jettent de l’anxiété dans les départements du Nord et du Mont- Blanc. A Metz,  la haine contre Prussiens et Russes est portée « au plus haut degré », et, autour de Metz, « le peuple des campagnes est disposé à se battre jusqu’à la mort si la guerre recommence. Les résolutions du gouvernement impérial attestaient elles-mêmes que la paix ne durerait pas. Le 28 mars Napoléon ordonnait que tous les sous-officiers et soldats absents de leurs corps « par quelque raison que ce soit » les rejoindraient sans délai pour t courir à la défense de la patrie ». Simultanément il créait de nouveaux régiments, augmentait le personnel des manufactures d’armes, prohibait l’exportation des armes à feu. Carnot, en outre, était chargé de l’organisation des gardes nationales, qui, commencée dès la fin de mars, fut réglée par deux décrets du 10 avril. Activité militaire d’autant plus significative que l’Europe, unie contre la France par le traité du 25 mars, refusait de recevoir courriers diplomatiques et émissaires, et que déjà les royalistes, préludant à l’entrée en campagne des Alliés, s’insurgeaient «contre l’Empereur. »

(Emile LE GALLO, « Les Cent-Jours. Essai sur l’histoire intérieure de la France  depuis le retour de l’île d’Elbe jusqu’à la nouvelle de Waterloo », Librairie Félix Alcan, 1923, pp.134-139).

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( 9 avril, 2015 )

L’administration après le retour de l’Empereur aux affaires…

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« L’administration était inerte ou hostile. Le roi avait conservé la moitié des préfets et des sous-préfets de l’empire ; mais leur zèle pour Napoléon, qui avait faibli dès 1813, ne s’était pas ranimé au retour de l’île d’Elbe. Quant aux fonctionnaires nommés par Louis XVIII, quelques-uns seulement remirent leur démission après le 20 mars; les autres, quoique restant à leur poste, étaient plus disposés à trahir qu’à bien servir le gouvernement usurpateur. Dans toutes les provinces s’élevaient contre eux les plaintes et les accusations. Les généraux employés dans les différentes divisions militaires réclamèrent le remplacement immédiat de tous les préfets et sous-préfets Et ce n’était pas là un complot des traîneurs de sabre contre l’autorité civile, puisque de simples particuliers firent parvenir aux Tuileries et au ministère de l’intérieur les mêmes avis et les mêmes doléances. « Les administrations civiles sont gangrenées, lit-on dans une lettre de Bonanay à Carnot. Tous les mérites de l’empereur, l’enthousiasme des citoyens, son retour glorieux dans la capitale après un trajet rapide de deux-cent-vingt lieues où il a été suivi par les acclamations de la multitude, rien ne fera si l’on ne change les préfets, les secrétaires généraux, les sous-préfets, les maires, les adjoints, les commis, les employés de toute sorte ». L’empereur, qui dans le parcours de Cannes à Paris avait déjà prononcé plusieurs révocations, pressait son ministre de l’intérieur de faire une exécution générale. Carnot comprenait aussi bien que Napoléon la nécessité d’un changement complet, mais il voulait y procéder graduellement « de peur d’arrêter le mécanisme administratif ». Le 6 avril seulement, la liste des préfets fut définitivement arrêtée. Des 87 préfets que le précédent gouvernement avait nommés ou conservés, 61 furent révoqués, 22 maintenus ou déplacés . Gamot [beau-frère du maréchal Ney] resta à Auxerre, Plancy à Melun, Girardin à Rouen; Rambuteau passa de la Loire dans l’Allier, Lameth de la Somme dans la Haute-Garonne, Bessières de l’Aveyron dans l’Ardèche. De nombreuses nominations de sous-préfets suivirent celles des préfets. Mais parmi ces nouveaux fonctionnaires, plusieurs mirent peu d’empressement à rejoindre leur poste. Les plus zélés eux-mêmes, comme Harel nommé préfet des Landes, durent compter avec la lenteur dès moyens de locomotion. La plupart d’entre eux n’entrèrent vraiment en fonctions que du 10 au 20 avril 1815. Ainsi, pendant près d’un mois, l’administration était restée aux mains d’un personnel secrètement ou ouvertement hostile à l’empire. En outre, les choix de Carnot ne furent pas tous bons. On nomma des incapables, des maladroits, des gens sans expérience. On destitua des préfets que l’on aurait pu conserver et l’on en garda qu’il eut fallu révoquer, nommément le préfet d’Ille-et-Vilaine qui avait quitté Rennes le 22 mars pour ne pas assister à la proclamation de l’empire, et le préfet du Tarn qui, sur les ordres de Vitrolles, venait de dresser une liste de proscription contre les bonapartistes1. Parmi les fonctionnaires nommés ou maintenus par Carnot, les préfets de Lyon et de Marseille n’ont ni énergie, ni fermeté. Le préfet de Niort fréquente les royalistes sous prétexte « qu’il veut les faire causer » ; le préfet de Bordeaux fait obstacle à tout ce qu’ordonne Clausel; le préfet de Caen entrave l’organisation des fédérés. Le sous-préfet de Senlis refuse de signer l’Adresse des habitants à l’empereur ; celui de Lisieux donne l’ordre d’enlever du clocher le drapeau tricolore, « dans la crainte d’exciter des troubles » ; celui de Rocroi, place frontière, montre de telles dispositions que Vandamme le destitue de sa propre autorité ; celui de Nogent-le-Rotrou fait afficher sous le porche de l’église une proclamation de Louis XVIII. Pendant tout le règne, ce furent de nouvelles destitutions, de nouveaux changements, un chassé-croisé incessant de préfets et de sous-préfets3. Et le 18 juin 1815 encore, le jour de Waterloo, un habitant de l’Aisne écrivait à Carnot: « Le gouvernement veut-il se maintenir ou veut-il remettre les rênes de l’Etat à Louis XVIII? S’il veut se maintenir pourquoi l’administration continue-t-elle à être dans les mains des agents des Bourbons ? » Les préfets étaient mauvais. Les maires étaient pires. Sauf dans l’Est de la France, presque tous étaient d’anciens seigneurs de village émigrés que l’empereur, toujours trop jaloux de rallier à lui la vieille noblesse, avait nommés de 1809 à 1812. Le retour miraculeux des Bourbons, auxquels ils ne pensaient plus guère, avait ranimé leur foi royaliste en même temps qu’il leur avait donné de douces espérances de biens restitués et de privilèges reconquis. La restauration de l’empereur les réveillait de ce rêve. Le dépit et la colère les enflammèrent contre cet intrus, et ils le combattirent sourdement ou ouvertement avec les armes redoutables que lui-même leur avait jadis si légèrement confiées. « Les divers rapports des départements, écrit le 30 mars Fouché à Carnot, s’accordent à me signaler les maires, qui sont la plupart des anciens seigneurs, comme un des principaux obstacles au retour de l’ordre ». Le 15 avril, il écrit de nouveau: « Il m’arrive d’une inimitié de points des plaintes graves contre le mauvais esprit des maires Ils terrifient les bons citoyens, arrêtent l’élan des Français et accréditent les nouvelles désastreuses et les bruits sinistres. » Le 20 avril, Davout s’adresse à l’empereur lui-même: « Tous les rapports expriment la même opinion sur la tiédeur et le mauvais esprit des maires, la plupart pris dans la classe des anciens nobles.»

Dès le 27 mars 1815, Carnot avait autorisé les préfets à suspendre les maires mal intentionnés. Les préfets de Louis XVIII étaient encore, pour la plupart, à la tête des départements. Ils s’abstinrent naturellement d’user des pouvoirs que leur conférait le ministre. Dans la seconde quinzaine d’avril seulement, leurs remplaçants prononcèrent quelques suspensions. Il fallait une mesure générale. Aux termes d’un décret, rendu le 20 avril, tous les maires et adjoints durent cesser leurs fonctions à l’arrivée, dans les départements, des commissaires extraordinaires chargés de procéder au renouvellement des municipalités. Mais sous l’influence des idées libérales régnantes, l’empereur se ravisa. On lui avait persuadé que l’opinion publique réclamait l’élection des maires par les communes. Le 30 avril donc, nouveau décret qui annule le précédent et porte que dans toutes les communes au-dessous de 5,000 âmes, les maires seront élus par les citoyens actifs composant les assemblées primaires. A peine le décret est-il publié qu’arrivent de tous côtés les observations les mieux fondées et les prédictions les plus alarmantes. On représente que les maires en fonctions, qui depuis cinq ou six ans se sont fait de nombreuses créatures et qui ont pour eux les fermiers, les employés, les fournisseurs, seront réélus en grande majorité, d’autant que beaucoup des plus ardents partisans de, l’empereur, ouvriers et tâcherons, ne seront point admis à voter faute d’être portés au rôle. On demande l’annulation du décret du 30 avril, on pro pose que du moins les ci-devant nobles soient déclarés inéligibles ou encore que la possession de domaines nationaux devienne une condition d’éligibilité1. Ces objections sont trop tardives. L’empereur a pu rapporter une mesure autoritaire, il n’ose point revenir sur une mesure démocratique. Les élections municipales eurent lieu au mois de mai et donnèrent les résultats prédits. Les deux tiers des anciens maires que le gouvernement espérait voir remplacés furent-réélus. Or, comme l’écrivait le général Lucotte, commandant à Périgueux, tout dépendait des maires : contributions, départ des rappelés, organisation des gardes nationales, élections, esprit public3. Pour se faire élire, quelques-uns avaient promis qu’aucun habitant de la commune n’aurait à payer un sou d’imposition ni à rejoindre l’armée. Ils tinrent parole. Forts des suffrages de leurs concitoyens, ils bravaient préfets, généraux, commandants de gendarmerie. Celui-ci ordonnait au bedeau de jeter bas, la nuit, le drapeau tricolore ; celui-là suspendait les poursuites contre les contribuables ; un troisième faisait arracher les affiches administratives aussitôt après les avoir fait poser. D’autres entravaient la mobilisation des gardes nationales, opposaient aux engagements volontaires des formalités insurmontables, refusaient le logement aux détachements de passage, cachaient chez eux les réfractaires, répandaient le bruit de l’assassinat de Napoléon. Un maire du Pas-de-Calais disait qu’il vaudrait bien mieux « marcher contre l’infâme tyran que contre les Alliés », et un maire d’Ille-et-Vilaine s’écriait en pleine place publique qu’au retour des Bourbons il n’aurait plus besoin de chevaux, car il ferait traîner sa voiture par des bonapartistes. Le roi émigré avait aussi des auxiliaires parmi les magistrats, les prêtres, les professeurs, les agents du fisc, les juges de paix, les employés subalternes de toutes les administrations. Le premier président et neuf conseillers de la cour de Rennes, la cour d’Aix tout entière, les tribunaux de Marmande, de Périgueux de Libourne, de Loudéac refusèrent le serment. La cour de Bordeaux se posa ce cas de conscience : « Pouvons-nous condamner ceux qui crient: Vive le roi ! Nous qui avons condamné, il y a un mois, ceux qui criaient : Vive l’empereur ! » Des juges de paix de l’Ouest se faisaient agents de guerre civile . Le 27 avril 1815, un conseiller à la cour de Nîmes entraîna les habitants de Saint- Gilles à une révolte qu’il fallut de l’infanterie et de la cavalerie pour maîtriser. Des fonctionnaires se montraient sans cocarde tricolore au chapeau. On négligeait de rétablir les aigles sur les bâtiments de l’Etat ; d’où ces réflexions des paysans et des ouvriers : « Il faut que l’administration elle-même ait bien peu de confiance dans la durée de l’empire !» Le proviseur de Lyon défendait aux élèves de crier: Vive l’empereur ! dans la cour du lycée. M. de Wailly agit de même au lycée Napoléon; il y eut de sévères punitions qui provoquèrent une révolte générale, et le grand-maître de l’Université donna raison au proviseur ! Un rapport du préfet de l’Hérault mentionne qu’un instituteur de Lodève a pris la fuite après avoir imprimé au fer rouge une fleur de lys sur le bras de plusieurs de ses écoliers. Ce bourreau d’enfants était bien digne du nom de « convulsionnaire royaliste » que les patriotes lorrains donnaient à leurs adversaires. »

(Henry HOUSSAYE, « 1815. La première Restauration.-Le retour de l’île d’Elbe.-Les Cent-Jours », Perrin et Cie, 1893, pp.500-507).

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