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( 18 avril, 2015 )

Instructions de Napoléon à Decrès…

Vice-amiral Decrès

Decrès.

2290. – NAPOLÉON AU VICE-AMIRAL DUC  DECRÈS,

Ministre de la Marine et  des Colonies, à Paris.

Paris, 18 avril 1815.

Donnez les ordres les plus positifs aux commandants de tous mes vaisseaux et bâtiments en croisière d’arrêter le chevalier [de] Bruslard, maréchal de camp, commandant en Corse, de prendre tous ses papiers et de le faire conduire, sous bonne et sûre garde, à Paris. Expédiez cet ordre à toutes les croisières de la Méditerranée et notamment à celle qui est du côté de la Corse. L’amiral Ganteaume est malade et n’a pas pu se rendre à Toulon. Je ne sais si le contre-amiral Duperré sera suffisant. Rappelez Lhermitte, Bourdon et Dumanoir. Proposez-moi l’organisation de ce port. Le brick l’Inconstant, après m’avoir débarqué [à Golfe-Juan le 1er mars 1815], s’est réfugié à Gaëte. Il faut que l’aviso qu’on expédie à Naples lui porte l’ordre de retourner à Toulon.

D’après la minute. Arch. Nat. AF IV, 907.

(« Dernières lettres inédites de Napoléon 1er. Collationnées sur les textes et publiées par Léonce de Brotonne », Tome II, Honoré Champion, Libraire, 1903, p.520.)

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( 18 avril, 2015 )

Madame Mère quitte l’île d’Elbe…

Madame mère

Tous les extraits qui suivent sont tirés de l’étude magistrale du baron Larrey (fils de l’illustre Larrey) : « Madame Mère (Napoleonis Mater). Essai historique », Tome second, E.Dentu, Editeur, 1892.

« Du 1er  au 20 mars, depuis le golfe Jouan jusqu’à Paris, le retour de l’Empereur, à travers une partie de la France, fut acclamé par les populations, sans un seul obstacle et sans un coup de fusil. Napoléon avait laissé son épée dans le fourreau et fait attacher cette épée au ceinturon garni de l’agrafe en diamants, que sa mère lui avait donnée. C’était un talisman qui préserva l’épée glorieuse de la moindre tache du sang français, pendant la marche pacifique de l’île d’Elbe à Paris. Vers la moitié du parcours, l’Empereur fit écrire, de Lyon, par le général Drouot à Madame Mère et au cardinal de rentrer en France. Avant de quitter l’ile d’Elbe, Napoléon avait fait dire à Murat de mettre à la disposition de sa mère et de sa soeur un navire qui pût les ramener, avec sécurité, lorsque le moment serait venu. Le roi de Naples confia ce soin à la reine, qui, vers la fin de mars envoyait à Porto-Ferrajo, un vaisseau de 74, le Joachim et la frégate la Caroline, pour conduire d’abord Madame à Naples, où sa fille avait le plus vif désir de la recevoir. » (pp.106-107)

« Le 18 avril, enfin, Madame et son frère [le cardinal Fesch] ayant reçu des nouvelles qui les rappellent en France, se décident au départ pour le lendemain, et, le 20, ils s’embarquent sur le Joachim, qui avait amené Madame à Naples. Le vent d’abord favorable, permit de sortir sans peine du golfe, de traverser les groupes d’îles environnantes et de gagner la haute mer. Mais, tout à coup, ce vent devint contraire et pendant dix-huit heures, rendit la traversée fort pénible pour Madame. De plus, la frégate la Melpomène, expédiée de Toulon à Gaëte, par ordre de l’empereur, pour ramener sa mère, avait été capturée par les Anglais, vers l’entrée du golfe de Naples. La reine Caroline avaitété mieux inspirée, en décidant Madame à quitter Naples, au milieu des dangers de la guerre et des menaces de la piraterie, pour la faire conduire à Gaëte, dont la place forte lui assurait une retraite à toute épreuve. » (pp.108-109).

« Embarquée le 13 mai en passant sur les côtes de la Corse, pour relâcher à Bastia, Madame revit, de plus près, son cher pays, en s’y arrêtant près de quatre heures. Puis elle se remit en route et fit halte sur la côte d’un village rapproché de Livourne, où l’attendait son fils Jérôme. Elle aborda enfin, après onze jours de navigation pénible, le rivage du golfe Jouan, et y appliqua sa pensée sur Napoléon, débarquant de l’île d’Elbe. Le Moniteur a fait savoir l’arrivée de Madame Mère au golfe Jouan et ensuite à Antibes, où elle passa la nuit du 23 mai, en y retrouvant des traces et des souvenirs de son séjour passé. Elle reçut partout un accueil digne d’elle et de son fils revenu de l’exil en triomphateur. Parvenus, le 26 mai, à Lyon, le cardinal et sa sœur durent accueillis avec une pompe religieuse, au son des cloches de cette grande cité. Madame s’y arrêta pendant deux ou trois jours et partit le 29 pour Paris, où elle arriva dans la soirée du 1er juin. Elle fut heureuse surtout de revoir son fils sain et sauf. » (p.111).

 

 

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