( 12 mai, 2015 )

Les généraux Miollis, Bonnet, Rampon et Quesnel…

rampon

Général Rampon.

NAPOLÉON AU  MARÉCHAL DAVOUT, PRINCE D’ECKMUHL,

Ministre de la Guerre, à Paris.

Paris, 12 mai 1815.

Il faut envoyer le général Miollis ou dans une place du Rhin ou dans une place de la Meuse. S’il est vrai que le général Bonet n’ait pas accepté son commandement, on pourrait envoyer le général Miollis à Dunkerque. Je crois que le général Rampon est moins usé que le général Miollis. Comme le général Rampon est employé comme commissaire extraordinaire, on pourrait peut-être envoyer à Lyon le général Quesnel.

D’après la minute. Arch. Nat. AF IV, 908.

(« Dernières lettres inédites de Napoléon 1er. Collationnées sur les textes et publiées par Léonce de Brotonne », Tome II, Honoré Champion, Libraire, 1903, p.525)

Publié dans TEMOIGNAGES par
Commentaires fermés
( 11 mai, 2015 )

La parade de dimanche…

Parade.

NAPOLÉON AU  GÉNÉRAL COMTE DROUOT,

Aide Major général de la Garde Impériale, à Paris.

Paris, 11 mai 1815.

Monsieur le Général Drouot, je ne puis penser qu’il soit utile de faire camper la jeune garde. J’aurai dimanche grande parade où je verrai toute la garde, cavalerie, infanterie, artillerie et administration, enfin tout ce qui est disponible. Si les quatre premiers régiments de la jeune garde me paraissent en état, je ferai partir la division pour se rendre dans la direction de Soissons.

Donnez les ordres pour la parade de dimanche.

D’après l’original. Dépôt de la Guerre. Arch. hist.

(« Dernières lettres inédites de Napoléon 1er. Collationnées sur les textes et publiées par Léonce de Brotonne », Tome II, Honoré Champion, Libraire, 1903, pp.524-525)

Publié dans TEMOIGNAGES par
Commentaires fermés
( 9 mai, 2015 )

9 mai 1815…

« 6747. — Paris, 9 mai 1815.

Notre cousin, le maréchal Soult, duc de Dalmatie, est nommé notre major général.

NAPOLEON. »

——————-

« 6748. — Paris, 9 mai 1815.

Il sera formé un quatrième  régiment de chasseurs à pied de vieille garde et un quatrième régiment de grenadiers à pied de vieille garde. Chacun des régiments d’infanterie de vieille garde sera composé de deux bataillons, chaque bataillon sera composé de quatre compagnies, et chaque compagnie sera forte de 150 hommes, officiers compris. La composition de l’état-major et des compagnies des quatrièmes régiments de grenadiers et de chasseurs sera conforme à celle qui a été fixée pour les trois premiers régiments de grenadiers et chasseurs, par notre décret du 8 avril dernier. Les quatre régiments de grenadiers et de chasseurs auront les  mêmes solde et traitement que les troisièmes régiments de vieille garde.

NAPOLEON. »

——————–

« 6749. — Paris, 9 mai 1815.

I. Il sera fourni par les différents maîtres de poste du nord et de l’est de l’Empire, sept cents chevaux de trait conduits par trois cent cinquante postillons. Ces hommes et ces chevaux seront mis à la disposition de l’artillerie pour le service des armées du Nord, du Rhin et de la Moselle, et ne seront employés qu’à conduire des munitions des places de guerre aux parcs d’artillerie du corps d’armée, sans jamais entrer en ligne. Nombre de postillons et de chevaux que chaque relais devra fournir, d’après sa force et son utilité, et donnera les ordres nécessaires pour que ces postillons et ces chevaux soient réunis ainsi qu’il suit, et aux époques ci-après désignées savoir :

Armée du Nord, 200 postillons et 400 chevaux réunis à La Fère, au 20 mai.

Armée de la Moselle, 75 postillons et 150 chevaux réunis à Metz, au 25 mai.

Armée du Rhin. 75 postillons et 150 chevaux réunis à Strasbourg, le 25 mai.

III. Les postillons recevront une solde journalière de 1 franc 50 centimes, sur les fonds affectés au service du matériel de l’artillerie; ils auront, en outre, les vivres de campagne.

IV. Les chevaux recevront les rations de fourrage des magasins de l’état, comme elles sont fixées pour le train d’artillerie; le loyer des chevaux sera payé aux maîtres de postes à raison de 1 franc 50 centimes par cheval et par jour: leur ferrage est à la charge de l’artillerie.

V. Les chevaux devront être propres au service du train de l’artillerie et remplir les conditions suivantes :

1° être âgés de 5 ans au moins et de 9 ans au plus; 2° avoir la taille de 4 pieds  6 pouces au moins et de 4 pieds  10 pouces . au plus, et être bien conformés.

VI. Les harnais et les selles seront fournis par l’artillerie.

VII. Les postillons et les chevaux seront formés en brigades de 25 postillons et de 50 chevaux, et seront sous les ordres des officiers et sous-officiers du train d’artillerie qui seront désignés à cet effet.

VIII. Tout cheval qui viendrait à périr par suite des fatigues de la guerre, ou par tout autre événement militaire, sera remboursé à raison de cinq cents francs.

IX. Les postillons qui seront fournis compteront sur le contingent des gardes nationales mobiles à fournir par leurs arrondissements.

NAPOLEON. »

 

(Arthur CHUQUET, « Ordres et Apostilles de Napoléon (1799-1815). Tome quatrième », Librairie Ancienne Honoré Champion, Editeur, 1912, pp.577-578)

Publié dans HORS-SERIE,TEMOIGNAGES par
Commentaires fermés
( 8 mai, 2015 )

Instructions de Davout…

Davout.

«  6746. — Paris, 8 mai 1815.

Davout à MM. les lieutenants généraux et maréchaux-de-camp commandant les divisions militaires et les départements, les préfets et sous-préfets, les inspecteurs aux revues, les commissaires ordonnateurs et ordinaires des guerres, les chefs de corps de toute arme.

« Messieurs, j’ai mis sous les yeux de l’Empereur l’ordonnance du 30 décembre 1814, qui accordait une prime de 50 francs à chaque enrôlé volontaire. Sa Majesté a pensé que ce moyen, utile peut-être pour le recomplètement des corps clans des temps ordinaires, ne peut s’allier avec les sentiments qui portent les Français à la défense de leurs droits et de leur indépendance; que l’élan qui se manifeste, repousse l’idée de joindre un encouragement pécuniaire aux nobles motifs qui le déterminent : en conséquence, Sa Majesté a décidé, le 2 de ce mois, que la prime cesserait d’être payée. »

(Arthur CHUQUET, « Ordres et Apostilles de Napoléon (1799-1815). Tome quatrième », Librairie Ancienne Honoré Champion, Editeur, 1912, p.576).

Publié dans TEMOIGNAGES par
Commentaires fermés
( 7 mai, 2015 )

A propos des enfants de troupe…

« 6743. — Paris, 7 mai 1815.

I. Dans nos régiments de jeune garde il y aura par compagnie deux enfants de troupe soldés et traités comme dans la ligne.

II. Dans nos régiments d’infanterie, de cavalerie et de Veille garde il y aura, par compagnie, deux enfants de troupe qui recevront moitié de la solde du 3ème régiment de grenadiers, indépendamment du pain, chauffage, vêtement et logement.

III. Aucun enfant de troupe ne pourra être mis à la suite de la vieille garde, s’il ne réunit les conditions exigées pour l’admission des enfants de troupe à la suite des régiments de la ligne; toutes les demandes d’admission seront soumises à notre approbation.

NAPOLEON. »

(Arthur CHUQUET, « Ordres et Apostilles de Napoléon (1799-1815). Tome quatrième », Librairie Ancienne Honoré Champion, Editeur, 1912, p.574).

Publié dans TEMOIGNAGES par
Commentaires fermés
( 7 mai, 2015 )

En France, en 1815…

« Même dans la période la plus troublée de ce règne éphémère, du 5 avril au 25 mai, le Dauphiné, le Lyonnais, la Franche-Comté, le Bourbonnais, le Nivernais, la Saintonge, le Béarn, la Bourgogne, l’Ile de France, la Champagne, la Lorraine, l’Alsace, la Basse-Bretagne — c’est-à-dire la moitié de la France — étaient restés bonapartistes, et depuis les derniers jours de mai, les mesures énergiques que le gouvernement avait enfin prises commençaient à imposer aux provinces hostiles. « Il serait bien temps, avait dit l’empereur, que la police ne laissât pas prêcher la guerre civile impunément. Nous sommes environnés d’insurrections par suite de cette inconcevable faiblesse. Il faut que cela finisse.» Désormais, la politique du laissez-faire paraît abandonnée. Des colonnes mobiles pourchassent les insoumis et les déserteurs. Les lois de nivôse an IV et  de brumaire an V, punissant de mort les tentatives d’embauchage et les provocations à la désertion, sont remises en vigueur. Des commissions de haute police, composées d’un général de division, du préfet et du procureur général, sont établies à Toulon, à Montpellier, à Toulouse, à Bordeaux, à Rennes, à Rouen et à Lille. A Lille, où l’énergique Allix préside la commission, une centaine d’agitateurs, d’espions et d’embaucheurs sont arrêtés du 2 au 14 juin . Par décision du 24 mai, un grand nombre de préfets et de sous-préfets sont destitués ou déplacés. Le parquet poursuit l’auteur et l’imprimeur de la brochure le Cri d’alarme. La police arrête la dame de Launay, ex-lingère de la maison du roi, qui colporte le Journal du Lys. Le général Lemarois proclame l’état de siège au Havre. Le général Gilly réprime les séditions du Gard, de la Lozère, de l’Aveyron et de l’Hérault. A Bordeaux, Clausel, qui s’est montré d’abord irrésolu et temporisateur, publie un ordre du jour menaçant contre les séditieux. Dès son arrivée à Toulouse, le général Decaen révoque les fonctionnaires suspects, organise les fédérés, multiplie les colonnes mobiles, ordonne des arrestations, terrorise les royalistes. Cédant enfin aux conseils et aux objurgations de Davout, le maréchal Brune se décide à mettre Marseille en état de siège et à y désarmer la garde nationale. Sous l’influence de ces mesures, les bourbonistes baissent le ton, les bonapartistes reprennent courage, les insoumis demandent leurs feuilles de route, les agitateurs et les embaucheurs font trêve. « Presque tous les insoumis, écrit le 3 juin le préfet de l’Oise, sont en route pour rejoindre leurs corps. » — « Les colonnes mobiles, écrit de Rouen le général Lamberdier, ont fait de l’effet : 400 insoumis de l’arrondissement d’Yvetot sont déjà incorporés dans la jeune garde et au 72ème  ». — « Grâce aux colonnes mobiles, écrit de Périgueux le général Lucotte, j’ai pu réunir treize bataillons de garde nationale sur dix-huit demandés; les cinq autres suivront. » Les rapports de Bordeaux, de Perpignan, de Rodez, d’Albi, d’Auch, de Montauban, de Nîmes, de Privas, de Cahors, du Puy, d’Amiens, de Dunkerque, de Montpellier, de Digne, de Draguignan, « où, dit le chef d’escadrons Rey, je ne conseillerais pas au parti royaliste de lever le nez », signalent une réaction dans l’opinion en faveur de l’empire. « L’esprit public s’améliore depuis le désarmement de la garde nationale, écrit-on de Marseille. Il y a de nombreux emblèmes nationaux aux fenêtres ; les patriotes ont promené dans les rues le buste de Napoléon, et beaucoup de gens qui ne s’étaient pas encore déclarés crient: Vive l’empereur ! A bas les royalistes ! » Le préfet de Lille écrit de son côté, le 9 juin: « Pour la première fois j’ai entendu des Vive l’empereur !  » Dans l’Ouest, la mort de La Rochejaquelein a décapité l’insurrection. Les blancs rentrent chez eux, battus et mécontents, tandis que les bleus se révoltent contre la guerre civile avec son cortège de réquisitions, de pilleries et d’enrôlements forcés, s’animent, demandent des fusils pour se défendre. « On tiendrait les chouans en respect si l’on pouvait armer tous les habitants bien intentionnés, » écrit le général Schramm. Le préfet d’Ille-et-Vilaine, l’officier d’ordonnance Lariboisière, envoyé en mission par l’empereur, les généraux Lamarque, Bigarré, Charpentier louent le zèle et le courage des gardes nationaux, des fédérés, des chasseurs de la Vendée. Le 4 juin, les 4000 Morbihanais de Desol de Grisolles attaquent la petite ville de Redon, occupée par une seule compagnie du 11ème léger. Les habitants s’arment, font le coup de feu coude à coude avec les soldats, abattent deux cents chouans et contraignent les assaillants à la retraite. Dans toute la France, les fédérations s’organisent « pour défendre la liberté » et « terrasser la contre-révolution ». Il y a les fédérations des provinces : fédérations bretonne, angevine, picarde, alsacienne, lyonnaise, périgourdine. Il y a les fédérations des départements : fédérations du Var, des Bouches-du- Rhône, du Gard, des Hautes-Alpes, de l’Isère, du Jura, de l’Ain, des Landes, de l’Allier, de l’Aisne, de la Moselle. Il y a les fédérations des villes: fédérations de Brest, de Nancy, de Dieppe, du Puy, de Saint-Etienne, de Nevers, d’Albi, d’Angoulême, de Toulouse dont, au grand scandale des royalistes, les membres prennent une église abandonnée pour y tenir leurs tumultueuses séance . Il y a, enfin, les vingt-cinq mille fédérés des faubourgs de Paris  qui se rendent en masse le dimanche 14 mai dans la cour des Tuileries, à l’heure de la parade: « — Sire, dit le délégué des ouvriers, nous avons reçu les Bourbons avec froideur parce que nous n’aimons pas les rois imposés par l’ennemi. Nous vous avons accueilli avec enthousiasme parce que vous êtes l’homme de la nation, le défenseur de la patrie et que vous conserverez les droits du peuple. La plupart d’entre nous ont fait, sous vos ordres, la guerre de la liberté et celle de la gloire. La patrie doit remettre avec confiance des armes à ceux qui ont versé leur sang pour elle. Donnez-nous, Sire, des armes en son nom. Nous jurons entre vos mains de ne combattre que pour sa cause et la vôtre. Vive la liberté ! Vive la nation Vive l’empereur ! »

(Henry HOUSSAYE, « 1815. La première Restauration.-Le retour de l’île d’Elbe.-Les Cent-Jours », Perrin et Cie, 1893, pp.619-623).

Publié dans TEMOIGNAGES par
Commentaires fermés
( 5 mai, 2015 )

Le 10ème de ligne…

« 1454.-AU GÉNÉRAL MOUTON, COMTE DE LOBAU, Aide-Major Général de la Garde Impériale, commandant la 1ère division militaire, à Paris.

Paris, 5 mai 1815.

On dit le 10ème régiment très mal disposé. Il doit être en deçà d’Auxerre. Informez-vous en et faites-le diriger sur Laon directement. Vous le ferez séjourner à Soissons où vous irez le voir pour savoir les changements à y faire.

NAPOLEON. »

 (« Lettres inédites de Napoléon. Collationnées sur les textes et publiées par Léonce de Brotonne », Honoré Champion, Libraire, 1898 , p.585).

Publié dans TEMOIGNAGES par
Commentaires fermés
( 3 mai, 2015 )

1815…

Lagneau

Louis-Vivant Lagneau, né en 1781 à Chalon-sur-Saône, reçu docteur en médecine en 1803, pris la même année par la conscription, fut nommé chirurgien de 3ème classe ; sous-aide-major en 1804 ; chirurgien aide-major en 1806. Il fut promu chirurgien-major en 1809. Lagneau fit campagne en Italie, en Pologne, en Espagne, en Russie, en Allemagne et en France où il fut blessé à Fère-Champenoise, et en Belgique. A la suite du licenciement de 1815, Lagneau se fixa à Paris, où il sut se faire un nom comme médecin par ses recherches, ses travaux et ses publications. Aussi fut-il élu membre de l’Académie de Médecine en 1823 ; il mourut à Paris en 1867. Lagneau, membre de la Légion, d’honneur en 1868, avait été promu officier du même ordre en 1858 ; il était aussi titulaire de l’ordre de la Réunion depuis 1813.

Emmanuel MARTIN. 

——-

Louis-Vivant Lagneau laissa un « Journal » qui fut publié la première fois en 1913, aux Editions Emile-Paul, par Eugène Tattet (et préfacé par le célèbre Frédéric Masson). En 2000, il a été réédité par mes soins au Livre chez Vous, avec de nouvelles notes. Cette même année vit le lancement d’une souscription publique afin que sa sépulture, qui se trouve au cimetière du Père-Lachaise, à Paris et menacée de destruction ne disparaisse pas. Avec l’aide de l’association « », de la Libraire des Deux Empires et du magazine « Tradition » (publication appartenant à l’éditeur de cette nouvelle édition), des fonds purent être réunis ; le caveau fut restauré. Lagneau et les siens y reposent en paix.

C.B.

 « Le 9 février 1815, j’adresse au général Christiani, mon ancien général de brigade, mes états de pertes de chevaux  et d’effets pour être transmis à qui de droit, au nouveau ministre de la guerre (je n’ai jamais pu rien obtenir de ce qui m’était dû). J’avais travaillé depuis décembre jusqu’en mars 1815 à une nouvelle édition de mon traité, tout en faisant un peu la clientèle. Je me trouvais fort heureux de cette vie paisible, lorsque je craignis un moment qu’on ne m’appliquât une mesure qu’on avait prise contre tous les militaires sortant de la Garde impériale, auxquels il était enjoint de ne pas résider à Paris, à moins qu’ils n’y fussent nés. Ils devaient se rendre dans leur pays natal. J’obtins une exception en ma faveur, en motivant ma demande , sur ce que j’étais déjà à Paris, où j’exerçais la médecine, avant d’entrer au service. On me laissa donc tranquille, et comme c’était dans ce moment-là que je faisais quelques démarches pour réclamer contre l’exiguïté de mon traitement de réforme, je m’abstins d’en faire de nouvelles, dans la crainte de fixer sur moi l’attention du ministre, qui aurait pu me forcer à retourner résider en Bourgogne. Je préférais de beaucoup continuer la vie tranquille, et déjà quelque peu productive comme médecin, que je menais à Paris. J’en étais là, lorsque le 15 ou 16 avril 1815, je reçus du major général, le général Drouot, avis que par décret du 13 de ce mois, l’empereur Napoléon, qui était revenu de l’île d’Elbe et arrivé à Paris le 20 mars, m’avait nommé chirurgien-major du 3e régiment de grenadiers de la Vieille Garde, qu’il réorganisait ainsi que toute l’armée. Je fus un peu surpris de cette nomination, non que je ne fusse très partisan de l’ordre de choses qui allait renaître, mais parce que je me trouvais fort satisfait de ma position, depuis que j’avais quitté le service et que j’avais toute raison de croire qu’elle s’améliorerait de jour en jour. Je repris donc mon service, mon régiment étant à Courbevoie, comme l’année précédente, tout en restant à Paris, me contentant d’y aller chaque matin .

Le 6 juin, l’organisation de mon régiment est terminée, il part pour Soissons; je reste avec permission. Après avoir acheté un bon cheval et pourvu à mon équipement, je pars le 9 juin pour Soissons, en diligence. 10 juin. Nous partons pour Laon, à 3 heures après-midi.,Nous arrivons à minuit (8 lieues). Logé chez M. Duchange, maître de pension.

11 juin. Thierme.

12 juin. Clairefontaine

13 juin. Cartigny

Le 14 juin, bivouac en avant de Beaumont, dernière ville de France (7 lieues).

Le 15 juin. Charleroi, première ville de Flandre, première affaire avec les Prussiens, qui évacuent.

16 juin 1815. Bataille de Ligny, contre les Prussiens. Elle se termine à notre avantage. Elle a lieu de l’autre côté de Fleurus, à peu près à une lieue.

17 juin. Combat sur notre gauche, dans la direction de Nivelles, où sont les Anglais, route de Bruxelles. On a encore l’avantage. (C’est là où, pour la première fois, je vis des Ecossais sur le champ de bataille.) C’est le maréchal Ney qui commande.

Le 18 juin 1815. Bataille de Waterloo, ou de Mont- Saint-Jean, à 40 lieues de Bruxelles. On se bat avec quelques avantages toute la journée, mais à dater de 3 ou 4 heures du soir, l’ennemi, après nous avoir pris en flanc, sur notre droite, vient (ce sont les Prussiens qu’on croyait bien loin, au pont de Wavre) sur nos derrières et menace notre ligne de retraite. On est obligé, sur le soir, de se retirer, ce qui n’a pas, lieu sans désordre. L’Empereur, derrière lequel j’étais à dix pas, entre son état-major et la ferme de la Belle-Alliance, d’où j’avais été chassé ainsi que mes blessés, par les tirailleurs prussiens, qui débusquaient d’un petit bois sur notre droite, eut un instant son attention fixée sur ce point, où il s’attendait à voir arriver le maréchal Grouchy, auquel des ordres avaient été expédiés; mais ils n’étaient pas arrivés au maréchal. L’Empereur comptait bien sur lui, car il regardait souvent à sa montre et faisait dire au général Duhesme, qui était à l’aile droite et qui demandait des secours, qu’il tînt bon et que Grouchy ne tarderait pas à lui arriver en aide. J’étais là avec Larrey, le chirurgien en chef de la Garde et de l’armée, il y avait aussi Zinck, avec une ambulance. Il avait été forcé, comme nous, d’abandonner la partie et s’était rapproché, comme moi, du groupe de l’Empereur. Il y avait là aussi le collègue Champion , qui avec Zinck avait établi l’ambulance de la Garde près de la mienne, dans une grange, sous les ordres de Larrey. Napoléon croyait la bataille gagnée au moment où nous fûmes délogés de notre ambulance, parce qu’il croyait que les Prussiens, qui nous envoyaient des coups de fusil sur la ferme de la Belle-Alliance, étaient eux-mêmes poussés par derrière par le corps de Grouchy. Il était alors à peu près deux heures et demie ou trois heures. Malheureusement c’était bien les Prussiens et les Prussiens tout seuls, commandés par le général Bülow. Grouchy n’avait pas reçu trois messages, que lui avait adressés l’Empereur. Les aides de camp avaient été pris par l’ennemi, et lui, Grouchy, qui avait eu au début de la bataille et peut-être dès la veille, l’ordre de retenir les Prussiens au pont de Wavre, pour en finir avec les Anglais, avant qu’ils pussent se réunir à eux, s’était contenté, avec ses 25 ou 30.000 hommes d’excellentes troupes, d’observer le pont, où les Prussiens avaient laissé une seule division, tandis qu’avec tout le reste de leur armée Bülow se dirigeait sur notre champ de bataille. Les hommes de guerre les plus autorisés, le général Gérard, entre autres, qui faisait partie des troupes de Grouchy, avaient tous pressé le maréchal, quand ils avaient entendu l’épouvantable canonnade qui s’exécutait de notre côté, de faire un mouvement vers nous, en laissant une division seule devant le pont de Wavre, disant que c’était de règle de se porter là où l’engagement est le plus vif, quels que soient les ordres qu’on ait pu recevoir de contraires. Le maréchal Grouchy résista, croyant qu’il était obligé de rester là, suivant les ordres qu’il avait reçus. Cette obstination nous a perdus. J’ai entendu, pendant la Restauration, le maréchal Gérard expliquer toute cette affaire, en témoignant combien il regrettait que ses avis et ses instances n’eussent pas eu de succès auprès du maréchal Grouchy. Je voyais souvent le maréchal Gérard (car il avait été fait maréchal depuis) chez le comte de Pontécoulant, sénateur, où j’ai souvent entendu ce brave général revenir sur cette triste circonstance. Le général Pajol qui commandait la belle cavalerie du corps de Grouchy, s’était aussi fortement prononcé auprès du maréchal Grouchy. Plus tard et dans le même salon j’ai plusieurs fois entendu le fils du maréchal Grouchy (colonel d’un régiment de cavalerie et plus tard passé général) cherchera excuser la conduite de son père, mais il ne convainquait personne, et il y avait là des gens du métier, entre autres le général Exelmans, depuis devenu maréchal lui-même. Cette conduite ou cette abstention de Grouchy nous fit perdre cette bataille, qui avait commencé d’une manière fort brillante, au point qu’on avait entendu l’Empereur dire, vers deux heures, qu’elle était gagnée.

La triste vérité fut que les Prussiens, qui n’étaient pas talonnés, comme le croyait Napoléon, par Grouchy, écrasèrent Duhesme et le corps de la Jeune Garde, qu’il  commandait à notre aile droite, et qu’ils vinrent se placer sur nos derrières, sur la route de Charleroy, pour nous couper toute retraite. Heureusement qu’ils n’avaient d’abord que des pelotons de cavalerie. Le mouvement rétrograde se prononçant, je suis assez heureux, avec quelques blessés encore ingambes et des hommes valides, qui ne peuvent plus retourner où l’on se bat, pour me tirer de là grâce à mon excellent cheval. J’ai dans cette retraite, pour compagnon d’infortune, le capitaine (chef de bataillon) Friant, de la Vieille Garde. Il est fils du général Friant, de la Garde. Nous marchons toute la nuit au milieu des colonnes en retraite et des hommes isolés et nous franchissons le matin à Charleroi , où tout est en désordre, les rues encombrées de voitures de charbon et de bagages militaires. Le 19 juin 1815, ne voyant pas de dispositions faites pour arrêter le mouvement de retraite à Charleroi, comme nous le supposions, je continue et arrive coucher à Vervins, après avoir traversé Beaumont et passé autour d’Avesnes, où l’on n’a voulu laisser entrer personne. J’ai fait dans cette journée plus de 25 lieues de poste. Le 20 juin 1815. Arrivée à Laon. Pendant que nous déjeunons, on nous dit que l’Empereur est à la poste, au bas de la montagne. Nous y descendons, espérant que des mesures seraient prises pour rallier notre armée. Il était au milieu de la cour, entouré de son état-major et de gendarmes. Rien ne fut ordonné dans le sens de nos prévisions. Nous partons de Laon à minuit, pour Soissons.

Le 21 juin. Soissons, je pars à six heures du soir, pour Villers-Cotterets.

Le 22 juin. Le Ménil-Amelot.

Le 23 juin. Arrivée à Paris, il est une heure de l’après-midi. J’espérais y trouver mon régiment, où il était à croire qu’il se reformerait ; mais ayant appris qu’il était resté à Soissons, je repars pour le rejoindre.

Le 28 juin, je me mets en route pour Soissons où j’apprends que mon régiment revient sur Paris. Mon colonel, le général Poret de Morvan , revient blessé d’un coup de feu à la poitrine. Heureusement que la plaie n’est pas pénétrante, elle n’aura pas de suite grave.

Le 29 juin. C’est à 4 heures du matin que le régiment arrive à Paris. Je vois mon général dans la matinée et lui donne des soins.

Le 6 juillet, il m’annonce que son corps a l’ordre de partir pour Orléans, mais qu’il reste à Paris; il me propose de rester pour lui continuer mes soins, mais croit devoir me laisser libre de suivre le régiment. Je lui réponds que je ne rejoindrai le corps que lorsqu’il sera lui-même bien guéri. Nous étions là de nos conversations lorsque dans la nuit du 6 au 7 juillet, le général qui s’était ravisé et qui bien probablement avait appris qu’il pourrait peut-être être inquiété par le gouvernement des Bourbons, pour la part qu’il avait prise comme chef des chasseurs de la Garde quand ils furent abandonnés par le général comte Curial, qui voulait les empêcher, en quittant Nancy, d’aller au-devant de l’Empereur, lorsqu’en revenant de l’île d’Elbe, il avait dépassé Auxerre et arrivait rapidement sur Paris. Le général se décida donc à partir dans la nuit, d’autant mieux que le lendemain 7 juillet, les Prussiens devaient, dès le matin, occuper Paris et ses faubourgs.

M’ayant fait prévenir, par son ordonnance, de cette nouvelle résolution, je partis moi-même, en compagnie de son aide de camp David mon ami, qui lui conduisait ses chevaux et ses bagages, à peu près à huit heures du matin. Mais arrivés à la barrière d’Enfer, on ne voulut pas nous laisser sortir, les officiers prussiens disant que nous aurions dû sortir la veille et que leur consigne était de ne laisser passer personne de notre armée, sans un ordre exprès du commandant de place allié, qui était

le général Blücher, qui avait deux autres généraux adjoints, Sacken et Wellington. Le général français Gründler leur avait en outre été adjoint pour faciliter le service et donner les informations nécessaires, car il était Alsacien et parlait bien l’allemand. Nous fûmes en conséquence obligés de nous transporter au ministère de la Guerre, où les généraux susdits étaient réunis en conseil. Nous attendîmes longtemps, dans une grande salle donnant sur la Seine, et d’où nous vîmes défiler les Prussiens le long du quai de la terrasse du bord de l’eau. Nous avions, David et moi, un bien grand crève-cœur en voyant ces troupes ennemies au coeur de la France et fûmes profondément choqués de voir leurs colonnes précédées par une foule de lâches Français, hommes et femmes, agitant des mouchoirs blancs, en signe d’allégresse.

Nous attendîmes fort longtemps la réponse des généraux commandants de la place, qui firent d’abord des difficultés, mais enfin remirent au général Gründler, auquel nous avions confié notre réclamation, un laissez-passer en allemand, qu’il nous donna, avec toute sorte de bonne grâce, accompagné de voeux pour un bon voyage. Pendant notre corvée auprès des commandants de la place, nous avions laissé nos domestiques, chevaux et bagages près du Luxembourg, rue d’Enfer et les bêtes. étaient attachées aux grilles du jardin. Lorsque nous les avons rejoints, ils étaient aux prises avec des soldats prussiens, qui voulaient tout au moins s’emparer de nos chevaux, qu’ils considéraient comme d’assez bonne prise. Nous arrivâmes tout juste pour les dégager et nous ne tardâmes guère à franchir la barrière, nous dirigeant sur Longjumeau.

7 juillet. Longjumeau. Les Cosaques des avant-postes ennemis y bivouaquent sous mes fenêtres, dans une belle prairie.

8 juillet 1815. Etampes, nous quittons les avant-postes russes.

9 juillet. Arthenay. Nous nous sommes arrêtés à Angerville, à 6 lieues d’Etampes. Tout près d’Angerville, je me trouvais, montant une côte assez peu rude, près d’un convoi d’artillerie qui était en retraite aussi. Tout à coup une explosion eut lieu, avec un grand fracas, enlevant tout le derrière d’un caisson contenant des obus. Je m’éloignai de là, engageant le soldat du train qui conduisait le caisson, à quitter la route où il y avait beaucoup de militaires à pied et à cheval et à dételer ensuite ses chevaux. Ce qu’il fit, mais avant de quitter la chaussée et longtemps après son entrée dans le champ, à droite, il y eut encore de nouveaux obus qui éclatèrent. Quant à moi, je ne fus pas atteint par les éclats de ces obus; mais après cette panique, bien motivée d’ailleurs, mon compagnon de route, le capitaine David, me fit remarquer que mon porte-manteau allait se détacher du derrière de ma selle, et qu’il était tout déchiré du côté droit. Nous nous arrêtâmes un instant et reconnûmes qu’un biscaïen provenant de l’explosion d’un obus avait pénétré dans le porte-manteau, où il avait été amorti par mes vêtements et mon linge, après avoir coupé l’une des courroies qui le fixaient derrière moi; ce peu de bagages a suffi pour me préserver d’une blessure  très grave à la région des lombes. Ces obus avaient pris feu par le fait des frottements et des chocs qu’ils éprouvaient dans le caisson au quart plein. Ils avaient été en partie vidés pendant la bataillede Paris et comme ils étaient entourés d’étoupe, ainsi qu’il est d’usage pour les empêcher de s’entrechoquer dans les manoeuvres d’un point à un autre, ces projectiles étaient trop peu nombreux pour être bien serrés entre eux; ils se heurtaient et il en est résulté des étincelles qui ont mis le feu aux étoupes, lesquelles ont fait éclater successivement tous ceux qui étaient contenus dans le fourgon.

10 juillet. J’arrive à Orléans, ainsi que notre suite. Le général Poret de Morvan, étant déjà parti avec sa troupe, nous le suivons de l’autre côté de la Loire, jusqu’à la Ferté-Saint-Aubin (4 lieues), où nous quittons la grande route pour aller à Yvoi, sur notre droite. Nous logeons dans un beau château.

Le 11 juillet. La Ferté-Saint-Aubin. Très vieux château qui appartenait à Mme de Belmont, dont le mari, colonel d’un régiment de gardes d’honneur, a été tué à Craonne. Logé chez le curé (10 lieues), étant arrivé à minuit.

Le 13 juillet, Solangis, 5 lieues de La Chapelle d’AngilIon. Nous sommes en Sologne où le terrain est mauvais et sablonneux comme en Pologne. Il y a beaucoup de bruyère, abondance de gibier, lièvre, lapin, perdrix rouge comme en Espagne.

Le 14 juillet. Changement de cantonnement, on se fixe à Sainte-Solange, village à 3 lieues de Bourges. Cet endroit est réputé dans la contrée pour la guérison de toutes sortes de maladies, opérées, dit-on, par l’intervention de sa patronne, qui, comme saint Denis, a porté sa  tête sur ses mains et a marché sans se tromper de route. Je loge chez le curé de la paroisse, respectable vieillard qui est bien le père de ses ouailles, pour lesquelles il se donne une peine infinie. Il se nomme M. Tisserat.

Le 25 juillet 1815. Départ de Sainte-Solange pour Bourges. Très belle ville. On disait autrefois qu’elle n’était habitée que par des prêtres et des perruquiers; il y avait bien aussi une grande quantité de nobles, ce qui tenait à ce que Charles VI avait accordé la noblesse à tous les maires et échevins de la ville et qu’on les renouvelait tous les ans. Ecrit le 30 juillet à mon père.

Ecrit le même jour à Simon, mon beau-frère, lui recommandant M. le capitaine David et lui demandant de m’envoyer des vêtements bourgeois.

Le 5 août 1815. Départ pour Châteauroux, nous couchons le premier jour à Issoudun, petite ville où habite le confrère Heurtault , un de mes condisciples, élève particulier d’Antoine Dubois.

Le 6 août. Arrivée à Châteauroux, ville intéressante par ses manufactures de drap.

Le 20 septembre. Je touche la première quinzaine de ce mois, en qualité de chirurgien-major des grenadiers royaux, dont je fais partie comme Vieille Garde impériale. J’avais reçu, huit jours avant, le mois d’août intégralement, mais sur l’ancien pied. Licenciement de mon corps, les fusiliers-grenadiers et de toute la division de la Garde, qui se trouvait sur la rive gauche de la Loire, le 23 septembre 1815

Je reçois enfin les appointements jusqu’au 23 septembre inclus, époque du licenciement. Me voilà libre de mes mouvements à dater de ce jour. »

Publié dans TEMOIGNAGES par
Commentaires fermés
( 1 mai, 2015 )

Napoléon en mai 1815…

Napoléon 6 semaines avant Waterloo

« 1er mai. Conseil des ministres.

2-3 mai. Travail à l’Élysée.

4 mai. Spectacle chez l’Empereur.

5 mai. A l’Élysée.

6 mai. Il visite l’atelier d’armes installé dans l’ancien couvent de la Croix, rue de Charonne. Richard Lenoir vient le saluer et le conduit dans sa manufacture. Il visite également les travaux de la barrière de Charonne.

7 mai. Revue, aux Tuileries, de plusieurs divisions d’infanterie et de cavalerie. Cette parade dure jusqu’à 17 h. Elle avait débuté après la messe. Il regagne l’Élysée à 17 h30. Conseil des ministres.

8 mai. Conseil des finances. Son frère Lucien arrive à Paris.

9 mai. Napoléon nomme Soult major général.

10 mai. A l’Élysée.

11 mai. Il visite les Invalides, puis le Champ-de-Mars, avant midi.

12-13 mai. Travail à l’Élysée.

14 mai. Revue aux Tuileries de 15 000 confédérés et gardes nationaux.

15 mai. Il apprend l’insurrection de la Vendée.

16 mai. Conseil des ministres.

17 mai. Les nouvelles en provenance d’Italie sont mauvaises.

18 mai. Revue de troupes dans les Champs-Élysées.

19-20 mai. Travail à l’Élysée.

21 mai. Audiences aux Tuileries.

22-25 mai. A l’Élysée. Il nomme Lamarque à la tête des troupes envoyées en Vendée.

26 mai. A partir de 6 h., il fait le retour des travaux en cours depuis Montmartre jusqu’à Belleville et Charonne, puis jusqu’à Vincennes. Il est de retour à l’Élysée à 14 h.

27 mai. On apprend le débarquement à Cannes de Murat. Napoléon refusera ses services.

28 mai. Il va entendre la messe aux Tuileries, puis passe une grande revue qui dure jusqu’à 18h15. »

(L. GARROS et J. TULARD, « Itinéraire de Napoléon au jour le jour, 1769-1821 »,  Tallandier, 1992, pp.466-467).

 

 

 

 

 

Publié dans JOURS D'EPOPEE par
Commentaires fermés
( 1 mai, 2015 )

1er mai 1815…

« 6719. — Paris, 1er mai 1815.

Les vingt-sept bataillons de grenadiers de la garde nationale des départements de la 1ère  division et les trente bataillons de la 18ème  division, dont nous n’avons fait qu’ordonner la formation, par notre décret du 15 avril dernier, sont définitivement mis sur pied et à la disposition de notre ministre de la guerre pour les garnisons des places  et organisations de réserve. »

————-

« 6720. — Paris, 1er  mai 1815.

I. Toutes les places de première ligne de nos frontières du Nord et de l’Est, dont l’état est joint à ce décret, sont mises en état de siège.

II. Ces places seront approvisionnées, dans les proportions indiquées dans le tableau annexé au présent décret.

III. Les généraux commandant les divisions, les gouverneurs et commandants supérieurs se concerteront avec les autorités civiles pour porter sur-le-champ l’approvisionnement des places au complet.

IV. Les habitants des places de guerre portées au tableau, qui voudront y demeurer en cas d’hostilités, sont tenus de s’approvisionner en subsistances pour six mois. Les autorités civiles, les gouverneurs, commandants supérieurs et commandants de place tiendront la main à l’exécution de cette mesure. »

(Arthur CHUQUET, « Ordres et Apostilles de Napoléon (1799-1815). Tome quatrième », Librairie Ancienne Honoré Champion, Editeur, 1912, pp.566-567)

Publié dans TEMOIGNAGES par
Commentaires fermés
12
« Page Précédente
|