( 20 janvier, 2017 )

Une lettre d’Édouard de Colbert au maréchal Bessières…

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Le maréchal BESSIERES, duc d’ISTRIE.

Édouard de Colbert, général de brigade depuis le 9 mars 1809 s’était distingué dans la première partie de la campagne, en trouvant à Vileïka une grande quantité de vivres qui fut, comme disait Napoléon, d’un merveilleux secours, en prenant Orcha et en jetant aussitôt ses coureurs sur la rive gauche du Dnieper. Il se signala pareillement durant la retraite, gardant le 21 octobre 1812 le pont de Desna, envoyant à Moscou un parti de 200 chevaux qui rapportait des nouvelles du duc de Trévise [Mortier], nettoyait la route, ramassait les traîneurs, brûlait les voitures pour arriver le 23 « lentement et bien péniblement » à Fominskiya, et il rendait compte au duc d’Istrie [Bessières] ; qui était à Borovsk, de ce qu’il avait fait.

Arthur CHUQUET

Fominskiya, 23 octobre 1812, 4 heures ½, après-midi.

Dans l’instant j’arrive, après avoir marché lentement  et bien péniblement pendant dix-huit heures et au milieu de dix mille voitures ou charrettes. Ma retraite de Desna s’est faite hier à 7 heures, sans avoir vu un ennemi. La route de Moscou était libre. J’ai laissé beaucoup de chevaux en arrière, éreintés. J’ai trouvé des hommes de la Garde avec des équipages ; mais je ne leur ai rien dit, les croyant sous les ordres du chef de bataillon Quandal. Hier, j’ai brûlé quelques voitures. Le duc d’Elchingen [Ney] les brûlera aujourd’hui. Je plante à l’instant le piquet. Hommes et chevaux vont se reposer un peu. A 3 heures du matin et même plus tôt je me mettrai en route pour me rendre à Borovsk. Je vais envoyer à Charapovo, mais je pense que tout sera parti. Il y a huit lieues d’ici, et il sera bien tard.

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