( 26 janvier, 2017 )

Une LETTRE de BACLER d’ALBE durant la CAMPAGNE de RUSSIE.

 Une LETTRE de BACLER d'ALBE durant la CAMPAGNE de RUSSIE. dans TEMOIGNAGES Bacler-263x300

Le signataire de cette lettre est Louis-Albert-Guislain Bacler d’Albe (1761-1824), chef du cabinet topographique de l’Empereur, celui qui préparait les cartes où Napoléon suivait les opérations, qui plaçait les drapeaux ou signes figurant les unités. Capitaine de canonniers dans un bataillon de volontaires, adjoint comme géographe-dessinateur en 1796 à l’état-major général de l’armée d’Italie, chef des ingénieurs-géographes au Dépôt de la Guerre en 1799, il était alors adjudant-commandant (depuis 1807), baron de l’Empire (depuis le 31 décembre 1809), et devait être nommé en 1813 général de brigade. On nous le dépeint comme étant un petit homme agréable, gentil, instruit, plein de talent dans sa spécialité ; mais, dit un acteur de la campagne ; l’Empereur bourrait parfois ce grand topographe qui n’avait pas beaucoup d’esprit. D’Albe sait que Napoléon veut se retirer sur Smolensk par Kalouga et, sans révéler ce mouvement à sa femme, il écrit qu’elle ne doit pas, durant quelques jours, recevoir de nouvelles, que l’Empereur ne pourra pas envoyer d’estafette ; il prend un ton rassurant et gai.                                                                                                   

A .CHUQUET

 Du Kremlin, octobre 1812. 

…Il reste encore quelques tablettes de bouillon avec quelques jambons. Tu vois qu’avec tout cela on peut faire cent lieues dans un sens ou dans l’autre. Nous saurons probablement à quoi nous en tenir dans deux jours. Il est très possible que notre mouvement soit tellement combiné et singulier que nous serons pendant quelques jours sans recevoir ni envoyer d’estafettes. Connaissant ta bonne tête, je dois te prévenir de cela, parce que je ne veux pas que tu battes la campagne. Nous serons en bonne et nombreuse compagnie. Ainsi, sois sans inquiétude et ne t’étonne pas de notre silence. Aussitôt que je le pourrai, j’écrirai, et probablement nous serons plus voisins. Buvez à notre santé, en attendant, sans impatience ; tout cela fait du mauvais sang et il n’y a pas de raison d’en avoir.

Adieu, ma bonne amie, je reste ton dévoué,

Louis-Albert.

Document publié dans le volume d’Arthur Chuquet  intitulé « Lettres de 1812. 1ère série [seul volume paru] », Paris, Champion, 1911, pp. 84-85.

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