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( 20 mars, 2017 )

Un jour historique ! Paris, Palais des Tuileries, 20 mars 1815, 21 heures…

Écoutons quelques témoins de ce soir triomphal : « Neuf heures venaient de sonner au pavillon de l’Horloge ; je me promenais et causais avec mes camarades le long du château. Tout à coup des voitures très simples et sans aucune escorte se présentent au guichet du bord de l’eau et l’on annonce l’Empereur. Décrire ce moment n’est pas en mon pouvoir, il est impossible que des mots puissent le faire.  La grille est ouverte, les voitures entrent ; nous nous précipitons tous autour d’elles et nous en voyons descendre Napoléon. Oh ! Alors, toutes les têtes sont en délire : on se jette sur lui en désordre, on l’entoure, on le presse, on l’étouffe presque, et on finit, malgré tout ce que peuvent dire et faire les généraux qui l’accompagnent, par l’emporter dans ses appartements. (Capitaine Léon-Michel ROUTIER, « Récits d’un soldat de la République et de l’Empire, 1792-1830 »).

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« Toute la partie du côté du Pavillon de Flore près duquel est l’entrée ordinaire du Palais [des Tuileries], était remplie d’une masse si compacte de généraux, d’officiers, de gardes-nationaux et d’une grande quantité de personnes de distinction, qu’il me fut impossible de faire avancer la voiture jusqu’au perron. L’Empereur, voyant qu’il ne pouvait aller plus loin, descendit au milieu de la foule immense qui se pressait autour de lui et, dès qu’il eut mis pied à terre, on s’empara de lui et on le porta, pour ainsi dire, jusque dans ses appartements, sans que ses pieds puissent toucher les degrés de l’escalier. Il était neuf heures environ ». (Mameluk ALI, « Souvenirs sur Napoléon… ).

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« Les salles du palais [celui des Tuileries] semblaient métamorphosées en un champ de bataille, où des amis, des frères échappés inopinément à la mort se retrouvent et s’embrassent après la victoire », écrit FLEURY DE CHABOULON dans ses «Mémoires ».

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« 20 mars. Nous quittâmes Auxerre, la joie et l’enthousiasme régnaient dans la ville. Sa Majesté arriva dans la nuit à Fontainebleau. Après quelques heures de repos, Sa Majesté passa en revue dans la cour du palais un régiment de lanciers. Après l’arrivée de la Garde, l’Empereur, apprenant que le Roi avait quitté Paris et que la capitale était libre, se mit en route pour s’y rendre .Tous les villages que nous traversions témoignaient la plus vive joie ; une révolution sans exemple s’achevait sans le moindre désordre. Nous vîmes arriver autour de Sa Majesté tous les officiers généraux résidant à Paris ; une foule immense, plusieurs équipages à six chevaux vinrent au-devant de l’expédition. A neuf heures du soir, arrivé aux portes de Paris, l’Empereur rencontra l’armée qui devait commander le duc de Berry . Officiers, soldats, généraux, lanciers, cuirassiers, dragons, tous se pressèrent au-devant de l’Empereur. A son entrée aux Tuileries, Sa Majesté pouvait à peine traverser la foule des officiers qui l’entouraient ; elle fut obligée de leur dire, presque suffoquée par son émotion : « Mes amis, vous m’étouffez.  »

La nuit, la Garde arriva et bivouaqua dans la cour du Carrousel. Dès le matin, le drapeau tricolore avait été arboré sur la tour de l’horloge des Tuileries. Ainsi s’est terminée, sans rencontrer un obstacle, sans brûler une amorce et sans effusion de sang, une entreprise qui, au lieu d’être jugée comme une imprudente témérité, doit compter parmi les calculs les plus sublimes de la vie de l’Empereur, et l’entourer de la plus haute gloire militaire qui ait jamais honoré un grand capitaine. La marche de Cannes à Paris est sans exemple dans l’histoire des nations.C’est l’élan unanime d’un grand peuple courant au-devant de son libérateur. »  (Baron Guillaume PEYRUSSE, «Mémoires-1809-1815… »)

Vive l’EMPEREUR !

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