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( 24 avril, 2017 )

1er mai 1809: Guillaume Peyrusse pénètre en Autriche, à la suite de la Grande-Armée…

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Guillaume Peyrusse, qui fut Trésorier général de la Couronne pendant les Cent-Jours, a laissé un passage intéressant sur son entrée en Autriche, à la suite de la Grande-Armée.Tout d’abord voici un extrait qui était resté totalement inédit. Il est extrait du manuscrit des « Mémoires » de G. Peyrusse (se trouvant à la Bibliothèque municipale de Carcassonne). Il fut reproduit la première fois dans mon édition réalisée aux Editions Cléa en septembre 2009:

« 1er mai [1809]. Nous voici en Autriche, la terreur nous précède, la dévastation nous suit sur le pays ennemi. Plus de distributions aux troupes. Tout appartient au soldat : vivres, fourrage, linge, vêtements, or, argent, il prend tout ce qu’il trouve.On n’ordonne pas le pillage mais on le tolère. L’avant-garde s’empare du meilleur, le centre glane, l’arrière-garde incendie de colère les maisons où elle ne trouve rien. Voilà la guerre ! La terreur était dans Branau [Braunau] quand nous y arrivâmes. » Le fragment qui suit fut également reproduit par L.-G. Pellissier à la fin du volume de la correspondance échangée entre Guillaume Peyrusse et son frère André (Perrin et Cie, 1894). Je l’ai transcrite dans mon édition . « Nous découvrons Ulm. En approchant de cette ville, l’une des plus considérables de la Souabe, je ne pus m’empêcher de rabattre un peu de la mauvaise opinion que j’avais du général Mack qui l’a rendue sans la défendre en 1805. Cette place est entourée, il est vrai, par de larges fossés et fortifiée de murailles assez élevées, mais ses remparts ne sauraient la protéger puisqu’elle est presque entièrement dominée par une colline qui permet de la foudroyer à demi-portée de canon. Résister eût été une sottise. La garnison, il est vrai, était forte de plus de 30,000 combattants, mais ils avaient à leur tête des princes faibles, qu’il était du devoir de Mack de ne pas compromettre. Ce général le savait. En outre, il avait reçu de Napoléon, maître du plateau qui commande la place, le billet doux suivant : « Si je prends la place d’assaut, je serai obligé de faire ce que j’ai fait à Jaffa, où la garnison fut passée au fil de l’épée. C’est le triste droit de la guerre, vous le savez. Je désire qu’on épargne à la brave nation autrichienne la nécessité d’un acte aussi effrayant. » Il eût été difficile de ne pas se rendre à de pareilles raisons, quand on n’a pas le courage de faire une sortie…» (Fragments Inédits, « Notes de voyage », pp.208-209, [sans nom de lieu], 24 avril 1809).

C.B.

 

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