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( 11 août, 2017 )

DERNIERS JOURS de l’ARMISTICE de PLEISWITZ et ceux qui suivirent…

Un extrait choisi des « Mémoires » de Guillaume Peyrusse (Editions Cléa, 2009), qui occupait depuis le 29 juillet 1813 les fonctions de Payeur de l’Empereur (après avoir été nommé initialement « Payeur du Trésor de la Couronne, à la suite de l’Empereur »).

8 août. On apprend que la trêve doit être dénoncée le 10 août, et, le 15 août, l’armistice cessera. Ce jour est la fête de l’Empereur, elle sera placée au 10 août.

10 août. Le plus beau jour a éclairé cette fête. A dix heures, Sa Majesté, après avoir reçu les compliments du Roi, de la famille royale, des grands officiers de sa maison, des maréchaux et des officiers de sa Garde, s’est rendue dans la prairie de l’Osterwise. Trente mille hommes d’infanterie et soixante-quinze escadrons défilent devant Leurs Majestés. A trois heures, les temples retentissent des chants du Te Deum. Un grand dîner a été servi à la Garde dans la grande allée de la Neustadt, et à l’armée du génie dans l’intérieur de la tête du pont. A la chute du jour, la Garde, au milieu des plus vives santés offertes à l’Empereur, à l’Impératrice, au Roi de Rome, à toute la Famille impériale, a fait un feu de file soutenu, en cartouches étoilées. Il y a eu grand banquet chez le roi de Saxe. Le soir, les principaux édifices de Dresde, le palais du Roi et des Princes, les hôtels des divers ministères et administrations saxonnes et les principales rues présentaient une illumination brillante.

Visité le palais Brulh et joui, de la terrasse du château, du beau développement que présente l’Elbe.

12 août.  Nous apprenons qu’on n’a pu s’entendre à Prague ; la face de Dresde a changé ; l’armistice a été dénoncé hier ; les hostilités vont recommencer ; les troupes quittent leurs cantonnements, leurs camps de plaisance ; le congrès est dissous. Un nouvel ennemi s’est déclaré contre nous. L’Autriche est entrée dans la coalition. L’armistice n’a été conclu que pour lui donner le temps de compléter ses armements ; de nouveaux aliments vont faire éclater avec plus de vivacité des querelles sanglantes qu’on se plaisait à croire terminées.

15 août.  Sa Majesté vient de partir, prenant la route de Pirna. Elle passera l’Elbe sur les ponts jetés entre Königstein et Lilienstein. La maison s’est arrêtée à Harta.

16 août. Sa Majesté est entrée à Bautzen. On apprend dans la journée que, déjà, nos troupes, en Silésie, ont été attaquées à l’improviste dans leurs cantonnements, et que le général Jomini, chef de l’état-major du prince de La Moskowa, avait passé à l’ennemi.

17 août.  A Reichenbach.

18 août. A Görlitz. Sa Majesté se porta plus avant. Déjà le prince Poniatowski avait rencontré une avant-garde autrichienne, en avant de Zitau ; on en était venu aux mains. Plusieurs corps d’armée avaient été détachés pour aller à la rencontre de l’armée autrichienne.

19 août.  A huit heures, Sa Majesté est partie pour Zitau. Dans la journée, le canon s’est fait entendre dans cette direction. Sa Majesté est allée jusqu’à Gabel. En rentrant de nuit à Zitau, le colonel Bernard, aide-de-camp de Sa Majesté, traverse un pont étroit et sans parapet, tombe dans le ravin et se casse la jambe. Sa Majesté fut très sensible à cet accident qui la privait d’un officier du plus grand mérite.

20 août. A trois heures du matin, Sa Majesté est rentrée à Görlitz. Son arrivée est le signal du départ du quartier impérial. On arrive à Lauban.

21 août.  Nous arrivons à Lowenberg. Les Prussiens, en fuyant devant nous, avaient brûlé le pont sur la Bober ; malgré la plus vive résistance, nos sapeurs le rétablissent. Le général Lauriston s’élance sur l’ennemi ; les troupes du duc de Tarente appuient ce mouvement. La Jeune et la Vieille Garde sont en observation dans la plaine. La nuit, les feux des bivouacs ennemis s’aperçoivent dans le lointain. Sa Majesté, qui s’était portée fort en avant, contente d’avoir arrêté le mouvement des Prussiens, rentre à Lowenberg.

22 août. Séjour. On annonce l’ennemi dans la plaine de Dresde.

23 août.  A Görlitz.

24 août.  A Bautzen. Les lettres de Dresde appellent Sa Majesté. Le Roi de Naples se dirige vers cette capitale. J’ai visité le faubourg dit des Wendich ou Vandales. Cette colonie d’habitants diffère des autres Saxons par la couleur de la peau ; elle a conservé ses mœurs, ses jeux et d’autres habitudes étrangères au pays.

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