( 7 septembre, 2017 )

La GARDE à LA MOSKOWA…

La GARDE à LA MOSKOWA… dans HORS-SERIE lamoskowaDe tous les écrivains militaires qui reprochent à Napoléon de n’avoir pas engagé la garde, Gouvion-Saint-Cyr est peut-être le plus résolu, le plus affirmatif. Il dit que les Russes étaient vaincus, mais non défaits; qu’on avait frappé le corps et non l’âme de leur armée; que, s’ils avaient essuyé une perte énorme, elle était compensée par les pertes de Napoléon; qu’ils avaient l’immense avantage de se renforcer tous les jours, tandis que les vides faits dans les rangs français ne se rempliraient pas. Napoléon, selon Saint-Cyr, a donc commis une faute en ne faisant pas donner la totalité de sa Garde. Pourquoi entretenir à si grands frais un corps d’élite, pourquoi le ménager sinon pour qu’il produise, en de semblables circonstances, « un grand résultat qui dédommage de tous les inconvénients attachés à sa formation »? Si la Garde toute entière avait donc donné — ajoute Saint-Cyr — dans le moment où son artillerie seule a été engagée et où l’ennemi fit ses derniers efforts, il est certain que, « conduite avec la vigueur et l’intelligence qu’on devait attendre de ses chefs, sous les yeux et à la voix de son empereur, elle aurait fait des prodiges; que l’armée russe eût été non seulement vaincue, mais culbutée, mise en déroute, en partie détruite, et ses restes dispersés vers les extrémités de l’empire. Dans cette seule hypothèse,  Napoléon pouvait encore faire ce qu’il aurait voulu, prendre ses quartiers d’hiver à Moscou, au printemps poursuivre ses succès, ou offrir à l’empereur Alexandre une paix acceptable. »

(Arthur CHUQUET, « 1812. La Guerre de Russie. Notes et Documents. Deuxième série » Fontemoing et Cie, Editeurs, 1912,  pp.57-58).

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