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( 8 décembre, 2017 )

Science, médecine et pharmacie de la Révolution à l’Empire (1789-1815).

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Le quart de siècle qui sépare la fin de l’Ancien Régime de la Restauration a une certaine individualité, soit que l’on voie ne lui le prolongement du XVIIIème siècle ou, au contraire, le commencement du XIXèmeCette individualité est particulièrement marquée sur le plan scientifique et technique. 

Certes depuis 1770, Paris était une grande capitale scientifique. Le gouvernement royal s’était vivement intéressé au développement des sciences médicales et naturelles malgré l’opposition de certaines structures qu’il ne pouvait faire disparaître.  Mais qui s’effondrèrent, dès le début de la Révolution. La République put ainsi faire aboutir certaines réformes, restées depuis Turgot à l’état de projet dans les archives ministérielles et en dépasser l’esprit et la lettre. Elle donna également aux savants et aux techniciens, dans les assemblées parlementaires, une place qu’ils n’avaient jamais eue auparavant dans la Nation. Des personnalités telles que Monge, Fourcroy, Guyton de Morveau et Berthollet ont joué, à la fois, un rôle scientifique, politique et militaire. D’autres ont été ministre de l’Intérieur, comme Chaptal, toutes choses impensables à cette époque dans le reste de l’Europe. L’expédition d’Égypte, avec sa Commission de savants et d’artistes se différencia de toutes les expéditions coloniales antérieures par un souci désintéressé de connaître le pays, dans tous ses aspects, et d’élever le niveau de l’hygiène et de sa santé publique. Les résultats obtenus furent remarquables et les « égyptiens» eurent ultérieurement une influence scientifique et politique importante. Brumaire a été le coup d’état des généraux de gauche, mais aussi celui de l’Institut et de tous les intellectuels qui faisaient confiance à Bonaparte, le « Washington » français, dont Cabanis aurait voulu être le « Franklin ». La veille du coup d’état, Bonaparte, lui-même, alla saluer, à la tête d’un cortège philosophique, en son salon d’Auteuil, Mme Helvétius, l’Égérie des Idéologues dont la caution lui paraissait importante, à ce moment-là. Il ne cacha pas sa satisfaction d’être membre de l’Institut, et la marqua en en faisant suivre, dans quelques-unes de ses proclamations, celui de commandant en  chef de l’armée.  Comme il se voulait être un  gouvernement progressiste, éclairé par la Science et faisant grâce à elle le bonheur du peuple, la République conçut un programme « éducationnel » et institutionnel correspondant à ses visées idéologiques. Ces structures nouvelles (Conservatoire des Arts et Métiers, Institut, Bureau des longitudes, École polytechnique, École de Santé, Commission internationale du système métrique, etc.) ont été conçues à l’échelle nationale, avec un recrutement démocratique et un budget confortable.

Il serait trop long d’exposer les progrès scientifiques réalisés par les savants français. Mais il faut dire que la technologie n’est pas restée en arrière. L’exposition de 1798, première manifestation de ce genre dans le monde, est très instructive à cet égard. On est surpris de l’ampleur des objets exposés qui vont des tissus de soie aux célèbres montres Bréguet. Les fabricants d’instruments scientifiques ne sont pas oubliés, pas plus que l’école d’aérostiers de Meudon ; l’Arsenal de Saint-Antoine (avec ses canons de fer pour la marine et de bronze pour l’armée) ; la fabrique de poudres à canon d’Essonnes, le télégraphe Chappe ; les instruments scientifiques, les crayons Conté, etc. La réforme de l’enseignement médico-pharmaceutique est celle des hôpitaux échoua parce qu’il est impossible de substituer brusquement à l’ordre naturel des choses des conceptions théoriques tout à  fait  différentes des réalités. Mais, après une décennie où aucun diplôme de praticien ne fut délivré et où le malaise hospitalier fut grand, Paris devint la capitale d’une nouvelle médecine, la médecine d’hôpital qui attira les praticiens du monde entier. 

Professeur Pierre HUARD, de la Faculté de Médecine de Paris. 

Cet article fut publié en 1970 dans la « Revue de l’Institut Napoléon ». L’auteur, Pierre Huard, fit paraître à cette époque (aux Editions Roger Dacosta) un livre très intéressant portant le même titre. Un volume relativement peu courant car édité à seulement 5000 exemplaires numérotés. 

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