• Accueil
  • > Archives pour le Vendredi 16 mars 2018
( 16 mars, 2018 )

Une lettre d’Édouard de Colbert au maréchal Bessières…

bessires.jpg

Edouard de Colbert, général de brigade depuis le 9 mars 1809 s’était distingué dans la première partie de la campagne, en trouvant à Vileïka une grande quantité de vivres qui fut, comme disait Napoléon, d’un merveilleux secours, en prenant Orcha et en jetant aussitôt ses coureurs sur la rive gauche du Dnieper. Il se signala pareillement durant la retraite, gardant le 21 octobre 1812 le pont de Desna, envoyant à Moscou un parti de 200 chevaux qui rapportait des nouvelles du duc de Trévise [Mortier], nettoyait la route, ramassait les traîneurs, brûlait les voitures pour arriver le 23 « lentement et bien péniblement » à Fominskiya, et il rendait compte au duc d’Istrie [Bessières] ; qui était à Borovsk, de ce qu’il avait fait.

Arthur CHUQUET

Fominskiya, 23 octobre 1812, 4 heures ½, après-midi.

Dans l’instant j’arrive, après avoir marché lentement  et bien péniblement pendant dix-huit heures et au milieu de dix mille voitures ou charrettes. Ma retraite de Desna s’est faite hier à 7 heures, sans avoir vu un ennemi. La route de Moscou était libre. J’ai laissé beaucoup de chevaux en arrière, éreintés. J’ai trouvé des hommes de la Garde avec des équipages ; mais je ne leur ai rien dit, les croyant sous les ordres du chef de bataillon Quandal. Hier, j’ai brûlé quelques voitures. Le duc d’Elchingen [Ney] les brûlera aujourd’hui. Je plante à l’instant le piquet. Hommes et chevaux vont se reposer un peu. A 3 heures du matin et même plus tôt je me mettrai en route pour me rendre à Borovsk. Je vais envoyer à Charapovo, mais je pense que tout sera parti. Il y a huit lieues d’ici, et il sera bien tard.

Publié dans TEMOIGNAGES par
Commentaires fermés
( 16 mars, 2018 )

Deux lettres du général Gérard à propos du colonel de La Bédoyère.


 Deux lettres du général Gérard à propos du colonel de La Bédoyère. dans TEMOIGNAGES empire

Celle-ci est adressée au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la Guerre.

Paris, le 22 janvier 1814.

Mon seigneur, la 2ème division du corps que je commande n’ayant point encore de généraux de brigade, j’ai l’honneur de proposer à Votre Excellence, pour remplir l’un de ces emplois, M. le colonel de La Bédoyère qui a commandé sous mes ordres, le 112ème régiment de ligne pendant la dernière campagne. Je sais que M. de La Bédoyère n’est pas encore très ancien de grade, mais je lui connais toutes les qualités nécessaires pour commander une brigade avec distinction et pour communiquer à la troupe l’élan et la bravoure dont il est lui-même animé.

C’est donc sous ce point de vue, Monseigneur, que j’ai l’honneur de vous proposer le colonel de La Bédoyère pour le grade de général de brigade ; c’est parce que je suis convaincu des services qu’il peut rendre, et no pas aucun motif d’intérêt particulier pour cet officier, que je n’ai connu que sur le champ de bataille. Mon intention était de présenter moi-même une demande à l’Empereur ; mais je n’en ai point l’occasion ; je pense qu’étant appuyé par Votre Excellence, elle ne pourra manquer d’être agréée par Sa Majesté.

Un mois après, Gérard renouvelle sa requête, cette fois au major général Berthier.

Sens, 21 février 1814.

Monseigneur, le colonel de La Bédoyère, commandant le 112ème régiment, est employé à Paris, où il commande une brigade de la division Fririon. Je me crois obligé de désigner à Votre Altesse Sérénissime cet officier supérieur comme l’un des plus dignes d’être promu au grade de général de brigade. Il a fait avec moi la campagne dernière ; il sait bien la guerre, est d’une valeur brillante et donne à propos l’impulsion aux troupes. Si le colonel de La Bédoyère obtient cet avancement, je considérai comme une faveur su Votre Altesse Sérénissime veut bien l’employer au 2ème corps.

(Arthur CHUQUET, « L’Année 1814. Lettres et Mémoires », Fontemoing et Cie, Éditeurs, 1914, pp.58-59).

Publié dans TEMOIGNAGES par
Commentaires fermés
|