( 30 avril, 2018 )

Suite à la découverte récente de lettres de Napoléon, à Ajaccio…

Lettres.

Je ne pense pas que ce soient des lettres inédites, comme le suppose un peu hâtivement la personne qui les a découvertes.

La première lettre que l’on peut voir (en partie) sur cette photo et signalée par une flèche, pourrait être celle-ci, adressée au général Clarke, duc de Feltre,  Ministre la Guerre :

« Dresde, 27 juin 1813.

Je vous envoie l’état des déserteurs de la guerre. Je vous prie de faire mettre des garnisaires chez leurs parents et de faire en sorte que ces hommes soient retrouvés. »

D’après la minute. Arch. Nat. AF IV, 900. 

Elle a été publiée sous le n°2046, dans l’ouvrage intitulé : « Dernières lettres inédites de Napoléon 1er. Collationnées sur les textes et publiées par Léonce de BROTONNE. Tome II », Paris, Honoré Champion, Libraire, 1903, p.406.

C.B.

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( 30 avril, 2018 )

Une belle découverte !

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( 30 avril, 2018 )

« Souvenirs sur Sainte-Hélène », par Etienne Bouges. (II)

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II – MON DEPART POUR SAINTE-HELENE ET MON VOYAGE.

M. Bertrand fait un voyage à Paris pour préparer les voies. Mon départ est assez longtemps suspendu parce qu’on cherche un femme de chambre que Madame la comtesse Bertrand désire qu’on lui envoie en même temps. Mon passeport à l’étranger est, par cette raison, révisé plusieurs fois. On y met homme et femme de chambre attachés au service du général Bertrand. Comme on ne peut se procurer à Châteauroux une femme qui a le courage de faire ce voyage, je pars seul. M. de Vérigny était Préfet de l’Indre, mais c’est M. de Passardy, conseiller de Préfecture, qui, en son absence, appose la dernière signature. 

Enfin je quitte Châteauroux au mois d’octobre 1818. C’est à Paris qu’on trouve une femme de chambre. Elle est trouvée par un ancien cocher du général Bertrand nommé Henri. Cette fille, appelée Soudan, avait une inclinaison pour un militaire ne convenant pas à sa famille, bien aise d’éloigner sa fille. Mais avant que je quitte Châteauroux, M. Bertrand m’a donné des instructions pour son fils. Il me les fait apprendre par cœur et on me fait réciter pour être bien sûr que je peux les retransmettre exactement. Il donne des nouvelles de toute la famille et désire surtout savoir la position du général. Il lui recommande, quand il répond, se mettre à la fin des premières lignes un point qui signifie 100.000 frs et ainsi de suite. Ces précautions ne sont pas inutiles en raison de l’inquisition rigoureuse que le Gouverneur de Sainte-Hélène exerce sur tout ce qui entre dans l’île. 
Je ne reste à paris que quelques jours et uniquement pour attendre que la femme de chambre soit prête et pour recevoir de M. Cottenet, notaire du général, les fonds nécessaire à mon voyage. M. Cottenet me recommande à l’un de ses anciens collègues, M ; de Faucompret, qui après avoir fait de mauvaises affaires, s’est retiré à Londres où il s’occupe de traduire en Français les romans de Walter Scott. 
Pendant mon court séjour à Paris, on me remet une lettre de M. le comte d’Osmond, Ambassadeur de France en Angleterre. Je dois l’apprendre par cœur et ensuite la récrire moi-même, pou la remettre au général Bertrand. Je la répète tant de fois, pendant mes traversées, que je suis sûr encore aujourd’hui, après 56 ans, de n’en omettre aucune syllabe. Cette lettre était conçue en ces termes : 

« Madame Bertrand concilie les suffrages universels. Il serait à désirer que son mari réprimât l’aigreur trop prononcée dans sa correspondance avec Sir Hudson. Elle pourrait rendre, à la fin, la situation plus fâcheuse. Le malheur commande l’indulgence, mais on ne doit pas la mettre à trop grande épreuve. « 

Dans le même temps, on me prie de la part de M. le comte de Sémonville, de dire à son beau-fils le général Montholon : « de ne jamais quitter l’Empereur et que, cela étant, tout serait sauvé; au contraire tout serait perdu. » 
Arrivé à Calais, avec la femme de chambre Soudan, nous nous embarquons sur le paquebot l’Iris. Une fois à Londres, M. de Faucompret nous avait retenu un logement chez un traiteur Français, nommé Giraud., Castel Street, Leicester Square. Cette adresse nous ayant été fournie par M. Cottenet, on s’y rend directement. 

Mon séjour à Londres dure presque un mois. La femme de chambre a beaucoup souffert de la traversée. Elle se dit malade et veut retourner à paris. Elle repart en effet, au bout de quelques jours. J’ai eu l’occasion de la revoir à mon retour de Sainte-Hélène : elle s’est mariée avec son amoureux. 
M. Bertrand m’a écrit et m’engage à retarder mon départ pour attendre l’arrivée d’une autre femme de chambre qu’on espère se procurer. Mais ennuyé de me promener dans Londres, je me décide à partir seul et je peux prendre passage, à Gravesend, sur un navire qui porte les dépêches au Cap de Bonne Espérance. Ce navire s’appelle Kit Paquet. M. de Faucompret avait fait payer, à Londres, ma traversée. Je suis à la table du capitaine. 
On signale, en passant, Madère, le Cap Vert et les canaries. Quand la mer est grosse, je suis assez malade. Il y a sur ce navire, comme passagers, trois hommes qui sont des artisans, trois demoiselles et une femme de chambre : ces demoiselles vont se marier au Cap avec des officiers de la garnison. 

Nous mettons deux mois et demi pour arriver au Cap, car, à cette époque, on ne connaît pas les bateaux à vapeur. J’ai une lettre pour le Gouverneur de la Colonie et je descends chez le Commissaire Français qui se nomme M. Desercotets. Peu de jours après, je m’embarque pour Sainte-Hélène sur un transport qui a une quantité de boeufs sur le pont pour le service de cette île. Je suis dans une cabine avec un jeune officier Anglais, qui me paraît être là comme aux arrêtes. Mais comme il ne sait pas plus le Français que moi l’Anglais, nous ne pouvons nous entendre si ce n’est par signes pour les choses essentielles.

III – MON ARRIVEE A SAINTE-HELENE.

Enfin j’arrive à Sainte-Hélène vers le milieu de janvier 1819 après une traversée de quinze jours ; 
Note de G. Godlewski : Inexact : Le Grand maréchal Bertrand note dans ses Cahiers à la date du 11 mars 1819 : « La Hyène arrive du Cap et amène un domestique Français parti d’Angleterre le 1er décembre 1818 ; il est venu en 80 jours, est resté 8 jours au Cap. Il a été 12 jours dans la traversée du Cap à Sainte-Hélène. Il donnes des nouvelles de la famille Bertrand » Tome II – page314 

Mon débarquement est annoncé : un agent Anglais, envoyé par le Gouverneur Hudson, vient me prendre et m’amener chez ce dernier avec mes bagages. Le Gouverneur habite Plantation House mais il a un pied-à-terre à Jamestown, qui est une ville d’environ 3.000 âmes et seul port de l’île. 
Note De G. Godlewski : Il s’agit en réalité des bureaux du Gouverneur installés au Château de Jamestown 

Outre ma malle, j’ais des caisses pour Madame la Comtesse Bertrand. Elles contenaient des objets de toilette qui ont été confectionnés à Londres par les soins de Lady Holland qui s’intéresse beaucoup aux exilés de Sainte-Hélène 
Note de G. Godlewski : Lady Holland et son mari, neveu de Fox, sont en effet les plus fervents défenseurs de Napoléon à Londres pendant la captivité. Amie de la duchesse de Fitz-James, demi-sœur de Fanny Bertrand, elle fait venir à plusieurs reprises à cette dernière des robes, du linge et des friandises, ainsi qu’à Napoléon, des livres et des journaux. De son côté Lord Holland, un des leaders de l’opposition libérale, éleva au Parlement des retentissantes protestations contre les conditions de sa détention et les stupides brimades d’Hudson Lowe 

Le Gouverneur visite minutieusement ma malle, ainsi que les caisses de Mme la Comtesse Bertrand. Il me demande si je suis porteur de lettres ou d’écrits. Je réponds que non et l’on ne cherche pas sur moi. Mes colis sont alors placés sur une charrette et conduits à Longwood. Je suis à pied. Il me semble que les habitants de Jamestown me regardent d’un air ironique. La distance est de six kilomètres, en raison des détours que les montagnes obligent à faire. 

Note : Exact, l’unique route de Jamestown monte d’abord en lacets pour atteindre le plateau, puis, après avoir contourné la profonde dépression du « Bol à punch du diable »(Fishers’s Valley) avant d’attaquer l’enceinte de Longwood. 

Arrivé à la demeure du général Bertrand, cet excellent maître court vers moi, m’embrasse en versant des larmes, me demande des nouvelles de sa famille et me dit que mon arrivée, qu’il attendait avec impatience, est un des plus beaux jours de sa vie. Il me présente à Madame la Comtesse qui me reçoit avec le même empressement et la même affabilité. 

Il établit mes appointements à 1.200 frs : M. Bertrand m’en avait promis 600. 
Note de G. : A titre de comparaison, le salaire annuel de Marchand, premier valet de chambre de Napoléon est fixé à 8.000 frs, ceux d’Ali, Saint-Denis et Noverraz à 4.000. 

Dès que je suis un peu reposé, je me mets à écrire tout ce que M. Bertrand père m’avait chargé de transmettre à son fils. Peu de jours après l’Empereur que l’on a informé de mon arrivée, car l’introduction d’un Français est un événement, me fait demander. J’ai dit que j’avais eu l’occasion de l’apercevoir à Essonne, mais me trouvant pour le première fois en sa présence, je ne sais rendre l’impression que j’en ressentis. Il est debout dans son costume habituel : habit bourgeois, veste et culotte de casimir blanc, bas de soie blanche, souliers à boucles d’or et son chapeau traditionnel. Il a sur son habit, la plaque de la Légion d’Honneur. Il me fait de brèves questions sur mon voyage et finit par dire « Que pense-t-on en France ? » 
Je réponds qu’on espère son retour. « Je n’y reviendrais jamais, reprend-il vivement, allons, allons, ajoute-t-il, adieu Berrichon » 

Note G. Godlewski : Ni les Cahiers de Bertrand, ni les récits de la Captivité de Montholon, ni les Mémoires de Marchand, ni les Souvenirs d’Ali, ni les Journaux du Docteur Verling et du Capitaine Nicholls, pourtant en poste à Longwood et à l’affût du moindre événement, ne font mention de cette audience accordée par Napoléon à Bouges. En fait son arrivée à Longwood passa totalement inaperçue, contrairement à ce qu’il prétend. Seule l’allusion du Grand maréchal citée plus haut la confirme. La venue de Bouges en mars 1819 se situe, il est vrai, au cours d’une période de tension extrême entre Lowe et son prisonnier, celui-ci venant d’être gravement malade en janvier et refusant de se montrer à l’officier d’ordonnance Anglais, en représailles de l’arrestation de son médecin, le Dr.Stokoë. Les Mémoriaux sont centrés, pendant cette crise, sur des échanges de notes quotidiennes virulentes, ce qui explique peut-être l’absence d’intérêt par cette présence nouvelle qui, en des temps plus calmes, eût alimenté les conversations. Ultérieurement aucun Mémorialiste ne mentionne Bouges au cours des vingt-six mois de son séjour, sans doute en raison de la minceur du personnage. Cela n’infirme pas la véracité de l’entrevue qui semble conforme à la psychologie de Napoléon avide des moindres nouvelles d’Europe.

A suivre.

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( 28 avril, 2018 )

Dernier avis de lecture sur le témoignage du major Le Roy.

Ultime conclusion de Bernard, lecteur attentif,  à propos de mon ouvrage:

« Ayant terminé cet ouvrage, je voudrais y revenir un instant pour souligner la grande humanité du major Le Roy, un homme qui forge le respect. Le récit de la retraite est poignant, la relation du passage de la Bérézina un modèle du genre (certains points sont quand même discutables)… Nommé major du 85e avec l’ordre de rejoindre le dépôt à Coblence, peu avant le départ de Moscou. Voilà notre homme obligé de suivre l’armée et qui en vit le quotidien, échappant tant bien que mal aux pièges et tracas, parvenant même à Vilna avec son cheval. Il a perdu dans la campagne son fils et son domestique, il a connu le pire, les privations mais son témoignage montre aussi que l’armée n’a jamais été totalement abandonnée. Même aux pires moments, il y a eu des distributions de vivres… le reste relève de la débrouille ! On vit avec lui les pires moments de la campagne, les hommes capables du pire et, malgré tout, de solidarité. C’est une grande leçon de vie que cet ouvrage ! Il mérite qu’on s’y attarde… Merci, Christophe, de l’avoir publié. »

8 MARS 2018

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( 22 avril, 2018 )

Après le burnous, un chapeau de l’Empereur !

Chapeau vente 18 juin 018

Décidément, que de choses abandonnées dans la déroute de Waterloo ! 

A lire : http://www.parismatch.com/Royal-Blog/ro … on-1501229

On notera l’absence de cocarde sur ce bicorne.

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( 21 avril, 2018 )

Encore quelques mots à propos du témoignage du Major Le Roy…

8 MARS 2018

« S’agissant de la campagne de Russie, le major Le Roy n’y va pas par quatre chemins, commençant par s’attirer la sympathie des mémorialistes : “J’ai remarqué que tous ces écrivains ne s’accordent pas entre eux, même sur les événements principaux, et, s’ils se rapprochent quelquefois, c’est pour avoir la sotte vanité de donner le coup de pied de l’âne au grand homme qui nous commandait. Blâmant l’entreprise, l’ambition et l’irrésolution que ce chef a, suivant eux montrées dans cette campagne, Ségur est à la tête et, pour remplir son livre, il a fait comme le maître cordonnier du 108e régiment qui tirait son cuir avec ses dents pour l’allonger.”

C’est le 26 mars 1812 que son régiment doit commencer son mouvement. Le 11 juin, il est passé en revue par le général Dessaix puis, chargé de dix jours de vivres, part en direction du Niémen. Les conditions sont déjà difficiles et les jeunes soldats sont à la peine: “avant le passage du Niémen, nous en avions déjà perdu un cinquième et, quatre jours après, à Vilna, il en manquait la moitié qui n’avait pu suivre la colonne”. Par la suite, la chaleur puis les pluies froides causent des dégâts, “les hommes par la farine qu’ils s’empressaient d’avaler avant qu’elle fut bien cuite” et les chevaux par l’effet de “cette pluie froide et les blés verts qu’on leur donnait à manger les tuaient sur le champ”. Le 16 juillet, ils traversent la Bérézina “sans même la remarquer, n’ayant de l’eau qu’à mi-jambe, n’imaginant pas que cette rivière dût nous causer de si grands malheurs quelques mois plus tard”.

A la bataille de Smolensk, Le Roy invente un mot qui se heurte à tous les dictionnaires : “l’ennemi se retira en effet après avoir mis le feu à la ville haute, où étaient les vicagalins”, les vicagalins ? Un surnom pour les soldats russes ?

Sur la bataille de la Moskova, l’explication est limpide : “Si ces messieurs voulaient nous arrêter et nous battre avant que nous vissions Moscou, il était temps qu’ils s’y prissent”. L’humour du combattant ! Il a pourtant du respect pour ces Russes : “J’étais surpris de voir la discipline, l’ordre qui régnaient dans une armée battue. je puis affirmer n’avoir jamais vu, étant à l’avant-garde, une seule charrette, pas un cheval, enfin, pas un seul soldat russe abandonné ou resté en arrière”. Autour de Moscou, il est de même surpris par l’acharnement des partisans et des paysans russes qui s’en prennent directement aux soldats français. Au passage, il règle quelques comptes avec la comtesse de Ségur, fille du gouverneur de Moscou, tout en confondant l’oncle auteur et son jeune neveu neveu.

Bernard. »

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( 21 avril, 2018 )

Des pâtes ? Oui mais des macaronis !

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( 18 avril, 2018 )

Complément de la part de mon lecteur enthousiaste… A propos des « Souvenirs » du Major LE ROY.

Ces impressions font suite à celles diffusées ici le 14 avril dernier.

« J’avance dans ma lecture et je suis surpris de la qualité des réflexions de Claude Le Roy. Il ne faut pas y chercher le récit précis des campagnes car, comme l’écrit l’auteur, “que pouvait voir un simple officier dans le cercle plus ou moins grand qu’il occupait, suivant son emploi ? » En voilà du bon sens… Et il ne s’arrête pas là : “En outre, chaque nation qui avait pris une part active à cette guerre a eu son genre et sa manière d’en faire le récit en sa faveur, en rejetant les inconvénients malheureux sur la partie adverse et en attribuant, à son avantage, tous les hasards heureux que les circonstances leur ont offerts.” D’ailleurs, “vous pourrez, pour en avoir une connaissance très inexacte, compulser le volumineux récit qu’en a fait, en 25 volumes in-8°, l’auteur bavard des Victoires et Conquêtes où la moitié des faits sont, ou faux ou noyés dans un verbiage de mots techniques ampoulés et sans suite…”

L’intérêt de l’ouvrage tient plus dans la vie de l’officier en campagne, ses dangers, ses déplacements, ses mésaventures et ses blessures… Les promotions qui lui passent sous le nez aussi, faute de savoir se faire mousser : « Combien de fois ai-je vu, dans nos régiments, pour l’avancement aux choix, préférer et recevoir des chevaux de parade, et mettre de côté le petit cognat qui, fort, robuste et tenace, soutenait les fatigues de la campagne, tandis que le grand dadais y succombait bientôt, quoique brave, car il manquait d’énergie ». Quelle belle plume !

Bernard. »

Dans-les-armees-de-Napoleon

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( 16 avril, 2018 )

Le général Friant…

friant.jpg

« Friant, disait l’Empereur à Sainte-Hélène, n’est pas capable de tirer parti de la Garde : c’est un bon soldat, voilà tout. » Pourtant, durant la campagne de Russie, à Vitebsk, lorsqu’il apprit la mort de Dorsenne, il nomma Friant colonel des grenadiers à pied de sa Garde. « Je vous apprends avec plaisir, écrivait Berthier à Friant le 8 août, que l’Empereur vous a nommé colonel commandant des grenadiers à pied de sa Garde, en remplacement du général Dorsenne qui vient de mourir.

Vous n’en conserverez pas moins, jusqu’à nouvel ordre, le commandement de votre division. Rendez-vous ici demain, à 6 heures du matin, pour être reconnu à la parade, à 7 heures. » Le 9 août 1812, à 7 heures du matin, par la pluie, l’Empereur recevait Friant à la tête des grenadiers de la Garde :  « Grenadiers de ma Garde, dit-il, vous reconnaîtrez le général Friant pour votre commandant colonel et lui obéirez comme tel en tout ce qu’il pourra vous commander pour l’exécution des règlements militaires », et il donna à Friant l’accolade d’usage. Le même jour, le maréchal Lefebvre, duc de Dantzig, s’adressait àla Vieille Garde dont il était commandant, rendait hommage à la mémoire de Dorsenne.

« Vous reporterez, ajoutait-il, sur son successeur l’amour que vous aviez pour lui ; la réputation du général Friant, l’aigle qui le décore et le choix de Napoléon vous assurent qu’il est digne de vous commander ». 

Arthur CHUQUET  

(« Lettres de 1812. Première série [seule parue] », Librairie Ancienne, Honoré Champion, Editeur, 1911). 

 

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( 15 avril, 2018 )

Lettre du général Friant au sous-préfet de Fontainebleau…

L’Empereur vient d’abdiquer le 6 avril 1814. Le général Friant, qui commande la 2ème division de la Vieille Garde, est avec ses troupes à Fontainebleau…

Fontainebleau, le 15 avril 1814.

A Monsieur le sous-préfet, à Fontainebleau.

Votre arrondissement a été fixé pour [être le] cantonnement aux troupes de la Vieille Garde. J’ai l’honneur de vous prévenir, et vous ne devez point l’ignorer, que les troupes manquent de vivres, surtout de viande, depuis qu’ elles y sont entrées.

Je vous laisse jusqu’à demain midi pour frapper les réquisitions nécessaires. Si à cette heuLettre du général Friant au sous-préfet de Fontainebleau… dans TEMOIGNAGES 06-508102-247x300re elles ne sont point rentrées, je vous préviens, Monsieur, que d’après le refus formel fait par vous au commissaire des guerres de ne frapper aucune réquisition, je ferai loger les troupes chez l’habitant qui devra les nourrir.Vous ne serez point même exempt, Monsieur, de cette disposition, en conséquence de vos refus réitérés. J’en préviens S.A.S. le Prince vice-connétable [maréchal Berthier] qui m’a laissé pleins pouvoirs à cet égard et j’enverrai, s’il le faut un officier à Paris, pour rendre compte de votre conduite au gouvernement provisoire.

 FRIANT.

 (« Un soldat de Napoléon. Extraits des livres d’ordres et de correspondance du général de division comte Friant », publié dans « La Nouvelle Revue » du 15 avril 1900, par le Baron P. de Bourgoing).

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( 14 avril, 2018 )

Les derniers jours de l’Empereur à Fontainebleau…

Napoléon 1814

« 14 avril 1814. La signature donnée [celle au Traité de Fontainebleau] il dut différer son départ jusqu’à la ratification part toutes les puissances alliées de la convention.

15-18 avril 1814. Napoléon attend le retour de la convention, enfermé dans son petit appartement, lisant une documentation sur l’île d’Elbe et se promenant dans le parc avec Maret. Il ne reçoit personne, pas même Marie Walewska.

19 avril 1814. Il reçoit les commissaires des Alliés qui l’accompagneront à l’île d’Elbe. La convention signée lui est signifiée. » (Jean Tulard et Louis Garros, « Itinéraire de Napoléon au jour le jour, 1769-1821 », Tallandier, 1992, p.448).

Le 20 avril, après la mémorable scène des Adieux, à 11h30 dans la cour du Cheval Blanc, il fait ses adieux à la Garde, embrasse son drapeau. A l’issue de ce moment émouvant, il prend le chemin de l’exil…

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( 14 avril, 2018 )

Un lecteur enthousiaste ! A propos de mon édition des « Souvenirs » du major LE ROY…

8 MARS 2018

« Cet ouvrage est un régal. Déjà, le livre en lui-même est bien présenté, bien maquetté, imprimé sur un beau papier dans un format agréable avec une couverture souple à rabats qui tranche avec ce qu’on nous impose trop fréquemment…
L’introduction de Christophe BOURACHOT bien envoyée, précise, concise. Mais que dire du livre lui-même ! On est frappé par ce style direct, plein d’humour, souvent corrosif avec des raccourcis succulents. C’est une vraie trouvaille que cet ouvrage. Je ne l’ai pas encore terminé mais j’éprouve déjà le besoin de relire certaines anecdotes ! »

Bernard.

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