( 28 juin, 2018 )

Faux empereurs mais véritables imposteurs !

Les faux napoléon

Voici une étude intéressante que je viens de terminer de lire. Elle est centrée sur le cas de quatre imposteurs s’étant fait passer pour Napoléon entre 1815 et 1823 : Mathieu Félix (fin août/début septembre 1815 dans le département de l’Isère), Jean-Baptiste Ravier (en août 1815 dans l’Ain), Jean Charnay (dans l’Ain durant l’été de 1817) et un certain père Hilarion (dans celui de la Lozère de 1821 jusqu’au début 1823).

Il y eut certainement d’autres cas mais l’étude de Nathalie Pigault possède l’important mérite d’aller jusqu’au bout des choses concernant ces « usurpations historiques ». Elle détaille chaque étape : depuis leurs apparition, passant en revue leur agissement, jusqu’à leur interpellation et leur comparution devant la justice.

Dans les campagnes de la Seconde Restauration, où vivaient des paysans, hommes et femmes sans doute moins instruits que dans les grandes villes et, surtout, possédant une naïveté incroyable, il était facile pour ces « Faux-Napoléon » d’abuser de leur crédulité . Comme le souligne l’auteur, le climat politique régnant à l’époque et le début de l’édification de la Légende napoléonienne y furent pour beaucoup : « Il y avait la légende officielle fabriquée par les Bulletins de la Grande-Armée, les articles du Moniteur  les peintures de Gros et la Colonne Vendôme. Il y eut à son tour une légende populaire née après la disparition de la scène européenne de Napoléon en 1815. »

En effet, pour les gens du peuple comment croire à la disparition d’un être aussi extraordinaire que le grand Empereur ? Déjà en 1814, alors que Napoléon se trouvait en son île d’Elbe, on le signalait çà et là, à la tête d’armées imaginaires, venant reconquérir son trône. Après la déflagration de la défaite de Waterloo, l’Empereur est expédié à Sainte-Hélène; un endroit que bien peu de français  des campagnes savent situer. Mais selon eux, « Il » reviendra, c’est certain !  En mai 1821, Napoléon meurt ; la nouvelle arrive à Paris début juillet. Mais dans les campagnes à quel moment ?Pour beaucoup de Français,  Napoléon n’est pas mort, il va s’échapper de son île et débarquer sur les côtes de France, comme il l’a si bien fait en mars 1815…

Mais revenons à nos imposteurs. On constate, en lisant cette étude, qu’ils ne ne portent pas l’habit militaire et encore moins une tenue se rapprochant de celle de l’Empereur. Leur ressemblance physique avec le grand homme est inexistante même si pour l’un d’entre eux, un témoin bien naïf déclarera reconnaître quelque peu Napoléon. Aucun de ces mystificateurs n’est accompagné d’une escorte, aussi peu importante soit-elle. En véritables manipulateurs, ils exercent leur talent sur une population exclusivement rurale. Il est très probable qu’ils ne purent arriver à leurs fins dans un milieu urbain, dans quelques grandes villes, dans lesquelles les esprits sont plus instruits, plus au fait de l’actualité politique. Le but de ces imposteurs fut essentiellement financier et matériel. Point de conspiration politique de leur part, comme l’a craint un moment la police de Louis XVIII.

Cette étude, qui se lit un peu comme une enquête policière, menée autour de ces quatre faux empereurs nous fait aussi revivre la France d’après Napoléon et son instabilité politique; un contexte particulièrement favorable à l’émergence de ce type d’affaires.

C.B.

Nathalie PIGAULT, « Les Faux-Napoléon », Editions du CNRS. Ouvrage paru en avril 2018, 218 pages,  20.00 €

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( 20 juin, 2018 )

Napoléon le 20 juin 1815…

Napoléon 6 semaines avant Waterloo

« Il passe à Rethel où il laisse une partie de ses bagages. Il déjeune à Berry-au-Bac, change de voiture à Laon : il s’arrête au pied de la montagne, faubourg de Vaux, dans la cour de l’hôtel de  la Poste. Il repart pour Paris à 23 h. »

(Tulard-Garros, p.472).

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( 8 juin, 2018 )

Où l’on parle des « Souvenirs » du major LE ROY…

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( 1 juin, 2018 )

Napoléon du 1er juin au 12 juin 1815.

09-538714

« 1er juin. Cérémonie du Champ de Mai.

2 juin. Conseil des ministres. La liste des 117 pairs y est arrêtée.

3 juin. Il apprend que Lucien a été écarté par un artifice de la présidence de la Chambre des Représentants et s’indigne.

4 juin. Distribution des aigles  de l’armée, dans la grande galerie du Louvre.

5 juin. Il passe en revue, sur la place Vendôme le 13ème dragons. C’est ce jour-là qu’il apprit la mort tragique de Berthier. On dit qu’il s’évanouit d’émotion.

6 juin. Aux Tuileries.

7 juin. Séance d’ouverture des chambres, il quitte les Tuileries à 16 h. et rentre à l’Elysée à 17h15.

8-10 juin 1815. Audiences diverses.

11 juin.  Dernière messe aux Tuileries, dernières audiences. Il reçoit le maréchal Ney. Il ne fut pas question d’un commandement pour lui à l’armée du Nord. Lorsqu’il fut parti, Napoléon écrivit cependant au ministre de la Guerre pour le convoquer à Avesnes, le 14. Entretien avec Carnot. Il lui expose son plan d’attaque sans délai. Carnot objecta qu’il eût été pré&férable d’attendre au moins deux mois. Il dîne avec sa mère, ses frères, les princesses qui étaient à Paris. Au dessert, on introduisit dans la salle les deux fils de la reine Hortense. Il les embrassa et les caressa.

12 juin. Départ pour l’armée. Il quitte Paris à 4 heures avec Maret et Bertrand. Il arrive à Laon à midi. Il déjeune avec Ney. »

(L. GARROS et J. TULARD, « Itinéraire de Napoléon au jour le jour, 1769-1821 », Tallandier, 1992, pp.467-469)

 

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