( 17 juin, 2018 )

1815, la DESERTION de BOURMONT… (1ère partie). Article de Winand Aerts.

bourmontlahonte.jpg Le corps de Gérard. 

L’ordre du 13 juin 1815 portait que le 4ème corps devait prendre position le 14, en avant de Philippeville. L’ordre de mouvement du 14 ajoutait que, si ce corps était arrivé en position, il devait se mettre en marche sur Charleroi le 15, à 3 heures du matin et se tenir à la hauteur du 3ème corps. Tous les bagages devaient être laissés à Philippeville.Les cuirassiers de la division Delort suivraient le mouvement. D’après Charras, le général Gérard ayant dû attendre l’arrivée de l’une de ses divisions, restée la veille à 12 ou 15 km de Philippeville, quitta cette localité vers 5 heures. D’après Henry Houssaye, il arriva vers 7 heures à la hauteur de Florennes. C’est là que l’on apprit la désertion du commandant de l’avant-garde. Le lieutenant général de Bourmont venait de passer à l’ennemi…

Bourmont. 

Louis-Auguste-Victor comte de Ghaisne de Bourmont, né au château de Bourmont (Anjou) en 1773. Ministre de la Guerre en 1829, commandant en chef de la première expédition d’Algérie et maréchal de France en 1830. Bourmont était surnuméraire à la Compagnie du Régiment colonelle [sic] des Gardes-Françaises, lorsque éclata la Révolution. Il émigra, fit partie de l’armée de Condé, puis rentra en France, prit part à la guerre de Vendée sous les ordres de Scépeaux d’abord, ensuite comme général dans le Maine et les pays adjacents. Ses services lui valurent d’être reçu chevalier de Saint-Louis par le comte d’Artois, bien qu’il n’eût pas l’âge voulu. En 1799, on put croire qu’il s’était rallié àla République. Il parut même, dit-on, dans la loge du Premier Consul lors de l’explosion de la Machine infernale (24 décembre 1800). Mais son zèle parut excessif et le fit même incarcérer au Temple en 1803, puis à Dijon, à Besançon enfin, d’où il s’évada au mois de juillet 1805 avec d’Andigné, son compagnon de captivité, son complice dans la matinée du 15 juin 1815.  Il devait être protégé par quelque puissante influence. Bourmont obtint l’autorisation de se retirer au Portugal, et l’ordre fut donné de lever le séquestre mis sur ses biens. De plus, lors de la prise de Lisbonne par Junot, il offrit son épée qui fut agréée.

Suivent quelques années de service de loyaux. Adjudant commandant chef d’état-major de la division Loison en 1807, colonel à l’armée d’Italie, puis général de brigade en 1813, Bourmont se fit remarquer à Dresde et défendit en 1814 la ville de Nogent avec une telle bravoure-il était blessé et avait sous ses ordres douze cents hommes à peine- que Napoléon le nomma général de division et le décora. Lors du débarquement de Napoléon, en février 1815, Bourmont faisait partie du petit corps d’armée réuni par le gouvernement de Besançon, sous les ordres du maréchal Ney, dans le but d’opérer sur le flanc de la colonne impériale. Invité à quelques jours de là, par le préfet du Doubs, M. Capelle, à aller rejoindre avec lui les Bourbons en Belgique, Bourmont s’y refusa, retenu qu’il était, par l’espoir de conserver Besançon au Roi. Cette ville reconnut le pouvoir impérial et, bien que Bourmont eût déclaré à M. Capelle que les étrangers étaient le seule ressource sur laquelle la cause royale pût compter, et qu’on ne devait pas hésiter à les appeler, il n’en tarda pas moins à solliciter un emploi de son grade dans l’armée du Nord.

Mais avant cela, il était accouru de Lons-le-Saunier à Paris auprès du Roi qu’il eût pu alors accompagner à Gand. Ney le fit arrêter, puis se ravisa et sollicita pour lui un commandement. Gérard aussi, qui avait eu Bourmont sous ses ordres en 1812 et en 1814, le demanda comme divisionnaire. Davout, Ministre de la guerre, refusa brutalement et dit à Napoléon :-« Gérard en répond. Il a tort. Moi je ne réponds de personne. »- Le duc d’Auerstaedt dut toutefois s’incliner devant l’expresse volonté du maître. « Bourmont est une de mes erreurs », disait Napoléon à Sainte-Hélène.

A suivre…

 

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