( 20 août, 2018 )

Les TRANSMISSIONS dans la GRANDE-ARMEE (III et fin).

Les TRANSMISSIONS dans la GRANDE-ARMEE (III et fin). dans TEMOIGNAGES snb14972

La poste aux armées.

Quant à la façon dont les militaires pouvaient communiquer par lettre avec leur famille, le « règlement sur le service des « Postes militaires » nous  précise qu’à partir de septembre 1809 il existait pour eux :

-  à l’intérieur de l’Empire, une correspondance par l’intermédiaire des bureaux des villes de garnison.

-  en campagne un service de transmission et de remise assuré par des courriers et des postillons aidés d’employés sous la surveillance des commissaires des guerres.

La franchise est acquise pour le courrier des militaires aux armées durant les campagnes seulement. Chaque arme a son papier à lettre illustré d’une vignette coloriée, de facture naïve, représentant un soldat dans l’uniforme correspondant.Ce sont les lettres dites « de cantinières », car généralement fournies et vendues par ces dernières. Celles destinées à la Garde Impériale ajoutent de chaque côté de l’effigie du combattant celles de l’Empereur et de l’Impératrice en médaillons. Ordres verbaux, roulements de tambours, sonneries de trompettes, envois d’estafettes, telles étaient donc les grands moyens de communication de la Grande Armée.

Le canon.

Tirant « à blanc », il pouvait doubler l’effet du tambour. C’était le cas dans les camps comme celui de Boulogne, lorsque par exemple il ponctuait chaque jour le réveil et l’extinction des feux. En campagne, il annonçait le début d’une grande bataille : trois coups caractéristiques tiré à intervalles égaux par une compagnie de la Garde. Autre type de liaison acoustique par l’intermédiaire du canon, cet ordre de Soult quelques jours avant Austerlitz : « En cas où l’adversaire ferait des mouvements aux avant-postes, il sera tiré quatre coups de canon d’alarme par une batterie établie sur la hauteur de la chapelle… et à ce signal la division Vandamme rejoindra aussitôt celle de Legrand pour se mettre en bataille sur la hauteur située à… »

Et la grande distance, soit 35 kilomètres à vol d’oiseau dans le cas présent, la liaison entre l’Empereur et Davout le 22 avril 1809 : « Si vous êtes prêt à attaquer, écrit Napoléon, tirez à midi, une salve de douze coups à la fois, une pareille à 1 heure, une autre à 2 heures ». dans ces conditions le gros de l’armée accourant de Landshut pourra surprendre l’adversaire engagé contre Davout, donc compromis dans sa liberté de manœuvre. L’utilisation visuelle de fusées d’artifices semble n’avoir existé sous l’Empire que dans la guerre de siège. Elle eut été pourtant réalisable sans appareillage particulier et sans utiliser d’artificiers spécialisés, puisque nous savons que n’importe quel fantassin pouvait, sans aucune modification de son fusil, envoyer des étoiles lumineuses. L’exemple nous est donné par la soirée du 16 août 1804 à Boulogne, au cours de laquelle furent tirées, à la nuit tombante, 45.000 cartouches à étoiles, éclairant pendant quelques secondes la ville et la rade d’une lumière si intense que ce jeu lumineux fut aperçu de la côte anglaise.

N’oublions pas le télégraphe Chappe. Son rôle militaire supposait bien souvent l’utilisation complémentaire d’estafettes. Ce fut le cas le 10 avril 1809 lorsque, des Tuileries, Napoléon voulant communiquer d’urgence avec Berthier  qui se trouvait à Donauwerth, envoya un message télégraphique de Paris à Strasbourg (perturbé dans sa transmission par le brouillard) et que ce dernier fut repris par un cavalier de Strasbourg à Donauwerth. Bilan : cette missive d’importance avait mis cinq jours pleins pour franchir 700 kilomètres  à vol d’oiseau.

Fin.

Jean-Claude QUENNEVAT

(Article paru dans la revue du Souvenir Napoléonien en 1975).

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