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( 17 octobre, 2018 )

POLOTSK et VITEBSK…

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Le général de brigade François-René Cailloux dit « Pouget » a laissé des « Mémoires » intéressants (publiés en 1895 chez Plon), ouvrage dans lequel il parle assez longuement de la campagne de 1812, des batailles de Polotsk où il fut blessé et de la place de Vitebsk qu’il commandait et qu’il dut livrer aux russes. Voici un récit, bien plus court, du rôle qu’il joua dans l’expédition ; ce récit est tiré d’un « Etat sommaire » de ses services. Il le rédigea en 1815 pour obtenir le grade de grand officier de la Légion d’honneur. 

Arthur CHUQUET. 

Corps d’armée de M. le duc de Reggio [maréchal Oudinot]. Batailles de Polotsk (Russie Blanche). 

Le général Pouget, commandant une brigade d’infanterie composée des 37ème et 124ème régiments de ligne de la division Verdier, s’est trouvé aux batailles des 1er, 16 et 18 août qui eurent lieu en avant de Polotsk. Celle du 18, commandée par M. le colonel général Gouvion Saint-Cyr, fut la plus meurtrie. L’armée française attaqua l’armée russe avec une rare intrépidité.

Dans la chaleur de l’action et au milieu d’une grêle d’obus, de boulets et de mitraille, M. le général de division comte Legrand fit prendre la tête de la colonne au général Pouget en lui ordonnant de la diriger à gauche pour tourner l’ennemi, ce qu’il fit. Mais, emporté par la chaleur de l’action, étant trop en avant de sa colonne, il fut chargé par des cuirassiers russes dont le chef crie au général Pouget :

« Rendez-vous, général, ou vous êtes mort ! »

Ce général n’en tint compte, il para les coups de sabre et rejoignit sa troupe au milieu de laquelle son cheval tomba percé de coups. Le général fut blessé aux tendons fléchisseurs du genou gauche, ce qui le mit hors de combat. 

Défense de Vitebsk dans la Russie Blanche, le 7 novembre 1812. 

La blessure que le général Pouget avait reçue le 18 août 1812 ne lui permettant pas de servir de sitôt en ligne, l’Empereur lui donna le gouvernement de la province de Vitebsk. 600 hommes composaient la garnison de cette ville qui est d’une immense étendue, ouverte de toutes parts, sans murs ni fossés. Ces 600 hommes se composaient d’un petit bataillon des troupes de Berg [Cf. les « Souvenirs de guerre » de Pouget, p.209 et p.218. Ces soldats de Berg, au nombre de 400, étaient des conscrits qui n’avaient jamais vu l’ennemi ni tiré un coup de fusil, et, pas pus que leurs officiers, ils « ne savaient ce qu’ils faisaient ».] et de 200 convalescents français. La place fut attaquée sur les deux rives à 7 heures du matin. Le général Pouget la défendit contre 3.000 hommes d’infanterie, 1.500 de cavalerie et de l’artillerie. La retraite fut ordonnée et exécutée avec ordre, toujours en colonne, à demi distance, pendant quatre lieues, sans que le régiment des dragons de Riga et trois escadrons de Cosaques osâssent approcher. Enfin, étant obligé de toujours marcher et perdant sans cesse des hommes valétudinaires qui ne pouvaient suivre, la cavalerie, saisissant un passage difficile pour les deux pièces d’artillerie qui faisaient partie  de la colonne du général Pouget, fondit dessus de toutes parts et fit environ 1.200 prisonniers, du nombre desquels fut ce général qui vendit chèrement sa liberté, tua deux dragons à bout portant ; mais il eut le bras  droit sabré et luxé. 

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( 17 octobre, 2018 )

Retour sur… les « Mémoires » du général Hugo.

Général Hugo.

Voici un projet que j’avais à coeur depuis longtemps et qui, finalement,  a vu le jour en février 2007 aux Editions Cosmopole. J’avais eu l’idée d’indiquer à l’éditeur ce beau portrait de Léopold Hugo qui met bien en valeur le livre.

Gouverneur d’Avila et de Ségovie, commandant de la province de Guadalajara et de la seigneurie de Molina, comte de Siguenza… l’Espagne fut pour le général Hugo, une terre de promotion et d’enrichissement. De 1808 à 1814, il va s’engager dans une répression sans faille contre la guérilla populaire, pour consolider la couronne de son protecteur, Joseph Bonaparte, devenu Roi d’Espagne sur ordre de Napoléon. Cette guerre à laquelle participa activement le général Léopold Hugo était celle d’un peuple contre une invasion française et les maréchaux et généraux d’Empire ne purent mater les Espagnols déterminés à préserver leur liberté. Napoléon exilé à Sainte Hélène déclara au sujet de la campagne d’Espagne :  » L’immoralité dut se montrer par trop patente, l’injustice par trop cynique, et le tout demeure fort vilain… « . Dans ses Mémoires sur la guerre d’Espagne, Léopold Hugo nous fait revivre ses combats acharnés contre ceux qu’il nommait les  » brigands  » espagnols. Rejoint par sa famille quelques mois en 1812, son fils, le célèbre Victor alors âgé de dix ans, sera marqué par ce bref séjour et écrira en 1854 :  » C’est par la chute de l’Empereur, et en conséquence de celle de Joseph, que mon père de général espagnol est devenu général français et que moi de futur poète espagnol, je suis devenu poète français « .

Il faut lire ou relire ce témoignage écrit par le père du célèbre écrivain sur la campagne d’Espagne.

C.B.

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( 17 octobre, 2018 )

Une lettre du maréchal Berthier au maréchal Macdonald…

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 Le maréchal Macdonald.

Dans cette dernière, en date du 4 septembre 1812, Berthier écrit à Macdonald que l’armée- qui s’est reposée à Ghjatsk la veille et l’avant-veille- continue sa marche sur Moscou et poursuit les Russes qui se retirent, qu’elle est dans les meilleures dispositions, que l’Empereur est en parfaite santé, et ne sait encore si la bataille aura lieu [celle de Borodino]. Mais cette bataille tant désirée par les soldats, cette bataille nécessaire, Napoléon la prévoit et l’annonce dès le 2 septembre, et le 4, le jour même où Berthier écrit à Macdonald, le futur maréchal de Castellane dit dans son « Journal » : « Nous comptons ces jours-ci sur la grande bataille ». 

Arthur CHUQUET. 

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Ghjatsk, 4 septembre 1812. 

Je vous expédie un officier, monsieur le maréchal, pour vous donner de nos nouvelles. L’armée continue aujourd’hui sa marche sur Moscou. Nous ignorons encore si nous aurons ou non une bataille, les Russes continuant à se retirer. L’armée est dans les meilleures dispositions. L’Empereur est en parfaite santé. Donnez-nous  de vos nouvelles le plus souvent qu’il vous sera possible. 

ALEXANDRE. 

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