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( 18 octobre, 2018 )

18 octobre 1812…

« L’espoir où nous étions que des arrangements de paix seraient pris, espoir nourri par le souvenir glorieux de la victoire de la Moskowa, par la suspension des hostilités aux avant-postes et par les fausses protestations des généraux russes, fut cruellement détrompé, lorsque, le 18 octobre, l’ennemi, voulant anéantir notre avant-garde, tomba inopinément sur notre cavalerie à Winkowo, et que l’on se battit de nouveau avec acharnement. Le Roi de Naples avec sa cavalerie formant l’avant-garde, entouré de masses de troupes ennemies quatre à cinq fois plus nombreuses que les siennes, et attaqué d’une manière inattendue, perdit beaucoup de monde dans cette surprise, qui mit d’abord le désordre parmi les Français ; mais l’intrépide Murat, parvenu à rallier ses troupes, repoussa l’ennemi, nonobstant l’inégalité du nombre, avec une perte que l’on a prétendu être plus considérable que la nôtre, évaluée à plusieurs pièces de canon et à trois mille hommes, tués, blessés ou prisonniers. Néanmoins ce combat désorganisa entièrement notre cavalerie, déjà auparavant aux abois, faute de fourrage. La nouvelle de l’attaque imprévue du 18 parvint à Napoléon au moment où il passait une revue au Kremlin. Aussitôt le départ fut ordonné et commença immédiatement à s’effectuer. Ce départ était déjà décidé depuis quelques jours, d’après ce que je me rappelle avoir entendu dire dans ce temps par le maréchal Ney. On évacua sur les derrières nos nombreux malades et blessés, dont environ deux à trois mille furent abandonnés à Moscou, qui, pour la plupart, moururent de privations, tandis que la plus grande partie de ceux qui furent évacués, périrent par la faim et le froid ou bien lâchement assassinés par les gens qui les conduisaient. Il paraît que Napoléon, prévoyant l’impossibilité de se maintenir à Moscou, avait arrêté depuis le 15 de quitter, comme le prouve un ordre qu’il donna à sa Garde de se tenir prête à marcher. Le même jour où les russes tombèrent sur notre cavalerie au-delà de Moscou, notre deuxième corps, resté à Polotsk, fut vivement attaqué par le général de Wittgenstein, auquel était venu se joindre un autre corps d’armée russe sous les ordres du général de Steingel. Comme je n’aurai plus l’occasion de parler du deuxième corps de l’armée française, je rapporterai ici que le brave général de Gouvion Saint-Cyr, après avoir fait essuyer des pertes considérables à l’ennemi, et ayant perdu peu de monde, commença à opérer sa retraite, le 20 octobre, avec autant de prudence que d’intrépidité, en se dirigeant sur Smoliani, où il fut joint le 31 octobre par le neuvième corps, commandé par le maréchal Victor, venu de Smolensk à son secours. 

A l’époque du 18 octobre, l’armée, par suite des combats et des maladies, était tellement diminuée qu’elle n’avait guère plus que le tiers de sa force primitive. Avec cela nous allions lutter contre le sort misérable qui nous attendait. »

Joseph de KERCKHOVE, « Mémoires sur les campagnes de Russie et d’Allemagne (1812-1813) », Édité par un Demi-Solde, 2011, pp.92-94. L’auteur était à cette époque, médecin attaché au quartier-général du 3ème corps (Maréchal Ney).

 

 

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En Espagne…

Général BUQUET

« Vitoria. Lettre du général Buquet, 10 juillet 1812. Le 29 juin la malle de France à Madrid a été enlevée par la bande de Longa (environ 3000 hommes), entre Miranda et Pancorbo ; le courrier, le postillon, 60 hommes, dont 2 officiers, de l’escorte qui n’était que de 134 hommes, ont été tués. Le 2 juillet, un convoi de 62 prisonniers allant de Santander à Bilbao avec une escorte de 160 hommes a été surpris par une embuscade près de Villa-Real ; 80 hommes dont l’officier ont été tués par la première décharge ; des prisonniers ont été atteints, presque tous se sont enfuis. Le 4 juillet, Mina a paru devant Vitoria avec 2500 hommes et 500 cavaliers ; la garnison les a mis en fuite ; les habitants sont restés tranquilles. Le 6 juillet, les anglais ont canonné la place de Castro ; les bandes de Longa et de Campillo ont soutenu l’attaque par terre, le général Duvernet s’étant porté au secours de Laredo à Castro, y est retourné ; le 8, les bandes, rappelées par les anglais, ont de nouveau attaqué la place ; la garnison d’une centaine d’hommes a capitulé et la place a été remise aux Anglais. Ils ont détruits tous les ouvrages de Lequeitio, Bermeo et autres places de la côte ; ils ont débarqué quelques hommes à Sarauz ; il y a eu un feu très vif entre le fort de Guetaria et l’ennemi ; le général Soulier s’est porté vers cette place. On porte à plus de 25 000 hommes le nombre d’insurgés dans le nord de l’Espagne. »

Bulletin du samedi 25 juillet 1812 adressé par le général Savary, duc de Rovigo à l’Empereur. (Nicole GOTTERI, « La Police secrète du Premier Empire. Tome V », Honoré Champion, 2001, p.82)

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« Vitoria. Lettre du général Buquet, 21 juillet 1812. Le général gouverneur de Pampelune a adressé une circulaire aux communes voisines sur l’approvisionnement de la ville ; à Huarte, l’alcade et le curé ayant publié à nouveau les défenses de Mina, ont été fusillés ; 211 habitants de cette commune ont été arrêtés et conduits à Pampelune ; 165 habitants ont été retenus en otages, les autres renvoyés. Le résultat a été qu’au 1er marché de juillet, 100 paysans environ ont apporté divers objets. Après la prise de Castro, les Anglais ont laissé 1 frégate et 2 bricks devant la ville et se sont portés à Guetaria. La bande de Pastor s’est approchée de la ville avec de l’artillerie ; le 16, ily a eu un feu très vif, de terre et de mer ; le général Aussenac est intervenu avec une forte colonne, aidé par la garnison de Guetaria ; la bande a pris la fuite, abandonnant 5 canons ; parmi les prisonniers se trouvent « 5 Anglais dont 3 officiers ; le commandant de l’escadre a proposé un échange que le gouverneur a refusé. L’escadre anglaise a aussi attaqué Portugalete avec les bandes de Longa et Campillo ; le général Soulier les a mises en fuite ; ils ont laissé 400 fusils anglais neufs. On apprend que Madrid est tranquille. L’armée du centre semblait faire un mouvement vers celle du Portugal qui se trouvait sur le Duero en présence des anglais ; le général Binet était arrivé. On s’attendait à une bataille. »

Bulletin du jeudi 30 juillet 1812 adressé par le général Savary, duc de Rovigo à l’Empereur. (Nicole GOTTERI, « La Police secrète du Premier Empire. Tome V », Honoré Champion, 2001, p.96)

 

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