( 24 octobre, 2018 )

MALOJAROSLAVETS, 24 OCTOBRE 1812…

« Après quelques escarmouches, notre premier combat fût, à trente lieues de Moscou, à Malojaroslavets, tout à l’honneur du prince Eugène qui, avec le 4ème corps (20.000 Français et Italiens) battit les 90.000 russes de Koutousov. Les compagnies d’élite de mon régiment (7ème léger) firent seules le coup de feu, le reste du régiment manœuvra toute la journée. Le soir, nous étions au bivouac, sur la route de Kalouga. Pendant la nuit, le cheval d’un cantinier s’échappa, en entraîna beaucoup d’autres. Panique épouvantable, au milieu de laquelle les généraux eux-mêmes couraient après leur monture ; les faisceaux furent renversés, beaucoup d’hommes blessés, ou brûlés en tombant dans les feux de bivouac. Toutes les grand’gardes et les premières lignes prirent les armes, les russes, en face de nous, en firent autant, et nous dûmes passer le reste de la nuit l’arme au pied, sac au dos, sans pouvoir jouir d’une heure de sommeil dont nous avions tant besoin. Le 25 octobre, dans la journée, nous revînmes sur la route de Smolensk. Le 1er corps prit à cette date l’arrière-garde, et le 7ème léger marcha à l’extrême gauche, tâche dure et périlleuse. »

(Capitaine Vincent Bertrand, « Mémoires. Grande-Armée, 1805-1815. Recueillies et publiés par le colonel Chaland de La Guillanche, son petit-fils [1ère édition en 1909]. Réédition établie et complétée par Christophe Bourachot », A la Librairie des Deux Empires, 1998, pp.139-140).

« Gouvernement de Kalouga, Borovsk, le 27 octobre 1812.

… Les Russes ont été refoulés jusqu’à Malojaroslavets. Leurs positions bien défendues ont été enlevées à la baïonnette. La ville a été prise et huit mille [d’entre eux]ont été tués ou mis hors de combat. L’affaire a été très meurtrière, elle a duré soixante heures. Après cet adieu rien moins que fraternel, S.M. a fait volteface pour prendre la route de Vereja où nous arriverons ce soir, et nous continuerons successivement notre retraite sur Minsk ou sur Vilna. L’armée russe n’inquiète pas notre marche. Les cosaques nous suivent et font de temps en temps quelques houras. Mais on les surveille. Je t’écris au bivouac dans ma voiture, les chevaux attelés et attendant à tout moment l’ordre de nous mettre en route…

Dans la nuit du 23 [septembre 1812] au 24 (septembre 1812], on a fait sauter dans Moscou les principaux édifices qui restaient édifices qui restaient sur pied. Ce sont de justes représailles des actes de férocité dont les Russes se sont rendus coupable. J’ai vu à Moscou Madame Aurore Bursey, directrice de la comédie française. Elle m’a chargé de te dire bien des choses. Elle n’a pas la langue dans sa poche. »

«Lettres inédites du baron Guillaume PEYRUSSE à son frère André, pendant les campagnes de l’Empire. De 1809 à 1814… par Léon-G. PELISSIER», Perrin et Cie, 1894, pp.107-108. L’auteur de cette lettre occupait (depuis début mars 1812) lors de cette campagne, les fonctions de Payeur du Trésor de la Couronne.

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