( 16 novembre, 2018 )

Une note du général Roussel d’Hurbal…

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Au moment du débarquement de l’Empereur sur les côtes de France, le général Roussel d’Hurbal commandait une division de cavalerie chargée d’arrêter l’Usurpateur en avant de Paris. Il assure que le 20 mars 1815, à Gentilly, des régiments, le 1er  dragons et le 6ème chasseurs, ne fléchirent pas, malgré l’infanterie qui leur criait : « Vive l’Empereur ! » et malgré les voitures de la cour qui les virent passer et venaient chercher Napoléon. 

A.CHUQUET. 

Le 14 du mois de mars, étant à Besançon en tournée d’inspection, je reçus de M. le maréchal duc de Dalmatie [Soult], Ministre de la Guerre, l’ordre, du 11, de me rendre en poste à  Lyon près de S.A.R . Monsieur [le comte d’Artois, frère de Louis XVIII, lui-même futur Charles X].  Je me mis en route le même jour ; mais ayant appris à Chagny, près de Chalon-sur-Saône, que Monseigneur le comte d’Artois était retourné à Paris, je me dirigeai vers cette ville, où j’arrivai le 17.  Le 19, surlendemain de mon arrivée, Monseigneur le duc de Berry [fils du comte d’Artois] me fit expédier l’ordre de me rendre à Essonnes pour y prendre le commandement d’une division de cavalerie dans le corps de M. le comte du Valmy [Kellermann fils] ; j’y arrivai le même jour au soir.  Le 20, à 5 heures du matin, M. le général comte de Valmy m’envoya l’ordre de me retirer d’Essonnes sur Saint-Denis. Je pris sur le champ mes mesures pour mettre cet ordre à exécution. Mais, mes brigades ayant été répartie sur différents points et marchant isolément, je partis d’Essonnes avec une garde d’un officier er quatorze chasseurs du 4ème régiment et j’atteignis à deux lieues de là la brigade de M. le général Vallin, composée du 1er de dragons et du 6ème de chasseurs, à la tête de laquelle je me mis  pour marcher au lieu désigné.  A la hauteur de Gentilly, entre Paris et Villejuif, le général en chef, instruit de l’insurrection de Saint-Denis, me fit ordonner de l’arrêter où je me trouvais et de cantonner mes régiments dans les villages voisins de la route. Je m’empressai d’obéir à cet ordre pour ne pas me trouver sur la route au moment du passage de Bonaparte que je prévoyais devoir arriver bientôt à cause des voitures de la Cour qui, depuis longtemps, étaient passées pour aller le chercher.  Qu’il me soit ici permis de rendre hommage à la conduite digne d’éloge des deux régiments et au détachement de chasseurs que je ramenai.  Aucun homme n’a ni quitté son rang ni fait entendre un cri séditieux, quoique tous y fussent provoqués par plusieurs bataillons d’infanterie qui marchaient en sens contraire et retournaient à BonaparteJe passai la nuit du 20 à Gentilly avec le colonel du 6ème chasseurs et le lendemain, je me rendis à Paris dans mon logement où je restai sans vouloir paraître aux revues de ma troupe passées par BonaparteCe ne fut qu’après le retour de M. le maréchal Macdonald et des autres militaires qui avaient escorté le Roi jusqu’à la frontière, que je consentis à paraître aux Tuileries.  Le 8 avril, le Ministre de la Guerre m’envoya les lettres de service que je n’avais point sollicitées, pour prendre le commandement de la 2ème division de cavalerie. 

Paris, 26 octobre 1815. 

 

 

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