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( 18 novembre, 2018 )

Tant qu’il y aura des chevaux…

Napoléon à cheval.

« Notes du sellier Vincent sur les chevaux que montait l’Empereur à l’île d’Elbe. » (Extrait).

« Le Montévidéo.- Beau et fort cheval bai brun à tout crin, de l’Amérique méridionale.  L’Empereur le montait en Espagne. Il fit de longues courses avec lui. Lorsque notre brick l’Inconstant échoua à Portoferraio (il venait de Naples) [Voir le témoignage de G. Peyrusse. Cet incident intervint le 13 janvier 1815. Ce navire était commandé par le capitaine Taillade], l’Empereur le monta ; le général Bertrand l’Euphrate : ils partirent au galop pour faire donner des soins aux naufragés, mais le Montévidéo laissa bien derrière lui le cheval du général Bertrand. Les marins de la Garde avaient essayé de porter des secours, mais en vain, à ce malheureux brick : ses ancres étaient rompues. L’on tirait, à bord, le canon d’alarme, et l’Empereur animait du geste et de la voix des marins. Il fit mettre plusieurs embarcations à la mer, mais inutilement, tant elle était mauvaise, quand on vit tout à coup le brick s’engraver dans le sable, entre deux rochers en face. C’est alors que l’Empereur demanda ses chevaux, et que nous vîmes après leur départ, un monsieur dont les cheveux étaient blancs (je crois que ce monsieur s’appelait Colonna), après être sorti du brick, se jeter à genoux et remercier la Providence de ne point avoir péri au moment d’arriver au port. Quinze jours après, le brick était amené près de la porte de Terre, où il fut remis en bon état de réparations. Les espérances de l’Empereur avaient été un moment contrariées. »

Ces notes sont contenues dans la « Nouvelle Revue Rétrospective », Premier semestre (janvier-juin 1894), pp.222-223.

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( 18 novembre, 2018 )

Extrait d’une lettre inédite de John Perceval sur le séjour de Napoléon à l’île d’Elbe.

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J’en reproduis le passage le  plus intéressant. Cette lettre fut diffusée la première fois dans la « Revue Historique de la Révolution Française et de l’Empire » (janvier-juin 1916), dans sa version originale en anglais suivie d’une traduction en français. Écrite par un des six fils de Spencer Perceval, le ministre britannique, elle est adressée à Francis d’Ivernois, alors représentant de Genève au Congrès de Vienne.

C.B.

[…] Je crois qu’une [dernière] lettre vous fut écrite avant mon voyage à Elbe. Le colonel Campbell  [Officier anglais chargé de la surveillance de l’Empereur] me présenta à Napoléon, dans sa propre demeure (où, par chance, nous tombâmes sur lui]. Il nous reçut très poliment, nous montra toute sa maison, nous désignant toutes les améliorations qu’il y avait faites, etc. Il m’adressa la parole plusieurs fois, me demanda si j’étais le fils du Chancelier, remarqua que celui-ci avait été un grand antagoniste de la France. En somme, je fus très favorisé dans mon voyage. Il semble être ne parfaite santé, physiquement et moralement ; s’occupe de meubler son cottage [sic], qui n’est pas encore achevé. Ses gardes sont très mécontents de leur situation : 50 d’entre eux avaient envoyé une pétition pour qu’il leur permis de retourner en France, à laquelle l’Empereur n’a pas répondu [fait imaginaire]. Ils sont au nombre de 600 environ avec 50 lanciers Polonais, et à peu près 300 Corses, que les officiers sont très occupés à dresser [sic]. Chaque dimanche, il tient un lever. Porto-Ferrajo [Portoferraio] est très bien fortifié à la fois par terre et par mer.

Croyez-moi, je vous prie, très sincèrement et profondément votre.

John PERCEVAL.

Rome, vendredi 18 novembre 1814.

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