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( 2 décembre, 2018 )

Le général comte Durutte, héros de Waterloo…

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Durutte compte parmi les héros qui s’illustrèrent à Waterloo. Placé au 1er corps, sous les ordres de Drouet d’Erlon, il commanda la 4ème division.  A un certain moment, il fut pris dans une charge de cavaliers anglais, reçut deux violents coups de sabre, l’un sur le visage, le second sur le poignet droit qui dut être amputé le lendemain. La figure toute ensanglantée et ne pouvant plus diriger son cheval, il fut entraîné dans la charge ennemie.  Dans la soirée, il fut retrouvé par un sous-officier qui lui donna les premiers soins et le conduisit à Charleroi.  Ces blessures mirent fin à la carrière de Durutte, qui, né à Douai en 1767, avait débuté sous les armes en 1792, avait été nommé général de division en 1803.  Mis à la retraite le 18 octobre 1815, il se retira à Ypres où il avait contracté alliance avec Marie-Antoinette-Joséphine De Meezemaker, adoptant la sage devise : « Retraite et oubli ».  Le général Durutte s’éteignit dans cette même ville le 18 avril 1827. Ses funérailles furent célébrées en l’église Saint-Martin. Sa famille fit élever sur sa tombe un monument portant cette épitaphe : 

Sa carrière militaire commença à Valmy, 

Et se termina à Waterloo, 

Sous la République, 

Sous le Consulat, 

Sous l’Empire, 

Sous la Monarchie, 

Il ne servit que la France. 

G.de FROISCOURT 

(Article publié en décembre 1963 dans le Bulletin (n°45) de la Société Belge d’Études Napoléoniennes). 

 

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( 2 décembre, 2018 )

« Je me souviens du 2 décembre 1805… »

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Jean-Stanislas Vivien (1777-1850) s’engage dès 1792 en pleine tourmente révolutionnaire. Il participe à la défense de Lille en 1792 ; il est engagé dans les batailles de Hondschoote et de Wattignies. Il fait campagne à l’Armée de Sambre-et-Meuse. Nommé sergent-major, puis adjudant, on le retrouve sous-lieutenant début 1796. Il participe à la campagne d’Italie. Son régiment, le 55ème de ligne, rejoint le camp de Boulogne puis Vivien part pour la campagne de 1805. Il est présent à Iéna, à Eylau, à Heilsberg. Il participera à la campagne d’Espagne. Le passage qui suit est extrait de ses « Souvenirs » parus la première fois en 1907 et réédités en 2003 (à la Librairie des Deux Empires).  

C.B. 

Le 2 décembre 1834, dans sa retraite paisible, Vivien se remémore la grande journée d’Austerlitz. 

« Je me rappelai l’Empereur passant, écrit-t-il, la veille de la bataille, à dix heures du soir, dans les bivouacs de ses divisions d’infanterie, massée autour du Santon, position qu’il avait fait fortifier la veille et armer de dix-huit pièces de gros calibre ; et les soldats brandissant au-dessus de sa tête des torches de paille allumée ; c’était ainsi qu’ils célébraient leur général, aux cris mille fois répétés de « Vive l’Empereur ! ». Je me rappelai l’armée rangée en bataille, le lendemain, à sept heures du matin, s’ébranlant simultanément : l’infanterie l’arme au bras, marchant en colonnes échelonnées par régiment, contre des lignes doubles d’une étendue incommensurable ; se déployant et, après quelques bons feux à courte distance, les enlevant au pas de charge, les baïonnettes croisées ; et la cavalerie chargeant à fond les nombreux escadrons russes, dispersant ou sabrant des colonnes d’infanterie moscovites, noire de profondeur, ou leur faisant poser les armes. Je me rappelai le corps d’armée du maréchal Soult, dont j’avais l’honneur de faire partie, partant du ravin de Kobelnitz, enlevant le vaste plateau de Praztzen, centre d’opérations de l’armée austro-russe, où commandaient le feld-maréchal Kutusoff et l’empereur Alexandre, rejetant le centre de l’armée ennemie sur Wisschau en lui enlevant ses canons ; et de ce point, par une savante demi-conversion à droite, combinant ses mouvements avec ceux des divisions Bourcier et Friant, du corps du maréchal Davout, et prenant à revers l’aile gauche de l’armée ennemie commandée par les généraux Buxhowden et Langeron, l’acculant aux lacs de Telnitz et de Sokolnitz, où tout son matériel et beaucoup de Russes furent engloutis. Je me rappelai que, de compte fait, il y eut, ce jour-là, dans l’armée austro-russe, huit généraux, dix colonels et quarante-cinq mille hommes tués, blessés ou faits prisonniers ; que deux cents pièces d’artillerie et quarante-sept drapeaux tombèrent en notre pouvoir. Je me rappelai aussi et je n’oublierai jamais la générosité du grand homme envers deux Empereurs vaincus qui, le lendemain de la bataille, imploraient sa clémence, et qui, dix ans plus tard, après l’avoir cité au ban de l’Europe, ne lui laissaient pas même où poser sa tête ! Je fus blessé, à neuf heures du matin, d’un coup de mitraille à l’épaule qui ne me mit pourtant pas hors de combat. Quelques mois plus tard, je reçois la décoration de la Légion d’honneur et le commandement d’une compagnie de grenadiers ; j’avais alors vingt-huit ans. 

En ce temps-là, le chef de l’armée, qui était aussi celui de l’Etat, était entouré des respects et de l’amour de la nation française… » 

(Commandant VIVIEN : « Souvenirs de ma vie militaire, 1792-1822 », A la Librairie des Deux Empires, 2003.) 

 

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( 2 décembre, 2018 )

Il y a 213 ans: AUSTERLITZ…

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« Le 2 décembre [1805], ou 11 frimaire an XIV, à la pointe du jour, on battit la générale partout, la cavalerie monta à cheval ; chacun prit son rang et se disposa à combattre. L’ennemi avança dans le lointain, par division, en colonnes serrées et commença l’attaque ; le canon ronfle partout ; la lutte s’engage ; et ce jour fut donnée la fameuse bataille d’Austerlitz, où les empereurs de France, de Russie et d’Autriche commandaient en personne ; la bataille des Trois Empereurs ! Chacun fit son devoir. L’armée française s’est immortalisé là par son intrépidité en luttant contre deux armées coalisées, de force supérieures. L’affaire a été générale, et, en moins de quatre heures, l’armée ennemie fut coupée ou dispersée et noyée dans les lacs [on sait qu’il s’agit d’une légende]. Le succès de cette journée nous a valu quarante drapeaux, les étendards de la garde impériale de Russie, cent vingt pièces de canons, vingt généraux et plus de trente mille prisonniers [en fait 9 767 prisonniers russes et 1 686 prisonniers autrichiens, soit 11 453 hommes au total, selon Alain Pigeard].

Jamais on n’a combattu avec tant d’acharnements de part et d’autre. Nous avons bivaqué sur le champ de bataille. ».

(Georges Bangofsky, du 7ème hussards, « Mes campagnes (1797-1815) », Editions du Grenadier, 2012).

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