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( 10 décembre, 2018 )

Restrictions budgétaires à l’île d’Elbe…

Drapeau ile d'Elbe

« Pour entretenir la petite armée et la petite marine qu’on avait permis à Napoléon de conserver, ce n’eût pas été trop de deux millions annuels que le traité du 11 avril [1814] lui attribuait sur le Grand-Livre de France. Mais les Bourbons n’exécutèrent pas cette convention et Napoléon voyait venir le moment où il aurait dépensé sa fortune personnelle et n’aurait plus d’autres ressources que les revenus de son empire de 26 kms de long sur 10 de large. Cette perspective fut pour quelque chose dans son retour en France. Quand les éléments de son budget de 1815 lui furent présentés par M. Peyrusse, Napoléon lui dit : « Puisque la France refuse d’acquitter la somme stipulée par le Traité de Fontainebleau, j’ai arrêté que vous ne paieriez plus que la moitié des traitements fixes. Vous fournirez le surplus aux parties prenantes en bons sur le Trésor de France et à valoir ».C’était une façon d’intéresser ses grognards et son personnel à un retour à Paris. »

(« Vieux papiers financiers. Un trésorier de Napoléon. Extraits », in « Le Globe », 21 janvier 1904).

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A table ! (2)

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BOUDIN DE POULET A LA JUNOT. 

Préparez la farce avec une purée de champignons, la farce étant faite de quenelles de poulet. Donnez la forme de petits boudins, faites-les pocher, laissez refroidir, parez-les, panez-les une fois à l’œuf, une seconde fois au beurre clarifié. Faites griller de belle couleur en garnissant le gril de papier huilé. Dressez et mettez dans le puits une macédoine de légumes. Saucez le fond d’une béchamel grasse très légère.

(Source : PLUMEREY, « L’Art de la cuisine française au XIXème siècle. Traité des entrées chaudes… », Paris, Dentu, 1843-1844, p.137.) 

POULET A LA MARENGO. 

Dépecez 6 poulets gras et mettez-les dans un plat à sauter avec 6 onces d’huile fine, un bouquet garni, une pointe d’ail écrasé, une légère pincée de mignonnette, un peu de sel. Faites cuire de manière que le poulet prenne une belle couleur mais ne rendre pas de mouillement. 20 minutes avant de servir, retirez l’ail et le bouquet et jetez dans les poulets une demi-livre de truffes «épluchées et coupées en escalopes. Dix minutes après, retirez du feu, ôtez la moitié de l’huile et ajoutez 2 cuillerées à dégraisser d’espagnole, un morceau de glace de volaille, 2 maniveaux de champignons tournés et cuits, une pointe de jus de citron. Dressez, sauvez avec la garniture et dressez autour 12 croûtons de pain passés au beurre et de belle couleur.

(Source : PLUMEREY, « L’Art de la cuisine française au XIXème siècle. Traité des entrées chaudes… », Paris, Dentu, 1843-1844, p.109).

RIS DE VEAU A LA SAINT-CLOUD. 

Après avoir préparé 6 ris de veau, cloutez-les tous les 6 alternativement de truffes et de langue écarlate. Enveloppez-les de légères bardes de lard. Ficelez-cuisez, égouttez et garnissez d’une purée de truffes.  Saucez d’une financière. On pourrait remplacer la purée de truffes par une purée de champignons, alors on saucerait d’une allemande légère. 

(Source : PLUMEREY, « L’Art de la cuisine française au XIXème siècle. Traité des entrées chaudes… », Paris, Dentu, 1843-1844, p. 66). 

A suivre…

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Paru récemment…

Couv-PEYRUSSE-carré

« Il arrive parfois, qu’au détour des pages glorieuses de l’Epopée, apparaisse un personnage oublié ou méconnu. Guillaume Peyrusse, qui fut un des collaborateurs de Napoléon, en fait partie. Entré en 1805, l’année d’Austerlitz, dans les bureaux du Trésor de la Couronne, Peyrusse va débuter une carrière fulgurante. En 1809, alors que se prépare la campagne d’Autriche, Peyrusse est nommé Payeur du Trésor de la Couronne à la suite de l’Empereur.  Dès le lendemain de cette nomination, qui le rapproche de Napoléon, il suit la Grande-Armée. 

C’est là que débute son passionnant témoignage.

Il va raconter notamment toutes les campagnes auxquelles il participe, les batailles dont il est témoin, toujours placé non-loin de Napoléon.

En 1812, débute une des plus fameuses campagnes de Napoléon : celle de Russie. G. Peyrusse suit l’Empereur, toujours en tant que Payeur du Trésor de la Couronne. Cette fonction lui va décidément à ravir, lui, dont la rectitude dans les comptes est légendaire. Aux batailles menées par Napoléon, il oppose des batailles de nombres. Son armée est composée de milliers d’opérations, de colonnes noircies à la plume par des combats d’additions et de soustractions qui doivent donner en finalité un résultat exact. C’est quelquefois pour lui un vrai casse-tête. Mais il n’oublie pas relater tout ce qu’il voit : la bataille de Borodino, Moscou, la ville aux mille clochers, l’incendie dantesque dont elle sera la proie et plus tard l’enfer blanc, ce froid, cette neige qui décimeront la Grande-Armée de l’Empereur, et le fameux passage de la Bérézina qui a tant marqué les esprits !

G. Peyrusse fait partie des survivants. Le voici en Allemagne, où il aura à peine le temps de se reposer. En ce début 1813, il doit suivre Napoléon dans la nouvelle campagne qui commence. En avril, il est à Mayence ; en mai, Peyrusse assiste aux batailles de Lützen et de Bautzen ; en août, il est témoin de la bataille de Dresde qui verra la mort du fameux général Moreau dans les rangs ennemis. Puis ce sera celle de Leipzig, le 16 octobre 1813, que Peyrusse qualifie « d’effroyable boucherie ». En janvier 1814, il est de retour à Paris. L’Empire est menacé. L’héroïque campagne de France commence. Elle est ponctuée par des noms de lieux, qui sont autant de combats et de batailles menés avec courage par les troupes de l’Empereur : Brienne, Champaubert, Montmirail, Vauchamps…

Mais tout est bientôt fini. Napoléon doit abdiquer. G. Peyrusse assiste aux émouvants Adieux de Fontainebleau, le 20 avril 1814, puis c’est le départ pour l’exil: l’île d’Elbe.

Durant cet intermède, il joue un rôle capital auprès de Napoléon : c’est lui qui occupe les fonctions de « Trésorier général de l’Empereur et Receveur général de l’île ». Celui que Napoléon aime à appeler, avec son accent si particulier, Peyrousse, a su obtenir la confiance du souverain.

Le 26 février 1815, lorsque l’Aigle prend soudain son envol, lorsque Napoléon décide de revenir en France, G. Peyrusse le suit et note tout, depuis le débarquement de la petite armée de l’Empereur à Golfe-Juan jusqu’ à son arrivée triomphale à Paris. Au soir du 21 mars, aux Tuileries,  Napoléon est accueilli par une foule en délire; moments d’une intensité incommensurable !

Deux jours après, l’Empereur nomme G. Peyrusse, Trésorier général de la Couronne. Il s’installe non loin du cabinet du souverain, se tenant toujours prêt à répondre à ses sollicitations. Peyrusse, travailleur infatigable, entreprend alors de remettre en ordre les comptes fastidieux de l’Empire. Resté à Paris, il ne participe pas à la campagne de Belgique. Le 21 juin 1815, à trois heures du matin, il apprend la défaite de Waterloo… Tôt ce même jour, Napoléon arrive à l’Élysée et convoque aussitôt Peyrusse afin de remettre de l’ordre dans ses finances. Mais l’Histoire suit son cours inexorable : l’Empereur  doit abdiquer pour la seconde fois.

 « Je rentrai aux Tuileries le cœur navré », écrit-il, après avoir rencontré Napoléon une ultime fois au château de Malmaison et assisté à son départ pour un exil, cette fois, définitif…

Ce sont les « Mémoires » de ce personnage attachant que nous vous proposons de découvrir, et ce dans une version intégrale. En effet, Christophe Bourachot, commentateur de cette nouvelle édition, a pu avoir accès au manuscrit original écrit de la main de Guillaume Peyrusse. L’ensemble a été complété par de nombreuses notes qui viennent éclairer cet important témoignage. »

Site internet de l’éditeur AKFG: http://akfgedition.com/product/baron-guillaume-peyrusse

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( 10 décembre, 2018 )

Le maréchal Ney royaliste…

Ney

Extrait du témoignage du chevalier de Villebresme, lequel est un royaliste de longue date. Villebresme a bien connu Ney durant la première Restauration (1814) : « Pour mon compte, je reçus le brevet de colonel à dater du 3 septembre 1814, la régularisation par la chancellerie de ma croix de Saint-Louis et la décoration du Lys. Enfin, sur ma demande, mon neveu Frédéric fut admis aux mousquetaires et je restai quelque temps à Paris pour le présenter à ses chefs. Lorsqu’il n’eut plus besoin de moi, je revins à Châteaudun où je passai mon hiver. C’est là que je connus le maréchal Ney qui habitait sa terre des Coudreaux qu’il avait achetée en 1808 à M. de Flers. Pendant l’Empire, bien que Moréville fût très rapproché des Coudreaux, nos relations avaient été froides, mais depuis qu’il avait embrassé chaudement les principes de la légitimité, j’éprouvais un vrai plaisir à fréquenter cet héroïque soldat, que le duc d’Angoulême vint voir au mois d’août. Je ne pensais guère alors qu’il allait bientôt oublier ses serments et tomber misérablement sous les balles d’un peloton d’exécution. Il était cependant devenu sincèrement royaliste et je ne peux m’expliquer comment il trahit ses engagements et apporta au Tyran le prestige de son nom, car je l’ai entendu déclarer maintes fois que Napoléon était le fléau de la France. Le maréchal Ney était un grand cœur, mais un caractère très faible et je suis convaincu qu’il s’est laissé entraîner sans trop réfléchir aux conséquences de sa conduite. Je ne suis pas de ceux qui approuvèrent sa mort, mais je dois reconnaître que, vu l’état des esprits au second retour du Roi, un exemple était nécessaire pour mettre fin aux menées et aux provocations des bonapartistes qui ne trouvaient sans doute pas suffisant d’avoir attiré deux fois le fléau de l’invasion. Lorsque la nouvelle du débarquement du Golfe Juan arriva à Paris, le maréchal Ney reçut l’ordre de rejoindre son gouvernement de Besançon j’allai lui faire mes adieux et lui demander des instructions, il me répondit textuellement « Ne vous inquiétez pas, car c’est une simple échauffourée, et quatre gendarmes suffiront pour arrêter ce Bonaparte dont la France ne veut plus. » Quelques instants après il quittait les Coudreaux par la porte dite d’Espagne qui avait vu passer tant de fourgons chargés de butin. Les généraux de la Révolution et de l’Empire s’enrichissaient facilement des dépouilles des vaincus. J’avais encore une vive sympathie pour un de nos voisins, le colonel de Bergeret, qui habitait le château de la Varenne. Pendant son séjour aux Coudreaux, le duc d’Angoulême avait signé à on contrat pour lui témoigner l’estime qu’il avait de son caractère chevaleresque, et il le méritait. Il avait fait toutes les guerres de l’Empire et avait échappé aux neiges de Russie. Ses récits militaires étaient extrêmement intéressants et instructifs; il est regrettable qu’il ne les ait pas écrits. Grand admirateur du maréchal Ney, sous les ordres duquel il avait longtemps servi, il ne pardonna guère sa mort au gouvernement de la Restauration auquel  il était cependant attaché. Il comparait volontiers la conduite au maréchal à celle du général de Bourmont qui, bien que général vendéen, avait aussi trahi ses serments au Roi, puis, la veille de Waterloo, avait abandonné son drapeau lorsqu’il vit que la défaite tait certaine. Pour celui-là, disait le colonel, il eût été de toute justice de le faire fusiller au lieu de le combler d’honneurs , et  était aussi mon avis. Il y a des gens qui tournent avec le vent et trouvent toujours le moyen de satisfaire leur ambition, mais si leur conscience ne leur reproche rien, l’estime des honnêtes gens leur est refusée. »

(« Souvenirs du chevalier de Villebresme, mousquetaire de la garde du Roi, 1772-1816… », Berger-Levrault et Cie, 1897, pp.191-193).

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