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( 12 décembre, 2018 )

Le général Pouchelon à Vitebsk…

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Etienne-François-Raymond Pouchelon, fils d’Etienne Pouchelon et de Madeleine Fayolle, était né à Romans, dans la Drôme, le 25 octobre 1770. Il entre au service dans le 2ème bataillon des volontaires de la Drôme en qualité de sergent-major au mois d’octobre 1791 et il est quartier-maître trésorier au mois de juin 1793.  Passé par incorporation dans la 118ème demi-brigade comme premier lieutenant de la compagnie de canonniers en l’an II et quartier-maître dans le même corps (devenu la 32ème demi-brigade de ligne), en l’an III, fait capitaine en l’an VI sur le champ de bataille, promu chef de bataillon le 29 mars 1801 et nommé le même jour aide de camp du général Rampon, major au 33ème  régiment de ligne le 22 décembre 1803 et colonel du même corps le 7 janvier 1807.  Il obtint le grade de général de brigade durant la campagne de Russie, le 8 octobre 1812. Il fut retraité en 1816 et mourut à Valence le 4 septembre 1831. Sa vaillance l’avait fait appelé « Pouchelon-Sans-Peur » et lui avait valu le titre de baron de l’Empire (26 octobre 1808). A la bataille de La Moskowa, il reçut deux coups de feu, l’un à la cuisse, l’autre à la main. Mais Pouchelon avait fait la première campagne de Pologne, et, comme plusieurs colonels de l’armée, il augura mal en 1812 des commencements de l’expédition. N’avait-il pas, comme on disait alors, des connaissances locales ?  Le 24 février 1808, il avait épousé une dame de Bromberg, la comtesse Béatrix-Sophie de Klingsporn, née Koplin, qui, selon le témoignage du général Friant, ajoutait à l’éducation et à de belles qualités une fortune assez considérable. 

De bonne heure, Pouchelon prévit donc que l’expédition tournerait mal et à Vitebsk, lorsque l’armée n’était pas encore à moitié chemin de Moscou, il disait au général hollandais Van Dedem de Gelder : « Je renvoie tous mes effets, l’armée est perdue. »  

Arthur CHUQUET.

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( 12 décembre, 2018 )

Un témoignage très peu connu sur la campagne de Russie…

Un témoignage très peu connu sur la campagne de Russie… dans TEMOIGNAGES 06-502479

Nous sommes pendant la campagne de Russie. Aimé D., employé dans l’administration des Hôpitaux militaires, accompagne son oncle, Directeur Principal de cette administration.

Après un trajet de Paris à Königsberg, les deux hommes achètent une voiture et deux chevaux. Les voilà à Smolensk, leur but étant de gagner Moscou où se trouve, à ce moment-là le quartier-général. Mais faut rétrograder et l’oncle décide d’attendre l’armée à Smolensk. Le froid est vif. Les maisons, faites en bois brûlent par mégarde, toutes les nuits. Au début de novembre 1812, l’armée fait son apparition. Les deux hommes quittent Smolensk à sa suite. Le désordre commence et la neige se met à tomber. Il fait très froid. Le neveu tombe malade à Orcha, qui appelle « Ozza » ; l’oncle également. Les voici sur les rives de la Bérézina. Le narrateur raconte les détails de leurs souffrances : l’indiscipline des soldats, l’ordre impérieux, venant de Napoléon, de brûle toutes les voitures afin de faciliter l’écoulement de l’armée.

Voulant garder leur véhicule à tout prix, qu’ils considèrent comme leur chance de survivre, les deux hommes décide de progresser à tout prix, ils franchissent un petit monticule, les voilà tirés d’affaire. L’oncle, place dans leur calèche un officier bavarois blessé à la jambe. Le maréchal Berthier, passant devant eux, aperçoit le blessé, et tire « lui-même les chevaux par la bride ; un de ses aides-de-camp prend un morceau de bois et frapper les chevaux ; ce qui doit, à mon avis, les faire avancer de force… Le plus étonnant reste à venir.

Les deux hommes parviennent à franchir la Bérézina ainsi. Ils prennent la direction de Vilna. Aimé, le neveu est très malade. Arrivé dans cette ville, ils se logent à l’hôpital. Nous sommes le 7 décembre 1812. Le 10, les Russes pénètrent dans la ville. Ils se mettent à piller l’hôpital. Le neveu, malgré son état, est agressé par ces sauvages, roué de coup de poing. Ces barbares lui prennent sa dernière chemise .Un cosaque emporte un petit sac qu’ils avaient, rempli de café et de sucre. D’autres malades sont maltraités. Aimé cite le cas, dans son récit, d’un capitaine espagnol que les Russes font sortir plusieurs fois entièrement nu et qu’ils battent avec des baguettes de fusil !

L’oncle décide de quitter l’hôpital de Vilna. Ils parviennent à se loger chez une Allemande, en lui donnant huit à dix francs par jour et dorment à même le sol !

N’ayant plus d’argent, ils sont mis dehors. C’est une prostituée qui les recueille. Les deux hommes sont dans un sale état, tout couverts de vermine. Le neveu en a la tête recouverte. L’oncle lui rase les cheveux. La fille de joie déclare qu’elle allait guérir Aimé rapidement. Elle met de l’eau-de-vie sur le feu ; une fois bouillante elle la jette sur la tête du pauvre Aimé !

Qu’on imagine un instant le choc, la douleur ressentie ! Le neveu pousse des cris, il a l’impression qu’on lui arrache le cuir chevelu… C’est tout dire !

Il écrit calmement : « J’en fus quitte pour une heure de souffrance, et, au bout de quatre ou cinq jours, je n’avais pas un pou dans la tête ».

En janvier 1813, les deux hommes font partie d’une administration française (formée par les Russes ? Doit-on en déduire qu’ils ont été auparavant faits prisonniers ?) afin de soigner les malades. En juillet, ils sont prisonniers, selon leur récit. Vers la fin août, ils décident de partir et après un arrêt forcé à « Rochazow », l’oncle étant de nouveau souffrant, ils reprennent la route fin novembre et arrivent à « Czernigow » le 8 décembre 1813.

En janvier 1814, Aimé est mordu grièvement par un gros chien de chasse suivant deux officiers français qu’ils connaissaient.

Le Directeur principal des Hôpitaux militaires, et son  neveu Aimé,  retrouveront la France, sans doute au cours de la première Restauration, car le récit est daté de « Meaux, 18 novembre 1814 ».

C.B.

Source : « Relation des événements militaires… », Brest, Imprimerie de Michel, 1814, 8 pages.

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