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( 25 décembre, 2018 )

Bon à savoir…

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( 25 décembre, 2018 )

La prise de Smolensk (17 août 1812).

Vers neuf heures du matin nous rencontrons des massLa prise de Smolensk (17 août 1812). dans TEMOIGNAGES smolenskes de toutes armes débouchant de diverses directions. Chacun prend sa place de bataille. L’Empereur paraît, couvert de poussière, des pieds à la tête, ainsi que le groupe de généraux qui le suit. Il se porte en avant, puis va donner ses ordres, à la droite d’une division. Le maréchal Ney met pied à terre près de ma compagnie, me prend le bras et me mène sur un petit monticule ; ayant appuyé sa longue-vue sur mon épaule, il regarde pendant cinq minutes, puis va rendre compte à l’Empereur. Presque aussitôt, une vive canonnade, sur notre droite, ouvre la bataille. Smolensk était entouré d’un mur d’enceinte assez haut, crénelé et flanquée de tours bastionnées avec des fossés secs. Il y avait deux portes. Un ravin ayant une immense profondeur et très touffu couvrait tout le front de la ville. C’est dans ce ravin que nous attendaient les Russes. Nous y sommes lancés par bataillons, par compagnies, le terrain très accidenté nous désunit, nos officiers ont peu ou point d’hommes avec eux, sauf le capitaine qui était suivi d’une demi-section, pour porter ses ordres. A un moment donné, je me trouvai, moi, quatrième, devant dix Russes ; après avoir brûlé une cartouche nous fîmes jouer la baïonnette, ce qui ne nous effrayait guère. Bientôt le canon des Russes se tût, car, dans ce pêle-mêle il aurait atteint ses soldats aussi bien que nous. Nous avancions lentement dans ce combat corps-à-corps, lorsque les cris de « En avant ! » se font entendre, les tambours battent la charge, chacun prend le pas de course et nous subissons, sans trop en souffrir, le feu des canons des tours et des bastions.

Le maréchal (Davout) monte à l’assaut de la brèche du Grand Bastion, nous l’y suivons et entrons dans la ville, d’autres troupes entrent par la porte voisine. Nous trouvâmes Smolensk déserte, les Russes l’avaient incendiée pour couvrir leur retraite. Telle fut cette grande bataille où mon régiment éprouva beaucoup de pertes, j’y perdis un de mes bons amis frappé d’une balle au front. Quant à moi je n’eux à regretter que mon pompon, coupé par un projectile. Nous passâmes la journée du 18 au milieu de décombres fumants et de cadavres de tous sexes et de tous âges, n’ayant plus forme humaine. De la ville sainte il ne restait debout que les principaux édifices, entre autres une église qui me parût remarquable autant par sa grandeur que par son architecture orientale, et qui était pleine de morts et de mourants. Je fus très surpris de voir que cette grande cité était traversée par un ravin rapide et profond. »

(Capitaine Vincent BERTRAND, « Mémoires. Grande-Armée, 1805-1815. Recueillis et publiés par le colonel Chaland de La Guillanche, son petit-fils [la première fois en 1909]. Réédition établie et complétée par Christophe Bourachot », A la Librairie des Deux Empires, 1998, pp.118-120). L’auteur était alors sergent au 7ème régiment d’infanterie légère.

 

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( 25 décembre, 2018 )

Une lettre du général Compans…

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J’ai déjà diffusé sur « L’Estafette »,, une lettre de ce général. Celle-ci est adressée à sa femme depuis les neiges de Russie… 

Dorogobouje, le [resté en blanc] novembre 1812. 

Ma chère Louise, j’ai reçu hier avec une extrême joie cinq de tes lettres. Elles ont calmé une double inquiétude que j’éprouvais depuis plusieurs jours, celle d’être sans nouvelles de toi et celle de voir par ta correspondance qu’aucune des lettres, que j’avais écrites après celle du 7 septembre, ne te parvenait ; cette double inquiétude cesse enfin. Je me rapproche tous les jours de toi et j’espère que cet hiver notre correspondance qui fait tout mon bonheur reprendra toute son activité. Ma division a combattu plusieurs jours de suite à l’arrière-garde  et toujours avec beaucoup d’ordre et de bravoure ; mais le 2 de ce mois devant Viasma elle prit part à un combat assez sérieux  où elle ajouta beaucoup à la gloire qu’elle s’est acquise pendant cette campagne. Le 57ème régiment a bien  justifié le surnom de « Terrible » que l’Empereur lui donne en Italie. Il s’est fort distingué dans cette campagne ; j’ai été aussi très satisfait des trois autres régiments [25ème, colonel Dunesme, 61ème  colonel Bouge et 111ème, colonel Julliet]. Mon artillerie ne m’a rien laissé à désirer ; elle était parfaitement conduite. Je connaissais déjà l’intérêt que Mme de Lépine avait bien voulu prendre à ma blessure et je t’avais priée d’être auprès d’elle l’interprète de ma gratitude et de tous mes sentiments. On dirait que je me suis donné le mot avec cette aimable dame pour te mettre dans la confidence de ce que nous avons l’un pour l’autre. Réitère-lui que je l’aime bien et que je saisirai toutes les occasions de le lui témoigner. Je ne m’intéresse pas moins à sa santé qu’elle ne s’est intéressée à ma blessure. Je conçois que ta famille n’ait pas été moins inquiète que toi sur mon compte, voyant ma correspondance cesser après le 7 septembre. Je conçois aussi qu’elle ait vivement partagé toute la joie lorsque tu reçus à la fois cinq lettres qui te donnent de mes de mes nouvelles jusqu’au 14. J’aime cette bonne famille autant qu’elle peut m’aimer et j’espère qu’un temps viendra où nous passerons d’heureux jours ensemble. L’accident d’un de tes beaux yeux n’aura probablement pas de suites fâcheuses, ma chère Louise. C’est ordinairement un mal très passager qu’un coup d’air de cette espèce. Je vois  avec plaisir que ta santé et celle du petit Monique-Napoléon [Dominique-Napoléon, son fils] ; ménage-les bien l’une et l’autre.

Je t’écris au bivouac, la neige tombe en ce moment d’une telle force qu’elle m’oblige à finir cette lettre. Je vous embrasse de cœur et d’âme. 

Comte D.COMPANS 

 

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