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( 5 janvier, 2019 )

Devinette…

Devinette

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( 5 janvier, 2019 )

Visites à l’île d’Elbe (Janvier 1815)…

napoleon.jpg« Il était difficile à sir Neil Campbell de concilier sa surveillance d’Argus et les égards qu’il s’était proposé de montrer à Napoléon, sans avoir bien défini lui-même, avons-nous déjà dit, son titre et ses fonctions ; il lui aurait répugné surtout d’admettre qu’on pût l’assimiler à un geôlier et encore moins à un espion, quoique même le plus haut grade de la diplomatie exige du plus noble seigneur qui en est revêtu un peu de cet espionnage sans lequel, surveillé et espionné lui-même, il risque d’être le seul à ignorer le secret de la comédie politique dont il est le premier acteur. Le commissaire anglais à l’île d’Elbe, très-imparfaitement renseigné sur les lieux, convient donc qu’il était réduit à aller chercher à Florence, à Livourne, à Rome et à Gênes les informations d’une police mieux servie que la sienne et un supplément d’instructions. C’est ainsi que, n’ayant appris que par les journaux, comme Napoléon, le voyage de son collègue autrichien le général Koller, et très-désireux de s’entretenir avec ce général avant son arrivé  auprès de Napoléon, il crut devoir aller l’attendre à Gênes, d’où, après l’avoir attendu vainement, il retourna, dans les premiers jours de janvier, à l’île d’Elbe, et y apprit que c’était à Milan qu’il aurait dû aller joindre le général Koller. Cette fois il apprit encore que pendant son absence ce n’était plus seulement un étranger qui avait rendu à Napoléon la visite mentionnée par M. Peyrusse, mais que plusieurs aventuriers débarquaient dans l’île continuellement et se rembarquaient pour Naples, se disant déçus de l’espoir d’être employés par l’empereur et allant demander du service au roi Murât. Evidemment Napoléon, ne pouvant soustraire tous ces visiteurs à la surveillance dont sir Neil n’était pas le seul agent, n’était pas fâché de laisser croire que ce n’était pas la France, mais l’Italie, qui invoquait son retour, d’autant plus qu’aucun d’eux, paraît-il, n’avait réellement obtenu de lui aucune parole compromettante. Il avait ainsi congédié successivement M. Théologue, un Grec chargé autrefois par lui de missions dans le Levant, et un individu qui, prenant le nom de Pietro Saint-Ernest, fut dénoncé au commissaire anglais comme étant venu déguisé en matelot. Ce ne devait pas être un de ceux que sir Neil appelle des aventuriers, ce gentilhomme norvégien, nommé M. Kundbzow, venu exprès de l’extrême Nord pour saluer le grand homme de l’Occident, et à qui Napoléon demanda:

« Quelle est la population de la Norvège ? »

« Deux millions, Sire.

— Non, reprit Napoléon immédiatement, elle n’est que de dix-huit cent mille âmes. »

Correction exacte que sir Neil Campbell nous dit n’avoir été faite par le grand homme de l’Occident qu’à l’aide du Dictionnaire géographique « consulté le matin, n’en déplaise aux admirateurs de son savoir universel. » Ce n’était pas non plus un aventurier que M. Litta, noble Milanais venu pour déclarer, au nom de ses compatriotes, qu’il rallierait sous son drapeau toute la Péninsule , excepté quelques prêtres et quelques sexagénaires. La conversation de M. Litta et de Napoléon est citée par sir Neil Campbell textuellement, grâce à un ami intime pour qui il l’avait transcrite et qui l’avait traduite en français pour le consul de France à Livourne, M. Mariotti »

(« Napoléon à l’île d’Elbe. Chronique des événements de 1814 et de 1815. D’après le Journal du colonel sir Neil Campbell., le Journal d’un détenu et autres inédits peu connus pour servir à l’histoire du Premier empire et de la restauration. Recueillis par Amédée Pichot », E.Dentu, Éditeur , [et] Revue Britannique, 1873, pp.206-208)

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( 5 janvier, 2019 )

Une lettre de Maret, duc de Bassano, écrite de la ferme du Caillou, le 18 juin 1815…

maret.jpg

Elle est adressée au général de Caulaincourt, duc de Vicence, Ministre des Affaires étrangères. Notons que Maret, duc de Bassano, occupait alors les fonctions de Ministre Secrétaire d’Etat de l’Empereur.

Monsieur le Duc,

J’ai reçu les deux tables du chiffre d’après la méthode de M. Henrichs que Votre Excellence a bien voulu me faire connaître si elle a eu la complaisance d’envoyer une table pareille à M. le comte de Berlier pour ma correspondance avec lui.Cette correspondance sera très suivie et ce serait un avantage que de pouvoir se servir alternativement du chiffre ordinaire et du chiffre nouveau. Dans la situation actuelle de l’armée, les communications sont faciles d’un corps à l’autre, mais cet état de choses changera vraisemblablement bientôt. Sa Majesté m’ordonne de me pourvoir d’un certain nombre de tables que je puisse donner au Major Général [le Maréchal Soult] pour cette correspondance.  J’ai l’honneur de vous prier de m’envoyer d’abord six, puis six autres et d’ordonner qu’elles soient différentes de celle que je viens de recevoir. Peut-être même conviendrait-il qu’il n’y eut pas plus de trois tables semblables. Le chiffre d’un des corps d’armée peut tomber entre les mains de l’ennemi et trahirait tous les autres. La campagne a commencé par un très beau succès. La victoire de Ligny sous Fleurus est d’une très haute importance. La droite et le centre ont écrasé l’élite de l’armée prussienne. Le moral de cette armée s’en ressentira longtemps. La gauche n’a pas obtenu des résultats aussi décisifs, mais ils ont aussi leur importance. Lord Wellington commandait en personne au combat des 4 Chemins [Quatre-Bras], entre Sombref [Sombreffe] et Nivelle. Les anglais, surtout les écossais, ont été très maltraités. On évalue leurs tués et leurs blessés à 4 mille hommes. Notre armée est aussi bonne que dans nos temps les plus prospères.  Quoique le temps nous contrarie, nous aurons bientôt d’autres nouvelles à bous annoncer.

A l’exception du général Letort, qui a été grièvement blessé, dès le début et avant les affaires d’importance, toutes les personnes que Votre Excellence connaît à l’armée, se portent bien. Veuillez agréer, Monsieur le Duc, les nouvelles assurances de ma haute considération.

Le Duc de BASSANO

De la Ferme de [sic] Caillou, près Planchenoi [sic], le 18 juin 1815.

 

Document publié dans le Bulletin de la Société Belge Etudes Napoléoniennes (n°75) de juin 1971.

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( 5 janvier, 2019 )

Une lettre d’Henri Beyle [Stendhal] au Ministre de la Guerre…

Beyle en uniforme de consul

Henri Beyle en uniforme de Consul de France (en Italie)

dans les années 1830.

Au duc de Feltre, Ministre de la Guerre.

Grenoble, le 19 mai 1816.

Monseigneur,

Monsieur Henri Beyle, adjoint aux commissaires des guerres, demande de toucher à Grenoble, sa patrie et son domicile, la demi-solde de son grade d’adjoint aux commissaires des guerres.

M. H. Beyle, nommé à Königsberg en 1807, a fait toutes les campagnes. Il était à la demi-solde comme auditeur au Conseil d’état en 1814. Malade par suite de la campagne de Moscou, il n’a exercé depuis aucune fonction publique. Il a servi, sous les ordres de M. le baron de Joinville, commissaire-ordonnateur, qui, en cas de besoin, pourrait donner connaissance de ses [états de] services. Je suis avec respect, Monseigneur, de Votre Excellence, le très humble et très obéissant serviteur.

DE BEYLE.

Commissaire des guerres adjoint.

——-

Observations.

Quand Beyle écrit qu’il a fait toutes les campagnes depuis 1807, ceci est inexact.  Le futur Stendhal n’a pas participé à celle d’Espagne, bien qu’il soutint le contraire à plusieurs reprises . Il était bien présent à celles d’Autriche, de Russie et fit une partie de celle de Saxe, avant de tomber gravement malade (en juillet 1813).

L’auteur parle de lui à la troisième personne (du singulier).

La particule dans sa signature est totalement fantaisiste. Beyle en usera de nombreuses fois, toutes comme la centaine de pseudonymes qu’il utilisa en signant ses lettres tout au long de son existence.

Cette lettre a été reproduite à la p.358 du volume IV de sa « Correspondance (1812-1816) ». Edition établie par Henri Martineau (Paris, Le Divan, 1934).

C.B.

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