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( 7 janvier, 2019 )

L’Adjudant commandant Bourmont en 1812…

L’Adjudant commandant Bourmont en 1812… dans FIGURES D'EMPIRE bourmontlahonteBourmont avait, été envoyé, comme adjudant commandant, par l’Empereur, à l’armée de Naples, le 24 août 1810, puis au corps d’observation d’Italie le 17 janvier 1812. Le lendemain du jour où le ministre dela Guerre l’employait à l’armée d’Italie, le 18 janvier, le général Partouneaux, son ami le recommandait dans la lettre suivante : « Monseigneur, je prends la liberté de rappeler au souvenir de V. E. la promesse qu’elle a daigné me faire d’employer M. de Bourmont comme mon chef d’état-major. Cet officier a déjà été employé par moi en cette qualité, et il me témoigne le désir de l’être de nouveau. V. E. m’a parlé de lui avec estime, avec intérêt. Je viens de nouveau donner l’assurance à V. E. que M. de Bourmont est sincèrement attaché aux intérêts de l’Empereur et à sa gloire. J’apprends que S. M. I. et Royale organise ses armées en Allemagne et en Italie. J’ose espérer que je serai employé et je le désire d’autant que je ne désire rien tant que de donner de nouvelles preuves de mon respectueux dévouement à S. M. l’Empereur. »Mais l’ordre était parti, et déjà Bourmont se rendait Milan pour aller recevoir du vice-roi ses lettres de service et prendre le commandement du département les Apennins. L’Empereur n’avait pas été consulté. Lorsqu’il sut la nouvelle — le 19 janvier — il éclata. Donner un département à un ancien chef de chouans ! Cette mesure était ridicule! Bourmont était un de ces hommes qu’il ne fallait employer qu’en les surveillant ! Que penseraient les troupes en se voyant commandées par un Bourmont ? Sur-le-champ, le ministre dela Guerre révoqua l’ordre qu’il avait donné et il s’excusa auprès de l’Empereur en disant que le général Montchoisy avait confié à Bourmont le commandement d’une colonne destinée à réprimer quelques mouvements qui agitaient le département des Apennins, que, par suite, il avait nommé Bourmont commandant du département. Au même instant — 20 janvier, et c’était jouer de malheur — Mme de Bourmont, de son chef, écrivait à l’Empereur et lui demandait pour son mari le grade de général de brigade. « Sire, disait-elle, M. de Bourmont vous a prouvé son zèle en se rendant à l’armée d’Italie. Aussitôt qu’il a reçu les ordres de Votre Majesté, il a tout quitté pour les suivre : ses enfants, sa femme, ses affaires. Daignez lui accorder le grade de général qu’il est digne de remplir, et l’honneur de se battre sous les yeux de Votre Majesté, en cas qu’elle vînt à commander une armée; il brûle de lui donner des preuves de son courage et du plus entier dévouement. Croyez, Sire, qu’il en coûte au cœur d’une femme de vous prier d’exposer les jours d’un époux qu’elle chérit. Un seul motif peut l’engager à une pareille démarche. J’espère que Votre Majesté saura l’apprécier. » Le ministre, à qui l’Empereur renvoya la lettre, ne répondit que le 30 mars à Mme de Bourmont, et par la formule connue de non-recevoir : « J’ai l’honneur de vous prévenir que Sa Majesté ne m’a point fait connaître ses intentions sur cette demande. » Mais le 6 avril, le major général informait le duc d’Abrantès que l’adjudant commandant Bourmont serait employé près de lui au 4ème corps dela Grande Armée, et durant la campagne de Russie l’ancien chouan ne cesse pas et de plaire et de briller. Labaume, dans ses mémoires, assure que son mérite égale sa modestie; Griois juge son caractère doux, ses manières aimables et sa conversation agréable; Castellane le regarde comme très spirituel, très distingué et très brave. Au moment où commence la retraite, il occupe, sur la route de Moscou à Mojaïsk, le château du prince Galitzine, Maloviasma, où  il y avait un relais d’estafettes et une garnison composée de deux régiments de chevau-légers bavarois et de deux bataillons du régiment Joseph-Napoléon.

Il  fit courageusement la retraite; mais, comme tant d’autres, une fois arrivé sur le sol prussien, il tomba gravement malade et il était presque mourant à Marienwerder lorsque l’ennemi s’empara de la ville le 12 janvier 1813. Mais le 9 février, Bourmont s’échappait et, de Magdebourg, le 25 février 1813, il écrivait au ministre de la Guerre, le général Clarke, duc de Feltre : «Monseigneur, j’étais demeuré mourant à Marienwerder lorsque le vice-roi en partit le 12 janvier dernier et j’appris le 20, en recouvrant ma raison, que j’étais au milieu des ennemis. Le désir de servir encore Sa Majesté dans une nouvelle campagne me fit prendre la résolution de traverser l’armée russe, de rejoindre le quartier général de S. A. I. et, dès le 9 février, quoique je ne pusse marcher qu’à l’aide d’un homme qui me soutenait, je sortis de Marienwerder, montai dans une charrette de paysan et, après quelques aventures plus ou moins dangereuses, je suis arrivé le 16 à Stettin et le 23 à Magdebourg. Le 4ème corps ayant été dissous, je dois attendre ici les ordres de Votre Excellence; je tâcherai d’y achever le rétablissement de ma santé. Quoique je sois encore très faible, j’espère pouvoir me passer d’un congé de convalescence dont les médecins assurent pourtant que j’ai grand besoin. » Le 25 mars, le duc de Feltre lui ordonnait de se rendre à Metz où il serait employé comme chef d’état-major à la 2ème division de dragons. Mais quand il reçut cet ordre, Bourmont était, depuis le 3 avril, attaché au 11ème  corps d’armée comme sous-chef de l’état-major, et, le 17 mai, dans une lettre datée du camp devant Bautzen, il priait le ministre de le laisser demeurer au 11ème  corps et en présence de l’ennemi.

Le 28 septembre 1813, au quartier général impérial de Dresde, l’Empereur le nommait général de brigade.

Arthur CHUQUET

(« 1812. La Guerre de Russie. Notes et Documents. Troisième série », Fontemoing et Cie, Editeurs, 1912,  pp.331-334.)

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( 7 janvier, 2019 )

La tombe de Louis-Vivant Lagneau…

La tombe de Louis-Vivant Lagneau... dans INFO snb10260

Destinée à disparaître, cette sépulture dans laquelle reposent le fameux chirurgien et cinq de ses parents, a pu être sauvée et restaurée par le biais d’une souscription publique en 2000, à mon initiative et avec le soutien du magazine « Tradition » et de l’Association « Passepoil ». Sa tombe se trouve au Cimetière du Père-Lachaise (27ème division). 

portrait Louis-Vivant Lagneau dans INFO

 Louis-Vivant LAGNEAU (1781-1867)

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( 7 janvier, 2019 )

La CAMPAGNE D’ALLEMAGNE (1813) RACONTEE par le COLONEL VIONNET de MARINGONE (IV).

Ombre 1

Suite de la relation de Vionnet de Maringoné.

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« Pendant quinze jours je crus à la paix. Je me réjouissais de rentrer en France afin de soigner ma santé encore passablement délabrée par la campagne de Russie. Je dus bientôt déchanter voyant les choses traîner en longueur, aussi me hâtai-je d’activer la mise en campagne prochaine de mon régiment. Au lieu d’imiter certains colonels qui pour faire briller leur régiment pendant la paix avaient acheté des pantalons blancs, je procurait au mien des pantalons de drap gris amples et commodes, des guêtres d’étoffe noire et surtout de bon souliers. Mon opinion se confirma le 6 juillet en recevant l’ordre d’aller camper à Polkewitz. Je redoublai de zèle et d’activité pour équiper mes soldats, je fis traiter les galeux, guérir les maladies légères sans envoyer les hommes aux hôpitaux. Ce qui fait que le 30 juillet, jour où le maréchal duc de Trévise [Mortier] passa le régiment en revue, je l’avais augmenté de 200 hommes depuis l’armistice ; Sitôt la revue du Maréchal passée, on annonça que la fête de l’Empereur serait célébrée le 10 août, l’armistice pouvant finir le 15. Une table fut dressée en avant du camp ou tous les officiers dînèrent. Le maréchal duc de Trévise qui nous commandait  présida ce dîner qui fut fort gai. On ne parlait que des conquêtes futures, toutefois il ne fallait pas être très grand observateur pout s’apercevoir des changements survenus dans l’armée et présager les désastres qui allaient fondre sur elle. La bataille de Lützen gagnée contre toute probabilité aurait dû déterminer l’Empereur à accepter la paix qu’on lui  offrait. On ne conçoit pas comment il était assez peu instruit  des affaires de l’Allemagne pour ne pas savoir que tous les souverains se préparaient à quitter son alliance au moment précis où il croyait pouvoir résister à l’Europe entière !

L’enthousiasme grandiose qui avait toujours conduit nos bataillons était détruit. L’ambition avait remplacé l’émulation. L’armée n’était plus commandée que par des officiers braves jusqu’à la témérité, mais sans expérience et sans instruction. Les soldats ne cherchaient que l’occasion de quitter leur corps, entrer aux hôpitaux, fuir le danger. Il est bon de dire qu’on les battait pour la moindre chose et qu’au lieu de les considérer comme les compagnons de nos travaux et les agents de notre gloire, la plupart des officiers et des généraux les traitaient en esclaves. On exigeait d’eux des choses impossibles, au-dessus des forces humaines et tous les moyens étant bons pour les obtenir. Le colonel ayant le plus d’hommes présents sous les drapeaux était le plus estimé ? On ne lui demandait pas si on avait abîmé de coups, écrasé de fatigue les hommes pour les faire marcher. Ils étaient arrivés et cela suffisait. Voilà le pitoyable système employé dans les armées françaises !

On crie contre les colonels et les autres officiers qui laissent des hommes ne arrière pendant les marches forcées. On forme des arrière-gardes de sous-officiers et de caporaux qui peuvent  à peine se soutenir sur leurs jambes. On comble déloges et de faveurs ceux qui se montrant sans pitié et sans compassion, forçant ainsi les officiers les plus doux à devenir barbares et cruels comme les autres.

Il en résulte que le soldat ne se bat plus par amour de la gloire mais par crainte des oups et qu’une fois loin de ses officiers, il ne rejoint son régiment que le plus tard qu’il peut, dans la crainte des punitions qui l’attendant à son retour. Il faut ajouter que l’administration est si mal organisée que, les trois quarts du temps, l’armée n’a point de vivres, ce qui oblige les capitaines à envoyer les soldats piller les campagnes pour ne pas mourir de faim.

Toutes ces réflexions qui me vinrent à l’esprit durant ce repos, loin de me donner de l’espoir, me firent concevoir des craintes que nos premiers mouvements ne justifièrent que tort. Je craignais par-dessus tout la décision de l’Autriche qui, se déclarant contre nous, mettrait l’empereur dans la nécessité de se retirer à la gauche du Rhin et à  faire, au moins pendant quelques temps, une guerre défensive qui me paraissait peu convenait à son caractère violent et emporté.

Le 11 août, les armées russes et prussiennes dénoncèrent l’armistice.

Le 15, nous abandonnons le camp à 4 heures du matin, et après avoir ouvert sept lieues, bivouaquons à Scheinteller.

Le 16, nous continuons notre marche, après avoir traversé Bunzlau, petit ville sur la Bober. Jefus détaché avec la 1ère brigade à Suberdorf.

Le 17, nous arrivons à  Lauban. Je fus détaché avec les deux premiers régiments à Obersbetelsdorf. Je fis bivouaquer un bataillon derrière un ravin coupant en avant de Lauban et le reste dans des granges et au château.

Le 18, même position. Je passai l’inspection des régiments.

Le 19, nous allâmes jusqu’à Luthnau, à  trois lieues de Lauben, je logeai au moulin, avec le colonel Darriule [Commandant le 1er régiment de Tirailleurs dela Garde], nous y fûmes parfaitement bien.

Le 20, on nous fit rétrograder sur Lauban où nous arrivâmes à minuit. Il pleuvait à torrent et nous étions fort incommodés. Ces marches et contremarches, au commencement d’une campagne, troublèrent un peu les esprits. Ce n’était pas la méthode de l’Empereur de manœuvrer avant d’avoir livré bataille. On crut remarquer une certaine incertitude dans les mouvements et un manque d’unité et d’ensemble dans les opérations. On nous fit connaître la défection de l’Autriche qui se tournait contre nous. Cette nouvelle fit sensation chez les gens raisonnables qui sentirent le prélude de notre perte.

Le 21, la division arriva à Lowenberg. Le corps d’armée du maréchal Macdonald s’y était battu la veille et avait repoussé l’ennemi. »

 

A suivre…

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