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( 15 janvier, 2019 )

Un mot en 5 lettres…

Cambronne

S’il y a un général  connu dans la Grande-Armée pour son « mot » c’est bien le général Pierre Cambronne (1770-1842). Au soir de la journée mémorable de Waterloo  en réponse aux Anglais qui le sommaient de se rendre,  il aurait lancé à la figure de l’ennemi ce mot violent, tel un dernier coup de canon. Mais rien n’est moins sûr ! En effet l’intéressé s’est toujours défendu de l’avoir prononcé ; mais le cœur y était certainement ! Et voilà Cambronne, vaillant officier ayant connu le baptême du feu à Jemappes en 1792, s’étant illustré sur presque tous les champs de batailles de l’Empire, qui entre dans l’Histoire. Lui qui commandait le 1er régiment des chasseurs à pied de la Garde le 18 juin 1815 et qui se retrouva dans un des derniers carrés face aux Britanniques, épousera plus tard une… Anglaise après avoir été nommé vicomte par Louis XVIII.

C.B.

 

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( 15 janvier, 2019 )

Une LETTRE d’un SOLDAT BRUNSWICKOIS sur la CAMPAGNE de 1815…

brunswick1815.jpgDans le corps d’armée du duc Frédéric-Guillaume de Brunswick se trouvaient réunis onze fils de paysans du village de Ölper, proche de la cité ducale ; parmi eux les frères Heinrich et Andreas Möreke. Ce dernier a envoyé à sa famille une lettre datée du 22 juillet 1815 qui est parvenue jusqu’à nous et dont le contenu reflète encore l’émoi de son auteur lorsqu’il relate les combats de Waterloo.

Karl TRAUPE (de Brunswick).

Chers parents, chers frère et sœur,

Nous espérons que vous serez encore en bonne santé quand notre lettre vous parviendra.

Cher frère, ne nous en veux pas de ne pas avoir écrit plus tôt.  Nous avons écrit une lettre le 12 juin, mais vous ne l’avez certainement pas reçue, car le 16 juin à minuit nous avons dû nous mettre en route et marcher 10 heures au-delà  de Bruxelles et aller au feu le même jour. Le 16 juin, nous avons perdu notre duc bien-aimé [Frédéric-Guillaume de Brunswick-Wolfenbüttel, né en 1771 et tué le 16 juin 1815 aux Quatre-Bras]. Pendant trois jours, les 16, 17 et 18 juin, nous étions dans la bataille, et ensuite le Français a dû battre jour et nuit en retraites de 32 miles jusqu’à Paris [le bois de Paris, près de Lasne] et voulait s’y fixer. Mais comme les Prussiens et les Russes [ !] l’assiégeaient et lançaient de nombreuses bombes incendiaires, il décampa et se retira dans une forteresse [ ?].

Il y resta trois jours, dut ensuite la quitter, et parce qu’ils s’enfuyait par eau, les Anglais le prirent. Nous n’avons désormais plus rien à craindre

Cher frère, crois-moi, les balles, les cartouches et les bombes me passaient sans arrêt au-dessus de la tête en sifflant, comme si on semait des pois. Je suis resté au feu les trois jours complets mais le bon Dieu m’a cependant protégé. Hélas, beaucoup sont restés sur le champ de bataille, beaucoup de morts et de blessés.  Ils gisaient les uns sur les autres, beaucoup avaient les jambes et les bras arrachés. Beaucoup rentreront à Brunswick éclopés et invalides. Nous avons fait 18 000 Français prisonniers et de nombreux Français sont tombés. Nous ne pouvions même pas avancer. De nombreuses voitures transportant des blessés sont tombées à l’eau. Nous avons pris 4000 canons que le Français avait abandonnés. Nous ne pouvons assez remercier le bon Dieu de nous avoir préservés.  Nous sommes jusqu’à présent sains et saufs. Nous sommes restés quinze jours durant aux portes de Paris [s’agit-il ici de la ville ?] et y demeurons jusqu’à nouvel ordre ; car nous ne savons pas encore si nous allons avancer ou reculer.

Andreas MÖREKE

L’aspect fantaisiste de ce récit  (présence des Russes, mention d’une forteresse, fuite des troupes françaises par voie d’eau…), est à noter.  Il faut sans doute y voir l’état de grande désinformation dans lequel se trouvaient certains combattants de la bataille du 18 juin 1815.

C.B.

Document publié la première fois dans le Bulletin de la Société Belge d’Etudes Napoléoniennes, n°13, année 1991.

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( 15 janvier, 2019 )

Un dragon dans la campagne de France…(2)

Montereau

Suite du témoignage Gougeat, dragon à cheval au 20ème régiment.

« Un jour que ma compagnie état de grand’garde, dans une prairie, devant le village de Saint-Aubin, un général nous envoie l’ordre de nous renseigner sur la nationalité d’un grand poste établie à quelque distance de nous. La compagnie s’avance de ce côté, mais elle est arrêtée par un ruisseau large et profond qu’aucun de nos dragons ne peut franchir ; seul le capitaine de Marcy, monté sur son magnifique cheval isabelle, le saute avec la plus grande aisance, et s’approchant du poste suspect, il crie d’une voix forte : « Qui vive ? » C’étaient des cuirassiers autrichiens. A l’audacieuse provocation de l’officier français, ils répondent par une décharge générale de leurs mousquetons, dont les balles passent en sifflant aux oreilles de celui-ci, mais sans l’atteindre ; puis ils foncent sur lui. Sans se presser beaucoup et avec le plus grand sang-froid, mon capitaine revient au ruisseau qu’il franchit avec la même facilité que la première fois et, lorsque les Autrichiens sont arrivés, à leur tour, au petit cours d’eau qu’ils ne peuvent passer, il fait tirer dessus par ses dragons qui en tuent deux.

Nous descendons au-dessous de Nogent, toujours en côtoyant la Seine. Nous passons le fleuve à Montereau et nous allons occuper un petit village appelé Chennevières, qu’on dit être à 4 lieues seulement de Paris ; nous n’y restons que quelques jours.

En revenant sur la Seine, notre armée poursuit et refoule jusque dans Montereau un corps de troupes alliées. Nous sommes remplis d’ardeur et d’enthousiasme; nous nous croyons déjà sur le Rhin.

La ville de Montereau et ses coteaux sont garnis de troupes ; un combat acharné s’engage dans a la ville même et sur les hauteurs. Après une résistance longue et opiniâtre, les armées ennemies essuient une défaite complète ; elles fuient de toutes parts, poursuivies par notre cavalerie qui passe le pont à leur suite, ma compagnie une des premières.

Au moment où notre artillerie  va s’engager à son tout sur pont long et étroit, on jette dans la rivière de nombreux cadavres d’hommes et de chevaux qui obstruent ou gênent le passage. Resté en arrière de ma compagnie, je profite, pour traverser, d’un petit intervalle laissé libre pendant le défilé de l’artillerie et je me trouve avec un de nos officiers nommé M. Robin, qui, comme moi, a été séparé du régiment dans un de ces moments de confusion si fréquents dans les engagements de cavalerie.

M. Robin et moi, nous nous efforçons, mais vainement, de rejoindre le 20ème dragons dont nous ne connaissons que très imparfaitement l’itinéraire. Enfin, après 17 jours de marche et de recherches, nous le trouvons campé  dans les vignes d’Essoyes, gros bourg situé près de Bar-sur-Seine. »

 

A suivre.

(Témoignage publié la première fois en 1901 dans le « Carnet de la Sabretache » ; réimprimé en 1997 par Teissèdre).

 

 

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