• Accueil
  • > Archives pour le Jeudi 24 janvier 2019
( 24 janvier, 2019 )

La princesse Pauline à l’île d’Elbe…

Pauline

« La princesse Pauline, à l’île d’Elbe, pouvait avoir de trente à trente-cinq ans [elle en avait trente-quatre]. Sa personne, suivant ce qui était apparent, avait toutes les belles proportions de la Vénus de Médicis. Il ne lui manquait qu’un peu de jeunesse, car la peau de sa figure commençait à se rider ; mais les quelques défectuosités résultant de l’âge disparaissaient sous une légère teinte de fard qui donnait plus d’animation à sa jolie physiononomie. »

(Mameluck ALI, « Souvenirs sur l’empereur Napoléon. Présentés par Christophe Bourachot », Arléa, 2000).

Publié dans FIGURES D'EMPIRE,TEMOIGNAGES par
Commentaires fermés
( 24 janvier, 2019 )

En pleine campagne d’Espagne…

Espagne7Henry de Saint-Simon en 1782 (et mort en 1865), s’engage à dix-huit ans dans un régiment de hussards et gagnera tous ses grades à la pointe de l’épée. En 1805, il est nommé capitaine et désigné comme aide-de-camp par le maréchal Ney. En 1808, Saint-Simon part combattre en Espagne comme chef d’escadron à la tête du 29ème régiment de chasseurs à cheval. Il a laissé un témoignage qui fut publié la première fois en 1899.

« Parti de Paris le 21 octobre 1808, à midi et demie, je me suis arrêté à Rambouillet d’où j’ai écrit à Paris. J’ai été assez bien jusqu’à la Dordogne, mais là, j’ai trouvé tout le grand parc, les équipages du quartier-général du 6ème corps, la Garde impériale et beaucoup d’autres voitures. J’y étais à deux heures du matin et je fus très heureux, en me disant chargé de dépêches, de passer à midi; à la Gironde, même difficulté et même expédient, c’est-à-dire force d’argent et déclaration que je portais des dépêches de l’Empereur pour l’armée; enfin, je fus assez heureux pour arriver à Bordeaux le soir. Je m’arrêtai une heure et repartis, mais dans la lande il n’y avait pas de chevaux aux postes et il fallait à chacune attendre deux ou trois heures; enfin, je restai quatre jours et quatre nuits sans m’arrêter et j’arrivai le 29 à Bayonne, au milieu de la nuit. Je m’y suis arrêté quelques jours pour réparer mes chevaux, acheter un mulet et son équipage et prendre un domestique, ce que je fis», note le jeune officier dès le début de son « Carnet de campagne». Dès lors, tout son récit ne va connaître aucun temps mort. Le 5 novembre 1808, lors d’une étape à Tolosa, il remarque que les soldats ont « des distributions exactement faites de pain et de viande ». Le 8, il rencontre le maréchal Ney à Vittoria. Le 13, il est à Burgos. Dix jours plus tard le voici à Suria : « Toute la nuit avait été coupée par un incendie affreux, nous eûmes à peine le temps de vider un magasin à poudre qui était à six maisons de là; la ville aurait été consumée, si on n’avait pas pris le parti de faire démolir les maisons avoisinantes. Nous étions les aides-de-camp du Maréchal; à la tête, des sapeurs montaient sur les toits, étouffant de fumée et conduisant les hommes et travaillant nous-mêmes. Il y eut un quartier entier de brûlé… »

Saint-Simon note scrupuleusement chaque jour ce qu’il voit. Ainsi le 4 décembre 1808, il écrit, non sans une certaine émotion : «  Nous eûmes le spectacle affreux de l’agonie d’un soldat français au service d’Espagne. Le maréchal Ney était dans une chaumière et son escorte et nous, au bivouac, sur la place qui était très petite ; il y avait devant un feu éteint ce malheureux, qui avait plusieurs blessures très graves; je le questionnai cependant et il me répondit tout juste. Il était là depuis cinq jours, sans secours ni nourriture; je lui amenai notre chirurgien qui lui trouva le tétanos et le jugea sans ressource, de sorte qu’il resta agonisant au milieu des hussards qui faisaient leur soupe… »

Quinze jours plus tard, voici notre jeune aide-de-camp assistant à une revue passée par l’Empereur : « …en grande et superbe tenue, nous nous rendîmes dans la plaine entre Madrid et Chamartin. C’était un spectacle superbe : 50.000 hommes couvraient la plaine. L’Empereur vit tous les régiments, y donna beaucoup d’avancement et nous fit défiler, mais par un vent et une poussière qui nous rendaient aveugles. » En 1809, le chef d’escadron Henry de Saint-Simon sera encore en Espagne, notant encore dans son « Carnet de campagne » de nombreux détails.

C.B.

Publié dans FIGURES D'EMPIRE par
Commentaires fermés
( 24 janvier, 2019 )

Paru en kiosque !

Traditions 24
Au sommaire de ce futur numéro : 
 
Batailles : « La première invasion française en Toscane » par Riccardo Papi

Blasons : « Le général Antoine Drouot »  par Philippe Lamarque

Dossier: « La révolution technologique de l’artillerie par René Chartrand
Livres anciens : « Jules Florange » par  Laurent Teitgen
Fondamentaux :  »Le règlement de 1791″ par  Patrice Courcelle
Unités: « L’artillerie à pied de la Garde en 1809″ par  Jérôme Croyet
 
« Une fois n’est pas coutume, ce numéro de « Traditions » accorde une place privilégiée à l’artillerie. A l’artillerie classique d’abord, celle du système mis en place en 1765 par Jean-Baptiste de Gribeauval, en fonctionnement lors des guerres de la Révolution et du premier Empire, qui perdure jusqu’en 1827 lorsqu’il est remplacé par le système plus mobile du futur maréchal Sylvain Charles Valée. En 1808, Napoléon décide de créer au sein de sa Garde un régiment d’artillerie à pied équipé de 36 pièces. Pour sa première campagne, celle de 1809, ce jeune régiment, dirigé par l’intrépide Antoine Drouot (voir page 35), a un comportement remarquable, perdant à Wagram 34 officiers tués ou blessés ainsi que 472 artilleurs tués ou blessés (voir page 105).
Mais, durant cette période, les progrès de l’artillerie sont lents. Un canon de l’époque napoléonienne n’est finalement pas si différent d’une bombarde du Moyen Age dont il partage, en dépit d’améliorations certaines, les procédés de fabrication et les principes de fonctionnement. La situation change rapidement à partir du milieu du XIXe siècle. La révolution industrielle marque fortement l’industrie de l’armement avec son lot d’innovations continuelles dans la fonte des métaux, les techniques de forgeage, la construction mécanique et l’outillage de précision. Désormais, les canons peuvent avoir des calibres plus imposants, tirer des projectiles plus destructeurs, atteindre avec plus de précision des distances plus lointaines. Avec de telles nouveautés, la maîtrise des techniques nouvelles devient essentielle, tant pour procurer un avantage décisif que pour éviter de se faire surclasser par l’artillerie ennemie. Plusieurs conflits, et non des moindres, doivent leur issue à cette nouvelle donne.
Pour évoquer cette mutation qui révolutionne du même coup les tactiques militaires, nous n’avons pas hésité à chambouler ce numéro de « Traditions » en lui consacrant un dossier de plus de 60 pages (voir page 37), reportant du même coup un certain nombre d’articles et de chroniques. Nous espérons que nos lecteurs partageront notre intérêt pour cette étude aussi fouillée qu’inédite.
Pour autant, ce numéro n’est pas entièrement consacré à l’artillerie. Grâce aux archives de la ville de Modène, nous présentons un autre document rare, le récit détaillé et illustré de l’opération menée en 1796 par le général Bonaparte à Livourne à la demande du Directoire qui souhaite mettre fin à la présence anglaise dans ce port neutre mais stratégique (voir page 14). Par ailleurs, l’illustrateur Patrice Courcelle nous invite à une nouvelle exploration des fondamentaux des armées de la Révolution et du Premier Empire consacrée, pour ce numéro, au règlement d’infanterie de 1791 et à la formation des jeunes recrues (voir page 100).
Enfin, notre traditionnelle rubrique consacrée aux livres anciens évoque l’historien et numismate Jules Florange, dont les ouvrages font encore référence aujourd’hui (voir page 98).
Ainsi composé, ce numéro vous propose un sommaire passionnant pour bien commencer une année que nous vous souhaitons aussi agréable que possible et riche en découvertes de toutes sortes. »
Publié dans INFO par
Commentaires fermés
|