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( 1 février, 2019 )

Anniversaire en perspective…

Le 20 mai prochain marquera le 220ème anniversaire de la naissance du grand Honoré de Balzac.

Balzac

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( 1 février, 2019 )

Une lettre d’un garde d’honneur du 1er régiment…

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Cette lettre, qui fut publiée en avril 1914 dans le « Carnet de la Sabretache », est signée « Serafino Carocci ». L’en-tête de cette dernière  indique « 1er régiment, 6ème escadron, 12ème compagnie ». L’auteur faisait donc partie des quatre régiments de Gardes d’honneur  (1er, 2ème, 3ème et 4ème, de 2.500 hommes chacun) crées par un sénatus-consulte du 3 avril 1813 et rattachés à la Garde Impériale. Carocci dans cette lettre adressée à ses parents, y évoque son arrivée récente à Versailles (le 1er régiment était cantonné dans cette ville), quelques précisions uniformologiques, ses petits tracas financiers sa vie de garnison; et quelques détails encore, le tout dans un style simple et clair. Ajoutons que ce document fut traduit de l’italien lors de sa parution dans le « Carnet de la Sabretache ».

 

 A Versailles, le 13 septembre 1813.

Le 11 de ce mois, nous sommes heureusement arrivés à Versailles, mais je suis sans nouvelles de vous depuis Turin. En vous répondant de Turin, je vous demandais de m’adresser une lettre à Lyon, mais je n’y ai rien trouvé. J’ai pensé que vous l’aviez envoyé à Pippo pour qu’il me la remette à Versailles et je n’ai rien trouvé ici non plus ; j’en suis fort mélancolique parce que qui sait si et quand je recevrai et vos lettres et l’argent dont je suis tout à fait dépourvu. Et l’on dit que nous allons bientôt partir pour la Grande-Armée, où l’on a déjà envoyé plusieurs escadrons de notre régiment qui se sont même déjà battus.M. le sous-préfet Borgio m’avait recommandé de ne faire aucune dépense. Et voilà qu’à peine arrivés, on nous a adressé l’ordre de nous faire confectionner un grand uniforme, une veste rouge à boutons d’argent à la hussarde, une paire de pantalons longs, un chapeau, un bonnet de police brodé ; le tout se monte à la somme de 200 francs. Quant à ceux qui ne voudront pas se faire faire ces objets, on les mettra hors des Gardes d’honneur. J’ai répondu que pour le moment je n’avais pas d’argent, ayant dépensé en route ; mais que dans 25 jours j’en aurais certainement reçu. Je vous prie de faire cet effort. Car ce serait un grand déshonneur si on me rayait de ce corps et si on m’incorporait comme petit soldat dans un régiment de ligne. Je vous prie aussi de penser au voyage que j’aurais à faire sous peu. Les vivres sont très chers et il est impossible de s’en procurer rien qu’avec notre paye. Pour vous faire comprendre le prix des choses, le vin : une bouteille de gros verre noir, pleine d’un liquide qui ressemble à de l’eau, et moitié moins grande que les nôtres, coûte 25 sous. Mais nous ne buvons que de l’eau parce que nous n’avons pas de vin. Seulement l’eau est très mauvaise et, de temps à autre, il faut bien boire de la bière qui coûte 7 sous la bouteille. C’est du reste à peine si on peut la boire, car c’est un breuvage fait d’un mélange d’orge et d’eau. Du reste je me résignerai et me ferai à tout. Maintenant je veux vous faire une analyse de notre vie et une description de la ville ; Versailles est une belle ville, on l’appelle le village de l’Empereur. Napoléon y a un palais et je vous assure que ce palais est plus grand et plus beau que celui de Monte-Cavallo à Rome. Vous n’y trouverez rien de pareil. Au milieu du jardin, il y a un grand lac et plus bas un autre jardin tout plein de plantes du Portugal aussi hautes que des noyers et enfin un coup d’œil magnifique de tous côtés. Chacune des rues de la ville est trois fois aussi large que le Corso de Rome. Je ne peux vous parler de tout puisque je ne suis arrivé qu’avant-hier. Mais Versailles est beaucoup plus beau que Lyon. Je ne peux rien vous dire de Paris parce que je n’y ai pas été faute d’argent. Mais j’espère bien recevoir un de ces jours les 50 francs que je vous demandais par ma lettre de Turin, à laquelle vous ne m’avez pas encore répondu comme je vous l’ai dit plus haut, mais que je compte bien voir arriver un de ces jours.

Maintenant voici quelle est notre vie. 

A 5 heures du matin la trompette sonne et on va panser les chevaux, puis on leur donne à boire et ensuite l’avoine. Après on va faire l’exercice soit à pied soit à cheval jusqu’à 10 heures du matin. Ensuite, on va déjeuner. Ce repas se compose de la soupe et d’un mets bien accommodé et bien propre, préparé par une femme dans notre chambrée. On est libre jusqu’à 2 heures. A 2 heures, on panse de nouveau les chevaux et après le pansage, on nous rend notre liberté jusqu’à 8 heures, même où l’on va se coucher. Le lit n’est pas mauvais, la chambre non plus et nous ne pouvons pas nous plaindre.  Je vous prie de me répondre courrier per courrier, d’autant plus que nous devons partit sous peu et que j’ai mis 25 jours en route. Mais si je partais, je dirais au maître de poste de me faire suivre la lettre sur telle ou telle ville par laquelle nous passerions, ainsi que la lettre de change ou l’argent qu’elle contiendrait. Par charité, je vous prie de ne pas m’abandonner. Je pourrais sans cela faire quelque mauvais coup. Aussi, je vous recommande de m’écrire de suite. Saluez pour moi les amis, M. Gaetano Moronti, le père, le maître de chapelle. Et si vous voyez le comtesse, dites-lui qu’à 3 étapes de Versailles, un capitaine français qui parlait italien et qui avait été à Ruti et qui me dit que ses fils devaient arriver dans 2 heures.  J’ai beaucoup regretté de n’avoir pu les voir parce qu’il m’a fallu partir avec le détachement, et qu’eux ils allaient à la Grande-Armée ; mais ils étaient en bonne santé. 

Saluez pour moi Luigi, Peppe, Antonio et sa femme. Je vous souhaite bonne santé à tous, à Mamare et à Nonna, et suis, 

Votre fils bien affectionné, 

Serafino CAROCCI. 

 

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( 1 février, 2019 )

Paris et son histoire à l’honneur…

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( 1 février, 2019 )

Dix ans déjà !

Cavalier

En février 2009, « L’ESTAFETTE » voyait le jour.

Merci de votre fidélité ! 

Cordialement.

C.B.

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( 1 février, 2019 )

Une lettre du payeur du Trésor de la Couronne…

Guillaume Peyrusse

« Au quartier-général de Wittebsk [Vitebsk], le 1er août 1812.

Ma dernière [lettre] était de Vilna, mon cher André. J’ai quitté cette résidence le 17 juillet pour suivre les mouvements de l’Empereur et suis arrivé ici le 29 juillet, en fort bonne santé, quoique j’aie fait une route de plus de cent lieues dans des pays arides ; heureusement que j’avais avec moi ma cantine et que bivouaquant au milieu d’une forêt, je buvais du bon vin, je mangeais de l’excellent biscuit et de la très bonne salade et avait dans un de mes fourgons un très bon lit fait avec des peaux d’ours. Nos troupes ont toujours marché depuis Vilna en arrière des russes ; enfin ils avaient pris position à Ostrovana, à deux lieues de Wittepsk dans une position superbe, et faisaient mine de vouloir nous arrêter. Sa Majesté s’y est portée de sa personne, et, dans les journées du 25 et du 26, 80,000 Russes commandés par le grand duc Constantin ont été chassés par l’armée d’Italie et la cavalerie du roi de Naples [Murat], avec une telle précipitation que l’affaire n’a pas été générale. Le grand duc Constantin s’est jeté dans Vitteps[Vitebsk], a brûlé le pont et s’est dirigé sur Saint-Pétersbourg et sur Moskou [Moscou], mais déjà sur les deux routes on l’a gagné de vitesse. Cette armée n’a pas de plan fixe. Sa Majesté les déconcerte par ses manœuvres ; elle est toujours là où on ne la croit pas. Nous voilà établis à Vitepsk [Vitbesk]. Sa Majesté y est entrée le 28 [juillet] au matin. Cette ville est assez jolie : elle est la capitale du gouvernement russe de Vitepsk [Vitebsk], dans une jolie position sur la Duna ; elle renferme douze mille habitants. Sa Majesté paraît devoir s’y établir pour quelque temps. Nous sommes à cheval sur les deux premières grandes routes de Russie. Nous commençons à éprouver de fortes chaleurs et à n’avoir presque pas de nuit. Notre armée est toute en avant. Je crois qu’on la laisse reposer : on ne fait pas sept cent lieues [environ 2800 kilomètres] impunément… »

Guillaume [PEYRUSSE]

(« Lettres inédites du baron Guillaume Peyrusse à son frère André, pendant les campagnes de l’Empire. De 1809 à 1814… par Léon-G. Pélissier», Perrin et Cie, 1894, pp.77-78). L’auteur de cette lettre occupait (depuis début mars 1812) lors de cette campagne, les fonctions de Payeur du Trésor de la Couronne.)

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A lire: les « Mémoires » de Guillaume Peyrusse qui viennent d’être réédités par les Editions AKFG.

Un témoignage émanant d'un personnage qui fit partie des collaborateurs de Napoléon.

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( 1 février, 2019 )

Lariboisière et Eblé…

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Le général Lariboisière.

Lariboisière et Eblé appartenaient à cette race d’artilleurs qui, selon le mot de Napoléon, étaient purs comme de l’or. Jamais officiers de l’armée, disait l’Empereur, n’ont servi avec plus de distinction ni montré plus d’habileté, et il ajoutait que Lariboisière était bon et brave, qu’Eblé était un homme du plus grand mérite, vraiment extraordinaire. Mais ces deux héros de la retraite, ces deux généraux qui, suivant l’expression de Pion des Loches, furent les colonnes et les soutiens de l’artillerie, moururent à la fin de l’année 1812, tous deux à Königsberg et à peine échappés de Russie, Lariboisière, le 21 décembre 1812, Eblé, le 30. Lariboisière avait perdu son jeune fils à La Moskowa, et les épreuves de cette terrible campagne l’avaient brisé. Aussi demandait-il, obtenait-il le 9 décembre 1812 un congé du roi de Naples. Ce jour-là, le major-général Berthier écrivait, de Vilna, au duc de Feltre, ministre de la Guerre : « Par décision de ce jour, Sa Majesté a accordé un congé de convalescence, à M. le général Lariboisière, M. le général Eblé a été  désigné pour le remplacer dans le commandement de l’artillerie de l’armée. » 

L’Empereur confirma la décision du roi de Naples. Le 28 décembre 1812, il nommait Eblé commandant en chef de l’artillerie en remplacement de Lariboisière autorisé à rentrer en France. Bientôt, il sut que Lariboisière n’était plus. « J’ai, marquait-il à Berthier, le 30 décembre, appris avec bien de la peine la mort de Lariboisière. » Eblé était toutefois supérieur à Lariboisière, et Gassendi, l’homme certes le plus compétent en la matière, a nommé Eblé « le premier général d’artillerie de France sans contredit ». N’a-t-il pas construit les ponts de la Bérézina ? Service immense, et le plus signalé, le plus important des services qu’il ait, de son propre témoignage, rendus à la patrie ?

On ne peut, écrivait Castellane à la date du 26 novembre, « on ne peut donner trop d’éloges au général de division Eblé qui s’est donné une peine horrible. » Lui aussi mourait d’épuisement. Berthier espérait encore, le 24 décembre, qu’il pourrait reprendre son service dans quinze jours. Mais le 28, il mandait à l’Empereur qu’Eblé était dangereusement malade, et, dans le moment, sans connaissance. Eblé avait, durant la retraite, refusé de monter dans sa voiture et toujours couché, comme ses officiers, au bivouac. Et quelle douleur ce fut pour lui, à Königsberg, lorsqu’il constata que de toute l’artillerie allée à Moscou, il ne restait que cinq caissons et neufs bouches à feu, que les soldats étaient rentrés sans armes et sans équipement, qu’il fallait tout réorganiser ! 

Arthur CHUQUET. 

 

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