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( 2 février, 2019 )

Napoléon, un homme d’action à l’île d’Elbe…

N14

« La vie intime de l’Empereur à l’île d’Elbe, était calquée, mais en petit, sur celle des Tuileries au jour de sa puissance : il sortait chaque martin après son déjeuner pour monter en calèche ou en péniche ; le grand maréchal l’accompagnait presque toujours. Nous avons dit ses incursions de mer, disons celles de terre ! Ces dernières étaient un peu plus variées ; elles avaient pour but : soit une visite à ses braves à la caserne Saint-François ou à celle du Fort de l’Etoile ; soit une promenade aux fortifications de Porto-Ferrajo [Portoferraio], ou à celles de Porto-Longono [Longone, devenu en 1873 Porto-Longone, puis en 1947 Porto-Azzurro], soit enfin à la maison de campagne qu’il possédait près du golfe. Il recevait, ordinairement, après son dîner, qui avait lieu tous les jours, à six heures » (J. Chautard, « L’île d’Elbe et les Cent-Jours… », pp.89-90). « Chaque jour, l’Empereur faisait de longues courses à cheval, des promenades en mer, de rudes ascensions. « On dirait, écrit Campbell [le commissaire anglais chargé de sa surveillance], que Napoléon veut réaliser un mouvement perpétuel. Il prend plaisir à fatiguer tous ceux qui l’accompagnent dans ses excursions. Je ne crois pas qu’il lui soit possible de s’asseoir pour écrire, tant que sa santé lui permettra les exercices du corps. Hier, après une promenade à pied par un soleil ardent, qui a duré de cinq heures du matin à trois heures de l’après-midi, et après avoir visité les frégates et les transports, il est monté à cheval pendant trois heures encore pour se défatiguer, m’a-t-il dit ensuite. » Ainsi, Napoléon ne pense pas à tenir sa promesse de Fontainebleau aux soldats de la Vieille Garde « d’écrire les grandes choses qu’ils ont faites ensemble ». Cela sera l’œuvre  du prisonnier de Sainte-Hélène. Le souverain de l’île d’Elbe est encore trop homme d’action pour écrire autre chose que des ordres. Il commande ; il organise, il construit, il inspecte, il marche, il monte à cheval, cherchant à s’étourdir et  à oublier dans cette agitation incessante qui lui donne l’illusion de l’action. » (Henry Houssaye, « 1815. La première Restauration…», pp .151-152).

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