( 7 mars, 2019 )

Un souvenir du 7 mars 1815…

Laffrey

Le jeune Randon (il est né en 1795) est capitaine lors du retour de l’Empereur de son île d’Elbe. Nous sommes le 7 mars 1815 à Laffrey. Il occupe les fonctions d’aide-de-camp du général Marchand (son oncle). Cet officier commande à cette époque la 7ème division militaire basée à Grenoble. Ils sont sensés faire barrage à la route suivie par Napoléon. Selon certaines sources il aurait ordonné aux soldats du 5ème de ligne de faire feu. En vain ! Le capitaine Randon devra prendre la fuite. Selon le lieutenant Laborde (dans ses « Souvenirs ») : « Cet officier fut poursuivi l’espace de deux lieues par le capitaine Schoultz [Schultz], des lanciers polonais, et ne dut son salut qu’à la vitesse de son cheval ; et il eut tellement peur qu’en arrivant à Grenoble il se mit au lit  et fit une maladie grave. »

En 1839, Randon, devenu colonel du 2ème régiment de chasseur à cheval d’Afrique, a laissé une longue lettre sur cette journée mémorable à son ami Henri Beyle, le célébrissime Stendhal, dont j’extrais ce passage particulièrement étincelant :

« L’Empereur nous apparaissait entouré de ses rayons de gloire qu’aucuns revers n’avait pu ternir aux yeux des soldats : violemment arraché quelques mois auparavant de leurs bras, exilé du sol de la patrie par cette ligue de rois qui se vengeaient ainsi de l’humiliation de leurs nombreuses défaites, Napoléon était plus que jamais l’idole de l’armée, l’homme du peuple. Tout ce qui s’était fait de mal pendant le cours de la première restauration avait tourné au profit de sa popularité ; il se présentait à nos yeux comme celui qui devait relever notre drapeau humilié et délivrer la nation de cette oppression morale que lui faisait subir un gouvernement imposé par l’étranger. »  

(« Cent soixante-quatorze lettres à Stendhal (1810-1842).  Recueillies et annotées par Henri Martineau », Tome II, Le Divan, 1947, pp.189-190, lettre en date du 9 juin 1839.).

C.B.

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Ajoutons que Randon sera fait maréchal de France par Napoléon III, sous le Second Empire.

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