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( 10 mars, 2019 )

Après la campagne de Russie…

Après la campagne de Russie... dans TEMOIGNAGES cdr2

Nous sommes vers la fin décembre 1812/ début janvier 1813 :

« Enfin, me voilà donc arrivé à Königsberg, précisément à l’heure où l’on dîne ; et m’y voilà installé chez un restaurateur français. Quelle occasion, quelle rencontre, quelle trouvaille ! Eh bien, je m’arrangeai de manière à faire tout manquer et voici comment. Mes rêveries gastronomiques, mes désirs d’Ogre ne portaient pas seulement sur de gros morceaux, sur des ragoûts fins, sur des viandes succulentes. Quelques fois mon ardente convoitise s’adressait surtout à des mets sucrés, à de fades friandises. En cela j’étais bien différent de moi-même, car habituellement je fais peu de cas de ce genre de régal et j’ai toujours eu en détestation les petits gâteaux. Mais j’étais dans ce moment-là sous le charme impérieux d’une espèce de monomanie à laquelle j’eus la faiblesse et le malheur d’obéir. Le menu de mon dîner fut bizarre, et c’est précisément sa bizarrerie et mon regret qui l’ont fixé dans ma mémoire dune manière ineffaçable ; Je commandai, au lieu de soupe, une grande jatte de café à la crème, dans laquelle je trempai d’excellents petits pains au lait, et que j’avalai avec ravissement. Ensuite je passai à une tarte d’épine-vinette qui était aussi indiquée par mon rêve, et qui fut suivie de trois œufs au beurre noir. Mais hélas, je me trouvai alors bien douloureusement déconcerté… Je n’avais plus faim… et je laissais inutile devant moi la longue kyrielle de mon rêve. Il ne me fut impossible de passer outre. Ni fricandeau à l’oseille, ni filets de chevreuil, ni poularde au gros sel ne purent trouver grâce. J’avais eu l’imprudence de commencer mon repas par ce qui aurait dû le finir ou plutôt n’y point paraître ; et en réalisant ainsi mon rêve, j’avais bien nui à ma satisfaction. Pour continuer un voyage où j’avais encore tant à souffrir de la fatigue et du froid, il était impossible de me lester plus mal. » 

Comte Anatole de Montesquiou, « Souvenirs sur la Révolution, l’Empire, la Restauration et le règne de Louis-Philippe… », Librairie Plon, 1961, p.287. En 1812 il était chef d’escadron et occupait les fonctions d’officier d’ordonnance de l’Empereur.

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( 10 mars, 2019 )

Lu…

Stendhal

Je viens d’achever la lecture de ce bon petit volume qui fait partie d’une collection qui met le lecteur, le curieux sur les traces de quelques grands écrivains, à Paris. Ce livre-ci permet d’accompagner dans la capitale Henri Beyle (né à Grenoble le 23 janvier 1783), alias « Stendhal ». On y découvre les lieux des multiples séjours qu’il y effectua, entrecoupés par des voyages plus ou moins longs en terre étrangère. C’est à Paris que l’auteur du « Rouge et le noir » et de « La Chartreuse de Parme », s’éteignit le 23 mars 1842, victime d’un malaise sur la voie publique. Un curieux hasard pour celui qui écrivit deux ans avant sa disparition: « Je trouve qu’il n’y a pas de ridicule à mourir dans la rue, quand on ne le fait pas exprès ».

Rappelons au passage que Stendhal fut un temps, fonctionnaire dans l’administration impériale (il participa aux campagnes d’Autriche, de Russie et de Saxe) et qu’il était apparenté aux Daru. 

C.B.

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Philippe BERTHIER, « Le Paris de Stendhal », Editions Alexandrines, 2017, 109 p., 8,90 euros.

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( 10 mars, 2019 )

Extrait. Napoléon à lyon le 10 mars 1815… Une scène historique bien inexacte !

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Extrait du film de S. Bondarchuk, « Waterloo » (1970). La scène est censée se dérouler à Lyon le 10 mars 1815. Et qui trouve-t-on au balcon de l’hôtel de ville, avec Napoléon ? Ney !

Ceci est une grande liberté prise avec la réalité puis que c’est le 18 mars que Ney retrouvera Napoléon à Auxerre. Il est vrai que Bondarchuk le fait rencontrer le 7 mars à Laffrey. :-(

CB.

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