( 14 mars, 2019 )

Deux lettres du capitaine Faré…

Ombre 1

L’auteur était capitaine adjudant-major aux grenadiers de la Garde Impériale.

Chaumont, 11 janvier 1814.

Mes chers parents, je me promettais de vous écrire de Luxembourg ; mais j’en suis parti si brusquement que je n’en ai pas eu le loisir. Depuis cette époque nous avons toujours marché sans un seul séjour. On nous avait d’abord dirigé sur Namur ; mais la violation de la neutralité de la Suisse nous  a attirés dans ces contrées. Demain, nous arrivons à Langres où des partis ennemis se sont déjà montrés. Je vous griffonne ces mots sur le coin d’une table de café au milieu d’un brouhaha d’une centaine d’officiers. Je ne vous parlerai pas politique : c’est un sujet trop triste. Je vous conseillerai seulement de ne point vous affecter trop de nos malheurs actuels. Du courage et de la persévérance, et les choses changeront.

Pour moi, c’est avec joie que je verserai jusqu’à la dernière goutte de mon sang pour la défense de la Patrie, et, ne restât-il que quatre Français réfugiés dans les montagnes et combattant pour la liberté, j’irais faire le cinquième.

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Meaux, 16 février 1814.

Je me porte bien. Je n’ai pas un moment à moi. Depuis Troyes, nous sommes toujours en mouvement. Nous nous sommes déjà battus quatre fois. Heureusement, le temps est superbe et les affaires vont bienDans peu de jours le sort de la France se décide. Je vous écrirai aussitôt qu’il y aura eu quelque chose de nouveau.

(Arthur CHUQUET, « L’Année 1814. Lettres et Mémoires », Fontemoing et Cie, Éditeurs, 1914, pp.121-123).

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