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( 19 mars, 2019 )

Le capitaine Christ, du 2ème régiment d’infanterie légère…

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Christ est un vieux capitaine alsacien, retiré du service. La lettre qu’il envoie au général Bertrand, en un style naïf, et avec une foule de fautes d’orthographe dont nous l’avons charitablement débarrassée, dépeint bien l’enthousiasme et la joie que ressentirent la plupart des militaires lorsqu’ils apprirent le retour de Napoléon de son île d’Elbe en mars 1815. 

Arthur CHUQUET. 

A son Excellence le grand-maréchal Bertrand, major-général de la Grande-Armée de l’Empire français, à Paris. 

Département du Haut-Rhin, arrondissement de Belfort. Wattwiller, le 24 mars 1815. 

M. le chevalier Christ (Bertin-Joseph), capitaine retiré du 2ème régiment d’infanterie légère, à Monsieur le Grand-Maréchal, major général de la Grande-Armée, Bertrand. J’ai appris avec la plus vive joie la flatteuse nouvelle du retour de notre auguste souverain Napoléon, le grand empereur des Français. Dans cette contrée on nous a toujours laissé ignorer les nouvelles flatteuses avec la plus forte indignité contre Napoléon et de grandes menaces à ceux qui voudraient prendre parti pour notre auguste empereur.  J’ai l’honneur de m’adresser à Votre Excellence pour m’offrir aux emplois de Sa Majesté s’il y est possible.  J’y remplirai toutes les fonctions avec la plus grande exactitude et fidélité.  Mes infirmités ne m’apportent plus aucun obstacle ni gêne au service de Sa Majesté Napoléon le grand empereur. Je suis un ancien militaire qui est au service depuis 1781 et a passé par tous les grades jusqu’à ce qu’il fût forcé de se retirer avec mes infirmités qui m’ont fait jouir une pension.  Je me suis remis au service en 1813 et me suis très bien acquitté au blocus de Schlestadt.  L’information pour certifier mes services est [à prendre auprès de] M. Duzer, major du 36ème de ligne. Il a été notre major dans le régiment du Haut-Rhin, à Schlestadt. 

J’ai l’honneur d’être avec le plus profond respect et dévouement votre très fidèle, 

Le chevalier CHRIST, capitaine.

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( 19 mars, 2019 )

Planat, un de ceux qui voulurent rejoindre l’Empereur à Sainte-Hélène…

Portrait de Planat

« Entré au service en 1806, aide de camp du général Lariboisière pendant la campagne de Russie, du général Drouot pendant celles de Saxe et de France, je fus nommé officier d’ordonnance de l’Empereur à son retour de l’île d’Elbe au mois de mars 1815. L’admiration mêlée de réserve, qui jusque-là avait prédominé dans mes sentiments pour l’Empereur, se changea à cette époque en un dévouement sans bornes, et bientôt en un véritable culte pour le grand homme malheureux. Après le revers de Waterloo, je suivis l’Empereur à Rochefort et je montai avec lui sur le « Bellérophon ». Le 7 août 1815 je fus séparé de sa personne par ordre du gouvernement anglais ; le Northumberland emporta l’Empereur à Sainte- Hélène, un autre bâtiment anglais me transporta avec les généraux Lallemand, Savary et autres, à Malte où nous fûmes retenus pendant une année dans une étroite captivité. Relâché en août 1816, mais rayé des cadres de l’armée française, ne pouvant ni ne voulant, au moment de la plus furieuse réaction, rentrer dans ma patrie, je dirigeai mes premiers pas vers Rome. Une partie de la famille de l’Empereur y résidait auprès du cardinal Fesch, son nouveau chef. La nature et les motifs secrets de l’hospitalité accordée par la cour de Rome à l’ex-famille impériale ressortiront surabondamment des pièces que je publie; les mêmes motifs n’existant pas à mon égard, je fus invité, sur la demande de l’ambassadeur de France, M. de Blacas, à quitter Rome sous vingt-quatre heures. Je partis pour Florence, mais la persécution de M. de Rlacas m’y suivit et me força bientôt de quitter Florence et l’Italie et de me réfugier en Autriche, malgré ma répugnance. L’année suivant  le comte de Las Cases revint en Europe. Il m’écrivit que l’Empereur avait, à plusieurs reprises, exprimé le vif regret de ne pas m’avoir auprès de lui… »

(PLANAT DE LA FAYE, « Rome et Sainte-Hélène, de 1815 à 1821 », Furne et Cie, 1862,  pp.7-8)

(Illustration: portrait de Planat de la Faye âgé).

 

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