( 10 avril, 2019 )

A Paris, en mars 1814…

1814 à Paris

« Dans les premiers jours de mars, afin de relever le moral des habitants de Paris, on chargea la garde nationale d’aller à Saint-Denis recevoir un convoi de trois à quatre mille prisonniers de guerre. Les douze légions y envoyèrent chacune un bataillon. Le convoi fit son entrée dans Paris au bruit des tambours et de la musique, et fut conduit par les boulevards sur la place Vendôme. C’étaient, en grande partie, des jeunes gens aux figures naïves, étonnés de tout ce que Paris leur présentait d’étrange et de curieux. Cette espèce de triomphe fut généralement regardé comme étant de mauvais goût. Encore quelques jours, et ces mêmes prisonniers devaient être maîtres de Paris. Un des derniers jours de ce mois, j’allai avec quelques amis faire une longue promenade du côté des Buttes Chaumont et de Saint-Denis. Rien n’annonçait l’intention sérieuse de défendre Paris. Quelques mauvais ouvrages en terre élevés à la hâte, peu ou point armés, étaient tout ce qu’on avait à opposer à l’ennemi, dont les éclaireurs commençaient à se montrer dans le voisinage de Saint-Denis. A défaut de connaissances spéciales, le simple bon sens me fit voir l’impossibilité de sauver Paris. Et cependant, malgré ces mauvaises dispositions, la défense fut opiniâtre, et le canon et la fusillade se firent entendre toute la journée du 30 [mars 1814]. »

(Docteur Poumiès de la Siboutie , « Souvenirs d’un médecin de Paris… », Plon, 1910, pp. 134-135).

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