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( 1 mai, 2019 )

Un garde d’honneur face à Napoléon…

Napoléon portrait.Frédéric-Auguste Cramer (1795-1865) est un genevois qui participe à la campagne de 1813 dans les rangs du 4ème régiment des Gardes d’honneur. Toutefois, son régiment est arrivé trop tard afin pour être engagé dans  la bataille de Dresde. Le 30 août, c’est dans cette ville que le jeune Cramer est passé en revue par Napoléon.

« Depuis Torgau, il s’est passé bien des choses. On nous a fait partir pour Dresde, distant de vingt lieues que nous avons franchies en deux jours, pour venir passer la revue de l’Empereur ; à la dernière étape nous nous sommes harnachés de notre mieux. A midi nous arrivions dans les grandes plaines qui entourent la ville, et nous prenions place dans immense ligne de bataille. L’Empereur est arrivé en petit uniforme, sur un cheval blanc, suivi d’un magnifique état-major. Il est descendu de cheval non loin de notre corps, et il a parcouru les rangs à pied en adressant souvent la parole aux soldats. Serez-vous ravis quand vous saurez qu’il m’a parlé ? Le lieutenant-commandant et tous les sous-officiers et brigadiers nous étions à la tête de notre compagnie, à pied devant nos chevaux. Il a dit un mot au commandant et en passant, son attention s’est portée sur moi, peut-être à cause de la différence de mon âge et de celui des maréchaux des logis ; il m’a demandé :

-D’où êtes-vous ?

-Sire, de Genève, la main au shako.

-Comment vous appelez-vous ?

-Cramer ?

-Comment dites-vous ?

-Cramer.

-Que fait votre père ?

-Sire, un ancien militaire.

Et il a passé. En approchant de notre régiment il avait dit :

-Qui sont ceux-là ?

-Ceux du Midi, Sire, a dit un général.

-Ah ! Je les aime bien ceux-là.

Il a ri en disant cela et a parlé avec beaucoup de bonté au major et à M. d’Arbaud, le chef d’escadron. Après la revue nous avons défilé au grand trot ; les cris de « Vive l’Empereur ! » de toute la brigade couvraient le bruit des chevaux. J’étais en serre-file derrière le peloton de notre compagnie, et c’est elle qui fermait la marche; j’ai donc défilé le dernier de tous ; devant l’Empereur j’ai voulu pousser mon cri ; mais j’étouffais et j’ai salué du sabre… »

(« Souvenirs d’un Garde d’honneur », dans « Soldats Suisses au Service Étranger », Genève, A. Jullien, Éditeur, 1908, pp.221-223).

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( 1 mai, 2019 )

Une lettre méconnue du ministre Champagny, duc de Cadore, ministre des Relations Extérieures.

Champagny

Daté de Vienne, 28 mai 1809  et adressée au diplomate Serra.

Elle se situe après la bataille d’Essling et la jonction de l’Armée d’Italie commandée par le Prince Eugène avec la Grande Armée de l’Empereur, le 27 mai. Elle fait allusion aux opérations en Pologne du Prince Poniatowski qui résistait héroïquement aux attaques de l’armée autrichienne commandée par l’Archiduc Ferdinand. La Russie, qui selon les accords avec napoléon devait intervenir contre l’Autriche en cas d’agression de cette dernière, préféra rester neutre. 

(Communication du capitaine P. MATZYNSKI)

—————

« Monsieur,

Des lettres que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire, la dernière qui me soit parvenue (…) m’annonce votre départ pour Posen. Je l’ai mise sous les yeux de sa Majesté, l’Empereur et Roi .

Ce qui se passe sur les bords de la Vistule ne nous est connu que par des rapports assez vagues et qui même ne s’accordent pas. Quelques uns de ces rapports présentent les Autrichiens comme descendant la Vistule et faisant le siège de Thorn, tandis que les troupes aux ordres du général Prince de Poniatowski remontent le fleuve, s’avancent dans la Galicie et en occupent peut-être en ce moment la capitale. 

Cette conduite des Autrichiens semble à S.M. tout à fait inexplicable. Rapproché du théâtre des événements, il vous sera facile de les connaître avec exactitude. Sa Majesté attend de vous des renseignements précis et certains, sur la force, la position et les mouvements de l’ennemi dans ces contrées, sur la marche des troupes polonaises (…) et les mouvements des troupes russes qui doivent être maintenant entrées en Galicie (…) Le dixième bulletin de la Grande Armée (…) raconte de nouveaux prodiges de valeur, d’intrépidité, de constance dont tout français doit sentir, avec orgueil, que les troupes françaises sont seules capables (Bataille d’Essling, 21-22 mai). L’armée d’Italie aussi s’est couverte de gloire (armée menée par Eugène de Beauharnais), comme l’attestent les comptes-rendus du Vice-Roi d’Italie au ministre de la Guerre. Après avoir battu et disputé l’ennemi qui lui était opposé, elle a fait la jonction avec la Grande armée et mérité les éloges et les témoignages de satisfaction que l’Empereur lui donne dans les proclamations dont vous trouverez pareillement ci-joint un exemplaire imprimé dans les deux langues française et allemande (…)

Champagny.

P.S. : Vous ne devez pas craindre, Monsieur, de m’expédier des courriers extraordinaires lorsque l’importance et l’urgence des nouvelles que vous avez à me transmettre vous paraîtront l’exiger ». 

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